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mercredi 28 juin 2017

Dans l'affaire Pénicaud, Castaner fait pression sur la presse : liberté de l'information en péril

Castaner appelle la presse à "ne pas chercher à affaiblir" Pénicaud

Un porte-parole stalinien pour le président jupitérien

L'affaire Business France est susceptible d'affaiblir la ministre de Macron.
Le porte-parole du gouvernement a dû se faire l'avocat de Muriel Pénicaud en défendant la ministre sur le fond du dossier. Il a fait valoir que lorsqu'elle avait constaté des "irrégularités" sur des frais engagés par Business France, agence qu'elle dirigeait, pour une visite d'Emmanuel Macron à Las Vegas, elle aurait demandé d'abord un audit, puis saisi l'inspection générale.

Sous le coup d’une enquête préliminaire pour violation présumée des règles de mise en concurrence, la ministre est plongée dans l'embarras, confirme Castaner. 
Elle va en effet devoir défendre le projet de loi d'habilitation à réformer le droit du travail par ordonnances, principale réforme voulue par Emmanuel Macron.

Mais Libération maintient que la ministre a "validé" certaines dépenses relatives à l'organisation à Las Vegas d'un événement mettant en valeur Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie. Il en avait profité pour rencontrer des dirigeants de start-up françaises, de potentiels sponsors de sa campagne, un "contournement des règles" - pour le moins - de l'agence publique chargée de faire la promotion de la France auprès des investisseurs étrangers. 

Le quotidien assure que Pénicaud aurait ensuite tenté d'étouffer l'affaire.

"Il y a eu une erreur de procédure", a reconnu Mme Pénicaud mercredi sur RTL, avant de prétendre qu'elle a "immédiatement déclenché un audit, interne et externe". Sauf qu'aucune preuve et pièce ne vient étayer son assertion.

"Il y a eu ensuite une inspection générale qui a confirmé qu'effectivement il y avait eu erreur et que d'autre part j'avais pris les bonnes mesures", a-t-elle conclu, réfutant tout tentative d'étouffer l'affaire, bien que cet avis de l'inspection générale n'ait pas transpiré...

Selon Le Canard enchaîné, le coût de l'opération réalisée par Havas pour Business France aurait été de 381.759 euros, dont 100.000 euros pour frais d'hôtel, sans appel d'offres
Or, Business France a le statut d'établissement public qui gère une activité de service public. Il est placé sous la tutelle du ministère de l'Économie et des Finances, du ministère des Affaires étrangères et du Développement international et du ministère de l'Espace rural et de l'Aménagement du territoire et donc financé sur des fonds publics.
Dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte notamment pour favoritisme, les sièges de Business France et d'Havas ont été perquisitionnés le 20 juin.
Muriel Pénicaud, ambassadrice déléguée aux investissements internationaux, fut la première directrice générale de Business France, en janvier 2015Ex-secrétaire d'État chargée des Collectivités territoriales dans le gouvernement Valls II, puis confirmée dans le gouvernement Cazeneuve, Estelle Grelier, alors députée PS de Seine-Maritime, a été nommée le 17 août 2015 au poste de présidente du conseil d'administration de l'établissement laissé par Pénicaud. Le 12 mai 2016, la députée PS de Paris Seybah Dagoma l'a remplacée, mais elle a perdu  son siège élections législatives de 2017, au profit de Benjamin Griveaux, candidat de En Marche, lequel a été nommé 29e et dernier membre du gouvernement Philippe, au poste de secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, le juppéiste Bruno Le Maire ainsi placé sous surveillance.Trois nominations en 2 ans et six mois : un 'turn over' effarant, tous les dix mois, pour une plus grande efficacité... sur un poste réservé aux femmes.

Le cabinet d’Emmanuel Macron a été impliqué dans l’organisation de cette soirée litigieuse, affirme Libération dans un article publié ce mercredi 28 juin.
"Nous comprenons que la définition exacte des besoins a pu être en partie déterminée par des personnes extérieures à Business France, en particulier le cabinet du ministre de l’Économie", pointe notamment le rapport cité par Libération, un audit réalisé par le cabinet d’audit EY (ex-Ernst & Young).

Lorsque l’affaire avait éclaté, Macron avait écarté la responsabilité de son entourage, affirmant que son "ministère a toujours respecté les règles des appels d’offres et des marchés publics ". Circulez, il n'y a rien à voir...

Le successeur de Macron au ministère de l’Économie, Michel Sapin, avait lui-même dédouané son ancien collègue, affirmant que la saisine de l’Inspection générale des finances (IGF) dans cette affaire "ne concerne en aucun cas Emmanuel Macron".
La presse est donc missionner pour nous rebattre les oreilles avec un élément de langage qui ne passe déjà plus, à savoir un soi-disant "sans faute" jusqu'ici d'Emmanuel Macron.

dimanche 22 juin 2014

L'UNEDIC "balance" les intermittents du spectacle

L'UNEDIC, briseur de grève militant instrumenté par Bercy

L'Unedic publie des données chiffrées qui font mal
 
Les nouvelles règles de calcul du différé d'indemnisation chômage n'entraîneront aucun changement pour "plus de la moitié" des intermittents, prétend l'organisme qui gère l'assurance chômage.

En ce qui concerne le plafonnement du cumul entre allocations et salaires, toujours selon l'Unedic, le nouveau dispositif ne concernerait chaque mois que 6 % des indemnisés les plus favorisés, qui atteignent ce plafond (4.381 € brut) et verront donc leur indemnisation baisser.

Enfin, pavé dans la mare des intermittents, 80 % des intermittents cumulent chaque mois un salaire et une allocation chômage, selon ses données. Le salaire moyen est de 1.500 € et l'indemnisation moyenne de 1.100 €, soit un revenu brut moyen de 2.600 €.

La réforme devrait permettre à l'assurance chômage d'économiser environ 150 M€. Une "bonne opération" en temps de crise ou une goutte d'eau face aux 4 Mds€ de déficit de l'Unedic en 2013 ? Les points de vue divergent...

L'UNEDIC sacrifie l'autre moitié des intermittents
Bercy fait monter au créneau l'UNEDIC, juge et partie
Cette association a reçu du gouvernement une délégation de service public de gestion de l'assurance chômage en France, en coopération avec Pôle emploi, établissement public à caractère administratif. Un cumul entre le salaire et les indemnités chômage plafonné, des cotisations sociales augmentées et un délai de carence entre la perception des derniers revenus et le versement des allocations chômage plus long...
Voilà, en résumé, ce qui provoque, dans l'accord signé le 22 mars entre l'UNEDIC et trois syndicats (CFDT, CFTC, FO), la poussée de colère des intermittents du spectacle. 

Or, la présidente de l'UNEDIC, Patricia Ferrand, est CFDT, donc proche du PS. Quant au directeur-général de Pôle emploi, Jean Bassères, il est plutôt classé à gauche pour avoir travaillé dans les cabinets d'Henri Nallet à l'Agriculture et de Michel Sapin à l'Économie.

dimanche 4 mai 2014

Musée Picasso: Filippetti ne tient pas parole

Claude Picasso estime que "la France se fout de (son) père"
Les retards du musée Picasso agacent le fils du peintre
Le musée est fermé depuis cinq ans mais les tensions depuis des mois autour du musée Picasso à Paris sont désormais publiques. En jeu, la date de réouverture de l'établissement public fermé, mais aussi le management contesté de sa présidente Anne Baldassari. "J'ai l'impression que la France se fout de mon père et aussi de ma tête !", tonne Claude Picasso, le fils de Pablo Picasso, dans un entretien au Figaro daté de vendredi.
Le ministère de la Culture a révélé que la ré-ouverture du musée, envisagée en juin, pourrait être repoussée à mi-septembre.

La ministre ne tient pas ses engagements

Claude Picasso se dit scandalisé par la manière dont l'Etat saborde la réouverture du musée parisien, créé à partir de l'exceptionnelle dation de 1979 enrichie depuis par de nombreuses donations de la familleReprésentant la famille au conseil d'administration du musée, il attend de la ministre de la Culturequ'elle passe des promesses aux actes, puisqu'Aurélie Filippetti  s'était engagée "à tout faire" pour ouvrir le musée en juin, avec l'actuelle présidente Anne Baldassari "à sa tête". Née à Tlemcen, elle était fut nommée directrice du musée Picasso 2005 et préside l'établissement public du musée Picasso depuis 2010.

"Nous ne sommes pas à quelques semaines près, après cinq ans de fermeture", estime le directeur général du patrimoine au ministère. "Il est de la responsabilité du ministère que toutes les conditions soient réunies pour une bonne ouverture du musée : la sécurité des collections, les conditions d'accueil du public et le bon fonctionnement des équipes", argue-t-il. Il faut également "trouver le meilleur moment pour cet événement exceptionnel et fin juillet ne l'est pas", déclare  Vincent Berjot.

Interrogé sur les méthodes de management contestées d'Anne Baldassari, accusée notamment de ne pas assez déléguer, il souligne qu'"il y a un rapport de l'inspection générale du ministère qui décrit une ambiance de travail extrêmement dégradée".

La ministre découvre le problème

Claude Picasso, homme fort de la famille, soutient pour sa part Anne Baldassari, épouse Christian Phéline, conseiller maître à la Cour des comptes. "Elle se bat depuis dix ans" pour que la réouverture du musée agrandi "soit une fête à partager avec les visiteurs du monde entier", estime-t-il. "Si on prend n'importe qui pour réaliser l'accrochage qu'elle avait prévu", il dit envisager de démissionner du conseil d'administration du musée.

Le ministère de la Culture se déclare "très étonné de la tournure" que prend la question de la date de réouverture du musée Picasso. "Les propos de Claude Picasso sont très excessifs", estime Vincent Berjot. "Nous partageons le même objectif de valoriser le génie de Picasso et de son oeuvre", dit-il. "Le ministère a investi 19 millions d'euros dans la rénovation du musée et il procède actuellement au recrutement de 40 personnes""Quand on investit autant, quand on recrute, quand on double les surfaces, je ne pense pas que l'on se moque de l'oeuvre de Picasso. On lui donne un magnifique écrin", souligne-t-il.

Et quand on met  en loterie une oeuvre estimée à 800.000 euros?

En décembre dernier et 
pour une mise de 100 euros, un Américain de 25 ans a remporté un véritable Picasso d'une valeur d'un million de dollars (photo 1) en participant à la loterie mondiale organisée au profit de la sauvegarde de la ville de Tyr au Liban. Les fonds récoltés doivent financer deux projets socioculturels : la création d'un centre d'artisanat pour offrir du travail aux jeunes, femmes et handicapés de Tyr, et celle d'un institut d'études phéniciennes à Beyrouth. 

Chefs d'oeuvre "made in France" en péril
 
Faudra-t-il que Filippetti organise une tombola pour sauver le musée Pablo Picasso de Paris ?