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lundi 15 avril 2019

L'abattement fiscal des journalistes est-il équitable ou discriminant ?

Faut-il supprimer l'avantage fiscal les journalistes ?


L'Assemblée a adopté un article limitant le bénéfice de l’abattement fiscal des journalistes à ceux gagnant moins de ...6.000 euros nets par mois !
 

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Août 1789-Avril 2019 : Macron peut faire de son allocution du 15 avril
une nouvelle "nuit d'abolition des privilèges"
Encore un petit effort, mesdames et messieurs les parlementaires ! Ce seuil reste extrêmement indécent, à la limite de la provocation: le fixer à 2.000 euros nets aurait été tout aussi insupportable. Quelle autre profession s'accommoderait sans honte d'un tel niveau de discrimination ? Pour beaucoup, pas seulement parmi les Gilets Jaunes, réclament sa suppression totale.

1. Très peu de professions en profitent

Cette mesure date de 1934, rappelle Le Parisien: les terribles "années 30", que Macron évoque volontiers pour faire peur aux Français. Les journalistes faisaient partie d'une liste de 110 professions à bénéficier d'un abattement sur leurs revenus, de 30% dans leur cas. Des métiers pour beaucoup disparus. C'était une déduction de 30 % des revenus bruts, pour les titulaires de la carte de presse.

En 1996, le premier ministre Alain Juppé choisit de supprimer cette exonération. Les journalistes contre-attaquent : une manifestation réunit 2.000 professionnels à Paris et une dizaine de titres de presse lancèrent une opération “homme invisible”, relata Libération. L'Association des journalistes parlementaires s'était enflammée, affirmant que cela "aboutirait à augmenter de façon importante, jusqu'à 35% l'impôt sur le revenu" des journalistes, selon les chiffres du ministère des Finances. "Il serait paradoxal qu'au moment où le gouvernement annonce son intention de réduire la pression fiscale sur les salariés, argumenta le communiqué, les journalistes soient les seuls à ne pas bénéficier de telles mesures". Il fallait déjà rappeler aux geignards qu'il s'agissait d'un privilège archaïque.
La véhémence corporatiste des journalistes suscita la sidération des honnêtes gens. Ainsi, Michel Péricard, président du groupe RPR à l'Assemblée nationale, ne supporta pas que des journalistes fassent pression sur les parlementaires pour s'opposer à la suppression de leur abattement fiscal professionnel de 30%. "C'est inadmissible, c'est une atteinte à la Constitution, qui interdit d'exercer des pressions sur les parlementaires", a dit Michel Péricard au cours d'un point de presse. Exprimant son "indignation devant les menaces" exercées, il a affirmé: "Des poursuites vont être engagées contre ceux - nous avons la liste et les noms - qui se sont crus autorisés à faire cela." Il évoqua ceux qui travaillent dans l'audiovisuel public et qui seraient tentés par des actions de représailles, qualifiant ces menaces "d'atteinte inadmissible et donc de faute professionnelle grave qui doit entraîner des licenciements". Le député des Yvelines avait le matin même demandé à Philippe Séguin "d'user de son autorité en la matière".
Pourquoi cette charge brutale contre les journalistes ? s'interrogea Libération. Après une première journée d'action le 18 septembre dernier, l'intersyndicale des journalistes SNJ, CFDT, CGT, CFTC, FO et CGC avait appelé à une grève nationale le 15 octobre, pour faire obstacle à une mesure de justice fiscale une mesure fiscale correspondant à une diminution du revenu annuel équivalent à un mois de salaire, un treizième mois que la pénibilité de la profession ne justifie nullement.
Certaines rédactions radicales, notamment dans la presse départementale comme dans l'Aude, l'Eure-et-Loir et la Dordogne, ont envisagé la mise en oeuvre d'une opération "homme invisible" contre les parlementaires qui voteraient cette mesure. Avec une dizaine de titres régionaux, la rédaction de Var-Matin avait choisi le boycottage photographique. Quant aux journalistes de La Montagne, ils avaient publié un éditorial intitulé "L'information sous contrôle fiscal" se livrant à un chantage sur la fragilisation des entreprises qui auraient été placées "en situation de dépendance par rapport au double pouvoir politique et financier".Le SNJ-CGT condamna comme "honteuses" et "scandaleuses" les dénonciations des détracteurs des nantis, appelant "la profession et les autres syndicats à y réagir immédiatement"...
Dans un courrier adressé mercredi au Premier ministre Alain Juppé, le député RPR du Rhône Marc Fraysse a proposé de compenser la suppression de l'abattement par une "hausse des salaires" financée par une réduction des charges sociales des entreprises de presse. Mardi, le ministre de la Culture Philippe Douste-Blazy avait pour sa part évoqué la nécessité d'une "table ronde sur les aides à la presse pour élaborer un véritable plan de sauvetage de la presse écrite". Quel rapport entre un abattement fiscal individuel et un sauvetage de la presse écrite ? 

L'Intersyndicale des journalistes (SNJ, CFDT, CGT, CFTC, FO, CGC) resta déterminée à ne pas céder tant que le gouvernement se limiterait à proposer des aides conjoncturelles à la presse. François Boissarie, premier secrétaire général du Syndicat national des journalistes (SNJ), précisa que ce genre d'initiative "constituerait un hold-up sur le mouvement, nierait les syndicats de journalistes et profiterait encore une fois aux organisations patronales, qui bénéficient déjà d'un régime fiscal privilégié"... Quant aux travailleurs, apprécièrent-ils la lutte insensée des syndicats pour leurs avantages acquis, si inéquitables soient-ils encore.
La gauche populiste rétablit finalement cet abattement en 1998.
Il fut rétabli sous une forme allégée - fixé à 7.650 euros pour tous. "Un avantage fiscal conséquent, selon l’association de critique des media, Acrimed. Prenons l'exemple d'un journaliste célibataire gagnant 2.500 euros par mois. Sans cet avantage fiscal, il payerait 2.534 euros d'impôt sur le revenu. Avec, il ne paye que 1.477 euros”. D’autant "qu’avec un revenu mensuel brut moyen de 3.200 euros, un journaliste ferait partie des 15 % de Français les mieux lotis, voire les plus riches".

2. Un abattement qui n’est plus vraiment justifié

Officiellement, cet abattement fiscal est censé financer les frais professionnels importants de cette profession. A l’époque de sa création, "la profession avait des frais professionnels très élevés, pour l'habillement, la location de bureaux... les rédactions étaient déjà bien structurées mais les journalistes fonctionnaient plus individuellement", explique François Boissarie, ancien secrétaire du Syndicat national des journalistes, cité par LCI
Difficile de justifier ce type d'avantage aujourd’hui, la plupart des journalistes étant sédentaires. Sans compter que ces frais "ne peuvent donner lieu à aucune vérification de la part de l'administration", précise le Syndicat National des Journalistes (SNJ). "Tout le monde admet que l’argument des frais professionnels ne tient plus”, soutient également Eric Brunet, essayiste et chroniqueur dans Valeurs Actuelles et pour BFM TV depuis rentrée 2018. Quand un journaliste fait une note de frais pour écrire un article, "il est remboursé par l’organe de presse qui l’emploie. Les titulaires de la carte de presse cumulent donc les remboursements effectués par leur entreprise et la ristourne fiscale octroyée par l’Etat", dénonce-t-il encore.

3. L'abattement fiscal ne bénéficie pas qu'aux bas revenus de la profession

Selon les données issues de la Commission nationale de la carte de presse, la profession connaît une forte précarité, surtout dans les premières années d’exercice, mais ni plus ni moins que dans la plupart des professions. 73,7% des journalistes sont en CDI, 18,7% sont pigistes et 3,2% sont en CDD. Chez les 26-34 ans, ils sont encore 33,7% de pigistes, mais seulement 8,5% en CDD. Les moins de 26 ans sont les plus précaires : 41,5% sont pigistes et 36,6% en CDD. Depuis que l'abattement a été fixé à 7.650 euros plutôt qu'à 30%, la niche profite mécaniquement beaucoup plus aux revenus les plus précaires de la profession : "Il s'agit des pigistes, des CDD, de tous ceux qui n’ont pas une rédaction derrière eux qui rembourse leurs frais, et qui représentent un quart de la profession", justifie François Boissarie, SNJ.
Ces odieux arguments corporatistes méprisent les réalités actuelles : selon les chiffres du deuxième trimestre publiés par l’Insee le 14 août 2018, le taux de chômage des 15-24 ans s’établit à 20,1%, son plus bas niveau pourtant depuis 2009. 

4. Ce privilège ne coûte "presque" rien à l'Etat...

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Ces dernières années, le coût de cette "allocation" pour frais d’emplois a été estimé "entre 50 et 70 millions d’euros par an". La prime Macron à deux millions de Français, mise en place pour répondre à la crise sociale incarnée par les Gilets jaunes, s'élève à 450 euros en moyenne, défiscalisés... 

Elle coûte plutôt "40 millions par an à l'Etat", minimisent certains. Par comparaison,  "la niche [sociale]  "Scellier outre-mer" (réductions d'impôt pour la construction ou la réhabilitation de logements dans les DOM), qui touche 43.700 ménages, a coûté, en 2012, 355 millions d'euros”, conclut ainsi Le Monde. 

Mais cette disposition peut aussi être considérée comme un doublon de la subvention de l'Etat avec une aide indirecte aux patrons de presse, leur permettant d’embaucher leurs salariés moins cher. Et si cette aide est préservée, c’est aussi "une forme de soutien au secteur de la presse écrite, de nature à encourager la pluralité et la liberté de la presse", admet le député LREM Joël Giraud, un ex-administrateur des PTT et rapporteur général du budget, sans le moindre embarras.

A la presse détenue par huit hommes d'affaires multi-millionnaires, l'Etat français a versé 1,8 milliard d'euros pris aux contribuables en 2010.

samedi 15 décembre 2018

Le salaire d'un présentateur de BFM TV, à faire pâlir un 'Gilet jaune'

Le présentateur de BFM TV, François Gapihan, révèle sans hésiter son salaire 

Lecteur des textes de confrères en coulisses et sous assistance d'une oreillette et d'un PC, le journaliste 'no limit' François Gapihan a posé frontalement la question - taboue en France - à un gilet jaune en plateau sur son salaire, alors qu'il  animait la tranche 17h/19h. Son invité interloqué lui a alors retourné la question, en lui demandant si, lui, il donnerait son salaire.

Le présentateur n'a pas hésité à répondre qu'il gagne "environ 3.600 euros net", à 35 ans et après six ans à BFMTV.  
Le gilet jaune surpris par l'impudence de cet étalage a choisi la discrétion en ne livrant pas son salaire en retour et a préféré botter en touche, par respect pour ses collègues.

A noter que le salaire annoncé par le présentateur est dans la moyenne des salaires des présentateurs de BFM TV, très loin des salaires des stars des chaînes historiques, sachant que sa tranche horaire n'est pas la plus recherchée. Le magazine Capital estimait il y a quelques mois les salaires de Gilles Bouleau, 56 ans, d'Anne-Claire Coudray, 41 ans, et de Jean-Pierre Pernaut, 68 ans,  entre 30.000 et 45.000 euros bruts par mois, même si ces sommes restent l'un des secrets les mieux gardés sur TF1.

Du côté du service public, il faut diviser l'enveloppe par deux ou trois : 15.000 euros environ par mois pour Laurent Delahousse, 49 ans, sur France 2. Pour France 3, les présentateurs tourneraient autour de 6.000 euros mensuel.

Jamais n'est mentionné l'abattement fiscal dont les journalistes sont les bénéficiaires

Ces 7.650 euros constituent un bonus mensuel de 630 euros non négligeables, notamment parmi les smicards : le nouveau montant du Smic horaire brut 2018 est de 9,88 euros ... Ce privilège déguisé en "allocation de frais d'emplois" régie par l'article 81 du Code général des impôts, est une niche fiscale pour les titulaires, ou non, de la carte de presse que ni FO, ni la CGT, ni la CFDT ne souhaite remettre en question.
En 1996, Alain Juppé entreprit de supprimer ces avantages, mais Lionel Jospin rétablit l'abattement fiscal pour les journalistes deux ans plus tard. "Au lieu des 30%, les journalistes pourront dorénavant retirer 50.000 F (soit 7.650 €) de leurs revenus, une mesure qui favorise les bas salaires et limite l'avantage pour les plus riches, se justifiait le socialiste. Il n'empêche que, souligne Slate.fr, les journalistes sont les seuls à bénéficier de la mesure", sans vergogne.
D'autant que ce n'est pas tout : ils peuvent aussi bénéficier d'un abattement de 30% sur les cotisations sociales salariales et patronales (c'est à dire que les cotisations sont prélevées sur 70% du salaire brut) dans la limite de 7 600 euros par an.

dimanche 9 octobre 2016

Assez d'avantages fiscaux pour les journalistes partisans et donneurs de leçons d'exemplarité

Mettons fin aux privilèges fiscaux des journalistes
     
TOUS LES FRANÇAIS SONT CENSÉS ÊTRE "ÉGAUX" DEVANT L’IMPÔT. L’ARTICLE 13 DE LA DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN RAPPELLE QUE LES IMPÔTS "DOIVENT ÊTRE ÉGALEMENT RÉPARTIS ENTRE TOUS LES CITOYENS EN RAISON DE LEURS FACULTÉS". VOILÀ, LE PRINCIPE INSCRIT DANS NOTRE CONSTITUTION, MAIS EN RÉALITÉ, CERTAINS BÉNÉFICIENT DE PASSE-DROITS TRÈS AVANTAGEUX. C’EST LE CAS DES JOURNALISTES, LESQUELS BÉNÉFICIENT ENCORE AUJOURD’HUI D’UNE "NICHE FISCALE" CRÉÉE EN 1934.
Une déduction d’impôt corporatiste coûteuse pour les contribuables !

Inscrite à l’article 81 du code général des impôts, cette disposition permet aux journalistes de déduire directement 7.650 euros de leur revenu imposable pour "les frais inhérents à leur fonction": un flou peu artistique cachant un gros méchant loup goulu. Peu importe que l’activité de journaliste soit exercée à temps plein ou à temps partiel ! Peu importe que le journaliste soit détenteur d’une carte de presse ou non, contrairement à ce qui est communément véhiculé.

Concrètement, si un journaliste gagne 3.000 euros par mois, il verra, grâce à ce dispositif, le montant de ses impôts divisé par près de deux. Il ne paiera que 2125 € d’impôts par an, alors qu’avec les mêmes revenus que lui un autre contribuable sera imposé à hauteur de 4 153 euros. Le manque à gagner pour l’Etat est, dans cet exemple, de 2028 € par journaliste.

Un privilège que rien ne justifie

A l’origine, cette mesure pouvait s'expliquer en raison de l’impossibilité pour la plupart des journaux français d’après guerre de disposer des ressources financières suffisantes pour rembourser l’intégralité des frais professionnels. Dans ce contexte, l’Etat a accepté d’assumer ces défraiements. Et ça dure ! On comprend ainsi pourquoi cette presse claironne que nous sommes en guerre contre l'Etat islamique...

Cependant, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, les conditions salariales des journalistes ont évolué. Désormais, les frais professionnels de la plupart d’entre-eux sont pris en charge par leurs journaux et la publicité (que les organes de presse nous forcent à payer pour eux, péage obligé pour avoir accès à leurs sites). Les journalistes peuvent donc cumuler les remboursements effectués par leur entreprise et celui de l’Etat ! Sans compter que cette presse est mal gérée, avec pléthore de journalistes pour que chacun gagne plus en travaillant moins.

Une garantie anti-contrôle fiscal

Ce double remboursement est d’autant plus scandaleux que l’article 81 du Code général des impôts précise que les frais professionnels des journalistes "sont toujours réputés utilisés conformément à leur objet et ne peuvent donner lieu à aucune vérification de la part de l’administration". Bercy ne demande aucun justificatif... Cela veut donc dire que les défraiements de journalistes ne peuvent faire l’objet d’aucun contrôle fiscal !
"Les gens" qui choisissent l''option déduction des frais réels sont, comme les journalistes, des salariés. Mais s'ils peuvent déduire le montant exact de leurs dépenses professionnelles plutôt que la déduction forfaitaire de 10% (déplacements, repas, double résidence, formation, matériels professionnels...) tous les frais inhérents à l'emploi sont déductibles, les salariés doivent fournir les justificatifs. Or, les journalistes ne subissent pas cette contrainte.
Et les journalistes en veulent plus : -40% d’impôts pour usage de... mascara !
Ruth Elkrief, femme libre,
entretenue par le fisc
Dernièrement, les journalistes de l’audiovisuel ont réclamé le droit à un abattement fiscal de 40 % de leur revenu, dont 10% au titre du remboursement des "frais esthétique". Pour reprendre l'exemple d’un journaliste gagnant 3.000 euros par mois, si cette mesure était appliquée, il ne paierait plus que 1.180 euros d’impôts soit 2.973 euros de moins qu’un autre contribuable disposant des mêmes revenus... 

Les stars du JT apprécieront cette attention. 
Les mieux payés de nos "stars du petit écran" profiteront d’un cadeau fiscal pouvant atteindre 80.000 euros.

Signez la pétition !

Recevant des représentants syndicaux de journalistes durant sa campagne présidentielle, le candidat Hollande n’a écarté aucune de leurs revendications. Cela explique sans doute la bienveillante présentation de sa campagne par une grande partie des media.

Le gouvernement Valls prévoit des cadeaux fiscaux à l'approche des élections présidentielle et législative de 2017, après que Hollande et Ayrault ont matraqué les travailleurs et a aussi supprimé de nombreuses "niches fiscales" dont certaines bénéficient aux familles, nous exigeons de Michel Sapin, le nouveau patron de Bercy, Economie, Finances et Commerce extérieur, qu’il mette fin aux privilèges exorbitants et archaïques bénéficiant aux seuls journalistes.

Si vous pensez donc qu’en période de crise il est anormal que les membres d’une corporation hautaine et donneuse de leçons en matière d'exemplarité et de solidarité bénéficient d’une niche fiscale aussi avantageuse qu'injuste, votez contre les candidats dont le programme n'y met pas le holà.

samedi 21 juin 2014

Les avantages fiscaux des journalistes, une niche qui pue !

L'abattement fiscal des journalistes n'était déjà pas justifié avant la crise 
Le nouveau gouvernement va chercher très loin comment tailler dans les niches fiscales 
"Mettons fin aux privilèges fiscaux des journalistes", telle est le titre de la pétition ouverte en mai dernier sur internet.  
En cause: l’allocation pour frais d’emploi, 7.650 euros que les journalistes déduisent de leurs revenus imposables. Ce privilège permet à un professionnel gagnant 3.000 euros par mois de voir le montant de ses impôts "divisé par près de deux" : 
"Il ne paiera que 2.125 € d’impôts par an, alors qu’un autre contribuable avec les mêmes revenus que lui sera imposé à hauteur de 4.153 euros".
"Une déduction d’impôt corporatiste coûteuse pour les contribuables !", "un privilège qui n’a plus de justification !", " moins 40% d’impôts pour usage de mascara !", dénonce le texte.

On peut le lire notamment sur le blog d’Eric Normand, conseiller national UMP et membre du Comité de la 13e circonscription de Paris (sud du 15e arrondissement). Le politique a même pris soin de tweeter ce qui pourtant a tout d’un serpent de mer. Il y a quinze ans, on parlait d’"abattement fiscal" et ça faisait râler. Aujourd’hui, on parle de déduction. Et ça fait grogner. Toujours la même question : au nom de quoi les journalistes bénéficieraient-ils d’un avantage fiscal auquel les autres professions n’ont pas droit ? A l’heure où François Hollande prévoit de s’attaquer aux niches fiscales, est-il justifié ?

Régime spécial

L’avantage remonte à 1934. A l’époque, une liste a été établie de 110 professions supposées avoir des frais professionnels supérieurs aux autres, déjà exonérées de 10% de leurs revenus à ce titre. Comme le rappelle le site Slate.fr, on trouvait dans cet inventaire à la Prévert des métiers "délicieusement surannés" : les ouvrières de la bonneterie dans la région de Ganges, exonérées de 5% supplémentaires, les limeurs de cadres de bicyclettes du département de la Loire (15%), les tisseurs non propriétaires de leur métier (40%), ou encore les journalistes, exonérés de 30% supplémentaires pour compenser la faiblesse ou l’absence de remboursement des frais professionnels par les éditeurs.

En 1996, le gouvernement Juppé décide d'en finir avec ces niches désuètes. Sauf une, celle des journalistes, soumise à négociation avec les syndicats. Ce qui , sous la pression d’une profession qui a les moyens de se faire entendre, aboutit en 1998 à… son maintien sous le gouvernement Jospin. Ou plutôt : l'abattement de 30%, socialement scandaleux –"plus tu gagnais, plus tu déduisais", résume un journaliste-, a été transformé en un forfait de 7.650 euros, à déduire du revenu imposable, quel qu'en soit le montant.

L'"allocation pour frais d’emploi des journalistes", moins coûteuse pour l'Etat, se veut ainsi plus juste, car plus profitable aux petits salaires et aux journalistes précaires. François Boissarie, membre du Comité national du Syndicat national des journalistes (SNJ) en charge des questions fiscales, précise :
"Il s'agit des pigistes, des CDD, de tous ceux qui n’ont pas une rédaction derrière eux qui rembourse leurs frais, et qui représentent un quart de la profession."
Le bénéfice est net pour les journalistes qui gagnent autour des 3.000 euros par mois, puisqu'il qu'il leur permet de passer sous les seuils sociaux (Caisse d'allocation familiale) ou bancaire (prêt à taux zéro). En revanche, il est nul pour les jeunes précaires, non imposés.

Trierweiler et Pulvar en embuscade ?

Audrey Pulvar a démenti être intervenue auprès de François Hollande avec Valérie Trierweiler pour rétablier l'abattement de 30% des journalistes. (HALEY/SIPA)
A.Pulvar a démenti être intervenue auprès de Hollande
avec le concours de sa consoeur Trierweiler
 pour rétablier l'abattement de 30% des journalistes.
En vérité, cette allocation n’a pas grand chose à voir avec les "frais d’emploi". En 2010, le ministre du Budget François Baroin, à nouveau interpellé sur la question, la justifiait avec indulgence comme une "aide indirecte à la presse", secteur en crise sous perfusion des subventions de l’Etat. François Boissarie justifie :
"Si l’allocation est supprimée, les journalistes réclameront une compensation à leur employeur qui, n’ayant pas les moyens, demandera de l’aide à l’Etat".
Lors des Etats généraux de la presse, François Fillon et Nicolas Sarkozy avaient trop à faire avec la crise pour remettre en cause cet équilibre salarial.

Le texte relayé par Eric Normand  zappe les précaires pour orienter ses attaques contre les gros bonnets. "Cette pétition s’intéresse aux stars de l’audiovisuel, comme Pujadas, plutôt qu’aux 38.000 journalistes, dont près de la moitié touche des salaires inférieurs à 3.000 euros par mois", observe François Boissarie. Les journalistes qui touchent des salaires supérieurs à 10.000 euros mensuels sont à peine plus de 200. Mais ce sont eux qui intéressent les pétitionnaires. Selon ce texte, les journalistes du petit écran auraient réclamé 10% d’abattement supplémentaire, "au titre du remboursement des ‘frais esthétique’" :
"Les stars du JT apprécieront cette attention. Les mieux payés de nos 'stars du petit écran' profiteront d’un cadeau fiscal pouvant atteindre 80.000 euros".
Sauf qu’il n’existe aucune trace de cette demande. De la même façon, un article sur le site de droite Opposition republicaine révèle que deux médiatiques journalistes auraient joué de leurs relations pour remettre l’abattement de 30% au goût du jour. L’auteur écrit :
"Avant les primaires les syndicats de journalistes notamment de l’humanité ont demandé à François Hollande de rétablir l’abattement de 30% pour les journalistes, de plus, chose étrange une certaine Valérie Massonneau (plus connu sous le nom de Valérie Trierweiler, future Madame Hollande) fut la porte-parole des journalistes accompagnée bien sûr d’Audrey Pulvar".
Il faut savoir que celle-ci, ex-concubine du ministre PS Montebourg et fille de syndicaliste indépendantiste antillais, s'offre des lunettes à des prix astronomiques: lien PaSiDupes 

"Est-ce pour ces raisons que les journalistes ont tout fait pour faire élire François Hollande?", interroge en titre l’auteur de l’article. Mais, selon le SNJ, tout cela serait faux : "Je viens d'avoir notre délégué à l'"Humanité" qui dément (en toutes objectivité et sincérité) toute intervention auprès d'Hollande et du PS sur quelque question que ce soit et notamment sur le plan fiscal", assure François Boissarie. Si Valérie Trierweiler "n’a pas souhaité s’exprimer publiquement mais dément", Audrey Pulvar s’est en revanche fendue d’un droit de réponse publié illico sur le blog d’Eric Normand :
"L’équipe d’Audrey Pulvar [sic] me fait savoir que Madame Pulvar n’est pas intervenue auprès de François Hollande pour obtenir le rétablissement de l’abattement fiscal de 30% pour les journalistes. Par souci de transparence, je tenais à en faire part aux lecteurs de mon blog."
Allocation pour frais d'emploi, RAS

Il faut dire que l'ex-journaliste d' "On n'est pas couché" et le le détracteur ont déjà eu affaire l’un à l’autre. Le blogueur n’est autre que celui qui, en février dernier, commentait l’agression dont avaient été victimes Audrey Pulvar et Arnaud Montebourg par un groupe scandant slogans d’extrême droite et injures antisémites, en ces termes :
"C'est malheureux, mais à force de stigmatiser les gens en les insultant, ça arrive." Un retour de boomerang...
La journaliste n'avait pas manqué de polémiquer sur Twitter : "M. Normand réagit comme quelqu'un qui dirait à une femme violée: 't'avais qu'à mieux t'habiller'. Minable".

Ce qui est prévu, c'est que cette allocation devrait encore échapper à la chasse aux niches fiscales promise par François Hollande. Au regard du flou de sa réponse, le cabinet d’Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, n'a visiblement pas encore ressenti l'obligation morale de travailler la question, ne serait-ce que pour financer le régime social des intermittents. Interrogé sur l'avenir de l'allocation, il déclare, à la façon de F. Baroin :
"C’est un soutien précieux pour la liberté de la presse et pour les jeunes journalistes. Nous souhaitons le conserver. Il sera discuté en loi de finance et intégré dans la concertation Lescure sur le numérique".
Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault prévoyait de fixer un plafond de déduction pour les niches fiscales à 10.000 euros. L'allocation pour frais d'emploi des journalistes, elle-même plafonnée à un niveau inférieur, ne devrait donc pas être remise en cause....

mardi 6 août 2013

Hollande se compromet en déjeûnant avec des journalistes du Monde

François Hollande ne prend plus ses repas à l'Elysée, mais au Monde

Comment ne pas entamer le budget de la présidence


"Moi, président de la République, 
je ferai en sorte que mon comportement soit 
à chaque instant exemplaire"

Selon le Lab Europe1, le chef de l'Etat, François Hollande, s'est fait inviter à un déjeuner avec des journalistes du Monde, dans les locaux du quotidien le lundi 5 août. 
Or, ce rendez-vous ne figurait pas sur l'agenda officiel du président de la République que l'on croyait encore dans le Gers... 

Connivence "top secret" avec les "copains d'avant"

Il engloutit ici le repas d'un Céfédétiste
François Hollande est arrivé dans les locaux du quotidien "vers 13h10", accompagné d'un seul conseiller. Après avoir partagé pendant plus de 2h30 "un plateau repas" avec "une petite dizaine de journalistes" du Monde, le président de la République est reparti, le ventre plein et campagne des municipales orchestrée.
Un journaliste du Monde confident d'Europe 1 transmet l'"élément de langage" de l'Elysée. Sollicité par le Lab, ce participant avoue avoir "promis de ne rien dire" sur le fond des échanges, situant la rencontre sur le terrain du "totalement off". Un autre parle quant à lui d'un "déjeuner informel".
"Il a répondu à toutes nos questions et ne semble pas être venu pour faire passer un message en particulier."

Sollicitée par le Lab, au sujet du cadre de la rencontre et du traitement qui en sera éventuellement fait dans les colonnes du quotidien,
la direction du Monde s'en tire avec un "pas de commentaire" !


Le récidiviste avait offert un "dîner aux 100 journalistes" préférés du PS

Hors micros et caméras le jeudi 18 juillet, François Hollande a déjà mangé un morceau avec près d’une centaine de journalistes de l’Association de la presse présidentielle (APP), ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait fait jusque-là. Il ne s’agissait donc nullement d’une conférence de presse, mais d’une rencontre informelle, sans micros ni caméras ou appareils photo.

Le dîner à la maison des Polytechniciens était organisé dans un hôtel particulier du VIIe arrondissement de Paris, situé à quelques encablures du siège du PS.

Le chef de l’Etat compte-t-il faire la tournée des autres rédactions ?


DEVOIR de MEMOIRE

"Je veux que la prochaine présidence soit celle de l'impartialité de l'Etat, de l'intégrité des élus et du respect des contre-pouvoirs." 
(46e des 60 engagements du fourbe de l'Elysée)


Liens PaSiDupes :
et 
Un élu PS remet sa liste noire des journalistes de droite au CSA