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vendredi 22 janvier 2016

De ces critiques de presse -tel Szafran- qui servent Sarkozy

Sarkozy, le piège à journalistes gogos ?

Dans Marianne, Maurice Szafran ne se compte pas au nombre des "journalistes gogos", ses confrères

En divergeant, l'ancien PDG de Marianne -viré de l'hebdomadaire en 2013 pour délit de pensée unique- s'oppose pourtant à ses confrères avec la même mauvaise foi. "A l’occasion de la parution de son livre sous forme d’autocritique, écrit-il, les journalistes ont célébré le changement de l’ex-président." C'est inexact dès les prémices, puisque l'élément de langage avait partout été "mea culpa" (très voisin de l'autocritique, selon Szafran), d'autant qu'il ajoute: "or, lors de son discours à Nîmes mercredi, Sarkozy Nicolas a vanté les mérites de son sujet préféré : Nicolas Sarkozy…" Mea culpa, auto-critique ou forfanterie, il faut savoir... Szafran n'écrit pas en latin, mais dénigre pareillement au reste de la presse noyautée par les multi-millionaires socialistes. Est-ce tout ce qui importe?

VOIR et ENTENDRE la présentation du sujet qu'en donne France 24 (France Télévisions) 
avec Bruno Jeudy (rédacteur en chef politique de Paris Match, groupe Hachette Filipacchi Médias, pôle presse du groupe industriel Lagardère présidé par Denis Olivennes, ex-membre du CERES, classé à l'aile gauche du Parti socialiste, proche de Laurent Fabius et ancien directeur de Le Nouvel Observateur, aujourd'hui L'Obs) et David Revaultd'Allonnes (Le Monde). Point commun: les hommes d'affaires Bergé-Niel-Pigasse sont propriétaires de L'Obs à 66 % et du Monde à plus de 60%. Ce "face à face", dixit France 24, est à la vérité un entre-soi de la gauche :
Maurice Szafran s'accroche à sa chaire de morale politique. "Quant à Honte sur nous ! Nous ? Les journalistes politiques, ce groupe de bric et de broc qui, chaque jour, inlassablement expliquent et commentent, écrit-t-il dans challenges.fr, site de l'hebdomadaire économique Challenges détenu par Claude Perdriel, propriétaire du Nouvel Observateur et de sanisettes. Depuis quelques jours, depuis que notre excellent confrère [sic] de Paris Match, Bruno Jeudy, a révélé que Nicolas Sarkozy allait publier un livre (La France pour la vie, Plon, 25 janvier) où, notamment, il se livrerait à un long exercice d'autocritique, où il passerait et repasserait en revue les forces, mais surtout les faiblesses, de son quinquennat 2007/2012, nous avons tous entonné, moi parmi les premiers ici-même, le credo "Sarko a changé, Sarko a compris, Sarko accepte enfin l'introspection". "
Pour preuve du bien-fondé  de ses propos :

"Que dalle, oui ! En réalité, nous nous sommes comportés tels des gogos qui aspiraient, eux, à cette nouvelle réalité. [un scoop sur les "aspirations" de Szafran, à la différence de ses confrères !]

Nicolas Sarkozy a eu vite fait de nous rappeler à l'ordre, de nous ramener à la réalité, à la sienne. Et avec quelle morgue ! [Cet "éditorialiste invité"" va certainement fournir des justifications à cette réaction épidermique, un soupçon partisane...]

Une cérémonie de vœux, il y a quelques heures seulement, à Nîmes en présence des élus et militants de la fédération LR (Les Républicains) du Gard. Intervention fleuve [sans commune mesure pourtant avec le déploiement de discours et commémorations de Hollande, sans compter plus d'une heure trente de Valls sur France2 et cinq heures d'enregistrement de l'émission de divertissement politique, ONPC ]. Pourquoi pas, les sujets de préoccupations et d'inquiétudes ne manquent pas. Mais voilà, une fois encore, comme si la zone "autocritique" s'était déjà effacée, l'ex-président ne leur parle quasi exclusivement que de ... lui. [Surprise, de la part d'un candidat potentiel à la primaire de la droite et du centre?] Sarkozy Nicolas reste à l'évidence le sujet préféré et privilégié de Nicolas Sarkozy [car son programme devrait être désincarné !]. Le reste l'ennuie plutôt. [C'est Szafran qui nous soûle déjà] Témoignage de l'envoyé spécial du Monde, présent dans la salle : "Un long discours dans lequel il ne fait que se mettre en valeur", notamment ses "qualités de chef".  [Le  Monde appartient aux partenaires financiers du parti présidentiel, on ne l'a pas oublié] L'autocritique à Nîmes ? Non, pas le temps ni le goût. La reconnaissance des erreurs ? Ce sera pour un autre jour, plus tard, ailleurs, peut-être... L'autocélébration ? C'est tout de même meilleur, plus flatteur pour l'ego, et celui de Sarkozy ne manque pas d'être imposant. [Des commentaires, le sentiment d'un haineux qu'on dit soumis aux règles déontologiques de la presse et qui se croit garant d'une morale supérieure aux membres de la profession]  

Au passage, un coup de patte aux journalistes gogos que nous sommes - ça fait toujours du bien -, par définition responsables du "miroir déformant" qui interdit aux Français de voir Sarkozy tel qu'il est, c'est à dire formidable [Le miroir déformant de la gauche renvoie l'image de la gauche, quoi de plus naturel en somme]. Une première formule d'une creuse banalité : "Heureusement que ça va mal car qu'est-ce que ce serait si ça allait bien"... Puissance de la pensée ! [C'est le ressenti de la population, mais il ne faut pas être l'un des dirigeants de Marianne ciblés en juin 2011 par le SNJ-CGT pour "la forte augmentation des cinq plus hauts salaires de l'entreprise (87 % sur cinq ans) et l'importance des notes de frais de ces dirigeants (d'un montant total de 190.000 euros pour l'année 2010)"] Seconde formule, dans une langue et un français tout à fait approximatifs : "Ceux qui pensent que ce que je fais, j'en ai plus envie (sic !), dites-leur que vous m'avez entendu". Au secours, le "nouveau" Sarkozy n'est sans doute pas près d'arriver. Même s'il fait savoir au bon peuple qu'il reste coucher à Nîmes, lui qui ne supportait pas le confort, ou le mal confort, des hôtels de nos provinces. Information de la plus haute importance.

On attendait une analyse, voire une charge. On tombe sur une décharge
Les questions qui devraient nous tarabuster, ainsi que nos lecteurs: 
Pourquoi les journalistes politiques se sont-ils prêtés à cette construction artificielle [à laquelle le donneur de leçons: ] -de mauvaise foi- à participer, comme il le dit plus haut plus haut], avant même d'avoir pu lire une ligne du livre de Sarkozy ? ["nous avons tous entonné, moi parmi les premiers ici-même, le credo "Sarko a changé, Sarko a compris, Sarko accepte enfin l'introspection" " a lui-même écrit Szafran qui devrait relire sa prose...] 
Pourquoi avons-nous tant envie qu'il "change" alors que l'expérience, de la politique et du personnage, devrait nous inciter à la plus grande prudence ? [évoque-t-il le parcours de Hollande, président par défaut, les engagement et les réalisations de Flanby ?]
Pourquoi la fascination de Sarkozy [un Sarkozy qui obnubile Szafran jusqu'au point de l'obsession pathologique], en passe de disparaître parmi les Français [un espoir de Juppé et de la gauche], y compris ceux qui votent à droite [car Szafran sonde aussi les reins et les coeurs], fonctionne-t-elle encore vis à vis de notre (petit) corps social ? A cet instant précis, les analyses du sociologue Pierre Bourdieu [déterminisme social, rigide] nous manquent [allez savoir pourquoi!]."
A cet instant, Szafran ne nous manque déjà plus.

dimanche 21 juin 2015

VallsGate, la crise de confiance à deux ans de la présidentielle

Le premier ministre surpris en flagrant délit

Le mensonge banalisé en "erreur de communication" et des regrets érigés en excuses

Valls se moque des Français et
des congressistes socialistes de Poitiers
Avis de turbulences au sommet de l'exécutif ! Le voyage familial en Falcon gouvernemental de Manuel Valls avec ses deux fils pour assister à Berlin au match de foot de la Juve contre le Barça, l' "équipe de coeur" du Catalan de Matignon et naturalisé nostalgique a provoqué l'indignation et confiné au crash sur les réseaux sociaux. Près de 30.000 tweets, des commentaires d'internautes sans indulgence, les politiques au créneau et un sacré coup de canif dans la charte de déontologie que chaque ministre "normal" a été invité à signer, le 17 mai 2012.

Une soirée privée facturée au contribuable

Les mensonges d'un premier ministre exemplaire qualifié de "roi de la communication" pour dire "manipulateur", si habile soit-elle, accablent le donneur de leçons.

Du seul fait qu'il promet qu'on ne l'y reprendra plus, Manuel Valls a fait son "mea culpa", estime la presse couchée,  mais des regrets ne valent pas des excuses  dans une crise de confiance aussi moralement grave

D'autant qu'en promettant qu'il remboursera une partie des frais d'escale à Paris entre Poitiers et Berlin, à l'aller comme au retour, pour satisfaire ses enfants, le socialiste avoue sa faute. 

VOIR et ENTENDRE le retour de Public Sénat (avec Delphine Legoute et Philippe Moreau-Chevrolet autour de Caroline Deschamps, le 12 juin) sur ce comportement irresponsable d'un premier ministre socialiste grisé par le pouvoir et qui pourrait conserver des séquelles:

Assimiler les factures d'un premier ministre -aux frais des contribuables- comme le fait la journaliste de Public Sénat, à celle d'un chef politique -à la charge de son parti- est un amalgame digne de cette chaîne gouvernementale qui par ailleurs tente de dédramatiser la situation en montrant Hollande promené en traîneau à chiens lancés à travers la ville de Tulle...

Régler la note sous la pression de l'opinion et après avoir en avoir arrogamment nié la matérialité révèle la bassesse de l'arriviste.


lundi 8 décembre 2014

Shoah : Paris va dédommager les victimes américaines de la déportation par la SNCF

La repentance, 70 ans plus tard 

Les Français s'engagent à verser 48 millions d'euros aux Américains,
transportés par des trains de la SNCF vers les camps de la mort pendant la Seconde Guerre Mondiale, a annoncé Hollande.

"Ca ne coûte pas cher: c'est l'Etat qui paye", mais il n'a pas le sou
Hollande veut que les Français versent 60 millions de dollars (48 millions d'euros) aux victimes américaines de la Shoah transportées par la SNCF.  

Les enfants français paieront pour leurs parents
100.000 dollars pour chaque rescapé. Cet accord entre la France et les Etats-Unis intervient après des années de relations tendues entre les deux pays sur cette question et alors que Hollande lâche Obama pour se rapprocher de Poutine et lui livrer ses deux navires de guerre bien que le conflit avec l'Ukraine ne soit toujours pas réglé. 
La création d'un fonds d'indemnisation est prévue. L'argent sera versé aux autorités américaines en faveur de "quelques milliers" de déportés non français et de leur famille, a précisé l'ambassadrice française aux Droits de l'homme, Patrizianna Sparacino-Thiellay. Chaque déporté survivant devrait recevoir environ 100.000 dollars, soit environ 81.000 euros.

Ce fonds d'indemnisation, approvisionné par l'Etat français et non la SNCF, permettra à des rescapés d'être dédommagés, alors qu'ils ne rentraient auparavant pas dans les critères français de réparation, soit parce qu'ils avaient émigré, soit parce qu'ils étaient arrivés sur le sol français après le 1er septembre 1939.

Repentance et excuses forcées


Cette négociation profite également à la France.
Car la société publique concourt pour plusieurs projets de ligne à grande vitesse aux Etats-Unis, pour un total de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Or, en Californiele démocrate Bob Blumenfield a fait adopter une loi qui oblige tous les candidats à un contrat à faire la lumière sur leur éventuel rôle dans le transport de déportés de 1942 à 1944. 
Un élu de Floride à la Chambre des représentants, le démocrate Ron Klein, a déposé au niveau fédéral un projet de loi similaire. Si elle n’est pas mentionnée nommément, la SNCF est clairement visée par les amis démocrates d'Obama, qui lui reprochent de ne pas reconnaître sa responsabilité.

Alors que depuis de nombreuses années, la SNCF refusait de s'auto-flageller sur le sujet de la déportation des Juifs, estimant avoir agi sous la contrainte de l’occupant nazi, la compagnie publique française a finalement effectué un spectaculaire revirementdans son intérêt mercantile, avec pour objectif de préserver ses chances sur le marché américain.

En déplacement début novembre aux Etats-Unis pour présenter l'offre de la SNCF pour le projet floridien de ligne à grande vitesse Tampa-Orlando, son président,
Guillaume Pepy, a donc fait son mea culpa (expression qui irrite les libres-penseurs hostiles aux crèches), au moment de rencontrer, à Fort Lauderdale, des élus de l'Etat de Floride et des associations juives. Selon le journal Le Monde, il a fait part du "souhait de la SNCF d'exprimer sa profonde peine et son regret pour les conséquences de ses actes" réalisés sous la contrainte "de la réquisition."

En contrepartie,
les Etats-Unis se sont en effet engagés à défendre l'immunité dont bénéficie la SNCF, au même titre que les autres entreprises étrangères. C'était le prix à payer pour que la société du rail français ne puisse pas être poursuivie 
aux Etats-Unis pour son rôle dans la Shoah.

Le rôle de la CGT-Cheminots dans le transport des déportés a failli empêcher l'entreprise de passer de gros contrats aux Etats-Unis. L'Etat du Maryland a un temps voulu lui demander d'indemniser les victimes avant de pouvoir se lancer dans des appels d'offre. Les deux gouvernements avaient donc tous deux intérêt à boucler rapidement les négociations autour de cette question. 

Responsable, mais pas coupable 

Jamais aucun des convois ne fut stoppé dans sa course sur le chemin des camps de la mort. 
La CGT fit certes partie du Conseil National de la Résistance, mais ses agents ne se mobilisèrent pas avant la rupture du pacte germano-soviétique, et surtout, quand Staline leur en donna l’ordre. Les trains de déportés continuèrent de circuler, même après le 20 août 1944, alors que le pays était en voie de libération. Les convois étaient conduits par des cheminots qui n’ont jamais voulu savoir ce qu’il y avait dans les wagons de bestiaux remorqués par leur locomotive.
Depuis 1945, la CGT s’est toujours opposée à toute forme de repentance que la direction de la compagnie ferroviaire aurait pu exprimer. Le refus était motivé par la crainte d’assister à l'effondrement du mythe de la grande résistance cheminote, unie comme un seul homme face à l’occupant nazi.

Un seul cheminot eut le courage de refuser de conduire un convoi composé de déportés et de résistants.
Il se nommait Léon Bronchard. Son acte courageux fut salué par ses camarades, lesquels n’arrêtèrent pas pour autant les convois qui suivirent. Bronchard perdit son travail ; sans emploi et renié par la SNCF, il participa à un réseau de résistance, fut arrêté, et passa des mois dans un camp d’internement en Pologne.

La SNCF n'a fait amende honorable avant 2010, par la voix de son président Guillaume Pépy. Mais la diplomate Patrizianna Sparacino-Thiellay a refusé de parler de responsabilité : "La SNCF n'a jamais été tenue pour responsable de la déportation. Elle a été un instrument de la déportation. C'est de la responsabilité des autorités françaises" de l'époque. La gare de Bobigny devait devenir un lieu de mémoire pour les 76.000 juifs transportés dans les trains français entre 1942 et 1944, dont 11.00 enfants. Environ 3.000 déportés ont survécu.

"C'est un pas évident dans l'avancée de la vérité historique, que le procès de mon père avait permis d'établir, ainsi que le rapport Bachelier", a réagi l'ex-député européen EELV, Alain Lipietz, dont la famille avait intenté - et perdu - un procès contre l’Etat et la SNCF en 2006. "Mais
ce qui est lamentable, c'est qu'il fait ça aux Etats-Unis, uniquement pour améliorer sa position dans un appel d'offres, et non pas pour éviter que ça se reproduise un jour."