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mardi 26 juin 2012

SMIC: Hollande offre ...2% d'...à-valoir au 1er juillet sur l'augmentation promise

Vertueux et populiste, le gouvernement est-il raisonnable et social ?


La facture de gaz prévue entre 8,8 et 10% sera-t-elle en revanche plus élevée ?



2 %, soit 21,50 euros net par mois. 

Telle est la hausse symbolique du SMIC
annoncée mardi 26 juin par
Michel Sapin, ministre du travail et de l'emploi, devant la commission nationale de la négociation collective. Le taux retenu est le fruit d'un délicat équilibre entre "l'aspiration légitime des citoyens dont les salaires sont les plus bas à une progression de leur pouvoir d'achat" et le "raisonnable" qu'impose "la situation économique difficile" devait concéder le ministre devant les partenaires sociaux.
Le candidat des communistes à la présidentielle, Jean-Luc Mélénchon voulait porter le salaire minimum à 1700 euros. 
Cette hausse aurait eu des effets positifs sur la consommation, donc sur la croissance, assurait le candidat du Front de gauche. Les détracteurs de la mesure agitaient le spectre des destructions d'emplois et de la perte de compétitivité. Le gouvernement Ayrault prend le risque...

Une supercherie socialiste

Au 1er juillet, le 
SMIC 
 horaire sera porté à 9,40 euros brut, soit 1425,67 euros mensuels pour 35 heures hebdomadaires. Il ne sera en fait qu'un à-valoir sur la prochaine hausse légale, prévue le 1er janvier.

Ainsi, à hauteur de 1,4 %, la hausse est destinée à prendre en compte en avance l'inflation intervenue depuis la dernière revalorisation. Le  "coup de pouce" réel se limite donc à 0,6 %. "Il faut le comparer avec les derniers coups de pouce pour en mesurer la portée : +0,3 % en 2006 et 2001, +0,46 % en 1998. Il faut donc remonter à 1997 pour trouver un coup de pouce supérieur !", devait défendre M. Sapin, occultant sournoisement les effets pervers de cette hausse psychologique.

Sauf que fruit d'une inflation et d'une évolution du pouvoir d'achat ouvrier alors plus fortes, deux critères qui rentrent dans le calcul de la revalorisation, les hausses totales grimpaient par exemple à 3 % en 2006, ou 4 % en 2001 et en 1997. S'ils ne permettaient pas d'afficher une véritable différence sur la fiche de paye, ces taux ne grevaient pas les comptes de la nation et maintenaient un niveau correct des aides sociales. Le chiffre de 2 % "risque de mécontenter tout le monde, syndicats aussi bien que patronat", convient d'ailleurs bien volontiers un conseiller ministériel.

Une hausse de 2 % devait constituer  "un premier faux pas"

C'est ce qu'avait d'ailleurs prévenu Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, qui réclamait au moins 5 %

La CGT est à peu près sur la même ligne, mais avec plus de discrétion. Invité du " Grand Rendez-vous " Europe 1- " le Parisien " - " Aujourd’hui en France " - i>télé hier lundi, Jean-Luc Mélenchon, un proche de la CGT et du PCF, juge qu’un coup de pouce de 2% serait " dérisoire ". " On aurait dû être à plus de quatre points d’augmentation ", ajoute-t-il, détaillant sa vision d’une politique de la relance. " C’est le SMIC qu’il faut pousser en avant parce que, par un effet de contagion, tous les salaires progressent ", explique-t-il. Avant de faire ce constat : " Tel qu’il est, le SMIC ne permet pas de vivre, notamment dans les grandes agglomérations. " Et que sait-il des campagnes ? 

Côté patronal, on défend à l'inverse depuis plusieurs jours que la situation est trop dégradée pour se permettre tout coup de pouce. "Ce qui est acceptable, c'est une augmentation qui serait liée et exclusivement liée à des critères objectifs comme l'inflation", a défendu lundi Laurence Parisot, la présidente du MEDEF. La CGPME réclamant même "une suspension du coup de pouce". 

Seule la CFDT, proche du PS et traditionnellement réservée sur les coups de pouce au  SMIC, devrait se garder de toute critique.

Toute la question est désormais de savoir comment évoluera le  SMIC  au 1er janvier 2013. 
La méthode de revalorisation devrait être discutée à la suite du sommet social des 9 et 10 juillet, mais la méthode actuelle, basée sur l'inflation et la moitié de l'évolution du pouvoir d'achat ouvrier, devrait encore être appliquée pour la prochaine hausse légale.
Celle-ci "prendra en compte la revalorisation intervenue en cours d'année. Seule l'inflation mesurée de juin à novembre entrera donc en compte dans la formule de calcul de la revalorisation", devait prévenir mardi M. Sapin. Autant dire que la prochaine hausse, basée sur seulement six mois d'inflation, sera très probablement minuscule.

L'économie française peut-elle supporter cette hausse ?

Le groupe d'experts sur le  SMIC pourrait ne préconiser aucune hausse...
Réglementairement consulté pour les hausses légales annuelles, il affirme  qu'il tiendra compte du coup de pouce juilletiste avant de préconiser toute nouvelle revalorisation et pourrait donc effectuer un odieux numéro de duettistes qui permettrait au gouvernement Ayrault d'affirmer qu'il "voudrait bin, mais ki peut point" !  "Le groupe d'expert défendra ce qu'il veut, il y a des critères légaux qui s'imposeront", défend l'entourage de M. Sapin. "L'anticipation de la prise en compte de l'inflation par rapport au calendrier légal, c'est 90 euros en plus pour un salarié au  SMIC  sur le second semestre ", maintient actuellement Michel Sapin, avant arbitrage... 

L'image plutôt que la vertu 
Le ministre continue de soutenir qu'un à-valoir constitue un véritable geste pour les smicards.
Mais pour combien de temps ? 
La dette publique n'en sera qu'augmentée en période de lutte contre les déficits. 
Et l'emploi ne sera pas aidé pour autant: 2% de hausse du SMIC fabriqueront 40.000 chômeurs. 

mercredi 18 janvier 2012

Crise: le sommet social annonce des mesures

430 millions d'euros: des redéploiements budgétaires assureront le financement





Pratique du dialogue social:
Chérèque (CFDT) et Thibault (CGT) de dos, outre Mailly (FO)




Chômage partiel, budget de Pôle emploi, réforme de la formation professionnelle

100 millions d'euros pour booster le chômage partiel
Pour développer le recours au chômage partiel, l'exécutif annonce d'abord des mesures de simplification, comme la réduction de vingt à dix jours des délais d'instruction par l'administration. Les crédits budgétaires seront augmentés de 100 millions. Une concertation avec les partenaires sociaux est annoncée pour améliorer le dispositif avant les élections.

"Former plutôt que licencier
40 millions d'euros sont dégagés pour permettre l'entrée de plus de salariés au sein des dispositifs « former plutôt que licencier » dans les secteurs en crise.

"Pôle emploi : 1.000 CDD de plus
Nicolas Sarkozy a annoncé l'embauche rapide par Pôle emploi de 1.000 salariés en CDD d'un an. Coût de la mesure : 39 millions d'euros. Elle s'ajoute aux 2.000 redéploiements de postes déjà prévus. C'est un geste en direction des syndicats. La CFDT réclamait 2.000 embauches.

"Un nouveau plan pour les chômeurs de très longue durée
Une enveloppe de 150 millions d'euros va être dédiée à l'accompagnement des chômeurs inscrits à Pôle emploi depuis plus de deux ans. En catégorie A, B, ou C, leur nombre atteint désormais 586.000, en hausse de 18 % sur un an. « Ils devront tous se voir proposer une solution », a expliqué Nicolas Sarkozy, reprenant une promesse faite à plusieurs reprises déjà depuis 2007. Concrètement, le chef de l'Etat veut que leur soient proposés des formations, des processus de « resocialisation » le cas échéant, ou des contrats aidés.

"Le " zéro charges " réactivé pour les jeunes dans les TPE
Fortement réclamé par le patronat, le dispositif « zéro charges » sur les embauches des TPE (moins de 10 salariés), déjà activé de 2009 à mi-2010, va être relancé. Mais dans un contexte budgétaire contraint, il ne s'appliquera qu'aux embauches, en CDI ou CDD de plus d'un mois, de jeunes de moins de 26 ans. L'exonération, valable un an, sera complète au niveau du SMIC puis dégressive jusqu'à 1,6 SMIC. La mesure s'appliquera aux embauches réalisées entre le 18 janvier et le 18 juillet. Son coût est estimé à 100 millions d'euros.

"Formation : promesse d'une « réforme radicale "
Le chef de l'Etat a annoncé une " réforme radicale " de la formation professionnelle, en visant surtout à proposer des solutions à tous les chômeurs. Mais ce sera pour la prochaine législature. Gérard Larcher, ex-président UMP du Sénat, « est chargé d'une mission de préparation d'une réforme d'envergure ». Les « bases » de cette réforme devront être définies « sous deux mois », après consultation des partenaires sociaux, régions, universités. « Notre système de formation professionnelle reste très fragmenté entre tous les acteurs, ce qui nuit à son efficacité », regrette l'Elysée. Cette annonce a de quoi surprendre, une vaste réforme largement vantée par le gouvernement étant entrée en vigueur il y a à peine un an. Elle a mis en place un fonds de sécurisation des parcours professionnels et incité au regroupement des organismes collecteurs. Elle doit permettre de réorienter les fonds de la formation vers les PME.

"Recruter plus de jeunes en alternance
Le ministre du Travail engagera une « discussion » avec les partenaires sociaux pour « amplifier les efforts de recrutement de jeunes en alternance dans les entreprises de plus de 250 salariés ». Là encore, l'Elysée laisse entendre que la réforme de la taxe d'apprentissage (bonus-malus) n'a pas eu suffisamment de résultats jusque-là.


"Bras de fer sur le financement>

D'un montant total de 430 millions, les mesures seront financées par des redéploiements de crédits de l'Etat, afin de " ne pas accroître d'un centime le déficit public ", a précisé Nicolas Sarkozy.



Il a ajouté que la mobilisation de crédits du Fonds social européen (FSE) et de fonds gérés par les partenaires sociaux devrait permettre de porter la totalité de ces engagements à 800 ou 900 millions d'euros. L'idée est également d'encourager le cofinancement par les conseils régionaux.




François Chérèque (CFDT) a dénoncé " le flou " entourant la question du financement. Les partenaires sociaux ne sont guère enclins à faire de gros efforts alors que, dans le budget 2012, l'Etat a de nouveau prévu de ponctionner 300 millions dans le fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels, ce qui le mettra en situation de déficit.
(source Les Echos)

lundi 9 février 2009

Les syndicats représentatifs conviés à l'Elysée le 18 février

Le gouvernement débat avec les cinq syndicats ‘comme il faut’

Préparation du 'sommet social'

Le gouvernement entamera demain ses entretiens avec les syndicats du secteur privé, la CFDT et la CFTC, pour commencer. Les autres, la CGT, FO et la CFE-CGC, suivront. Tous se réunissent pour préparer le "sommet social" prévu à l'Elysée le 18 février. La
Outre les cinq centrales syndicales de salariés du privé, les ministres concernés, dont celle de l'Economie Christine Lagarde, reçevront les syndicats patronaux, le président de la CGPME, Jacques Roubaud, et la présidente du MEDEF, Laurence Parisot.

Or, parmi les trois organisations syndicales du public (dont certaines peuvent faire illusion ici ou là, mais n’ont aucune représentativité en dehors de leur secteur au plan national), certaines jouent l’étonnement de ne pas être du nombre de ceux qui figurent à l’agenda.
Au terme de la loi, la représentativité syndicale est constatée d'après les élections dans les différentes instances de représentation du personnel: Commission administrative paritaire (CAP), Comité technique paritaire (CTP).
Il s'agit de la fédération des enseignants FSU, de l'UNSA et du syndicat SUD, récemment qualifié "d'irresponsable" par Nicolas Sarkozy pour son extrémisme dans les grèves à la gare Saint-Lazare à Paris.

Rien de nouveau; pas de quoi s’étonner

Les trois organisations radicales écartées sont partisanes de rapports de force.
Elles sont membres de l'intersyndicale qui repousse le dialogue et privilégie les grèves et les manifestations, telle celle 29 janvier, qui ont poussé le chef de l'Etat à élargir le menu des entretiens prévus le 18 février avec les syndicats.

La FSU connaît sa situation
"Nous ne sommes pas considérés comme représentatifs en raison de critères déjà anciens et ce n'est pas normal", du point de vue d’une porte-parole de la FSU.
A l'UNSA, Jean Grosset estime qu'il aurait été "plus judicieux de la part du gouvernement de recevoir l'ensemble des organisations qui préparent une plateforme de revendication. Mais on n'en fait pas une montagne".

Les ambiguïtés des cinq syndicats représentatifs

  • Les cinq ne sont pas mécontents de leur statut qui les maintient en position de force au sein des huit.
    Car, ponctuellement, comme à la gare St-Lazare de Paris et bien qu'il ne représente pas grand chose à la SNCF au plan national, SUD-rail peut localement tenir la dragée haute à la CGT qui se sent défiée sur sa gauche par des anarchistes et des trotskistes sans foi ni loi démocratiques. La CFDT pour sa part ne souhaiterait pas voir évoluer ses relations avec une CGT affaiblie, voire menacée, par plus extrémiste qu’elle. Quant à FO, elle est infiltré et n’a pas fait le ménage. Elle n’est donc pas maîtresse de ses décisions en interne et se verrait mal contestée à l’extérieur également.
  • Etrangement, le matin, les Cinq débattent avec le gouvernement, mais mobilisent à huit le soir.
    Tout en acceptant la discussion, le Club des Cinq prépare donc la riposte.
    Les huit confédérations syndicales se retrouvent en effet lundi 9/02 en fin de journée pour décider des suites à donner aux grèves et manifestations de fin janvier.
    Une nouvelle journée d'action intersyndicale, au vu de la mobilisation réussie du 29 janvier, est attendue après la rencontre du 18 février avec Nicolas Sarkozy, ont confirmé les dirigeants de la CGT et de la CFDT, Bernard Thibault et François Chérèque.