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lundi 26 décembre 2011

Aéroports: les agents de sûreté signent un accord de sortie de grève

Les prises d'otages syndicales nuisent aux travailleurs


Certains bossent pour partir en vacances; d'autres attendent les fêtes de Noël
pour faire grêve



Onze jours pour signer

Quatre syndicats d'agents de sûreté aéroportuaire ont signé lundi un accord de sortie de crise après onze jours de grève (depuis le 16 décembre), a-t-on appris de sources syndicales.
La ministre de l’Ecologie, du développement durable, des transports et du logement, Nathalie Kosciusko-Morizet, a assuré qu'il n'était "pas question de laisser les Français pris en otage par ce conflit à l'occasion des vacances de Noël". "Si la situation ne s'améliore pas, nous aurons recours à une solution appropriée" à cette prise "otages" en pleine trêve des confiseurs.
Le mouvement, qui réclame de meilleures conditions de travail et une augmentation de salaire mensuel de 200 euros brut, a d’ores et déjà obtenu la promesse d’une prime annuelle de 500 euros.


La base est consultée après coup

Les fédérations FO, CFTC, CFDT et UNSA du secteur ont accepté les propositions négociées, la promesse d’une prime annuelle de 500 euros afin de sortir du conflit, ont indiqué des responsables syndicaux.
"Nous avons pris nos responsabilités, nous avons signé cet accord, suite à la demande de très nombreux salariés qui souhaitaient sortir du conflit", a déclaré Erik Biro, secrétaire général de l'Unsa-FMPS.
"Nous leur demandons maintenant de reprendre le travail. Grâce à cet accord nous avons fortement limité la casse, même s'il n'a pas atteint les objectifs par rapport à nos revendications initiales", a-t-il poursuivi.

"La grève a pris une tournure très difficile ces quatre derniers jours. Nous avions atteint une forme d'enlisement. Il fallait en sortir très vite. Beaucoup de salariés étaient très fatigués et à bout de nerfs", a-t-il gémi, sans considération aucune pour les files d'attente et les retards imposés à leurs concitoyens.

M. Biro a aussi déploré "l'atteinte à la grève" faite par le gouvernement en remplacement des grévistes par des forces de l'ordre, ce qui était "inédit" et pose des problèmes juridiques.
"Les négociations étaient bloquées, le patronat a rouvert une fenêtre de négociations, et après consultation de notre base, nous constatons que les propositions sont mieux que rien", a expliqué de son côté Thierry Fressart, de la fédération services CFDT.

Des négociations s'ouvriront au premier semestre 2012 pour fixer les modalités de l'augmentation de la prime proposée par le patronat, a-t-il précisé.


Les extrémistes refusent tout dialogue social

La CGT et SUD Prévention et Sécurité s'alignent, mais en faisant mine de consulter ses militants
De son côté, la CGT, non signataire, a fait savoir qu'elle allait "consulter ses bases".
Ils n'ont pas encore annoncé qu'ils ne seraient pas présents lors des négociations sur la prime...

Les politiques de la gauche extrême ont fait le déplacement

Au septième jour de leurs blocages, les agents de sûreté grévistes ont reçu jeudi le soutien de Marie-George Buffet (PCF, à droite sur la photo) et des trotskistes Olivier Besancenot (NPA) et la névrosée Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière, LO, à gauche).

"Je ne suis candidat à rien, je suis venu les soutenir", a expliqué l'ancien candidat à la présidentielle, Olivier Besancenot du Nouveau Parti anticapitaliste. "Le droit de grève est en danger, j'espère que toute la gauche le comprend", a-t-il ajouté, en allusion à François Hollande, le représentant de la "gauche molle".

VOIR et ENTENDRE Jean-Luc Mélenchon ( Front de gauche) à Roissy.

Les syndicats révolutionnaires montrent leurs muscles mous
Ils considèrent que l'encadrement du droit de grève et la substitution de forces de l'ordre aux grévistes signe l'extinction de ce droit, mais les usagers voient avec satisfaction la fin de l'anarchie dans les services de transports.

Leur mauvaise foi les amène à des vérités partielles
: si la législation actuelle prévoit déjà que les salariés des entreprises privées ayant une mission de service public doivent déposer un préavis de grève au moins cinq jours avant le début prévu des débrayages, ce qui a été fait dans le cas présent, ils ne disent pas qu'ils n'avaient pas jusqu'ici l'obligation de se déclarer ou non grévistes pour permettre aux autorités de s'organiser au service des usagers. Une proposition de loi sera déposée en sorte d'établir l'égalité entre grévistes des services de transports et d'assurer un service minimum dans le secteur aéroportuaire.

Se fondant sur la loi du 21 août 2007 relative au service minimum dans les transports terrestres, le gouvernement va soutenir le 24 janvier 2012 une proposition de loi UMP visant à l’instauration d’un système similaire pour tous (dépôt de préavis de grève auprès de la direction et déclaration d'intention individuelle) dans les transports aériens.
Le ministre en charge des Transports, Thierry Mariani, a fait valoir que "ce texte permettrait d'organiser le trafic aérien, d'informer en avance les passagers et ainsi d'éviter les engorgements (...), en conciliant de façon équilibrée, le principe constitutionnel du droit de grève, l'objectif de valeur constitutionnelle de sauvegarde de l'ordre public ainsi que le principe de la continuité du service dans les aéroports".


Aux bloqueurs nostalgiques des prises d'otages, le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil a répondu en fondant "sa décision sur le fait que le remplacement d'agents grévistes par des fonctionnaires de l'Etat, dont les missions sont d'assurer la sécurité des biens et des personnes, ne constitue pas une atteinte au droit de grève dans la mesure où aucune réquisition [de personnels grévistes] n'est demandée".

jeudi 30 septembre 2010

Espagne : le socialiste Zapatero, face à sa première grève générale

La gauche a une solution pour tout; seulement en France

Le gouvernement socialiste n'échappe pas à la grève

Mercredi 29 septembre, l'Espagne a connu sa première grève générale depuis 2002, à l'appel des principaux syndicats du pays, afin de protester contre les mesures d'austérité engagées par le gouvernement du socialiste José Luis Rodriguez Zapatero pour réduire le déficit budgétaire.
Ce mouvement social d'importance était organisé alors que le pays peine à sortir de la crise et qu'un actif sur cinq est au chômage, un taux record en zone euro.

Qu'elle soit qualifiée de «succès» par les syndicats ou de mobilisation «inégale» par le gouvernement, cette première grève générale en huit ans contre un gouvernement de gauche marque un tournant dans les relations syndicats-PSE.

Une centaine de manifestations ont eu lieu dans la journée contre une réforme du marché du travail déjà en vigueur. A Madrid et Barcelone, les défilés sont partis en début de soirée avec, selon les syndicats, 500 000 participants à Madrid et 400 000 à Barcelone.

100% de grévistes dans le secteur automobile

L'Union générale des Travailleurs (UGT, affiliée au Parti socialiste ouvrier espagnol) a estimé que la grève était suivie «à plus de 70%» et par plus de 10 millions de salariés dans le pays, voire à 100% dans des secteurs comme la sidérurgie, l'énergie et les services de propreté.

D'importantes perturbations

Indice de la baisse d'activité dans le pays, la consommation d'électricité a été sur la journée inférieure de 16,5% par rapport à la normale.

Dès le matin, des piquets de grève «informatifs» avaient été plantés à l'entrée des usines, les kiosques étaient fermés faute de journaux et les poubelles non ramassées. Le taux de participation a été «important dans certains secteurs comme l'automobile», «pratiquement 100%», a reconnu le ministre du Travail, Celestino Corbacho. Mais «dans la santé ou l'éducation (...) le suivi a été modéré», a-t-il souligné, notant aussi un taux de 3% dans l'hôtellerie.

Dans les transports, la participation aurait été de 21%.
Selon les chemins de fer espagnols, 80% des liaisons à grande vitesse ont été annulées. Aucun train régional ne circulait, et 25% seulement des trains de banlieue étaient en service.

Les autobus étaient très rares mercredi à Madrid, alors que le trafic était pratiquement normal dans le métro.

La compagnie aérienne espagnole Iberia prévoyait d'assurer 35% de ses vols au cours de la journée. La compagnie à bas coûts Ryanair a de son côté annoncé l'annulation de tous ses vols au départ et à destination de l'Espagne.
Selon les chemins de fer espagnols, 80% des liaisons à grande vitesse ont été annulées. Aucun train régional ne circulait, et 25% seulement des trains de banlieue étaient en service.

Le service minimum au secours des usagers
Les syndicats CCOO (proche du Parti communiste espagnol) et UGT avaient accepté de garantir des services minimum, avec par exemple au moins 20% des vols internationaux et 25% des trains de banlieue.

Le gouvernement socialiste recule

Des mesures impopulaires
Elles prévoient notamment une réduction des salaires des fonctionnaires de 5% en moyenne et un gel de la plupart des pensions en 2011. L'objectif est de réduire de 15 milliards d'euros les dépenses publiques cette année et en 2011. Des réformes ont également été adoptées pour rendre le marché du travail plus compétitif, alors que le taux de chômage atteint les 20%.

Syndicats, vent en poupe

«C'est un succès de participation et un succès démocratique», a affirmé le secrétaire général d'UGT, Candido Mendez, estimant que cette grève devrait entraîner «une rectification en profondeur de la politique du gouvernement». «Nous n'allons pas nous résigner», a assuré en écho Ignacio Fernandez Toxo, secrétaire général de CCOO, car «ce qui se change avec une loi peut se modifier avec une autre loi».

Le vent a tourné pour Zapatéro

De son côté, le gouvernement a cherché à jouer la modération avec les syndicats. Ainsi, le ministre du Travail passe de la pommade et «salu(e) la responsabilité avec laquelle la grève est suivie», avec des services minimum respectés à 98,7%.

Des affrontements

En marge de la mobilisation des heurts entre policiers et grévistes se sont produits. Plus d'une vingtaine de personnes ont été blessées et la police a procédé à une soixantaine d'arrestations.
D'après le ministre du Travail, un policier a tiré des coups de semonce en l'air pour disperser des manifestants devant une usine à Getafe dans la banlieue de Madrid.

Dans le centre de Barcelone, des étudiants ont incendié une voiture de police et bloqué des rues avec des poubelles. La police a tiré des balles en caoutchouc pour les disperser, a précisé Celestino Corbacho.

mercredi 19 décembre 2007

Encore grève, cette fois dans la fonction publique le 24 janvier

La grève, recours ultime ou préalable?
La dérive de la grève est-elle un signe de maturité d'une nation? Déjà la notion de 'nation' est le cadet des soucis des syndicats catégoriels qui sont axés sur le maintien des avantages corporatistes et paradoxalement revendiquent le maintien des privilèges. Foin donc de la collectivité et du déficit budgétaire!
Pendant que le privé fait chauffer la marmite, les syndicats organisent le blocage du pays. Toutes les corporations du public auront droit tour à tour à leur grève. Les syndicats peuvent-ils faire moins pour la fonction publique que pour les transports? Dans une famille, même désunie, les parents veillent à ce que chaque enfant ait sa juste part et singulièrement celui qui subit un retard mental ou souffre d'une déficience physique
La plus mal en point sera pourtant servie en dernier. Les transports, comme l'énergie, sont les enfants gâtés par les parents dominés par les plus forts et les plus exigeants. Les gouvernements n'ont pas assuré l'égalité entre tous. Il semble bien que certains sont préferrés à d'autres. Ceux qui disposent de moins de moyens et qui ont été élevés dans l'idée du service de la communauté n'osent pas autant réclamer. Ils sont donc négligés. Les Cosette de l'Etat auront-elles leur heure? Les grandes sœurs les ont-elles déjà dépouillées des derniers biens dont dispose la famille? Que reste-t-il à redistribuer?
Six syndicats de fonctionnaires sur huit ont appelé mardi à une grève le 24 janvier pour obtenir une revalorisation globale des salaires et protester contre "l'individualisation" proposée par le gouvernement, ont indiqué les syndicats. Pour ces derniers ce n'est pas à chacun selon ses besoins, mais tout, tout de suite, pour tous.
Les fédérations (FSU, CGT, Unsa, Solidaires, FO, CFTC) "appellent sur leur plateforme commune à l'action, le 24 janvier 2008, par la grève et les manifestations", un jeudi comme d'habitude. Inconscients du paradoxe de leurs déclarations, car figés dans leur culture du conflit, ils exigent à la fois "l'ouverture de réelles négociations", mais posent un préavis de grève en gage de leur volonté de dialogue! Autant dire qu'ils plantent le couteau dans la table des négociations. La pierre d'achoppement est la valeur du point d'indice et la refonte globale des grilles indiciaires: il s'agit de permettre le "rattrapage des pertes de pouvoir d'achat", ont-elles indiqué dans un communiqué commun, à l'issue d'une réunion intersyndicale au siège de l'Unsa, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Six syndicats, ça paraît beaucoup, mais ils se ressemblent tellement, les cousins-germains, qu'il y a soupçon de consanguinité et afaiblissement du sang. S'il rest rouge, il n'est ni pur, ni vif.
Lors d'une séance de négociations (qui n'étaient donc pas de "réelles négociations"… mais qu'est-ce qui fait qu'elles sont "réelles" ou non?) lundi entre le gouvernement et les syndicats, le gouvernement a proposé de mettre en place pour les fonctionnaires un dispositif de "garantie individuelle du pouvoir d'achat", provoquant une forte déception des syndicats, partisans d'une augmentation générale des traitements des quelque 5 millions de fonctionnaires français, payés par l'Etat (et les contribuables), comme la SNCF ou la RATP. Pour les six syndicats, les propositions du ministre "ne sont pas acceptables tant sur (?) la forme que sur le fond". La phrase magique qui les ravit.
"Ces pseudo-négociations ne peuvent (..) nous convenir car elles portent atteinte de façon frontale aux principes même de la négociation collective des salaires dans la Fonction publique, pour les remplacer par une individualisation des rémunérations", ajoute le communiqué. Ainsi, les "réelles" négociations s'opposent aux"pseudos" négociations. Celles-ci sont celles qui ne sont pas menées par les syndicats, mais par le gouvernement. Il est pourtant le représentant désigné de l'ensemble des Français qui ont démocratiquement élu le Président de la République, non pas à main levée, mais à bulletin secret. Les syndicats, qui ne représentent que la portion (de plus en plus congrue) des seuls travailleurs, entendent imposer leurs vues à la majorité, par la force, si tel est leur bon plaisir, comme le préavis de grève le laisse déjà augurer.
Les six entendent dicter leurs règles. "On est dans une situation où pour pouvoir négocier convenablement, il faut créer un rapport de force", a estimé Gérard Aschieri (FSU), en expliquant que "le personnel n'aurait pas compris qu'on attende". Gégé Aschiéri n'a toujours pas mesuré le degré d'écoeurement qu'il a suscité chez les enseignants. Ils se sentent bernés par la FSU qu'il dirigeait déjà lors des négociations calamiteuses qu'il mena sur le régime des retraites des enseignants. Pour eux point de treizième mois, ni de prime de pénibilité, alors que les collèges sont devenus ingérables et les profs sont exposés aux jets de quolibets, d'insultes ou de crachats. Certains se font poignarder mais ces cadres bénéficient de longues vacances au camping pour tout baume à leurs plaies morales et physiques. Et le mépris de leurs élus syndicats ou politiques, en prime (la seule), comme si celui des parents ne suffisait pas.
Considérer comme augmentations de salaire les progressions de carrière à l'ancienneté relève de l'indécence. Leurs vacances, les enseignants les paient, car ils n'ont que cinq semaines de congés payés. Ils financent eux-mêmes la différence, chaque mois, pour équilibrer les comptes, et voir aligner, par obligation, leurs vacances sur celles de leurs élèves, puisque ces derniers en auraient seuls besoin.
La situation est "ouverte" pour que les deux autres fédérations (CFE-CGC et CFDT) "nous rejoignent", a déclaré Aschéri, le va-t-en guerre gris.
Pour Gérard Noguès (FO), "il faut une augmentation du point d'indice par rapport à l'inflation, soit 1,6% pour 2008, si possible au 1er janvier". Dans quinze jours! On voit percer le sens des responsabilités chez cet élu-là.
Jean-Marc Canon (CGT) a souligné de son côté que "la seule façon de faire bouger les choses, c'est de proposer une mobilisation forte aux personnels". Coup de semonce du paisible Canon, un probable membre actif du Mouvement de la Paix. On notera qu'il propose et qu'ensuite la base dispose: les décisions ne viennent plus de la CGT d'en-bas.
"Nous espérons que le gouvernement va enfin comprendre que le dialogue social, c'est ouvrir de véritables négociations et non faire semblant de dialoguer", a ajouté Jean-Michel Nathanson (Solidaires). Le gars de Solidaires est au-dessus du lot. Il comprend tout mieux que le gouvernement qui n'a donc pas entendu le dernier coup de Canon et fait " semblant de dialoguer". Les "réelles négociations" sont une mobilisation forte [des] personnels. Le dialogue syndical, c'est en somme le 'débat participatif' à la Marie-sEGOlène Royal: cause toujours et écoute ce que j'ai à te dire!
Définition du dialogue de sourds. Que disent les mal-entendants: "Nos revendications sont restées lettre morte. Le gouvernement persiste à nous répondre à côté", a déploré Elisabeth David (Unsa), tandis que Bernard Sagez (CFTC) a estimé que le ministre "baladait" les syndicats.
Favorables au dialogue, la bande des six fédérations a cependant décidé de ne pas participer à une séance plénière mercredi sur les valeurs et missions de la Fonction publique organisée par le gouvernement, ni à la réunion vendredi sur le paiement des heures supplémentaires. Le meilleur moyen de s'entendre? Sera présent celui qui selon les autres se dérobe au dialogue.
Ni les valeurs de la Fonction Publique, ni le paiement des heures supplémentaires ne les motivent?
Expliquez-moi!