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samedi 3 juin 2006

Royal : retour à l’ordre moral.
Marie-sEGOlène Royal aurait avantage à se taire, car si elle se plaît à croire que ses silences font du bruit, ses déclarations jettent la consternation. Elle est contestée, tous courants confondus, pour les idées qu’elle développe et qui brouillent la pensée socialiste.
Fille et soeur d'officiers, elle dégaine en effet des mesures en faveur de «systèmes d'encadrement à dimension militaire» destinés aux jeunes primo-délinquants mineurs de moins de 16 ans. Cette dernière proposition ne fait même pas l'unanimité dans l’armée: «Aller à l'armée ne doit pas apparaître comme étant une punition», s’indigne un officier.
La mise en place d’un «service civique obligatoire» concernerait pas moins de 800 000 jeunes garçons et filles par an; de quoi dépeupler certaines zones populaires. Or, l'état-major des armées le chiffre à 5 milliards d'euros par an. Marie-sEGOlène a-t-elle trouvé son financement?
En revanche, en octobre, le ministère de la Défense a d’ores et déjà créé en métropole «Défense deuxième chance», un dispositif qui monte doucement en puissance : d'anciens militaires et des enseignants détachés encadrent 450 jeunes en difficulté parmi environ 30 000 détectés chaque année par les pouvoirs publics lors des Journées d'appel de préparation à la défense (JAPD).
L’idée ne revient donc pas à MSR. Jean-Louis Debré avait d’ailleurs observé : « Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’a pas marqué l’histoire de la République par ses déclarations à l’Assemblée Nationale. » Si les Français recherchent un président pour inaugurer à nouveau les chrysanthèmes, ils ont trouvé ce qu’il leur faut.
La candidate à la candidature socialiste veut «remettre au carré les familles».
Qui sait, la boule à ras, aussi ?
Elle veut en fait instaurer une sorte de CPE de «réinsertion des parents… dans des écoles de parents.»
Mais il faudra bien que celle qui déclarait dans Libération, en 2001 : «tant que je serai ministre de la Famille, il n'y aura pas de suppression des allocations familiales» change d'avis, car c'est interdit par la loi depuis …2004.
Une quinqua qui a déjà du retard à l’allumage : François doit faillir, lui aussi. Mais ne nous moquons pas. Il est vrai que, depuis le CPE, on vote les lois pour ne pas les appliquer.
Si les parents sont au chômage, voilà un moyen de faire tomber les chiffres, mais sinon, les entreprises n’auront plus qu’à s’adapter et les collègues faire des heures supplémentaires de compensation.

Son bon camarade de parti Jean-Luc Mélenchon n’a pas manqué de dénoncer cette «mesure inefficace, cruelle» que représente «la suppression des allocations familiales».
En tout état de cause, il faudrait que quelqu’un informe la malheureuse que … la suspension -ou la mise sous tutelle des allocations- existe déjà depuis …février 2006. Elle est un peu longue à la détente. Ou devait être ailleurs ! Préparait-elle la révolte ‘spontanée’ des étudiants militants contre le CPE ? En effet, le «contrat de responsabilité parentale» voté dans la loi pour l'égalité des chances s'adresse aux parents dont l'enfant fait l'école buissonnière ou perturbe le bon fonctionnement de l'établissement scolaire. Alerté par l'école ou le maire, un travailleur social établit avec la famille des objectifs à atteindre (par exemple : retourner à l'école). En cas de non-respect, les prestations familiales peuvent être suspendues pour trois mois, éventuellement jusqu'à un an. Il est vrai que le PS avait voté contre.
Il va lui être difficile de serrer les rangs derrière la Maréchale. Marie-sEGO se serait fourvoyée au PS que je ne crois pas qu’un parti voudrait la recueillir. Peut-être Bayrou qui ne craindrait pas qu’elle lui fasse de l’ombre… et qui a tellement besoin de grossir ses rangs !
Avec du vieux, on fait du neuf. Marie-sEGOlène Royal soulignait déjà il y a cinq ans : «Cette mesure vise à aider les parents à mieux utiliser cette aide publique.» (Libération du 10 juillet 2001). S'ils sont jugés «défaillants», les parents peuvent être envoyés en «stage parental» par le parquet.
Tout fout le camp, même le respect de l’électeur. Après les enfants ‘pourrisseurs’, voici les parents ‘défaillants’ : pourvu qu’ils ne votent pas pour le parti socialiste (entre défaillants …). Pendant ce temps, Le Pen engrange des voix, tandis que Bové et le tandem Besancenot - Laguiller bénissent l’ordre moral: inattendu, non ?
La «révolution scolaire»
La Maréchale appelle de ses voeux la création d'un «tuteur des collégiens» avec dans certaines classes deux adultes, «l'enseignant qui transmet le savoir et un adulte qui établit la discipline», comme Pasidupes l’a déjà rapporté hier.
Gisèle Jean, secrétaire générale du SNES, client-roi ‘institutionnel’ du PS, juge cette proposition «ahurissante». «Cela témoigne d'une méconnaissance totale de l'acte éducatif. La discipline, cela fait partie intégrante du rapport pédagogique à l'élève.» S’adressant à la camarade ex-ministre à l'Enseignement scolaire, Gisèle se rend coupable de lèse-majesté !
Le député UMP Jean-Pierre Giran, secrétaire national à l'éducation, avoue pour sa part qu'une telle idée ne lui a jamais traversé l'esprit: «Nous souhaitons sécuriser l'environnement des salles de classe, mais il ne peut être question de mettre un surveillant dans la classe.» Mais Ma Douce ne manque pas d’idées ‘personnelles’...
Madame la Favorite du Roi (médiatique, pas Louis XVI-Hollande) fustige les fins de règnes, mais elle n’est pas encore sur le trône que la candidate éclairée nous plonge dans l’obscurantisme le plus noir et réactionnaire.
L’esbroufe n’est pas finie :
Si tout le monde est d'accord pour considérer avec la martiale Royal, ex-ministre droitière de Jospin à l'Enseignement scolaire, que les collèges ne devraient «pas accueillir plus de 400 élèves» et qu’il était, dès 1998, «urgent de diviser en deux les collèges de plus de 700 élèves» -ce qu’elle n’a pas commencé à réaliser-, cette mesure est en revanche jugée irréaliste en raison de son coût exorbitant.
Les deux autres pistes ne sont pas plus innovantes. Quand elle propose que les enfants qui «font la loi et pourrissent la totalité d'un collège» soient «recadrés dans des internats scolaires de proximité», elle reprend l'idée des internats lancée dès 1997 par Claude Allègre, qui est en outre à l’origine de la lutte contre le ‘photocopillage’ ! La mesure fait aussi partie de l'arsenal antiviolence de l'UMP.
Nous connaissons ses dons de racolage médiatique ; mais dans ‘sa pensée’ tout est pillage et collage. Pour l’honnêteté intellectuelle, une seule chose est sûre, c’est qu’elle est bien à sa place au PS.
La ‘défaillante’ plagiaire est si peu au courant de ce qui se passe à l’Assemblée Nationale que ses électeurs feraient bien de lui retirer ses allocs de députée et de la renvoyer à ses études en pensionnat dans les meilleurs délais–mais, de grâce, pas à proximité–, pour pourrissement de l’image de la représentation nationale.

Les réactions au PS et ailleurs.
Sur un sujet aussi sensible, les camarades de Miss ‘Charentes-Poitou’ (pardon, les habitants de Poitou-Charentes: elle a investi votre région comme dans du beurre) ont réagi par un silence embarrassé (D'jack Lang n’a fait que serrer ses petits poings ?) ou avec une modération inaccoutumée, qui constitue un tour de force quand on aime balancer des boulets rouges sur la droite:
Le méchant Mélenchon dénonce sa«dérive droitière» ;
Dominique Voynet en reste Verte. Elle taxe la Maréchale de ‘démagogue’ et de ‘populiste’ et considère qu’elle fait ‘une grossière erreur’. Ce qu’elle confirme au 20heures de TF1 en occultant les sanctions. Bref, du grand art en matière de tromperie.
DSK, le méprisant mis en examen, a ironisé et son petit caporal Jean-Christophe Cambadélis a raillé son «dérapage » (déclaré coupable vendredi par le tribunal dans son procès dans l’affaire de la mutuelle étudiante MNEF : il est condamnéavec sursis et amnistié à la condition de payer son amende) : une fine équipe de compères ;
Fabius, magnanime, laisse aux fabiusiens la tâche subalterne de déplorer un"copier coller" véniel;
Marc Dolez, (vous connaissez ce second couteau?) a qualifié ses positions d’«inacceptables », appelant François Hollande, son compagnon premier secrétaire (compagnon de la Générale, pas de Dolez, que je sache), à « faire la mise au point nécessaire»;
Mais silence radio à la tête du PS, jusqu'à ce que son compagnon se désolidarise partiellement, si prompt à sanctionner dans d’autres circonstances;
La Flèche du Poitou-Charentes, tel un Mirage 2007, monte dans les sondages à la vitesse du son. Normal et rassurant, c’est, nous assure-t-on, la meilleure d’entre eux…

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