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jeudi 28 octobre 2010

La gauche se fait encore voler des ordis: c'est cyclique !


Une technique inusable de diffamation ?




Me J.-P. Mignard, à gauche, et Ségol'haine Royal, à droite

Désirdavenir Royal en campagne s'était déjà faite dépouiller !

Nous n'évoquons pas les bulletins de vote qui auraient été pris à Sa Cynique Majesté Royal et attribué par inadvertance à la Ch'tite Aubry. Ce dépouillement aurait permis à Martine Aubry de prendre le PS pour en faire un bateau ivre, livré aux courants contraires, à des coups vents de révolte et des bordées d'injures.

Nous n'évoquons pas non plus les vols d'ordinateurs de Désirdavenir Royal
La candidate malheureuse de la gauche à la présidentielle est une victime née, car elle n'en était pas en effet à son premier vol.
D'abord en août 2006, son appartement aurait été visité, selon elle, sans que les cambrioleurs ne trouvent rien et évidemment pas le début de l'ébauche d'un projet présidentiel. Mais la vertueuse candidate en avait fait tout un chabichou, pensant que les malheurs de Ségo avaient des chances d'émouvoir l'opinion et que ce montage pourrait expliquer son absence de programme.
Ensuite en novembre 2006, Sophie Bouchet-Petersen (ci-contre), la conseillère spéciale de l'imaginative socialiste dans sa campagne à l'élection présidentielle de 2007, déclara le vol d'un ordinateur portable. Autant de vols ne firent pas suspecter son adversaire qu'elle ne manqua pas d'accuser aussi sec, mais bien plutôt le sens socialiste de l'ordre et du rangement.
En juin 2008, pour la troisième fois en deux ans, Ségol'haine Royal se dit à nouveau victime de cambrioleurs. Son appartement de Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine, aurait été visité, sans que rien de valeur n'ait été volé chez cette humble socialiste, mais son entourage parla toutefois d'un «grand remue-ménage» dans sa chambre. Les ordinateurs auraient, disent des proches, été «mis par terre». L'équipe de l'ex-candidate malencontreuse de la gauche à l'élection présidentielle dénonça une «pratique d'intimidation».

Or,
à son tour, la presse engagée subit actuellement une étrange vague de vols d'ordinateurs
Comme les écoutes téléphoniques, ce serait cyclique. Tous les trois ou quatre ans, le PS connaît une nouvelle vague de cambriolages.

La presse engagée applique toujours la même méthode

Les accusations

Les enquêtes concernant Liliane Bettencourt, 17e fortune mondiale, visent l'appropriation de son argent par son entourage par abus présumé de sa faiblesse, mais aussi l'UMP, accusé d'un possible financement illicite avec sa fortune. Or, la machination a aussitôt sauté aux yeux, puisqu'elle cible l'ex-trésorier de ce parti qui n'est autre que l'actuel ministre du Travail, Eric Woerth, alors qu'il a pour mission de mener à bien la réforme sensible de l'âge de départ à la retraite.

Le site Mediapart, qui a publié les premières révélations de l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, Claire Thibout, ensuite partiellement contredites, avait lancé l'affaire Woerth-Bettencourt. Le site explique maintenant avoir constaté qu'avaient été dérobés dans ses locaux deux ordinateurs de la responsable de la communication et d'une stagiaire.
Le bureau ciblé dans le vol était mitoyen de ceux des journalistes Fabrice Lhomme et Fabrice Arfi, travaillant sur l'affaire, qui n'avaient pas laissé leur ordinateur dans les locaux ce soir-là.
Mediapart dit avoir déjà déposé plainte, mais ne pas l'avoir fait savoir alors, car, prétend-il, il ne soupçonnait pas que ce cambriolage d'un organe de presse - en pleine affaire politico-judiciaire - puisse être autre chose qu'un acte ...crapuleux ! Et pourtant,un journaliste de l'hebdomadaire Le Point a relevé que plusieurs vols d'ordinateurs portables étaient intervenus ces dernières années au sein du moulin magazine.

Mais, les vols mis au jour ensuite au magazine Le Point (ordinateur d'Hervé Gategno) et au journal Le Monde (celui de Gérard Davet), auraient finalement éveillé l'attention du site Mediapart (vraiment si peu suspect de suspicion) et suscité de nouvelles recherches en son sein, ont permis de réaliser, explique-t-il, que les CD-Roms des enregistrements clandestins de Liliane Bettencourt (réalisés en secret par un de ses fidèles employés) avaient aussi été volés dans ses locaux. Un grand malheur pour Mediapart, puisque la publication de l'intégrale de ces enregistrements était jusqu'ici réclamée en vain. Malheur ou bonne affaire ?
Fuites ou investigation, des documents confidentiels sur la société Mediapart et des archives ont aussi été volés. Mediapart entend donc compléter sa plainte à la police.

Plus c'est gros, mieux ça passe ?

Trop de vols tuent l'accusation de vols
Gérard Davet, reporter au Monde, dit s'être fait dérober la semaine dernière à son domicile son ordinateur et un équipement GPS qui sert à trouver son chemin en voiture et permettrait donc de retracer ses déplacements.
Samedi, dans les locaux du magazine Le Point les ordinateurs de deux journalistes, une qui ne travaille pas sur l'affaire Woerth-Bettencourt et Hervé Gattegno, spécialiste de ce dossier à l'hebdomadaire, ont été volés. Un câble qui protégeait son ordinateur a été cisaillé.
Gérard Davet et Hervé Gattegno auraient confié à des collègues anonymes qu'ils jugeaient troublants ces vols, mais précisent en choeur n'avoir aucun élément pour dire qu'ils sont liés à leurs articles. Les anonymes se chargent du reste.

La presse a fait l'objet de deux enquêtes de police
visant à identifier ses sources dans l'affaire Bettencourt.

  • La première, menée l'été dernier par le contre-espionnage, portait sur les articles de Gérard Davet. Elle a identifié un magistrat du ministère de la Justice, qui a été limogé.
  • La seconde a été menée ce mois-ci à la demande du procureur de Nanterre Philippe Courroye qui souhaitait vérifier si les investigations des deux journalistes du Monde profitaient de fuites en provenance de la présidente du tribunal, Isabelle Prévost-Desprez.
    Le procureur a fait examiner par la police les factures détaillées de communications téléphoniques de ces deux journalistes. Le quotidien a déposé plainte, jugeant qu'avait été violé le secret des sources, protégé par la loi.
  • Le procureur de Paris Jean-Claude Marin n'a pas encore donné suite à ces plaintes, mais il a demandé au contre-espionnage de lui livrer les éléments de son enquête, ce que le service a refusé en invoquant le "secret-défense", également protégé par la loi.
  • Michèle Alliot-Marie, impartiale
    La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, interrogée sur France Inter avant ce nouveau développement, avait estimé qu'on ne pouvait tirer pour l'instant aucune conclusion de ces faits. "Il y a une enquête, puisqu'on a déposé plainte (...) Quand on saura des choses certaines, je pourrai vous faire un commentaire", a-t-elle dit.

    Mediapart veut garder la primauté

    Le journal d'Edwy Plenel tient à son rang de première victime présumée.
    Ce matin, s'adressant aux contre-facteurs, il titre en effet: "Avant «Le Point» et «Le Monde», un cambriolage à Mediapart"... Tel un créateur de LVMH qui combattrait les contrefaçons, il revendique une sorte de 'copyright'sur le buzz : "Dans la nuit du 7 au 8 octobre, deux semaines avant le vol des ordinateurs des journalistes du Monde et du Point en charge de l'affaire Bettencourt, les locaux de Mediapart ont été cambriolés. Là encore, deux ordinateurs portables ont été volés. Un disque dur externe contenant des données confidentielles et deux cédéroms regroupant les enregistrements réalisés chez Liliane Bettencourt ont également disparu. Une plainte a été déposée." Dans cette nouvelle opération médiatique, Mediapart évalue les pertes financières et donc le manque à gagner, si, déloyale, la concurrence exploite à son tour le filon. Le journal anti-libéral refuse de se laisser voler le concept, de se faire souffler le produit et les recettes afférentes.

    Un fil conducteur royal

    Comme celui d'Edwy Plenel, le patron de Mediapart, le passé politique de Sophie Bouchet-Petersen est trotskiste: en 1966, elle était membre de la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR) au côté de Daniel Bensaïd, avant qu'il ne deviennela LCR, puis le NPA de Besancenot. Elle collaborera ensuite avec Mitterrand, sur le sujet des PME. Puis, en 1999, elle rejoindra le cabinet de Désirdavenir Royal, alors ministre de l'enseignement scolaire, et ministre déléguée à la famille et à l'enfance, mars 2000. Enfin, elle conseille l'amère Royal, d'abord au Conseil régional Poitou-Charentes, puis dans son équipe de campagne, où elle participe au lancement de son site Internet, avec Me Jean-Pierre Mignard.

    Ex-PSU, au temps de Rocard, Me Jean-Pierre Mignard a été un associé de Henri Leclerc, un ancien président de la LDH (Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen), de 1995 à 2000.
    Le grand public l'a découvert comme conseil dans l'affaire des écoutes de l'Elysée, au temps du président Mitterrand, dans laquelle le journaliste Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du quotidien Le Monde était au cœur des débats et également en pointe dans l'affaire Greenpeace dans laquelle est impliqué un 'homme au bonnet rouge', un frère de Ségol'haine Royal, Gérard.
    Il s'est ensuite illustré comme avocat de jeunes délinquants de Seine-Saint-Denis où il s'est installé (émeutes de 2005 à Clichy-sous-Bois, quand des jeunes de 15 et 17 ans étaient déjà "assez grands" pour manifester, se cacher dans un transformateur électrique et u mourir électrocutés, et encore en 2007 lors des émeutes de Villiers-le-Bel, à la suite de nouvelles violences urbaines liées à la mort de jeunes de 15 et 16 ans qui, à deux sur une mini moto, avaient percuté une voiture de police.
    On le retrouve enfin dans l'affaire Clearstream, qui accusait Nicolas Sarkozy.

    Or, il se trouve que Me Mignard, par ailleurs membre du Conseil d’administration de l'hebdomadaire Témoignage chrétien (groupe Le Monde), fut surtout le président (de 2007 à 2009) de l’association Désirs d'avenir, mouvement de soutien à Ségol'haine Royal lors de la campagne présidentielle de 2007.
    Lire PaSiDupes: un habitué des sales besognes


    Et qui est donc aujourd'hui l'avocat du site Mediapart ?

    Me Mignard ?
    Eh bien, oui !
    Il en faut bien, mais il est toujours là où il faut. Gardons-nous pourtant de tirer toute conclusion que ce soit sur ces coincidences, aussi nombreuses et fortuites que troublantes.

  • samedi 18 octobre 2008

    Besancenot accueille un terroriste mais poursuit un espion

    Il fait mettre en examen le patron de Taser France et des policiers

    Georges Besse, PDG de Renault, a-t-il été victime de policiers et de leur Taser, le pistolet à impulsion électrique, ou de terroristes d'Action Directe (AD) (Lire PaSiDupes)?



    Dans l'affaire d'espionnage présumé du porte-parole de la LCR, Olivier Besancenot, qui est en conflit ouvert avec l'importateur du pistolet à impulsion électrique, sept personnes, dont le directeur de Taser France et un ex-policiers et deux détectives privés, ont été mises en examen jeudi.

    Historique
    Espionnage présumé
    L'affaire avait débuté en mai avec la révélation par l'hebdomadaire l'Express que la vie du porte-parole de la LCR (Ligue communiste révolutionnaire) avait été "épiée, disséquée, mise en fiches par une officine de renseignement privée", bien après la présidentielle, entre octobre 2007 et janvier 2008.
    Plainte et enquête
    Le parquet de Paris avait ouvert alors cette enquête à la suite d'une plainte contre X d'Olivier Besancenot pour "atteinte à la vie privée, atteinte aux droits des personnes pouvant résulter des fichiers et traitements informatiques et violation du secret professionnel".
    Antoine Di Zazzo, directeur de Taser France, les deux membres de l'agence de détectives Dussaucy, soupçonnée d'avoir mené les investigations sur le dirigeant trotskiste, et un ancien policier ont été mis en examen par les juges Nicolas Aubertin et Jeanne Duyé pour "complicité par instruction".
    Il y a fuite et fuite
    Deux policiers et un douanier ont été mis en examen pour "violation du secret professionnel", "détournement de finalités de données", "divulgation intentionnelle de données confidentielles" et "accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données".
    Le maximum des peines encourues pour ces chefs est de cinq ans d'emprisonnement et de 375.000 euros d'amende. A sa sortie du cabinet des juges, M. Di Zazzo a juste indiqué qu'il ne "souhaitait parler que de la commercialisation du produit (le pistolet Taser) et pas de tout ce cirque".
    Comme pour les fuites syndicales
    Placés en garde à vue mardi, tous ont été remis en liberté et assujettis à un contrôle judiciaire, conformément aux réquisitions du parquet. Les modalités du contrôle judiciaire n'ont pas été précisées.

    Enquête et procédures
    Les investigations et perquisitions menées par les enquêteurs ont jusqu'à présent permis de resserrer l'étau sur SMP Technologies, qui commercialise le pistolet à impulsion électrique Taser dont sont équipés les policiers, gendarmes et depuis peu les policiers municipaux. Le pistolet à impulsion électrique lui-même n’est pas en cause en temps que produit .
    Un compte-rendu détaillé des filatures et surveillances dont ont été l'objet O. Besancenot et son proche entourage entre octobre 2007 et janvier 2008 a ainsi été saisi au siège de SMP Technologies, à Paris.
    A l'agence Dussaucy (qui n'est pas une agence de presse...), les policiers ont mis la main sur une clé USB dont le contenu avait été effacé mais qui a pu être reconstitué: il s'agissait de photos du dirigeant de la LCR et de sa compagne, qui est éditrice chez Flammarion, prises lors de filatures.
    Deux virements de SMP Technologies vers le cabinet Dussaucy, l'un de 4.000 euros, l'autre "plus conséquent de plusieurs milliers d'euros", ont également été identifiés. Des relevés d'écoutes téléphoniques permettraient en outre de relier SMP Technologies à l'agence de détectives, selon une source proche du dossier.
    M. Di Zazzo doit retrouver O. Besancenot lundi lors d'une audience civile au tribunal de grande instance (TGI) de Paris.

    Le dirigeant de SMP Technologies attaque pour "diffamation" le dirigeant de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), qui avait contesté, lors de la campagne pour l'élection présidentielle 2007, le caractère "non létal" du Taser.

    Mais O.Besancenot préfère de loin les terroristes aux espions
    Un espion qui creuse la vie d’O. Besancenot encourt l’ire trotskiste : normal ! Mais qu’un terroriste creuse la tombe d’innocents et la LCR comprend tout ! Normal ?

    "Jean-Marc Rouillan n'a rien fait qui justifie sa réincarcération". C'est du moins ce qu'affirme le philosophe Daniel Bensaïd, (1946) qui, connu pour ses études sur Karl Marx et Walter Benjamin, est professeur d'université et membre de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).
    Alors que l'adhésion éventuelle de Jean-Marc Rouillan au futur Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) du porte-parole de la LCR
    Olivier Besancenot a suscité une polémique, Daniel Bensaïd a rejeté toute "exclusion préventive" de l'ancien membre d'AD
    .
    Mercredi, lors d'une conférence de presse, un membre du comité de soutien "aux militants d'Action Directe", Alain Pojolat, a estimé qu'il était "
    impossible pour un militant ayant effectué sa peine de s'exprimer publiquement". N'a-t-il pas un avocat pour çà?

    De plus, contrairement aux propos mensongers colportés ici et là sans contrôle, Rouillan n'a d'ailleurs pas encore purgé sa peine, puisqu'il a bénéficié de l'indulgence de ses juges avec leur décision de sa remise en semi-liberté, deux ans avant qu'il ait effectué sa peine: un comité de soutien qui ne sait pas de quoi il parle ou qui intoxique l'opinion ? 'Remise en semi-liberté' n'est pas 'remise de peine' !

    Et ils ont ‘légalistes' » !
    A quoi voit-on qu’ils sont ‘légalistes ?
    L'avocat de Rouillan, Me Jean-Louis Chalanset, n’a certes pas précisé qu’il a confiance dans la justice de son pays. Il a même estimé que s’exerce une "pression énorme" sur les juges pour qu'ils remettent en prison Jean-Marc Rouillan. Propos de démocrate !…
    En matière de prévention et d’éducation civique, on peut faire confiance au Parti communiste français. Le président de la "commission justice" du PCF, Henri Malberg, tout en affirmant haut et fort que "les crimes commis par Action directe représentaient une tragédie et une impasse", a néanmoins estimé qu'il était "temps de tourner la page et de remettre ces gens en liberté". Ce que le tribunal avait accordé au terroriste condamné. Au PCF, on défend clairement le respect de la parole donnée ! Avec Alain Geissmar, ancien maoïste et le communiste Gérard Miller, le très médiatisé " psy " de la télévision, Henri Malberg, président du groupe communiste à la mairie de Paris et membre du conseil exécutif national du PCF, milite pour la libération de tous les membres d'Action Directe. De plus, l'appel "Une autre voix juive", lancé en 2003, a été notamment signé par Stéphane Hessel, Raymond Aubrac, Pierre Vidal Naquet, Abraham Segal, Nicole Bernheim, Alain Lipietz et Henri Malberg.
    Au nom du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) Mouloud Aounit, a dénoncé "un harcèlement et acharnement judiciaire qui de fait instaurent une double peine" à l'encontre de J.-M. Rouillan, la victime, selon lui.

    Ce n’est pas juste : une seule peine, en effet, pour chacune des deux victimes. Et la question ne se pose même pas de leur remise en semi-liberté !

    vendredi 25 avril 2008

    Rénovation au PS : les socialistes abandonnent la révolution pour la rumeur

    Manipulation et mauvaise foi ne sont plus révolutionnaires ?
    La violence intellectuelle contre la violence révolutionnaire
    «Qui sommes-nous? D'où venons-nous ? Où allons-nous ? » « Dans quel état j’erre ? » Graves questions auxquelles les socialistes ont répondu l’autre matin en présentant le texte définissant leur identité au XXIe siècle.

    Le député européen Henri Weber et les secrétaires nationaux Alain Bergounioux et Béatrice Marre (voir ci-dessous leurs biographies en bref par PaSiDupes) ont dévoilé cette « Déclaration de principes », la cinquième depuis 1905 rue de Solferino Composée de 21 articles, elle pourra être amendée par les militants avant l'adoption finale lors de la convention nationale du 14 juin. Y ont également travaillé : Nicole Bricq, Christophe Caresche, Géraud Guibert, Eric Loiselet, Philippe Plisson, Bruno Rebelle et Thierry Wahl. (cf. Pôle écologique du PS : Alain Bergougnoux est animateur de la commission chargée de cette réflexion au sein du PS )

    La principale évolution est la prise en compte de la sauvegarde de la planète et surtout l'abandon clair et net de toute référence à un objectif révolutionnaire. Le PS se définit désormais comme réformiste et se déclare favorable à l'économie de marché, mais pas n'importe laquelle : « Une économie sociale et écologique de marché. » Hormis les réserves de Jean-Luc Mélenchon sur l'Europe, le texte est le résultat d'un consensus entre toutes les sensibilités du parti. De quoi respirer (un peu) avant le congrès de novembre.

    Entretien (Le Parisien du mardi 22 avril 2008 )
    En quoi était-ce important de redéfinir les principes du PS ?
    Henri Weber, député européen PS. Nous sommes entrés dans un siècle nouveau et les conditions de notre action ont profondément changé. Les entreprises et les marchés se sont mondialisés et la puissance du capitalisme financier rend l'économie mondiale plus inégalitaire et plus instable. Les pays émergents ont décollé et sont à la fois pour nous d'immenses marchés et de redoutables concurrents. Il fallait redire ce qu'est être socialiste au XXI e siècle.

    « Rénovation à tous les étages »

    Le terme révolutionnaire disparaît. La révolution, c'est fini ?
    Plus personne en France, même pas Olivier Besancenot, ne propose de s'emparer du pouvoir par la violence des armes. Dans une démocratie avancée comme la France, la transformation sociale passe par la conviction, la conquête de la majorité et l'accumulation des réformes, non par la révolution.

    Une des nouveautés est la défense de la planète...
    Nous avons intégré l'apport de l'écologie politique à notre programme. C'est-à-dire un développement respectueux de l'écosystème, soucieux des intérêts des générations futures.

    Quel est le modèle européen du PS ?
    Les expériences qui nous intéressent le plus sont celles des socialistes scandinaves, notamment suédois. Car ils ont réussi à inventer de nouvelles modalités d'action pour poursuivre l'objectif traditionnel des socialistes : plein-emploi, garantie contre tous les risques sociaux, augmentation du pouvoir d'achat, accès du plus grand nombre à l'éducation et à la culture...

    Il y a eu consensus autour de ce texte, mais au congrès cette union ne risque-t-elle pas de voler en éclats ?
    Ce congrès ne doit pas être le moment de l'affrontement entre les présidentiables du PS pour la désignation de l'un d'entre eux. Cette question doit venir en 2010. Ce congrès doit être celui de la reconstruction et doit mobiliser le PS pour sa rénovation à tous les étages.

    Henri Weber, qui êtes-vous ?
    Ce membre du PS depuis 1986 est né en1944 au Tadjikistan et si on voit qu’il est parti de loin pour arriver au Bureau national socialiste, on ignore parfois que pour lui le chemin le plus court n’est pas le meilleur.
    Ce docteur en philosophie et en science politique a d’abord été membre de l'UEC (Union des Etudiants Communistes) et du PCF, dont il s’est rapidement fait exclure (1965) avec notamment … Alain Krivine, le gourou du pseudo-facteur Besancenot. Mais le désordre de 1968 est une chance pour Krivine et lui, qui deviennent des leaders du mouvement de Mai 68. Weber est l'un des co-fondateurs de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), avec Krivine et Daniel Bensaïd (lequel est professeur de philosophie à l’université Paris VIII, un des principaux théoriciens de la LCR et un dirigeant du Secrétariat unifié pabliste auquel la LCR est affiliée). Weber fut de 1968 à 1976 directeur de l’hebdomadaire et de la revue trotskistes.
    Entre 1981 et 1986, il se consacre à ses recherches et à sa famille. Laurent Fabius, dont il est encore aujourd'hui un des proches, le dévoiera pour le faire conseiller technique dans son cabinet, président de l'Assemblée nationale (1988–1991). Il entrera au cabinet de Martin Malvy (qui était Secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement auprès du Premier Ministre Bérégovoy), Porte-parole du gouvernement), puis de Louis Mermaz jusqu'en 1993 ( ministre chargé des relations avec le Parlement).
    Au PS, il a été membre du secrétariat national (1993-2003), chargé de l'Education Nationale jusqu'en 1995, puis de la culture et des médias et de la formation jusqu'en 2003 et à nouveau depuis 2005. Membre du Secrétariat du PS, chargé de la formation et de l'université permanente des cadres fédéraux, il est Fabiusien.

    «Il faut faire l’Europe et faire de l’Europe la première démocratie économique et sociale du monde, creuset d’une haute civilisation et levier d’une autre mondialisation » « La France ne sait plus rêver et ne fait plus rêver. Il y a trois types de personnes qui ne rêvent pas : les vieux, les désespérés et le dépressifs. La France est vieille, désespérée et dépressive. » Henri Weber

    Alain Bergounioux, qui êtes-vous ?
    Historien, professeur à l'Ecole normale supérieure, inspecteur général de l’Éducation nationale, président de l’OURS (Office Universitaire de Recherche Socialiste), militant socialiste strauss-kahnien, il est membre des organismes centraux du PS depuis 1993, dont secrétaire national aux études du PS, historien du PS
    Il fut un temps à la CGT-FO, comme Arlette Laguiller (Fédération syndicaliste des travailleurs des PTT)


    Béatrice Marre, qui êtes-vous ?
    Née en1952 à Paris, (IEP Paris, licence ès sciences économiques et sociologie, DEUG de psychologie), ancienne chef de cabinet de François Mitterrand (1988-1995), elle était député PS de l’Oise(1997-2002) et avait pour assistante parlementaire, Najat Belkacem, porte-parole de Désirdavenir Royal.
    Elle a migré de l'Oise à l’Aveyron (Millau) et régressé de maire à conseillère municipale.