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vendredi 22 mars 2013

Mise en examen de Sarkozy: le juge Gentil règle les comptes de la réforme de la justice

La ministre de la Justice déteint sur le juge J.-M. Gentil

Nicolas Sarkozy est "sonné" par sa mise en examen

La droite républicaine l’est sans doute encore plus

Le juge Jean-Michel Gentil a frappé alors qu'il était question d'un éventuel retour en politique de l’ex-président français. La justice politique chercherait-elle à le rendre plus compliqué que prévu ?Agit-il sur ordre ou de son propre chef: le juge est en effet connu pour son militantisme.


La garde rapprochée de Nicolas Sarkozy se montre cinglante à l‘égard du juge qui l’a mis en examen, sans preuves, au motif infamant d'abus de faiblesse à l’encontre de la milliardaire Liliane Bettencourt. 

Ce coup bas laisse les Français perplexes. 
Aujourd’hui malheureusement, dit une femme, tous les politiques sont plus ou moins véreux, et je trouve ça très triste d’en arriver là. Je trouve que quand c’est la gauche, c’est le réglement de comptes avec la droite, quand c’est la droite, c’est le réglement de comptes avec la gauche”. “C’est logique, estime un autre Français, parce que je pense qu’il n’y a pas de fumée sans feu. D’un autre côté, il faut faire attention parce qu’on parle toujours de présomption d’innocence, et c’est vrai”. “Il y a peut-être un peu d’acharnement sur M. Sarkozy, qui a annoncé son retour en politique, pense un autre parisien. Peut-être que ce sera une épine dans le pied de M. Sarkozy pour pouvoir revenir sur le devant de la scène” Nicolas Sarkozy est soupçonné d’avoir profité de la faiblesse de Liliane Bettencourt, en lui réclamant de l’argent pour sa campagne présidentielle de 2007. “C’est la deuxième fois qu’un ancien président français est mis en examen, explique Gianni Magi, correspondant d’Euronews à Paris. En 2007, Jacques Chirac avait été poursuivi pour emplois fictifs à la mairie de Paris, dont il était un ex-locataire. En 2011, il avait été condamné à deux ans de prison avec sursis”.

Le juge Jean-Michel Gentil

Jean-Michel Gentil instruit depuis deux ans le dossier Bettencourt,
depuis son bureau sécurisé du palais de justice de Bordeaux. Avec Cécile Ramonatxo et Valérie Noël, les deux autres juges de l'affaire Bettencourt, il fait partie des "seigneurs de l'instruction" bordelaise, réputé pour sa pugnacité: un chef de guerre ou un petit chef, c'est selon...
Il est celui qui cuisina déjà l'ancien chef d'Etat, Nicolas Sarkozy, pendant plus de 12 heures, le 22 novembre dernier. 

Qualifié d' "intransigeant, solitaire et ...ombrageux" par Le Monde
il organisa   de spectaculaires perquisitions au domicile et au bureau de M. Sarkozy dès juillet 2012, ce qui fait dire qu'il a une forte propension à l'acharnement. Par chance, il ne dispose pas de la gégène.


Silhouette fine, regard noir, physique passe-partout, Jean-Michel
Gentil jouit au tribunal d'une image de professionnel "pas toujours très aimable", ayant un peu "pris la grosse tête". Un collègue évoque sa confrontation avec un "colérique, qui n'accepte pas très bien la contradiction" et se serait mis à "hurler dans les couloirs" après un désaccord.
Certains, au tribunal de Bordeaux, stigmatisent son côté hautain. Les avocats, qui lui reprochent de recourir un peu trop facilement à la détention provisoire, ne l'apprécient guère – et réciproquement.

Nommé à Nanterre après sept années passées dans le Nord, M.
Gentil se fait une réputation en s'attaquant aux réseaux de proxénétisme parisien et sort de l'ombre en 1998 pour combattre la réforme de la justice d'Elisabeth Guigou, comme président de l'Association française des magistrats instructeurs. Même détermination en 2001, un an après son arrivée à Ajaccio, quand il met en examen Me Antoine Sollacaro, l'avocat d'Yvan Colonna, pour "violation du secret de l'instruction". Pour protester, les avocats corses cadenassent les grilles du tribunal.  Nommé maître de conférence à l'Ecole nationale de la Mmagistrature (ENM) fin 2002, J.-M. Gentil est réputé pour son carnet d'adresses mais se distingue par ses méthodes. Il travaille seul, sans partager ses dossiers.
Le juge change fréquemment de look
pour assurer sa propre sécurité 



Fils de garagiste à Saumur, âgé de 52 ans, il goûta peu la mise en boîte de Me Herzog qui assura à propos d'un rendez-vous avec M. Sarkozy qu'il avait confondu, Liliane Bettencourt avec Ingrid Betancourt, l'ancienne otage ! Humilié publiquement, le magistrat avait décidé d'humilier le président.


Nommé en 2004 à Bordeaux pour dix ans, le juge devra choisir un nouveau poste d'ici à fin 2013. En 2012, il a postulé, sans succès, aux postes de premier vice-président au tribunal de Paris et d'avocat général à la Cour d'Appel de Paris.

mardi 24 juillet 2012

Hippodrome de Compiègne : Eric Woerth était dans son droit, selon un rapport d'expert

Un rapport d'expert blanchit Eric Woerth dans la méchante affaire de l'hippodrome de Compiègne


Le juge Nadal fut conseiller technique au cabinet du Garde des Sceaux Robert Badinter, et en charge des questions de nominations dans la magistrature, de 1983 à 1984, puis en 1986.
L'indépendance du Parquet était un thème privilégié du candidat Hollande...

L'ancien ministre du budget Eric Woerth a été injustement soupçonné 

Eric Woerth était dans son droit lorsqu'il a autorisé, par un arrêté du 16 mars 2010, la vente des 57 hectares de l'hippodrome du Putois à la Société des courses de Compiègne (SCC), dans l'Oise, pour 2,5 millions d'euros. C'est en tout cas ce qu'affirme Philippe Terneyre, professeur agrégé de droit public à l'université de Pau, dans un rapport d'expertise remis le 12juillet à Jérôme Cahuzac, ministre du Budget. "L'analyse du professeur Terneyre laisse peu de place à ce stade à une remise en cause de la cession", indique J. Cahuzac, lundi 23 juillet, dans un courrier adressé à Philippe Berger, secrétaire général du syndicat national unifié des personnels des forêts et de l'espace naturel. Voir notre dossier : Compiègne, l'autre affaire Woerth (abonnés)

L'expert indépendant avait été désigné par Bercy, dès la prise de fonctions de M. Cahuzac, au mois de mai. Celui-ci faisait ainsi droit à la requête de M. Berger qui avait saisi le ministère du budget, le 19 avril 2012, d'un recours gracieux visant à abroger l'arrêté autorisant la cession. Il estimait notamment que Bercy avait contourné la loi et écarté le ministère de l'agriculture afin de réaliser au plus vite cette vente, de gré à gré, sans mise en concurrence, pour contenter Antoine Gilibert, ex-président de la SCC, et donateur de l'UMP dont Eric Woerth a longtemps été le trésorier, ainsi que son collègue de l'UMP, le député et maire de Compiègne Philippe Marini. Or, conclut l'expertise, "la vente pouvait être réalisée de gré à gré." L'étude juridique devrait être remise à la justice.

Jean-Louis Nadal, déjugé
Sa carrière a progressé sous la présidence de François Mitterrand
Venu de Tunisie où il naquit en 1943, il fut nommé avocat général à la Cour d'Appel de Versailles en 1987, puis à Paris en 1988 avant de devenir en 1989 procureur de la République à Créteil. Procureur général de la Cour d'Appel de Bastia à partir du 9 janvier 1991, il devient procureur général de Cour d'appel de Lyon en 1992, puis procureur général de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence en 1996.
Son ascension reprend avec Lionel Jospin, entre 1997 et 2002En décembre 1997, il fut nommé inspecteur général des services judiciaires  par le Garde des Sceaux Élisabeth Guigou et procureur général près la Cour d'Appel de Paris le 7 mars 2001 par Marylise Lebranchuactuelle ministre de la Réforme de l'État, de la Décentralisation et de la Fonction publique.

Le procureur général de la Cour de cassation, un magistrat engagé au côté de Martine Brochen-Aubry lors de la primaire présidentielle socialiste de 2011,  avait saisi  fin 2010  la commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR).
Animé par des raisons politiques à l'approche de la campagne présidentielle,  Jean-Louis Nadal avait ordonné en janvier 2011 l'ouverture d'une procédure pour "prise illégale d'intérêts" visant explicitement E. Woerth, témoin assisté dans ce dossier. Réélu député de l'Oise, maire de Chantilly, le ministre de Nicolas Sarkozy était suspecté d'avoir joué de son influence, lorsqu'il était à Bercy, pour favoriser ses proches. En outre, sa femme, Florence Woerth, dirigeait à l'époque une écurie de courses. 

L'enquête de la Cour de justice de la République (CJR) avait affirmé que la vente de l'hippodrome avait été, tout au long de son processus, parsemée d'anomalies. Le choix de la procédure de gré à gré, notamment, parut suspect, à la veille du départ du juge Nadal admis, par limite d'âge, à faire valoir ses droits à la retraite. "L'absence de toute mise en concurrence (...) est soulignée par les différents responsables du ministère de tutelle", accusa  le 16 novembre 2010 le procureur Nadal. 
Toute aussi suspecte, selon les magistrats dans la mouvance de Nadall'insistance du budget à tenir à l'écart des négociations les représentants de l'Office national des forêts (ONF) et le ministère de l'Agriculture, résolument opposés à la vente. 
Et puis, il y a, comme le résumait le procureur militant, cet "empressement à conclure la cession à quelques jours du remaniement ministériel qui conduira Eric Woerth à devenir ministre du travail", en mars 2010. Quant à lui, à six mois de son départ à la retraite, ce même procureur politique s'en prit - par allusion "vertueuse", selon la presse - aux syndicats policiers et au ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, à ceux qui affich[ent] pour la justice une forme de mépris ". 

En revanche, l'étude juridique du Professeur Terneyre ne prend pas parti sur les aspects politiques du dossier. 
L'expert devait répondre à plusieurs questions de droit. Fallait-il, comme le soutient le ministère de l'Agriculture, passer par une loi pour vendre l'hippodrome ? "La vente n'avait pas besoin d'être au préalable autorisée par une loi, tranche M. Terneyre, car les parcelles en cause ne constituaient pas une forêt" ou n'étaient pas "des dépendances du domaine public de l'Etat". Conséquence: "la vente pouvait être réalisée de gré à gré avec l'occupant historique"Balayées, donc, les réticences initiales de l'ONF. 

Le prix de vente était également contesté par la gauche. 
Dans un rapport du 13 janvier, les trois experts mandatés par les juges de la CJR avaient évalué "la valeur vénale de l'ensemble litigieux" au prix fort, à 8,3 millions d'euros, soit beaucoup plus que les 2,5 millions déboursés par M. Gilibert. 
Le rapport de l'arbitre impartial, M. Teneyre s'inscrit en faux. "La vente a été réalisée à un prix ne constituant ni une libéralité en faveur de l'acheteur, ni une mauvaise affaire de l'Etat", estime le professeur de droit public. "A-t-il raté une bonne affaire? Peut-être. mais, pour le savoir , seule une nouvelle expertise indépendante pourrait tenter de le déterminer", relève toutefois l'expert. Bercy n'aurait aucun intérêt, selon lui, à se lancer dans une procèdure aléatoire, voire risquée. Le procureur Nadal a manifestement tenté un coup tordu qui n'aura eu d'autre mérite nauséabond que d'interférer avec la campagne présidentielle. On comprend à quel point les élèves de l'École nationale de la magistrature peuvent être formatés, puisque le procureur Nadal fut sous-directeur des stages et de la (dé)formation permanente spécialisée. Son harcèlement d'Eric Woerth y servira-t-il désormais d'étude de cas ?  

Le ministre du Budget ne prendra pas d'initiatives qui pourraient se retourner contre lui.
Mais, dans son courrier du 23 juillet, J. Cahuzac menace son prédécesseur, en faisant référence aux procédures judiciaires en cours: "Il n'en reste pas moins, écrit-il, que si des instances en cours devaient faire apparaître des causes d'illégalité caractérisées, je me réserverais la possibilité d'intenter une action en nullité, laquelle reste possible au cours des trois prochaines années". 

Amère, la gauche désavouée garde à la droite un chien de sa chienne.
 
Un nouveau procureur militant, mais évidemment "normal" et "exemplaire", devrait émerger...
Puisse-t-il être simplement juste ! Dame Taubira osera-t-elle se porter garante ?
La juge Prévost-Desprez pourrait donc être blanchie et promue !

vendredi 5 juin 2009

Européennes 2009 : Eva Joly, une juge en politique

Eva Joly ou la justice politique Née en 1943 à Oslo en Norvège, Eva Joly est retraitée de la magistrature et en bonne position sur la liste des écologistes rouges du rassemblement Europe Écologie en Île-de-France, aux côtés de Dany-le-Rouge, Daniel Cohn-Bendit le veule, et Jojo Bové, casseur de McDo et Atilla de champs de maïs.

Ses débuts<br>À 18 ans, Gro Farseth quitte la Norvège avant d'exercer divers métiers non qualifiés : fille au pair, secrétaire chez Eddie Barclay, styliste de mode. En 1967, elle épouse un étudiant en médecine, Pascal Joly, le fils aîné (cousin de l’humoriste Sylvie Joly) de la famille qui l'accueillait au pair, malgré l'opposition de ses futurs beaux-parents... Ils auront deux enfants, Caroline et Julien. Elle devient ensuite conseillère juridique de l'hôpital psychiatrique d'Étampes.

À 38 ans, elle fait son entrée dans la magistrature. En 1981, elle est nommée substitut du procureur de la République à Orléans. En 1989, elle est détachée au Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI), organisme rattaché au Ministère des finances, qui épaule les entreprises en difficulté dans les zones sinistrées. Elle en devient la première secrétaire générale adjointe à ne pas sortir de l'ENA.

Elle s’illustre dans diverses affaires politico-financières

Nommée en 1990 juge d'instruction au pôle financier au Palais de Justice de Paris, elle instruisit des affaires politico-financières sulfureuses, comme celle de Bernard Tapie, puis hérite du dossier Bidermann, qui conduit via Elf-Gabon à l'affaire Elf, qu'elle instruit avec Laurence Vichnievsky.(source Wikipedia)

Parenthèse Bernard Tapie
En politique, Tapie fut ministre de Mitterrand, député des Bouches-du-Rhône et euro-député, avec sur sa liste, Christiane Taubira, députée de Guyane, candidate en 2002 à l'élection présidentielle, et Noël Mamère, qui quittera ce parti pour les Verts.

Tapie fut aussi tête de liste de la gauche aux élections régionales de 1992 en PACA, dans les Bouches-du-Rhône avec à ses côtés Élisabeth Guigou, tête de liste dans le Vaucluse, Mylène Demongeot, actrice, sur sa propre liste, Daniel Hechter, couturier, tête de liste dans les Alpes-Maritimes, le professeur Léon Schwartzenberg, professeur de cancérologie, tête de liste dans le Var et opposant aux organismes génétiquement modifiés (OGM) ainsi que défenseur des sans-abri et des « sans-papiers » avec DAL et Carole Bouquet (née dans le 16e arrondissement de Paris), bien que Tapie soit propriétaire d'un vaste et luxueux hôtel particulier, rue des Saints-Pères (Paris).


Le 5 juillet 1996, Eva Joly fit incarcérer le patron Loïk Le Floch-Prigent, ancien PDG d'Elf et président en exercice de la SNCF.
Puis elle ouvrit les dossiers de l'
affaire des frégates de Taïwan et de l'affaire Dumas-Deviers-Joncour. Elle condamne le président du Conseil constitutionnel en 2001 qui démissionne. Mais Roland Dumas est relaxé en appel en 2003.
Elle se sera donc attaquée aux dossiers les plus sensibles :
Crédit lyonnais, Elf (dossier repris en main par le juge Van Ruymbeke), Les Ciments français, Isola... Epaulée par son fidèle greffier militaire, Serge, elle tire le fil de la corruption, met en cause les plus puissants et, surtout, alerte l'opinion sur le délabrement de la justice spécialisée dans la délinquance en col blanc. Or, la juge d'instruction qui disait vouloir se consacrer, après la magistrature, à l'administration pénitentiaire, l'enseignement ou l'écriture, annonce son arrivée en Norvège comme conseiller spécial du gouvernement !

Officiellement engagée politiquement

Si Éva Joly était proche du Mouvement démocrate en 2007, avant l’OPA de François Bayrou, elle a rejopint le rassemblement Europe Écologie.
En 2002, elle explique donc son départ en Norvège comme un véritable exil pour se mettre à l'abri : « J'ai quitté la France. Je suis partie parce que je ne voulais laisser à personne les moyens et le temps de se venger. » Le parano Bayrou, dont elle était encore proche, aurait été contaminé.

En 2007, son nom fut choisi par la promotion de l'École nationale de la magistrature (ENM) qui reconnaissait ainsi les préférences politiques des juges et l’engagement politique d’Eva Joly.
Dénonçant toujours la soumission de la magistrature au pouvoir politique, elle a critiqué le projet de Nicolas Sarkozy de dépénaliser le droit des affaires et l'immunité judiciaire durant la durée de son mandat du président de la République.

En mars 2006 : Eva Joly n’avait pas apprécié le film de Claude Chabrol, "L'Ivresse du Pouvoir"…

mercredi 26 mars 2008

La magistrature visiblement politisée

Les élèves magistrats manifestent maintenant dès l’école
L’Ecole Nationale de la Magistrature (ENM) était pour la première fois le théâtre d’une manifestation hier mardi 25 mars à Bordeaux. Des élèves magistrats, appelés des "auditeurs de justice", ont protesté contre une réforme de leur formation.
Cette réforme est pourtant réclamée depuis de longues années par la profession autant que par les justiciables. Il est clair que des considérations politiques d’opposition animent cette manifestation. Elle se déroulait à l’école même, puisque c’est logiquement à Jean-François Thony, son directeur, un professionnel de la magistrature et de la pédagogie, que la Garde des Sceaux, Rachida Dati, a confié la charge de cette réforme, plutôt qu’à un politique, pourtant.

Premier sujet de satisfaction de nature à rasséréner les justiciables, ce projet mûri depuis 2006 prévoit de généraliser le contrôle des compétences de tous les magistrats avant leur nomination dans leurs premières fonctions. Il est la suite du rapport de la commission d'enquête parlementaire sur le fiasco judiciaire dans l'affaire de pédophilie d'Outreau. Cette commission était alors présidée par André Vallini, un magistrat, secrétaire national à la Justice du PS.
Le 9 juin, à la barre pendant près de six heures, le juge Fabrice Burgaud qui avait instruit l’affaire s'est retrouvé en position d'accusé. «Vous êtes naïf et bardé de certitudes», «aveugle face aux invraisemblances de l'affaire», ont asséné les avocats de la défense. Deux des femmes mises en cause l'ont traité de «menteur». Hermétique face à ce tir de barrage, le jeune magistrat s'est contenté d'exposer sa «méthodologie», permettant de «faire le tri» entre les différentes accusations. «C'est une mission technique», a-t-il répété inlassablement. Et froidement.
Fabrice Burgaud, tout frais émoulu de l'Ecole de la magistrature (ENM), avait 30 ans quand il fut nommé à Boulogne-sur-Mer. Le cloaque d'Outreau, sur lequel planait l'ombre de l'affaire Dutroux, était son premier dossier. Ce cas exceptionnel raviva, jusqu'à l'absurde, une question cruciale: peut-on laisser un magistrat - a fortiori sans expérience - assumer seul l'instruction d'affaires aussi complexes?

Rachida Dati, la Ministre de la Justice, a donc présenté le 22 février ce projet en vingt et un points parmi lesquels figure l'introduction attendue de tests psychologiques lors de l'admission à l’Ecole. Cette disposition était apparue nécessaire en réponse à la fragilité du juge Fabrice Burgaud qui à 32 ans, avait instruit seul l'affaire de pédophilie d'Outreau, de février 2001 à juin 2002, au point de devenir le symbole de la retentissante faillite judiciaire. On lui reproche d'avoir mis en examen, malgré l'absence de preuves matérielles et l'inflation délirante des accusations, 17 personnes dont certaines, à la lumière du procès en cours, n'auraient probablement jamais dû se retrouver devant la cour d'assises de Saint-Omer.
Bénéficiaire d’une rémunération de 1 600 euros nets par mois à bac +4, cette jeunesse étudiante est aussi bourgeoise et conservatrice que politisée. Malgré ce précédent notoire et la pression de l’opinion qui réclame une justice plus sereine, les futurs magistrats ont défilé durant une heure entre l'ENM, la Cour d'Appel et … la mairie de Bordeaux derrière des banderoles sur lesquelles on pouvait lire "Réforme de l'ENM, magistrats mal formés : le justiciable en fait les frais". Le justiciable est-il vraiment l'objet de leur souci? Et pourquoi la mairie de Bordeaux, si ce n’est pour des raisons politiques de manipulation : le trajet de l’ENM à la Cour d'Appel n’aurait-il pu suffire ?
Hélène Acquier, auditeur de justice de la promotion 2006 (15° sur 34), , et déléguée de la section du Syndicat de la magistrature (SM), prétend qu’ils étaient deux cents à manifester et cent cinq à s'être déclarés grévistes… Cette déclaration est sujette à caution au vu de la photo ci-dessous, même en incluant l'encadrement de professeurs...
Le projet de réforme prévoit également une réduction de 30 à 26 semaines de la formation initiale (7 mois effectifs en école et hors stages) et la réduction de un an à six mois du premier stage dans un tribunal (quelques semaines dans chacune des six fonctions de la juridiction -siège, parquet, instance, instruction, enfants, application des peines- sur les 14 mois qu'effectuent les auditeurs de justice au sein d'un tribunal. Ces derniers passent environ 6 semaines.). La formation actuelle fait déjà alterner périodes d'enseignement à Bordeaux et périodes de stage en juridiction. En fin de cursus, les auditeurs rejoignent un cabinet d'avocat pour un stage de deux mois. Au cours de cette période, ils peuvent plaider devant l'ensemble des juridictions civiles, pénales et administratives du fond, sous le contrôle de l'avocat ou en se substituant à celui-ci. Une fois le premier poste choisi, chaque auditeur de justice suit une formation pratique de cinq mois exclusivement consacrée à la fonction qu’il exercera à la sortie de l’ENM.
En fonction de leurs résultats à l'examen de classement et d'aptitude, les auditeurs de justice choisissent leur premier poste de magistrat, sur la liste proposée par le ministère de la Justice. Une période de spécialisation de 6 mois leur permet de recevoir une formation complémentaire pour se préparer aux mieux à l'exercice de la première fonction. De stage de six mois en stage de six mois, il est facile d’entretenir la confusion.

La réforme consiste en fait essentiellement à inverser les périodes en faveur d’une spécialisation renforcée plus longue. Si rien ne bouge, combien de procès d’Outreau encore et de juges Burgaud ?
L’étudiante Hélène Acquier s’est exprimée aussi contre une réforme "qui remet en cause des principes d'enseignement qui [leur] semblent indispensables à la formation des futurs magistrats". Faire une fixation sur l’enseignement théorique est donc un comportement douteux après une maîtrise de droit. Elle lui reproche une spécialisation précoce qui limiterait les possibilités de navigation dans la profession. Elle s'élève notamment contre "le raccourcissement de la période de formation généraliste". Cette déléguée syndicale qui souhaite actuellement devenir juge des enfants voudrait se réserver la possibilité un beau jour de passer juge d’application des peines ou procureur et donc être polyvalente.
Or, pour être plus vrai(e) et ne pas tomber dans la manipulation de l’opinion, cette militante aurait dû ajouter que la spécialisation intervient en revanche plus tôt et que la durée des études reste inchangée au final ! Cette future magistrate est prometteuse d’équité et de justice…

lundi 22 octobre 2007

Ecole de Magistrature : favoritisme pour les ‘défavorisés’ !

Les nouvelles inégalités sociales se mettent en place
Les postes de la fonction publique ne sont pas pour les petits bourgeois…
Dieu a dit : « Il y aura des hommes blancs, il y aura des hommes noirs, il y aura des hommes jaunes, il y aura des hommes grands, il y aura des hommes petits, il y aura des hommes beaux, il y aura des hommes moches et tous seront égaux, mais ce sera pas facile ! » Et puis il a dit : « Y en aura même qui seront blancs, de classe moyenne et abandonnés de l’Etat, et pour eux ça sera très dur ! » (Coluche légèrement détourné).
Car pour la classe moyenne, parents et enfants, la vie s’annonce de plus en plus dure. Il va leur falloir s’intégrer à la société nouvelle. Dieu a dit : « Il y aura des enfants de parents divorcés, il y aura des immigrés, il y aura des sans papiers, et il y aura des enfants d’immigrés, divorcés et sans papiers et, pour eux, ce sera galette ! »
Le ministère de la Justice a en effet précisé jeudi avoir reçu une quinzaine de candidatures pour intégrer la nouvelle classe préparatoire au concours de l'Ecole nationale de la magistrature (ENM) voulue par Rachida Dati, la terreur des magistrats et avocats réunis, au titre d'une politique … d'égalité des chances. C’est le clou !
Cette classe préparatoire intégrée à l'Ecole Nationale de la Magistrature, située à Paris, devrait donc accueillir quinze candidats issus des classes défavorisées. Pour commencer. Et une classe de quinze, c’est encore un privilège que leurs congénères désormais défavorisés leur envient déjà. Les professeurs de lycées et collèges vont revendiquer sous peu… Or, ce n’est pas un précédent, mais la suite logique de ce qui se passe déjà pour accéder de Sciences Po à l’ENA. Les critères de recrutement seront fonctions du diplôme du candidat, de son origine géographique et de ses ressources et de celle de sa famille. A l’époque où les bourses étaient devenues rares avant que les classes moyennes et laborieuses en soient définitivement exclues, les défavorisés en question connaissaient tous des cas d’interprétation douteuse des critères. Ca continue…
Les quinze élus au favoritisme seront choisis en décembre. Leur formation durera neuf mois avant la présentation au concours 2008 de l'ENM.
Est-ce qu’ils devront passer les épreuves de sortie? Ou ce serait injuste, pour des 'défavorisés'?