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lundi 8 janvier 2018

LR : la droite républicaine rompra-t-elle avec l'euro-béatitude ?

Wauquiez s'attachera à la refondation de l'Union européenne en 2018

Le nouveau patron de LR se veut plus critique et constructif

Laurent Wauquiez, lors d’une conférence de presse au siège du parti Les Républicains, à Paris, le 13 décembre 2017."Année sans élection ne veut pas dire année sans émotion," a prévenu Brice Hortefeux, député européen et soutien de Laurent Wauquiez. En particulier pour Les Républicains (LR), parti qui s'est remis de psychodrames imaginés ou réels, depuis 2012. En 2018, aucun scrutin n’est inscrit à l’agenda, mais la formation de droite va manier une matière inflammable: l’Europe.

Sujet de débat en interne, entre les europhiles revendiqués d’un côté et les "eurocritiques" patentés de l’autre, entre lesquels certains tracent des voies médianes,
le débat européen devrait animer la vie du parti en prévision des élections européennes de 2019. "La préparation des européennes sera notre principal défi de 2018", confirme Geoffroy Didier, secrétaire général délégué de LR et député européen, alors que le PS ne semble pas en état de mener le combat et que la gauche radicale se cherche une posture rassembleuse, mais cohérente, bien que ses adducteurs aient beaucoup perdu de leur élasticité. Un débat lors duquel L. Wauquiez, nouveau président du parti, va s'efforcer de dégager une ligne critique, mais positive, ce qui devrait relancer le débat, voire favoriser quelques départs sur son aile modérée qui cherche un prétexte pour rejoindre Emmanuel Macron. Cette mise sur la table sera l'occasion pour chacun de clarifier sa position en choisissant son camp.   

Interrogé sur l'état de la droite française, l'ancien ministre a clairement assumé "faire le
choix de ne pas chercher à garder tous ceux qui ont fait le naufrage de ce qu'est la droite aujourd'hui". Et d'ajouter en outre : "Un de mes grands défis est de construire une droite qui tourne le dos aux affaires."

"Je suis un européen convaincu",
 a-t-il martelé, lors d'un entretien au Figaro, le 16 novembre, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, à ceux qui, pour des raisons politiciennes, sur la scène politique et dans la presse partisane, le présentent comme un eurosceptique,  prenant un malin plaisir à déformer sa pensée
"Face à la mondialisation et pour que la France pèse et se protège, il est indispensable de s’adosser à l’Europe qui doit être un bouclier de protection et un moteur de conquête," a-t-il fermement déclaré. Mais ses opposants sont repartis à la charge et ont déjà entrepris de jeter la suspicion sur ses intentions.
L'ancien ministre a pris les devants en posant plusieurs jalons. 
Réformiste, l’auteur du livre polémique "Europe : il faut tout changer" (Odile Jacob, 2014), est conscient de l’importance de l’enjeu. Il s'efforcera de faire comme il l'a annoncé, préconisant ainsi de réduire l’Union européenne à un noyau dur de six membres.

Pour ce faire, le quadragénaire ne renonce pas à "changer le corpus idéologique" de la droitecomme il l’a affirmé dans une autre entretien accordé, celui-là, le 21 décembre, à six quotidiens européens.

Wauquiez y a dénoncé la vision fédéraliste et technocratique de Macron à l'égard de l'UE

<p>Emmanuel Macron "propose toujours plus de ce qui ne marche pas depuis 30 ans", a lancé Laurent Wauquiez, appelant à "tout refonder pour tout sauver".</p>
"Je veux plus d'Europe là où ça va, et moins là où ça ne va pas," a-t-il lancé, pragmatique, le mercredi 20 décembre. 
Laurent Wauquiez a donc vivement dénoncé la "fuite en avant" d'Emmanuel Macron sur l'Union européenne (UE). "L'Europe de Macron est fédéraliste, technocratique. Il veut créer douze nouvelles institutions européennes et quatre nouvelles taxes. C'est une fuite en avant", dénonce le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes dans cet entretien, communiqué par Les Républicains (LR). 
Emmanuel Macron "propose toujours plus de ce qui ne marche pas depuis 30 ans ", poursuit  Wauquiez, en appelant à "tout refonder pour tout sauver".

Le nouveau président des LR souhaite également "une refondation radicale" des accords de Schengen sur la libre circulation au sein de l'Union. "Je ne peux pas accepter que, quand un Etat membre décide de régulariser des irréguliers, cette décision affecte tous les autres États", poursuit-il dans cet entretien donné aux quotidiens Die Welt (Allemagne), The Daily Telegraph (Royaume-Uni), El Pais (Espagne), La Repubblica (Italie), Le Soir (Belgique) et La Tribune de Genève (Suisse).

La 'Théorie des cercles concentriques'
Le chef de parti réactive par ailleurs sa "théorie des cercles" concentriques, distinguant les six pays fondateurs, l'Eurozone, et le périmètre actuel de l'Union. 
"Je ne vois pas comment on pourrait durablement construire le continent européen en tournant le dos au Royaume-Uni", met-il en outre en garde, autant qu'il prévient, à propos de la Catalogne, qu'"en aucun cas l'Union européenne ne doit donner le sentiment qu'elle peut accepter l'éclatement de pays et encourager des autonomies".

Laurent Wauquiez, dont la décision d'installer une crèche dans l'hôtel de région qu'il préside a été contrariée par la justice administrative, estime par ailleurs que "la laïcité à la française" ne peut être exportée au niveau européen. Évoquant "les racines chrétiennes", il estime qu'"on est aujourd'hui dans une rupture historique avec des flux d'immigration massifs qui posent des difficultés d'intégration qui, potentiellement, peuvent emporter notre pays". 

mardi 7 juillet 2015

Grèce: exit Varoufakis, bienvenue Euclide (Tsakalotos)

Euclide Tsakalotos nommé ministre des Finances

On prend les mêmes et on recommence


Le premier ministre Tsipras a sorti son ministre B des Finances. 
Lundi, Euclide Tsakalotos a été nommé par la présidence pour succéder à Yanis Varoufakis, mouton noir de l'Eurogroupe, démissionnaire suite au référendum bidon qui devait renforcer le pouvoir grec. Le comportement "excessif" du motard grec avait poussé les négociateurs européens à demander un nouvel interlocuteur. 

Encore un député du parti Syriza élu en 2012 et 2015. 
Euclide Tsakalotos, 55 ans,  était jusqu'alors vice-ministre des Affaires étrangères en charge des questions économiques. Né à Rotterdam aux Pays-Bas, il avait suivi dans la célèbre université d'Oxford un cursus de politique, philosophie et économie, le même que le premier ministre britannique, David Cameron. Il enseigne l'économie depuis 1990 à Athènes.  Cet universitaire partage les idées de son controversé prédécesseur, mais il est réputé plus discret et plus posé. Euclide Tsakalotos doit participer mardi à sa première réunion des Finances de l'Eurogroupe à Bruxelles.


Grèce : Euclide Tsakalotos nommé ministre des... par 6MEDIAS

Bonjour les axiomes et postulats, à ravir un Hollande au consensus mou

Cet Euclide-là est un "aristo de gauche" au Parlement.  
Après son doctorat, il entre en 1989 à l’université du Kent, dans la ville de Cantorbéry, où il fait de la recherche et enseigne l’économie. Il épouse l’économiste écossaise Heather D. Gibson, qu’il a rencontrée durant ses études. Depuis 1990, il enseigne l’économie à Athènes, où il a acheté une villa dans un quartier chic, grâce aux revenus d’investissement qu’il a tirés de fonds comme Blackrock et JP Morgan, souligne Challenges (groupe Nouvel Observateur). 

Un interlocuteur de la gauche caviar grecque
Malgré le surnom d' "aristo de gauche" dont l’affuble une partie de la presse grecque, Euclide Tsakalotos défend depuis longtemps des idées révolutionnaires, celles du parti Syriza au Parlement grec depuis 2012, où il a été réélu en 2015. Il est également membre du comité central du parti d’extrême gauche. Une fidélité qui lui a valu la reconnaissance du premier ministre, Alexis Tsipras, et de Yanis Varoufakis, dont il est proche. Après les élections législatives et la victoire de Syriza, Euclide Tsakalotos avait été nommé vice-ministre des affaires étrangères. A la fin d’avril, il avait également été nommé coordinateur de l'équipe grecque à Bruxelles, et avait remplacé à plusieurs reprises Yanis Varoufakis à l’Eurogroupe. 

"Pro-européen par stratégie" 
Les déclarations de cet économiste hostile à l’austérité le situeraient plutôt dans le camp des eurocritiques. Dans un entretien avec Libération à la mi-juin – date à laquelle il avait déjà remplacé Yanis Varoufakis dans plusieurs négociations européennes – il déclarait : "Si nous devons en permanence chercher à court terme l’argent pour rembourser le FMI ou la BCE, nous n’aurons jamais la possibilité de procéder aux réformes structurelles nécessaires. Nous avons déjà accepté des mesures que nous ne pensions pas forcément bonnes. Mais que faire de la dette ?" 
Pourtant, comme le rappelle L’Obs, il déclarait au début de juin sur Channel 4 : "Les marchés changent au gré de l’actualité, nous faisons en sorte de réduire leur incertitude, justement parce que nous croyons en une autre Europe. Nous ne sommes pas pro-européens par tactique mais par stratégie." 
Euclide Tsakalotos va reprendre de la main droite le flambeau pour mener à bien les négociations avec les partenaires européens, négociations qui s’annoncent tendues au lendemain d’un référendum qui confirme l'inconscience du peuple grec et sa rancune pour la "troïka" des créanciers - Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international -  qui lui a pourtant accordé deux plans d'aide. 

Pour eux, les Français se sont endetté à hauteur de 40 milliards. 
Et même 70 milliards, selon le mode de calcul.  
Après avoir prêté serment, lundi soir, le clone de Varoufakis se rendra mardi à Bruxelles pour un nouvel Eurogroupe, qui réunira les dix-neuf ministres des finances de la zone euro à Bruxelles.