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mardi 14 avril 2020

Castaner avoue mais n'assume pas le vol de masques à l'aéroport de Bâle-Mulhouse

Castaner reconnaît la réquisition de masques à l'aéroport de Bâle-Mulhouse
 
Le joueur de poker avait commencé par nier "toute réquisition ni par l'armée, ni par qui que ce soit"

https://img.aws.la-croix.com/2020/03/29/1301086702/Capture-ecran-video-transmise-compagnie-aerienne-Air-France-29-2020-montrant-cargaison-masques-medicaux-provenance-Chine-debarquee-Boeing-777-aeroport-Roissy-Charles-De-Gaulle_1_1399_782.jpg
Les "héros" approuvent-ils ces méthodes de voleurs ?
L'opération de piratage a été effectuée au détriment de commandes des collectivités localesà l'aéroport de Bâle-Mulhouse, soi-disant en raison de livraisons arrivées incomplètes de masques importés de Chine.

Interrogé au Sénat mercredi, lors des questions au gouvernement, Christophe Castaner avait affirmé qu'il n'y avait "pas eu de réquisition ni par l'armée ni par qui que ce soit", mais qu'il s'agissait "de fournir en priorité le personnel soignant de la région du Grand Est".

"Il n'est pas question qu'il y ait de guerre de masques entre les collectivités territoriales et l'Etat", avait-il ajouté.

Mais le ministre de l'Intérieur a fini par avouer !

Des millions de masques importés de Chine ont bien été réquisitionnés par l'Etat à l'aéroport de Bâle-Mulhouse... pour les affecter en priorité aux personnels de santé.
Marseille : Attaque d'un train de marchandises ! - FNCV Infos et ...
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a reconnu vendredi la réquisition par les services de l'Etat : un vol du gouvernement perpétré contre une collectivité locale.
"La manœuvre opérée a pris la forme d’une réquisition. Sur le fond, il s’agit d’une affectation prioritaire des masques organisée par l’Etat [totalitaire], au profit de ceux dont nous considérions qu'ils en avaient le plus besoin, a-t-il raconté après coup, plutôt que d'être, comme promis, "transparent": les personnels de santé", a argué le ministre dans une déclaration au quotidien régional L'Est Républicain, propriété du groupe EBRA, détenu par la Banque fédérative du Crédit mutuel (BFCM), une fédération de banques en forme de société anonyme. "L’Etat a donc bien priorisé la satisfaction des soignants et des malades, parmi les différents clients de ce fournisseur", a susurré le forban.
















Une réquisition "sans concertation" : méthode de voyous

Jeudi, L'Est Républicain s'était fait auxiliaire du gouvernement.
Le quotidien avait publié une photo de l'arrêté "portant réquisition de masques chirurgicaux dans le cadre de la gestion du Covid-19", signé du préfet du Haut-Rhin.

Mais une réquisition "sans concertation, ni même information préalable" 
de millions de masques sur le tarmac de l'aéroport de Bâle-Mulhouse à l'arrivée, la veille, d'un avion en provenance de Chine que la présidente socialiste de Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay, avait dénoncée lundi, trois jours plus tôt.

FILM 16: ATTAQUE du Fourgon postal (L') - EUR 214,50 | PicClick FREn fait, le même importateur avait pris deux commandes groupées, explique-t-on a posteriori: à la fois les commandes de l'Agence régionale de santé Grand Est, qui approvisionne les professionnels de santé, mais aussi de trois collectivités territoriales (Grand Est, Bourgogne Franche-Comté et  département des Bouches-du-Rhône).

Or, le nombre de masques livrés était inférieur à l'ensemble des commandes
puisque l'avion "contenait seulement 3,6 millions de masques - soit un volume inférieur au solde dû par l'importateur à l’État - qui ont été pris en charge par la préfecture de la zone de défense et de sécurité Est, avec le concours de moyens logistiques de l’armée de terre", avait tenté de se justifier la préfecture du Grand Est - soit dix départements - dans un communiqué lundi, au nom de Josette Chevalier, nommée mi-janvier 2020, à la suite de Jean-Luc Marx, en tant que préfète du Grand Est et du Bas-Rhin, après avoir exercé les mêmes fonctions, depuis mai 2018,... en Corse.

Castaner se désolidarise de sa subordonnée :
 
Je suis très fière d'être la première préfète de l'Essonne » - Le ...il qualifie d'"inopportune" la démarche de la préfète

Jeudi, lors d'une audition devant la mission parlementaire sur l'épidémie de Covid-19, Christophe Castaner avait fait valoir qu'il n'y avait "pas de mise en cause du choix (du préfet Josette Castaner, ci-contre), mais de la méthode" utilisée, qualifiée "d'inopportune" ! 
Il a affirmé avoir dit, en début de semaine, à l'ensemble des préfets lors d'une visioconférence, que "la méthode était inopportune et qu'il n'était pas question que cela se reproduise"...
"Nous aurions dû être plus prévenants avec les collectivités locales (...) Je m’en suis excusé car je sais que l’intention des préfets et de l’ARS était de faire au mieux", a-t-il réaffirmé vendredi, répondant à L'Est Républicain.

Un million de masques reçus en Bourgogne Franche-Comté
La région présidée par Laurent Wauquiez a annoncé vendredi avoir réceptionné un premier million de masques chirurgicaux sur les quatre millions commandés.
"Il s’agit d’une première livraison arrivée à Marseille, dont la majeure partie servira à équiper les Ehpad et les services de soins à domicile", a indiqué la région dans un communiqué.
Transportés jusqu'à Dijon par camion, les masques vont être distribués aux conseils départementaux de la région qui en assureront la répartition dans les établissements médico-sociaux, relaie l'AFP.

mercredi 27 février 2019

Ford Blanquefort - le gouvernement compte les points : Le Maire n'a que des regrets et Griveaux, que des signes d'impuissance

Depuis la signature de convention par Michel Delpuech, la situation s'enlise dans l'agglomération bordelaise désertée par Juppé

Bruno Le Maire vit mal son impuissance

Image associée
Mars 2018 : Bruno Le Maire a reçu élus et délégués syndicaux,
dont le cégétiste Gilles Lambersand (t-shirt blanc), à Bercy
A la sortie d'une réunion à Bercy pour acter - avec les représentants syndicaux de Ford-Blanquefort et les élus locaux de Gironde - la fermeture désormais inéluctable de l'usine bordelaise, le ministre de l'Economie de Macron a dû se contenter de fustiger l'attitude "indigne" du constructeur américain.

Ford a en effet confirmé à ses salariés ne pas accepter la dernière proposition du repreneur potentiel, Punch Powerglide, entreprise franco-belge (Punch Metals International) établie à Strasbourg, spécialiste des boîtes de vitesses, une décision qui entraîne l’arrêt du site et condamne les 850 salariés. "Nous regrettons que cette offre n'ait pas été acceptée", a commenté le ministre de l'Economie et des Finances. "L'attitude qu'a eue Ford (...) est indigne d'un grand groupe industriel", a-t-il ajouté, visiblement humilié.
"Ils ont accepté des conditions de travail plus difficiles, avec des suppressions de RTT, des heures de travail plus longues, un niveau de rémunération gelé pour un certain nombre d'années", avait-il fait valoir. Le Maire avait même été insultant : "J'ai dit au président de Ford, il y a quelques jours, que j'aimerais que la direction de Ford soit à la hauteur de la dignité des salariés de l'usine de Blanquefort", , avant de clamer : "Nous pouvons sauver l'usine !"...
Le Maire n'excluait pas "une nationalisation temporaire"
Le ministre avait évoqué une autre option :  le  19 décembre 2018, Europe 1 titra "Ford Blanquefort : Bruno Le Maire n'écarte pas un rachat provisoire par l'État". "S'il faut, à un moment donné, que l'Etat fasse la jonction entre Ford et Punch, pour qu'il puisse y avoir une reprise effective et que le site reste ouvert, j'y suis prêt", avait-il assuré. "Ce qui compte, c'est que les salariés aient du boulot, que l'usine reste ouverte et que l'industrie française devienne conquérante. Parce que le jour où une usine ferme, en général elle ne rouvre pas et derrière c'est plus de souffrance et moins de prospérité pour les Français". Avant de conclure : "Je ne lâche rien"...

Ainsi les coups durs industriels s’enchaînent pour le gouvernement les salariés, après l’échec de la reprise d’Ascoval par Altifort, soulignant le rôle d'observateur du gouvernement et le désintérêt de Macron en campagne pré-électorale.

Le 6 janvier 2019, au micro du Grand Rendez-Vous Europe1/Cnews/Les Echos, le ministre de l'Economie et des Finances avait rappelé son attachement à ce que l'usine Ford de Blanquefort reste ouverte, quitte à ce que l'Etat "fasse la jonction entre Ford et Punch," avait encore promis Bruno Le Maire. "Que Ford veuille partir de France et d'Europe, c'est un fait acquis. Mais on ne part pas dans n'importe quelles conditions", avait clamé le ministre dans le climat tendu que connaissait déjà la France en pleine crise sociale incarnée par les Gilets jaunes en lutte.

Constat d’échec du gouvernement. 
Le ministre l’Economie s’était personnellement engagé depuis un an sur ce dossier social très sensible. Après un premier refus de Ford, la nouvelle offre de reprise de Punch, jamais détaillée, avait ainsi été annoncée triomphalement par Bercy le 18 février, et ce, malgré les mises en garde des syndicats sur sa solidité.

Les syndicats soulignent donc que le rejet par Ford de l’offre de Punch est un constat d’échec de la gestion du dossier par Bruno Le Maire. "On a du mal à comprendre qu'en face il y ait si peu de répondant", a dénoncé Philippe Poutou, délégué CGT de Ford Blanquefort et candidat à l’élection présidentielle en 2012 et 2017. "Ce qui est triste, c'est ce constat qu'un Etat ne puisse pas contraindre une multinationale comme Ford", a-t-il lâché. Le Maire et l'exécutif ont donc perdu une bataille.

Le gouvernement entend bien tordre le bras du constructeur américain sur le plan social.
Après bientôt deux ans de pouvoir sans partage, des promesses et des mesures sans effets, et la veille des élections européennes, Macron espère continuer à faire illusion. Des sondages de commande ne donnent-ils pas en tête le parti qu'il promeut lors de ses séances de stand-up pré-électoral à tout propos.  Le Maire doit, à n'importe quel prix, faire en sorte que l’atterrissage soit le moins brutal possible pour les salariés. 
Bruno Le Maire a donc martelé lundi que Ford "doit payer" pour que le plan social soit "solide" et aussi pour "garantir la dépollution (du site), ainsi que payer le territoire en amenant les fonds nécessaires à la réindustrialisation du site".

Des déclarations gouvernementales censées mettre la pression sur Ford... 
"Conscient des conséquences" de sa décision sur "les salariés, leurs familles et pour la communauté locale", le constructeur assure avoir "présenté un plan social complet". Ford propose ainsi "des plans de reclassement et de cessation anticipée d'activité" et des "mesures destinées à aider les salariés à retrouver un emploi ou à poursuivre d'autres opportunités de carrière, qu'il s'agisse de créations d'entreprise ou de formations de reconversion". 
Il a en outre promis "un vaste plan de réindustrialisation destiné à réduire l'impact sur la collectivité locale" de cette fermeture.

Le plan social n'est pas encore validé.
La préfecture avait rejeté la première version déposée en janvier. Elle rendra son avis d’ici début mars. Un feu vert enclencherait la procédure de fermeture, plus d'un an après l'annonce par Ford début 2018 de son intention de se désengager de cette usine implantée en 1972 aux portes de la capitale girondine. Un mois après le rejet du premier PSE, le 13 janvier, Juppé, maire de Bordeaux, acceptait d'enfiler ses pantoufles au Conseil Constitutionnel, le 13 février, en triplant son salaire.

Bruno Le Maire a, quant à lui, fait part de sa volonté de rechercher des solutions pour garantir un avenir au site industriel de Ford à Blanquefort (Gironde) en annonçant la création d'un ...groupe de travail pour "mettre toute notre énergie pour imaginer l'avenir industriel du site". "A partir du moment où Ford a pris cette décision définitive, maintenant c'est l'avenir qu'il faut imaginer", a estimé Bruno Le Maire.


Ces "engagements ont été pris alors que nous n'étions pas au gouvernement"


Michel Delpuech, le préfet d'Aquitaine, et Dirk Heller, directeur chez Ford, cosignent la convention sur l'avenir de Blanquefort
Michel Delpuech, alors préfet d'Aquitaine, et Dirk Heller, directeur 
chez Ford, cosignent la convention sur l'avenir de Blanquefort

L'Etat ne peut pas réclamer à Ford les aides versées, affirme Griveaux

L'Etat ne peut pas, en droit, demander à Ford de lui rembourser les aides perçues au cours des dernières années, a avoué mardi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux,en réaction à la proposition de réclamer le remboursement de ces aides, émise par Philippe Poutou, délégué CGT de Ford Blanquefort et ancien candidat  trotskiste (Nouveau parti anticapitaliste) à la présidentielle. Sur franceinfo, Griveaux a précisé qu'"il y a eu 15 millions d'aides versées à Ford". Mais "on ne peut pas les demander car ces 15 millions d'aides étaient liés à des engagements sur l'emploi que Ford a tenus", a admis le petit coq à la crête pendante "Ils ont été pris depuis de nombreuses années (...)", déclare Griveaux ("il y a de nombreuses années", selon ceux qui parlent français)."Et ils ont été tenus," assure aujourd'hui le ministre de la propagande gouvernementale. 

Or, cette convention d'engagements réciproques date du 24 mai 2013.
Le comité de pilotage de Ford entérina alors l'accord pour le maintien des 1.000 emplois sur le site de Blanquefort, convention cosignée par l'Etat, les collectivités locales et Ford Europe.
"Je comprends la colère de M. Poutou (...), mais, quand on est dans un Etat de droit, on n'a pas le droit de demander ce remboursement d'aides", a ajouté Griveaux.

"En revanche, on va les faire payer pour les salariés, pour la dépollution du site, et pour la réindustrialisation du bassin", a-t-il confirmé, n'hésitant pas à réitérer les termes de Le Maire pour condamner l'"attitude indigne" de Punch Powerglide

Interrogé de savoir si le gouvernement pourrait envisager une nationalisation du site, il a dit ne pas croire - à la différence de Le Maire -  "que la nationalisation soit la réponse à ce type de situation (...) Le meilleur service à rendre à ce site n'est pas forcément la nationalisation mais plutôt qu'on cherche à diversifier l'activité industrielle", a répété la 'Voix de son maître'.

Sur ce sujet d'une possible nationalisation, y compris temporaire, le vice-président du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale, Bruno Questel, ex-radical de gauche et ex-socialiste (après avoir soutenu la candidature d'Arnaud Montebourg à la primaire du PS) et ancien maire de Bourgtheroulde-Infreville, choisie par hasard pour accueillire le premier Grand débat national de son Jupiter), a en revanche dit ne "pas y être opposé sur le principe". "En tant que membre de la majorité parlementaire je mettrai ce sujet sur la table dans la semaine", a-t-il affirmé sur BFMTV. La majorité présidentielle se fend...

Face au "droit de Ford de refuser toute offre de reprise alors que l'entreprise a bénéficié de millions d'euros de subventions", Griveaux a aussi plaidé pour "travailler sur une évolution de la loi avec une obligation de restitution de tout ou partie de l'argent ou d'investissements lourds dans la requalification du site ou l'accompagnement en requalification professionnelle des salariés concernés".

"Il faut trouver cette alchimie subtile entre l'initiative privée et un Etat stratège qui régule. Le gouvernement doit prendre toute ses responsabilités pour sauver ces emplois", a réclamé pour sa part Guillaume Peltier, le vice-président des Républicains, mardi sur France Inter.
"Je ne suis pas opposé par principe ni aux privations ni aux nationalisations, je veux l'équilibre entre le privé et le public", a-t-il souligné.

Or, la convention a été signé alors que Macron était secrétaire général adjoint du cabinet du président Hollande, chargé des affaires économiques

Nommé auprès du secrétaire général, Pierre-René Lemas, le 15 mai 2012,
Macron n'a pu être tenu à l'écart de la signature de la convention par Michel Delpuech, ci-dessus, qui est devenu préfet de police de Paris, le 19 avril 2017, par la volonté de ...Macron.

FRANCE-AUTOMOBILE-FORD-EMPLOYMENT : News Photo

A peine l'accord signé - et on note ci-dessus que le président socialiste de la Région, Alain Rousset, à gauche,  co-signataire de la Convention - participe à la mascarade? Gilles Lambersan délégué syndical CGT, a les larmes aux yeux, transporté par l'émotion.
Pour Véronique Ferreira, maire de Blanquefort et cosignatrice de l'accord, c'est un moment historique : "Ce n'est pas encore un aboutissement mais c'est une nouvelle étape." (Véronique Ferreira, maire de Blanquefort). Véronique Ferreira, maire de Blanquefort : "C'est un nouveau départ, quelque chose de souriant dans le contexte actuel."

Pendant près de deux ans, 30.000m² du site ont été entièrement réaménagés pour accueillir la nouvelle chaîne de production : pour Ford le maintien des 1.000 emplois sur le site passait par la fabrication d'une boite à six vitesses, la 6F35. Pour cela, Ford avait investi 90 millions d'euros et devait à nouveau investir 30 millions d'euros, avec l'aide de l'Etat et des collectivités locales.

Un immense gâchis orchestré de l'Elysée par Macron, conseiller du président.

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Ce beau jour de mai 2013, le préfet d'Aquitaine Michel Delpuech annonce le sauvetage du site de Blanquefort, à l'issue de cette réunion entre les représentants des salariés, les élus locaux et les directeurs de Ford. 

Les syndicats dénoncent pourtant un accord insuffisant : ils préviennent que la production de la boite à vitesse automatique 6F35 ne pourra pas suffire et que 200 salariés resteront sur le carreau.
Pourle préfet de la Gironde,  Michel Delpuech, "cet accord avec Ford, c'est un acte de foi. Gagnant gagnant"...

Nommé préfet d'Aquitaine le 26 juillet 2012 en Conseil des ministres présidé par Hollande qui en fera le préfet de la région Ile-de-France. Il ne le sera que deux mois puisque, sur proposition du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, intime de Macron, le nouveau président le fera préfet de police de Paris
Et sa biographie assure que "Delpuech s'est investi dans le maintien de l'activité de l'usine Ford de Blanquefort" (sic)...

En 2016, avec 
3 ans d'avance sur la nouvelle norme européenne d'émissions Euro6d, dont la mise en vigueur est pour le 1er septembre 2019, Peugeot (PSA) s'entendit avec Ford pour partager sa nouvelle génération de moteurs diesel avec Ford à partir de 2017, Pure Tech et BlueHDi.
Mais c'est encore une autre histoire...

dimanche 17 février 2013

Nantes: un père desespéré réclame l'équité des juges

Le divorce profite aux mères: un père s'en indigne depuis le sommet d'une grue

Cet homme est de ceux qui veulent assumer leur paternité


Les pères ne portent pas les bébés 

et leur attachement à leur enfant
n'en a que plus de valeur


Serge Charnay est retranché en haut d'une grue à Nantes depuis vendredi pour rétablir son droit de visite auprès de son fils.

Ce père de 42 ans a déclaré dimanche midi à des journalistes, présents au pied de la grue, qu'il n'a pas l'intention de descendre tant que ses revendications ne seront pas satisfaites. Un(e) juge l'a privé du droit de visite de son fils il y a deux ans, à la suite de sa condamnation pour soustraction d'enfant.

Libération qualifie ces papas d' "activistes"

Leur comportement est autrement plus digne que celui des Femen, mais une certaine presse les vilipende...
Un deuxième papa déchu, Nicolas Moreno (ci-contre), a choisi samedi matin de soutenir Serge en se retranchant sur une autre grue Titan des anciens chantiers navals de Nantes (Loire-Atlantique)."Je suis une grand-mère privée de petits-enfants", déplore Brigitte, pourtant très combattive.


Les pouvoirs publics prétendent vouloir venir en aide au père désespéré



Sans eau et sans vivres, le papa peut voir sa situation devenir critique.
S. Charnay "n'a pas bu depuis (samedi) matin" "et n'a plus de nourriture. 

Nantes, la préfecture de Loire-Atlantique a affirmé être prête à livrer eau et vivres au père retranché, mais il faut que l'homme les supplie...

"Nous n'avons reçu aucune demande de la part de M. Charnay concernant de l'eau ou de la nourriture. Samedi, lors d'un contact, il n'a parlé ni d'eau ni de nourriture. Nous ne sommes pas hostiles à lui faire porter de l'eau et des vivres, mais je voudrais qu'il confirme cette demande", a assuré Christian Galliard de Lavernée, préfet de région, qui ne prend pas l'initiative.



Humaniste, cet énarque de 63 ans a été fait préfet des Pays de la Loire et préfet de la Loire-Atlantique, département d'origine du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ex-député-maire de Nantes, par Manuel Valls, ministre socialiste de l'Intérieur, le ...30 mai 2012, deux semaines après l'arrivée de Ayrault à Matignon et de Hollande à l'Elysée.


"Tout ravitaillement de nourriture et médicament lui est refusé" par les autorités, a affirmé dans un communiqué Nicolas Moreno, l'autre père qui s'était lui-même retranché dans une seconde grue pendant quelques heures samedi à Nantes, par solidarité avec M. Charnay. Samedi à 17 heures, comme il l'avait annoncé à ses proches, Nicolas Moreno est redescendu de la grue sur laquelle il s'était hissé le matin. "Devenus frères d'armes", Nicolas déclare : "Je ne demande pas de favoritisme, juste la justice et l'égalité entre la mère et le père".


Dimanche midi, "toutes les tentatives de reprise de contact" des services de l'Etat avec M. Charnay n'avaient pas abouti, peut-être en raison d'une panne de batterie de son portable, a froidement commenté M. de Lavernée. Parce qu'il n'agit pas autrement que sur commande, ce préfet a précisé qu'une demande d'approvisionnement pourrait être formulée par l'intermédiaire de M. Moreno.



A la mi-journée dimanche, une tentative d'approvisionnement de Charnay s'était d'ailleurs soldée par un échec. 


Un homme s'est approché de la grue avec un sac de nourriture, mais ce sac a été confisqué par deux policiers, avant même d'avoir pu être accroché à une corde pour que le père en révolte puisse le hisser jusqu'à lui. "Je ne veux plus qu'un papa soit obligé de faire une grève de la faim pour réclamer son droit à voir ses enfants, parce que, tant que je suis là, quelques papas renonceront à se foutre en l'air de désespoir", a affirmé S. Charnay, rapporte M. Moreno qui fait état d'un courriel adressé dimanche matin aux media. "Je ne fais pas la grève de la faim et de la soif, je suis assiégé par les forces de l'ordre", a assuré encore le père retranché.
Désolé, ils sont de sexes différents !
Un troisième père s'est retranché pendant deux heures dimanche matin en haut d'une grue à Strasbourg

Il est redescendu de lui-même après une intervention de la police. 
Il se plaint pareilement d'être privé de tout contact avec son fils depuis trois ans.

"Ces deux jours ont été difficiles à gérer et il [M. Charnay] envisage un dépôt de plainte pour mise en danger de la vie d'autrui si la situation perdure", selon ce texte.
"L'être humain ne pouvant se passer de boire durant plus de trois jours, le risque de déshydratation et de mise en danger s'enclenche, aggravé par le fait qu'il [S. Charnay] est exposé au froid, au soleil et au vent", a souligné M. Moreno dans son communiqué. 

Dans ce même communiqué, S. Charnay donnait "rendez-vous aux media pour une animation en début d'après-midi", dimanche, sans autre précision.

La ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti, gère...


Elle a estimé dimanche qu'il fallait "entendre les revendications des pères" pour la garde des enfants après séparation, mais elle a refusé de se prononcer sur le cas de S. Charnay.


Son action intervient à quelques jours d'une journée nationale de manifestation pour les droits des pères, programmée par l'association SVP Papa mercredi à Nantes, ville du Premier ministre Jean-Marc Ayrault.
Alors que Bertinotti, déjà dépassée sur le "mariage" pour tous, n'a aucun avis sur la question, J Marc Ayrault a demandé à ses ministres de recevoir "SOS papa". Et Christian Dessert, président de Urgence Papa ?

Garde des enfants: le SOS de papas en détresse
"Trop de papas privés de leurs enfants"
"Je n'ai pas vu ma fille depuis 9 mois"

Parité homme-femme: "La garde obtenue par les mères à 75%"


Le coup de gueule des deux pères à Nantes révèle aussi une discrimination à l'égard des pères lorsqu'il s'agit, au terme d'un divorce, de régler la question de la garde et de la résidence des enfants.



Selon le ministère de la Justice, en 2009 (date des dernières statistiques connues), dans 8 % des cas, la résidence principale des enfants a été confiée au père après un divorce ; contre 74,6 % à la mère et 16,9 % aux deux parents, en résidence alternée. Un écart qui se creuse encore plus lorsque les enfants sont jeunes. Les juges aux affaires familiales hésitent, en effet, à séparer les enfants de moins de 5 ans de leur mère ; quitte à entériner le vieux schéma selon lequel la mère doit garder son enfant…

Presque onze ans après son instauration par la loi du 4 mars 2002, la résidence alternée des enfants - une semaine chez le père, une semaine chez la mère - suscite toujours autant de débats, alors qu'elle connaît un engouement, notamment dans les milieux urbains et aisés.
La résidence alternée concernait en 2012 entre 15 et 20 % des enfants de couples divorcés contre moins de 5 % dix ans auparavant. Un pourcentage qui devrait augmenter dans les années à venir.


D'ores et déjà, plusieurs propositions de loi incitent à un recours plus fréquent voire systématique à la résidence partagée; et plus précoce en ce qui concerne l'âge de l'enfant. L'association d'aide aux pères divorcés, Urgence Papa, plaide pour faire de la garde alternée une norme plutôt qu'une exception.