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samedi 16 décembre 2017

Redoublement scolaire: le retour à la raison

La démagogie progressiste de la gauche et de la fédération dominante de parents d'élèves au point mort

La décision du ministre de l’Education "d’autoriser à nouveau" le redoublement va dans le bon sens 

Le ministre s'attaque ainsi à l'idée reçue imposée par la gauche selon laquelle le redoublement serait une solution inefficace. Contrairement à ce qu'elle persiste à proclamer, la tendance générale dans l'opinion n'est pas à l'abandon de cette pratique. 

Un sondage de 2015 révélait déjà que
69 % des élèves se déclarent plutôt ou tout à fait défavorables à la suppression du redoublement. La ministre (2014-2017) Najat Vallaud-Belkacem a balayé d'un revers de manche l'avis d'une vaste majorité d'élèves qui voient une seconde chance dans la possibilité de redoubler. 
La socialiste se targuait de l'idée répandue qu'il n'est pas vécu comme une réussite ! Du même coup, la socialiste de gauche ignorait que l'échec peut être formateur. N'a-t-elle pas elle-même collé, à deux reprises, au concours de l'ENA, avant de devenir ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche? Battue à la législative de 2017, elle est d'ailleurs en ...recherche d'emploi au Sénat ou au parlement de Strasbourg. Ainsi se forge-t-elle actuellement une nouvelle motivation et une confiance en soi toute neuve.

Jusqu'ici, les dés étaient pipés par l'idéologie dominante, mais aussi les esprits comptables du ministère, le coût d'un redoublement

Selon une étude organisée par le Conseil national de l'évaluation du système scolaire (CNESCO), l'expérience du redoublement, par les redoublants eux-mêmes, apparaît "très négative", sur "certaines points" montés en épingle: on ne retient pas le positif. En effet, le CNESCO est placé sous l'autorité du ministre chargé de ...l'Education nationale, pour évaluer les effets de la politique décidée par son supérieur hiérarchique politique.
Or, un décret de Najat Vallaud-Belkacem, en date du 20 novembre 2014, modifie le code de l'éducation et rend la pratique du redoublement plus exceptionnelle en France, en la limitant à deux cas de figure : le redoublement peut être consécutif à une interruption de scolarité, ou exprimer le choix de la famille de s'opposer à la décision définitive d'orientation proposée à l'issue des niveaux de troisième de collège et de seconde de lycée : "Pour les élèves des classes de troisième et de seconde, lorsque la décision d'orientation définitive n'obtient pas l'assentiment des représentants légaux de l'élève ou de l'élève majeur, ceux-ci peuvent demander le maintien dans le niveau de classe d'origine." Le décret mettait le feu aux rapports parents-ados ! Et croyez-vous que les membres du CNESCO, nommé par la ministre, allaient la contrarier ?
Menée auprès de 5.615 élèves dans 60 établissements du 10 novembre au 5 décembre 2014, cette enquête sur la perception du redoublement par les élèves a été effectuée deux mois après la publication du décret... Le gouvernement n'en a retenu que ce qui lui convenait, la presse se chargeant de valoriser une limitation du redoublement, une pratique pédagogique jugée à la fois inefficace et trop chère.

Le coût du redoublement est estimé à deux milliards par an, selon une étude aussi inédite que bienvenue. Exactement (et sans gonflette ?), environ 0,4 milliard pour le redoublement en primaire (largement pris en charge par les municipalités) et 0,6 milliard au collège (à la charge des Conseils généraux d'alors). Au lycée, à la louche, pour les besoins de la cause, il était estimé à "environ 1 milliard d'euros", pour faire un chiffre rond.
Elle avait été confiée aux économistes de l'Institut des Politiques Publiques (IPP), dont le directeur de 39 ans - inspirateur de propositions pour la réforme des retraites de Macron - est un proche du socialiste de gauche Thomas Piketty, afin de répondre aux interrogations soulevées lors de la préparation de la conférence de consensus, organisée les 27 et 28 janvier 2015 par le ...CNESCO. Objectif non dissimulé : des économies progressives en cas de suppression du redoublement. L'intérêt pédagogique après. L'échec et le décrochage scolaires sont récompensés.

Si il demeure élevé en France, par rapport aux autres pays, le taux de redoublement a nettement régressé au cours de la dernière décennie. Or, les compétences en lecture et compréhension des écoliers français en classe de CM1 sont en baisse par rapport au début des années 2000, révèle l'étude internationale PIRLS. 
La gauche conservatrice tente de bloquer Blanquer

Sa presse développe l'idée que le ministre Jean-Michel Blanquer opérerait des retours en arrière, selon la communauté éducative. Le Monde et Libération ne supportent pas que les rythmes scolaires, le collège unique ou l’accompagnement éducatif puissent être remis en question depuis les dernières élections qui ont laminé le Parti socialiste. 

Blanquer est apprécié des Français et cette presse en fait une cible. 
En 4 mois, il est devenu intouchable et le petit monde des pédagos-idéologues n'en peut plus. Ils ne font plus la pluie et le beau temps et les vachards se lâchent. " Les médias l'adorent, lui offrent Une sur Une et sont à fond derrière lui, surtout ceux qui ne connaissent rien à l'école", écrit un instit dépossédé de son pouvoir de formatage des esprits. Et de se rassurer auprès du microcosme des arrogants : "Dès qu'on se rapproche de la sphère éducative, ça se couvre, nombre de journalistes spécialisés ne cachent pas leur scepticisme." Ils n'ont pas renoncé, les "sachants" contre les "apprenants" qui n'ont pas renoncé à les combattre, mais les journalistes même spécialisés ont-ils un droit à influencer la politique gouvernementale ?

Les maths dites "modernes" et la  méthode "globale" de lecture ont fait tant de mal aux enfants que, maintenant qu'ils devenus parents, les adultes refusent de leur faire confiance et de leur livrer leurs enfants. D'autant qu'ils ont été jeunes adultes témoins des tentatives d'endoctrinement par l'école à la théorie du genre ou à l'ABCD de l'égalité. 

Nommé par le président pour ramener le système scolaire à la raison, le ministre a donc pour tâche de mettre un terme à la cabale anti-redoublement. "Il n’est pas normal d’interdire le redoublement, a-t-il déclaré, jeudi 8 juin, dans un entretien au Parisien. Il y a quelque chose d’absurde à laisser passer de classe en classe des élèves accumulant les retards." C'est le bon sens, mais c'est ce qui est le moins partagé des intellos. Le ministre de l'Education entend "autoriser à nouveau" le redoublement dès l’année scolaire 2017-2018. Les dominants du monde éducatif, les enseignants du  syndicat FSU (SNES et SNU-ipp) et son satellite, la FCPE refusent de se désavouer. 

L'idéologie fera-t-elle perdre de vue, aux parents d'élèves de cette fédération, l'intérêt de leurs propres enfants, dont ils savent par l'enquête PISA (sur les acquis des élèves auprès de jeunes de 15 ans dans les 34 pays membres de l'OCDE depuis 2000) et PIRLS (qui évalue l'apprentissage de la lecture dans différents pays participants) qu'ils sont parmi les jeunes scolarisés qui savent le moins bien lire et écrire et comprendre ce qu'ils lisent. 
Pirls 2016, publiée ce mardi 5 décembre 2017 montre que le niveau des CM1 en lecture a baissé ces cinq dernières années, les menant loin derrière les autres pays de l'OCDE. Faut-il néanmoins laisser les élèves en difficulté accroître leur retard en poursuivant leur parcours scolaire comme si de rien n'était et fabriquer des perturbateurs  et des décrocheurs scolaires ?  La gauche veut-elle des adultes manipulables faute d'un accès personnel facilité à la lecture, l'information et la culture?  

Mais "dans des cas qui doivent rester rares", a précisé le ministre. 

La presse désavouée aux élections veut sa revanche.
Au journal Le Monde, on peut gloser sur "la dernière étude du ministère de l’éducation nationale, publiée mardi 21 juin [2016, qui] montre que l’école ne parvient toujours pas à réduire les écarts de réussite suivant le milieu social" et politiser le sujet. Ils savent mais, constamment marxisante, leur approche est biaisée: "en dépit des politiques et des discours sur l’égalité des chances [aveu d'échec], le système scolaire français reste fortement marqué par des écarts de réussite. Il ne parvient pas à réduire ce «noyau dur» d’élèves en difficulté, qui sont en grande majorité issus de milieu social défavorisé." Nous y voilà : l'adéquation est tenace !

En juin 2017, Le Monde maintient. 
"L’annonce sonne comme un signal politique. A trois jours du premier tour des élections législatives, le ministre laisse entendre que la gauche avait, d’un coup et de manière idéologique, supprimé le redoublement – pratique à laquelle l’opinion publique reste attachée. Il revendique une «inflexion importante» par rapport à la ligne de sa prédécesseure, Najat Vallaud-Belkacem, qui avait, sans l’interdire, réduit fortement le recours au redoublement." 
La journaliste feint ainsi d'ignorer qu'un tel aval ministériel encourage le front du refus du redoublement et amplifie la tendance au rejet existante sur le terrain, notamment depuis ce décret de novembre 2014 qui l’avait rendu "exceptionnel", on l'a vu, soit en cas de "rupture des apprentissages" (une période de maladie, par exemple), soit en fin de 3e et de 2de, si un élève n’a pas obtenu l’orientation souhaitée et, rappelons-le, à la demande de ses parents, dont on sait qu'ils ne sont pas maîtres chez eux, d'autant moins quand ils ne parlent pas le français. L'évaluation des compétences non-acquises est évacuée.

Dans la majorité des cas, le passage d’office dans la classe supérieure est donc aujourd’hui la règle. Quels que soient les résultats scolaires et l'avis du conseil de classe. 

La journaliste du Monde écrit comme une syndicaliste FSU...
"Ce décret s’inscrit dans un mouvement de recul sur le long terme," commente-t-elle,  "même si la France reste dans le peloton de tête des pays qui font le plus redoubler". Et même si l'élève ne comprend pas ce qu'il lit, quand il sait lire ?
En classe de 3e, seuls 3 % des élèves ont redoublé en 2015, alors qu'ils étaient déjà peu, 6 %, dix ans plus tôt. En 6e, la baisse est encore plus forte : 1,5 % des élèves redoublaient en 2015, contre 7 % en 2005.  Or, si cette journaliste est compétente, elle sait qu'aujourd'hui, août 2017 (source ministérielle), plus de 20 % des élèves sortent de l'école primaire sans savoir correctement lire, écrire ou compter. Son article est-il donc une désinformation politicienne du niveau d'une twitto ?

La manipulation, ça suffit. 
La même journaliste poursuit sa sélection d'informations, au détriment des éléments en faveur du redoublement. "Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques [OCDE], 22 % des élèves français de 15 ans disaient, en 2015, avoir redoublé au moins une fois au cours de leur scolarité, contre 38 % en 2003. Deux raisons expliquent cette tendance. La première [comptable et non pédagogique], c’est que le redoublement coûte cher." Elle évoque les 2 milliards d’euros par an, mentionnés plus haut, selon l’Institut des politiques publiques. "La seconde, c’est que, en dépit d’une croyance répandue, il est le plus souvent inefficace, aux yeux de la recherche." C'est là que la twitto devrait produire ses sources... Si l’élève peut progresser l’année du redoublement – puisqu’il refait le même programme [avec d'autres profs et d'autres condisciples, éventuellement dans un autre établissement, avec une maturité plus grande d'un an], à long terme [sic], «le redoublement n’a pas d’effet sur les performances scolaires» et a «toujours un effet négatif sur les trajectoires», affirmait péremptoirement et sans nuances, en janvier 2015, le Conseil national d’évaluation du système scolaire" (CNESCO [dont elle sait, comme vous et moi, quel est le degré d'indépendance et d'objectivité]) dans un rapport remis à l'autorité de tutelle, le ministère. 
"Sans parler des traces psychologiques : perte de confiance, sentiment d’échec, démotivation." Elle oublie l'humiliation, la perte d'estime de soi, etc... C'est catégorique et définitif. Notons que l'opinion adverse n''est pas exprimée.

Les théoriciens pris en flagrant délit d'échec ont toujours un 'plan B'
"Le Cnesco recommandait de trouver d’autres solutions pour prévenir et remédier aux difficultés scolaires," se félicite la petite journaliste : prise en charge des élèves fragiles en classe, remédiation, tutorat… Le coût de ces alternatives - dont certaines existent déjà - n'est pas chiffré; il n'en plus question de budget national...
"Le décret de 2014, aussi, prévoyait un «accompagnement pédagogique spécifique» lorsqu’un élève est autorisé à redoubler." On comprend que ce décret prévoyait tout ! Mais, surtout, que ces familles demandeuses de redoublement ne sont pas bien considérées: elles bravent l'idéologie dominante et ces enfants imposent un surcoût à la société ... "Reste que, dans les faits, cet accompagnement peine à s’organiser dans les classes. En France, les alternatives sont à la traîne," accuse Le Monde. 

"Aujourd’hui, qu’en est-il, à l’heure des conseils de classe de fin d’année ? «Concrètement, le redoublement a quasiment disparu, souligne Julien Maraval, principal de collège et membre du syndicat de chefs d’établissement SNPDEN-UNSA [gauche radicale: elle l'a choisie !] Le seul moment où il peut y avoir redoublement, c’est en fin de 3e, mais il ne peut pas être proposé par le conseil de classe.» Au lycée, même constat : «Le conseil de classe ne peut plus, en fin de 2de, prononcer de redoublement. Il doit obligatoirement proposer une orientation dans une série générale ou technologique», rapporte Claire Guéville, enseignante en lycée [qui s'est laissée déposséder de sa prérogative professionnelle (comme celle de dispenser des connaissances)] et secrétaire nationale du SNES-FSU [les démocrates du journal Le Monde ne connaît pas  les syndicats minoritaires et méprise les syndiqués opprimés]. Au lycée comme au collège, c’est aux parents de demander un redoublement, lorsqu’ils n’ont pas obtenu satisfaction dans leurs vœux d’orientation." On le voit, cette liberté est strictement encadrée. 

Là où la responsabilité gouvernementale est engagée, le conseil de classe n'est pas coupable des effets pervers du décret, contrairement aux allégations du Monde.
"Là où, auparavant, le conseil de classe proposait un redoublement, aujourd’hui, il tend à orienter, en fin de 3e, en lycée professionnel – bac pro ou CAP –, et, après la classe de 2de, en 1re technologique. [De quel autre possibilité dispose-t-il ?] «Certains lycées se sont retrouvés avec des effectifs en STMG [série technologique management et gestion] pléthorique, voire ont dû ouvrir en catastrophe une classe de STMG à la rentrée. Cela fragilise la voie technologique et renforce la hiérarchie des filières," regrette Mme Claire Guéville de Rouen, dont le syndicat SNES-FSU est pourtant consulté par le ministère- faut-il lui rappeler ?- peut émettre des avis et mettre en évidence des risques de cette ampleur. S'il est apte à les dénoncer quand il est en opposition, il doit être apte à les anticiper quand il soutient un décret pervers.

"D’autant qu’aucun moyen n’est mis pour ces élèves en termes de remédiation [c'est-à-dire un coût non chiffré par le CNESCO !]. Ce qu’on reproche à cette politique [de Blanquer], ce n’est pas de limiter le redoublement, mais de ne pas proposer d’alternatives.» conclut la syndicaliste. [Ces alternatives ont été énumérées plus haut par la journaliste...] 

"Il est trop tôt pour savoir ce que le virage que veut prendre M. Blanquer va changer concrètement, concède-t-elle. Si tant est qu’on puisse parler de virage. Pour Claire Krepper, du SE-UNSA, "on peut parler d’effet d’annonce, car rien ne change en définitive. Pour le ministre, il est clair que le redoublement doit rester exceptionnel. Il nous l’a redit, jeudi [8 juin], lors du Conseil supérieur de l’éducation." Ce n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde et c'est aux professeurs d'en décider au final en Conseil de classe... 

La syndicaliste présente au CSE n'a pas écouté
Résultat de recherche d'images pour "redoublement scolaire"
Au rayon des alternatives, la première des réponses, pour M. Blanquer, réside dans les dispositifs de lutte contre l’échec scolaire. Dans ce cadre, le nouveau ministre prévoit, dès cet été, des stages de remise à niveau d’une semaine fin août pour les élèves entrant en 6e – "au moins en éducation prioritaire", a-t-il nuancé auprès du Parisien –, ainsi que la mise en place d’études dirigées au collège pour que les élèves rentrent chez eux les "devoirs faits". 
La journaliste du Monde est soupçonneuse. "Reste à savoir si ces dispositifs «hors de la classe» suffiront à aider les élèves qui accumulent les difficultés dès les plus petites classes. En termes de soupçons, cette personne pourrait également s'interroger de savoir si, dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires, l'argent des collectivités a été utilisé au mieux et au bénéfice réel des enfants, notamment les plus défavorisés. On est en droit de penser que la priorité était à la lecture plutôt qu'aux rythmes africains. 
Bilan :  les "difficultés accumulées dès les plus petites classes" ne sont pas un mythe. Il aurait pu y être remédié si les élèves avaient été diagnostiqués et pris en compte sans retard.

mardi 26 mai 2015

La réforme du collège est vouée à l'échec, selon Kersaudy, "pseudo-intellectuel"

La réforme du collège de Peillon-Vallaud-Belkacem est portée par des idéologues 

L'auteur de cette chronique pour Le Point est de ces "pseudo-intellectuels" 
décriés par la locataire du ministère de l'Education nationale -et de l'Enseignement supérieur. François Kersaudy est diplômé de l'Institut d'études politiques et docteur-ès-lettres. Il a enseigné l'histoire contemporaine à Oxford, puis a été professeur de langues anglaises et anglo-saxonnes à l'université de Paris I Panthéon Sorbonne. Il parle neuf langues et est l'auteur de nombreux ouvrages écrits en français et en anglais.
VOIR et ENTENDRE la ministre de l'Enseignement supérieur porteuse de la réforme du collège voulue par Vincent Peillon:

Une lecture jubilatoire 

"Si c’était de la boxe ou du catch, sans doute Najat Vallaud-Belkacem aurait-elle été déclarée vainqueur aux points à l’issue de son débat du 21 mai avec Bruno Le Maire : sourire, assurance, dogmatisme, langue de bois, art du slogan, de l’esquive, de la contre-attaque, de la suggestion, de l’interruption, de l’insinuation, de la répétition et de la dissimulation – bref, une parfaite maîtrise des techniques éprouvées du Diamat, le matérialisme dialectique cher à Engels et à Trotsky. Comme en outre, de l’aveu même de François Hollande, "le fait qu’elle porte ce nom, c’est aussi un message", il serait difficile de trouver meilleure porte-parole pour abriter la politique scolaire du gouvernement derrière l’écran de fumée opaque des rhétoriques marxistes, féministes et antiracistes réunies…

Timeo Socialos...*

On peut naturellement admirer la prestation, sans pour autant accepter le discours. Car en vérité, cette vivante icône de la diversité moralisatrice porte une parole qui n’est pas vraiment la sienne. A droite comme à gauche, les vieux routiers de l’éducation l’ont laissé entendre avec plus ou moins d’embarras : Jean-Pierre Chevènement lui a conseillé en langage codé de ne pas se mettre "dans la main de la superstructure du ministère de l’Éducation nationale"; Jean-Pierre Le Goff s’est fait un peu plus précis, en fustigeant "les petits idéologues incultes et moralistes qui gravitent autour de Najat Vallaud-Belkacem, et profitent de l’école pour installer un meilleur des mondes à leur mesure". Jacques Julliard – insoupçonnable puisque de gauche - nous met davantage sur la voie : "Les ministres passent et les grands manitous de la pédagogie sont toujours les mêmes Rue de Grenelle. Les vrais conservateurs sont les pédagogistes qui ont impulsé ces politiques depuis trente ans, avec pour conséquence une école française en perte de vitesse."
Et peut-on savoir où se regroupent exactement ces pédagogistes déjantés ? Au CSP, Conseil supérieur des programmes, dont le sénateur UMP du Doubs, Jacques Grosperrin, vient justement de démissionner en dénonçant son "fonctionnement dogmatique, pour ne pas dire idéologique". Encore ce Conseil orienté fait-il figure de modérateur lorsqu’il corrige à l’occasion les rapports de dizaines de "groupes d’experts", au recrutement obscur et à l’idéologie radicale. La seule représentante de la droite restée au CSP, Annie Genevard, juge ces experts autoproclamés "de qualité inégale, imprégnés parfois d’idéologies très discutables", et pointe quelques-unes de leurs recommandations : "Recourir dès la maternelle aux langues de l’immigration" et "favoriser la parité dans le choix des auteurs de littérature"- des lubies familières, auxquelles s’ajoutent l’obsession de l’islam, de la repentance et de l’égalitarisme décérébré.

Déjà vu

En fait, pour qui a de la mémoire, ces productions d’"experts" rappellent étrangement, tant par leur prose jargonnante que par leur anticapitalisme, leur dogmatisme, leur communautarisme et leur antiracisme à sens unique, celles du navrant "rapport sur l’intégration" commandé par Jean-Marc Ayrault en 2013… Toutefois, le plus déplorable est encore qu’elles soient prises au sérieux par le Conseil supérieur des programmes, et avalisées par des ministres qui n’ont pas toujours le temps de les lire - et encore moins de réfléchir à leurs implications. "Et voilà un demi-siècle que ça dure !" aurait pu dire le général de Gaulle, qui avait déjà fustigé dans ses 'Mémoires d’espoir' les organisations qui "ne cessent de se diviser selon toutes les catégories du marxisme et de l’anarchie, et ne s’accordent que pour souhaiter faire de l’instruction publique le grand levier destructeur de l’actuelle société". Depuis lors, ces anarcho-marxistes se sont mâtinés d’islamo-intégrisme et retranchés solidement au cœur d’un ministère essentiel pour l’avenir de la jeunesse française. Certains ministres, comme Claude Allègre ou Luc Ferry, ont tenté de s’y opposer dans l’intérêt du pays; d’autres, comme François Bayrou ou Jack Lang, ont préféré s’incliner dans l’espoir de durer…

L’actuelle ministre appartient manifestement à la seconde catégorie. Pour l’heure, elle est fermement soutenue par François Hollande, soucieux de poursuivre toutes les chimères pouvant contribuer à sa réélection, et par Manuel Valls, aspirant à lui succéder en surnageant tant bien que mal au milieu d’un marigot d’alligators repeints en vert pastèque, gris muraille, khmer rose ou rouge prolétaire. Pour ces socialistes d’élite, l’éducation n’a qu’un intérêt purement politique : lorsqu’on est au pouvoir, elle sert surtout à feindre la mise en oeuvre de grandes réformes sociéto-pédago-gaucho-démago-anarcho-égalitaro-ludiques, propres à calmer les frustrations de la gauche maboule en vue des prochaines élections ; lorsqu’on est dans l’opposition, elle sert plutôt à déstabiliser le gouvernement en place, comme l’expliquait clairement mais maladroitement le 14 mars 2004 Jack Lang à Julien Dray, à proximité d’un micro indiscret : " Dans les lycées, il faudrait foutre un peu la merde !" (sic)

Tempête dans un verre d’eau

Est-ce chose [la merde] faite dans les collèges ? Derrière un barrage compact d’éléments de langage ministériel convenus – "réussite pour tous", "offrir le meilleur à tous les collégiens", "maîtriser le bagage commun", "autonomie", "autres moments d’apprentissage", "résorber les inégalités", "excellence pour chacun", etc., les enragés du pédagogisme s’étaient déclarés résolus à "arracher l’enfant au déterminisme familial, social et intellectuel", et même à "dépouiller l’enfant de toutes ses attaches prérépublicaines", afin d’opérer "une transsubstantiation dans l’école et par l’école", car, à en croire le récent ministre de l’Éducation Vincent Peillon, "la Révolution française n’est pas terminée". Bref, il s’agissait bien de faire de l’instruction publique le grand levier destructeur et niveleur de l’actuelle société, afin de créer "l’homme nouveau" - ce qui paraissait un brin prétentieux, puisque même les soviétiques, avec tout leur appareil totalitaire, s’en étaient révélés incapables…

Mais quelle que soit l’ardeur des fanatiques, force est d’admettre que la révolution dans l’enseignement n’est pas à l’ordre du jour – surtout à deux ans des élections présidentielles, auxquelles le très peu fanatique mais très machiavélique président Hollande subordonne tout le reste. Pas question donc du Grand Soir sous les préaux : la troisième ministre de l’Éducation nationale du quinquennat est seulement priée d’occuper le terrain médiatique, en donnant quelques gages aux enseignants, aux parents, aux frondeurs, aux pédagos, aux écolos, aux homos, aux intellectuels de gauche, aux musulmans, aux communistes, au NPA et aux syndicats.

Dès lors, les initiatives propres à indisposer l’une ou l’autre de ces composantes de l’électorat - remplacement des notes par des couleurs, divagations sur le genre, suppression des bourses au mérite, options fantaisistes, intervenants sulfureux, escamotage du grec et du latin, christianisme médiéval relégué en option –, tout cela a été discrètement abandonné ou le sera très prochainement.

Au bout du compte, il ne reste que l’interdisciplinarité (qui existe déjà), le soutien scolaire (qui existe également), le latin et le grec malmenés mais conservés, l’autonomie à 20 % (qui est purement cosmétique [mais extrêmement déstructurante et inégalitaire] ), la suppression des classes bilangues (qui est une ânerie égalitariste [et anti-européenne] ) et l’introduction d’une seconde langue vivante dès la 5e (qui est illusoire, ainsi que nous le verrons). Ajoutez à cela beaucoup de bons sentiments, de relativisme culturel, de moralisme, de féminisme, de jeunisme, d’écologie et d’anti-élitisme furtif, des exigences encore revues à la baisse, du numérique à foison, un peu de bourdieuserie à la marge et du ludique à tous les étages – bref, rien de bouleversant, d’autant que cette réforme, comme toutes les précédentes, dépend largement pour son application du bon vouloir d’enseignants assez peu considérés, et sera effacée comme toutes les autres au prochain changement de majorité électorale…

Retour aux sources
Au-delà de cette tempête dans un verre d’eau – naturellement attisée par les politiciens de tous bords -, il reste le problème fondamental de l’échec scolaire: le navire de l’Éducation nationale perd un cinquième de ses passagers à chaque traversée, et les responsables se contentent depuis des décennies de repeindre l’escalier du Titanic. 
Quelles sont donc les principales composantes de cet échec ? La première commence avant le collège, puisque le Conseil économique et social estimait en 2011 que 40 % des écoliers sortaient de CM2 sans savoir lire ni écrire correctement [conséquence du rapprochement familial, de l'immigration clandestine et de l'aide sociale aux plus démunis, s'ils ne vivent pas au fond du Cantal depuis plusieurs générations]. C’est donc une profonde réforme du primaire qui s’imposerait logiquement, avec un enseignement puissamment renforcé en français et une validation des savoirs fondamentaux – lire, écrire, compter – avant l’entrée en sixième.

Hélas ! Pour la gauche doctrinaire, ce serait là "procéder à un tri social dès le plus jeune âge", "organiser la reproduction sociale" et "favoriser les enfants de riches". Ce serait peut-être même admettre que certaines écoles concentrent 90 à 100 % d’enfants dont la langue maternelle n’est pas le français, et qu’il en arrive sans cesse davantage – un constat "nauséabond", "stigmatisant", et qui rappellerait "une période sombre de notre histoire".

Bref, le scandale n’est pas d’envoyer en 6e des enfants qui ne maîtrisent pas les fondamentaux et ne pourront donc pas suivre au collège, mais plutôt de distinguer ceux qui savent de ceux qui ne savent pas… L’idée que cela permettrait de mieux aider les seconds avant qu’il ne soit trop tard ne passe décidément pas, car le logiciel pédago est resté bloqué à ce postulat intangible : contrôle = fichage ; fichage = Vichy ; Vichy = fascisme - une ineptie payée très cher par plusieurs générations de jeunes Français.

Faiblesse et dispersion

La seconde faille, c’est le manque d’autonomie des établissements. Une véritable réforme aboutirait à donner au principal l’autorité nécessaire pour recruter son équipe éducative, définir un projet pédagogique dans le cadre du programme national, dédoubler les classes si nécessaire, représenter l’institution auprès des parents et des élèves, évaluer les résultats et en rendre compte; ce n’est sans doute pas pour demain. [Ce n'est surtout pas souhaitable: les chefs d'établissement ne sont pas des pédagogues -souvent reconvertis car incapables d'enseigner- mais des gestionnaires politisés - c'est le syndicat dominant qui les faits rois- soumis à un parti, un conseil régional (ou départemental ou à une mairie): potentiels petits chefs tentés par le caporalisme] 

La troisième composante de l’échec, c’est la dispersion : depuis des décennies, tous les prétextes sont invoqués pour réduire le temps d’étude des fondamentaux – français, mathématiques, histoire-géographie, sciences, anglais -, avec les résultats que l’on connaît. Les bricolages de la réforme actuelle ne feront que renforcer cette tendance, avec des usines à gaz chronophages, des options pléthoriques et une seconde langue vivante dès la 5e. Pour ne prendre que cette dernière, il semble évident qu’à moyens constants, le temps d’enseignement de la seconde langue devra être pris sur celui de la première, qui est de trois heures par semaine dans le meilleur des cas [quand ce n'est pas sur la seconde prétendument encouragée: son horaire actuel serait réduit les années suivantes pour dégager des heures-professeurs en 5e, quand la langue française n'est toujours pas maîtrisée]. En admettant même que l’on puisse dégager deux heures hebdomadaires pour la seconde langue et trouver les enseignants adéquats, l’élève sera initié à cette langue pendant 70 heures réparties sur trente-cinq semaines (à condition qu’il n’y ait pas de grèves ni d’absences du professeur ou de l’élève). Qu’apprendra-t-il avec ce saupoudrage ? Cela correspond en gros à dix jours d’un stage linguistique intensif - qui serait sans doute même plus efficace ! [mais réservé aux riches ou aux familles modestes qui n'attendent pas après l'Education nationale pour faire des sacrifices et  assurer un avenir meilleur à leurs enfants]  

Le niveau des étudiants d’université ayant étudié l’anglais pendant dix à douze ans devrait pousser à la modestie… et à la remise en question : une langue vivante que l’on ne pratique pas au minimum vingt minutes tous les jours pendant dix mois consécutifs sera au mieux inutile et au pire nuisible…

Déficit d’autorité

La quatrième faille, c’est l’impuissance de nos autorités à proposer aux jeunes rebutés par les études théoriques prolongées une alternative honorable, sous la forme d’un cursus d’apprentissage digne de ce nom [revalorisation notamment de l'apprentissage et des CAP et BEP adaptés à l'époque et aux besoins réels du marché de l'emploi]; elle se double d’une impuissance à lui interdire l’alternative rentable mais mortifère du trafic de stupéfiants. Au total, une double impuissance aux conséquences funestes pour le pays en général, et pour sa jeunesse en particulier. [Cette impuissance est la conséquence de l'idéologie égalitaire qui prétend imposer des études longues à tous, aptes ou non, motivés ou non: l'aptitude serait en effet soumise à l'appartenance à un milieu familial instruit, au nombre de livres reliés alignés dans la bibliothèque familiale...]  

La cinquième faiblesse, c’est la formation des enseignants. Depuis les années 90, nous avons vu défiler successivement les IUFM, la masterisation et les ESPE, sans que les futurs professeurs des écoles se sentent mieux préparés à ce qui les attend en classe [ils ont moins besoin de théorisation idéologique par des professeurs retirés des voitures depuis des années que de stages sur le terrain et en responsabilité encadrée]; d’autant que rien n’a vraiment changé à la pratique d’affecter les débutants aux établissements discrètement qualifiés de "difficiles" [malgré des incitations pécuniaires coûteuses].

VOIR et ENTENDRE dénoncer le recrutement d'instituteurs  par... Pôle emploi pour la Seine-Saint-Denis en 2014 et NVB botter en touche en accusant ses prédécesseurs: 

Mais c’est précisément avec ce doux euphémisme [établissements 'difficiles'] qu’apparaît la sixième faille de notre enseignement, qui est en fait la principale : lorsque l’élève ne veut pas apprendre, lorsqu’il n’a reçu aucune éducation familiale au respect des principes fondamentaux de la vie en société, lorsque deux ou trois "sauvageons" pourrissent une classe,
lorsque l’élève déjà fanatisé prétend interdire au professeur d’enseigner l’histoire de l’Islam ou celle de la Shoah, lorsque le "jeune en échec" [parce qu' "on ne lui a pas donné sa chance"] insulte sa maîtresse ou la frappe, lorsqu’il faut vingt minutes pour obtenir le silence avant de pouvoir enseigner quoi que ce soit [hormis les maths et la physique, disciplines hégémoniques honorées de cours particuliers en grande abondance], lorsque le bon élève est persécuté et doit être retiré d’urgence du collège, lorsque le voyou ne peut en être exclu que s’il est admis à exercer dans un établissement voisin ses néfastes talents [un droit de nuisance conféré par le chômage, la recomposition familiale ou la polygamie ou tout à la fois], lorsque les parents ou la bande du quartier viennent régler des comptes au collège, lorsque le baladeur, le smartphone, facebook ou twitter réduisent le maître au simple rôle de trouble-fête, lorsqu’il faut édifier un mur pour que les enfants ne voient pas les transactions des dealers qui s’effectuent au pied de leur école [ou les fellations à de "jeunes garçons" par des "fillettes" de 6e, contre rémunération], lorsque l’enseignant est accusé de racisme [ou de pédophilie] sans pouvoir se défendre ou fait l’objet de menaces de mort anonymes, enfin lorsque plus personne ne veut venir enseigner dans certains collèges [notamment du fait de l'incapacité de chefs d'établissement que les 24 ados d'une seule classe suffiraient à mettre en panique] en application du principe de précaution, que peut faire l’institution scolaire ?


Rien du tout - pas même le reconnaître ! Or, dans tous ces cas, qui sont de plus en plus fréquents, les enseignants n’ont pas le moindre recours, sinon de mettre leurs propres enfants dans des établissements privés s’ils en ont les moyens – exactement comme les ministres socialistes qui leur font la morale. [en réponse à Nicolas Dupont-Aignan, le chef du parti 'Debout la France', la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, a nié qu'elle scolarise ses deux enfants, Louis et Nour, dans un établissement privé.]
Tant que les six failles précitées resteront béantes, aucune véritable réforme du collège ne pourra être entreprise avec quelque chance de succès, les ministres de l’Éducation éphémères se contenteront d’improviser des effets de communication, leurs programmes seront établis hors-sol par des idéologues fumeux, tandis que leur ministère et leur million d’enseignants continueront à être gérés en coulisse par des syndicalistes aussi extrémistes qu’inamovibles."
*“Timeo Danaos et Dona Ferentes” : "Je crains les Athéniens, même lorsqu’ils apportent des présents" (Virgile, l’Énéide).

vendredi 4 octobre 2013

Le poids de l'immigration sur l'Education nationale et l'avenir de nos enfants

Dossier : L’école malade de la gauche (idéologue)


Un élève sur quatre ne sait pas lire en entrant au collège

Gugusse en sortie pédagogique
au Louvre de Lens
Mais Vincent Peillon ne propose pas d’autre solution que l’aménagement des rythmes scolaires. Un aveuglement idéologique dont les enfants paient le prix. 

Rythmes scolaires : la pénible impression que nous avons été baladés. C’est le titre d’un billet publié sur son blog par Mara Goyet, professeur d’histoire-géographie dans le 9.3 depuis quinze ans. "J’ai senti le coup venir, mais je ne pensais pas que ce serait un tel foutage de gueule. Je ne comprends pas", écrit-elle au sujet de cette réforme. Une année de débats et de négociations houleuses pour quoi ? " Pour déplacer trois heures ? Il est où l’échec scolaire, l’illettrisme, les résultats Pisa, les statistiques en berne ? 


A-t-il toutes ses facultés ?
On fait quoi pour tous ces enfants qui peinent, n’y arrivent pas, sont incapables d’écrire une phrase correcte, sont prostrés, révoltés, évacués du système ? On leur propose quoi ?"
Rien. Rien d’autre que cette réforme minimaliste dont Vincent Peillon s’enorgueillit pourtant, car les élèves, a-t-il expliqué récemment, auront accès à des activités qu’ils ne pouvaient pas pratiquer jusque-là : le poney, par exemple… (lire page 22). [C'est vraiment ignorer la réalité des efforts des municipalités et de leurs centres sociaux, éducatifs et sportifs et par conséquent des contribuables locaux] Que cet “aménagement” s’avère hors de prix ne le dérange pas. Qu’il pose des problèmes pratiques aux mères de famille qui travaillent ne paraît pas non plus le gêner : "Ma fille a désormais classe le mercredi matin, raconte Inès. Comment vais-je faire pour la conduire de l’école au centre aéré, l’après-midi ? Vais-je devoir m’absenter du bureau ? Payer quelqu’un pour la mener de l’une à l’autre ?" Mais, surtout, que cette réforme ne résolve en rien les difficultés des élèves dans les matières essentielles ne semble pas préoccuper le ministre. [Peillon n'a d'autre préoccupation que d'embrigader nos enfants et de les ré-éduquer]

Un problème ? Quel problème ?

Les voilà, les problèmes !
Il y a des lustres que les experts consultés par l’Éducation nationale déplorent les dysfonctionnements de cette institution, dont les enfants paient le prix, surtout les plus pauvres [ou les néo-arrivants dans l'hexagone]: "Au terme de la scolarité dite obligatoire, et quels que soient leurs parcours, collégiens et lycéens maîtrisent souvent mal et trop souvent pas du tout les savoirs de base ", constatait déjà Roger Fauroux dans son rapport sur l’école en ...1996 !

"La présence des élèves en difficulté, les écarts qui se creusent suffiraient à ôter toutes les illusions sur le collège unique, écrivait trois ans plus tard le sociologue François Dubet. Mais on pourrait au moins souligner que ce collège ouvre les élèves les plus fragiles à la culture, les stimule et les motive. Or, bien des enseignants observent l’inverse. Non seulement les élèves les plus faibles échouent, mais ils se retirent du jeu, ils finissent par osciller entre la violence et l’apathie."

Plus récemment, le Haut Conseil de l’éducation soulignait que
200.000 élèves ont des "acquis fragiles" en entrant au collège. Et 100.000 des "difficultés sévères" : "Lexique très limité, difficultés de compréhension, repères méthodologiques et culturels très insuffisants. Ces lacunes rendent impossibles aussi bien un réel parcours scolaire de collège qu’une formation qualifiante" (rapport sur l’école primaire, août 2007). [On ne mentionne même pas encore l'orthographe délirante]

Un constat alarmant mais incontestable car fondé sur de nombreuses enquêtes. En 1995, des collégiens avaient repassé les épreuves du certificat d’études de 1925. Ils commettaient 2,5 fois plus de fautes que leurs grands-parents et réussissaient beaucoup moins bien les problèmes mathématiques. En 2005, 3.000 élèves refaisaient une dictée proposée à leurs aînés en 1987 (un court passage de Fénelon composé de quatre phrases et de 83 mots). En moyenne, plus de 13 fautes lourdes en 2005, au lieu de 8 en 1987.

Un vrai problème pour ces adolescents mais à terme, aussi, pour les entreprises [et leur indépendance, voire leur liberté de citoyens]. Beaucoup soumettent désormais leurs salariés à des tests d’orthographe. C’est ce qu’a fait la compagnie d’assurances April au mois de mai : une centaine de volontaires ont passé la certification Voltaire, qui mesure le niveau d’orthographe à la manière du Toefl anglais. "La relation de confiance avec nos clients passe d’abord par des courriers impeccables", explique l’un des dirigeants d’April.
[C'est relou!]

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