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dimanche 3 janvier 2016

Déchéance de nationalité: Juppé dénonce "un coup politique de Hollande"

Juppé, maire de Bordeaux entre deux eaux tièdes

La déchéance de la nationalité pour les 
Français binationaux, condamnés pour terrorisme, n'est "pas une réforme utile," selon l'ancien ministre de Sarkozy
Sa position est ambiguë: d'après un titre de Les Echos, Alain Juppé est "fermement opposé à la déchéance de nationalité", mais selon la lecture que font BFMTV et l'AFP du même entretien au Journal du dimanche,  "il la voterait, telle qu'elle est présentée par l'exécutif, ...s'il était député" ! La pensée de Juppé prête-t-elle à toutes les interprétations ?
"Ce n'est pas une réforme utile. Son efficacité sera faible, voire nulle, estime-t-il pourtant. Elle ne permettra pas de prévenir de nouveaux actes terroristes, elle ne dissuadera aucun djihadiste de se faire sauter", déclare le candidat à la primaire à droite pour la présidentielle de 2017, qui publie un nouveau livre-programme Pour un Etat fort.

"Un coup politique de François Hollande" dénoncé par le maire de Bordeaux
"C'est un coup politique de François Hollande pour semer de la confusion dans le débat. De ce point de vue, c'est plutôt réussi ! Mais dans un moment où notre pays a besoin d'unité et d'apaisement, c'est un acte de mauvais gouvernement", juge celui qui était Premier ministre quand, après les attentats de 1995/96, a été rendue possible la déchéance de la nationalité française pour terrorisme.

S'il était parlementaire, voterait-il cette mesure? Oui, "à condition que le texte définitif se limite aux incriminations déjà prévues dans le Code civil pour la déchéance des Français binationaux naturalisés", répond Alain Juppé. C'est le cas dans le projet de loi préparé par l'exécutif, qui nécessite, pour être définitivement voté, une approbation des 3/5e du Parlement réuni en Congrès et donc une partie des voix de droite.


Selon deux récents sondages, 85% des Français sont favorables à cette mesure. "Mais faut-il vraiment une réforme constitutionnelle ?", s'interroge Alain Juppé. "Le plus important pour lutter contre le terrorisme n'est pas là. Il faut un plan d'ensemble visant par exemple à investir dans les nouvelles technologies, la biométrie et la reconnaissance comportementale, à pénaliser la consultation des sites radicaux, à appliquer effectivement les peines prononcées", ajoute le maire de Bordeaux.
Des sondages jugés "pousse-au-crime, "contre les binationaux" et vite faits par internet, limité à des questions binaires, dites "fermées" (oui/non, d’accord/pas d’accord). Résultat : "86% des Français" (Elabe, BFM-TV - 29 décembre 2015), 85% pour OpinionWay (Le Figaro - 30 décembre 2015), seraient favorables à la déchéance considérée comme compatible avec "les valeurs de la gauche" par 67% (Elabe): le monde à l'envers ! 

Du coup, Hollande envoie valser cul par-dessus tête et fait monter la gauche extrême au créneau.

Juppé se démarque finalement peu de Hollande

Sur l'état d'urgence, Alain Juppé est en revanche plus proche de la gauche. Ainsi, sur les 'fichés S', l'ancien ministre de Sarkozy n'est pas d'accord avec l'ancien président.  "S'il faut aller au-delà de février, je n'y suis pas hostile par principe: nous verrons. La première des libertés, c'est de continuer à vivre et pas de se faire massacrer au Bataclan". Tout le monde peut la-dessus tomber d'accord...
"Mais, relève-t-il lui aussi, cela pose un problème de constitutionnalité" et "tous ceux qui se sont précipités en disant 'niet' à la réforme de la Constitution sont peut-être allés un peu vite"."Une modification de l'article 36 de la Constitution qui traite de l'état de siège pour donner une base constitutionnelle plus solide au renouvellement de l'état d'urgence ne me paraît pas à exclure", ajoute-t-il.

Dans la lutte contre le terrorisme, Alain Juppé se démarque des responsables de LR, son parti.  Nicolas Sarkozy plaide pour que toutes les personnes fichées "S" soient placées en "résidence surveillée ou assignées à résidence avec un bracelet électronique", sans distinction, notamment les binationaux. "Après les attentats, tout le monde s'est précipité en disant 'Il faut mettre à l'ombre toutes les personnes qui font l'objet d'une fiche S'. C'est une réaction épidermique." Et  Juppé de faire la leçon, un mois plus tard. "Toutes ne concernent pas le terrorisme. Concernant ceux qui suscitent de vraies inquiétudes [critère subjectif], il faut agir avec discernement. Cela peut être utile de continuer à les pister pour remonter les filières."
Et de viser Laurent Wauquiez. "L'idée de mettre tout le monde dans un grand camp est absurde", lance-t-il.

S'agissant des 5.000 policiers et gendarmes supplémentaires annoncés par le chef de l'Etat après les attentats de novembre, Alain Juppé dit "pourquoi pas". "Il y a incontestablement un effort à faire. J'ai reconnu que nous avions sans doute eu tort d'en supprimer 13.000 avant 2012 [la crise économique imposait les premiers arbitrages que le terrorisme islamiste n'impactait pas encore.]. Mais recruter et former un gendarme, cela demande deux ans. Donc, il faut dans un premier temps redéployer nos moyens (...) Enfin ne perdons pas de temps et faisons appel aux réservistes de la police et de la gendarmerie", plaide-t-il.

Au total, Juppé et Bayrou sont membres du même club:
 celui de ceux qui savent mieux, avant tout le monde et ne sont d'accord qu'avec eux-mêmes.... 

samedi 31 mai 2014

Le couple Hollande-Taubira: ça déchire !

Hollande ne maîtrise plus les membres du gouvernement Valls

On croyait Christiane Taubira loyale
au président Hollande
 
qui l’a maintenue à la Chancellerie, contre vents et marées – et surtout contre Valls – lors du changement de gouvernement. Dans l'adversité, la presse aux ordres avait cru trouver en elle de quoi doper la cote de la majorité et, faute de mieux,  en avait fait l’égérie d’un pouvoir dont la seule promesse tenue est l’instauration du mariage homosexuel, qu’elle a préparé, soutenu et fait voter, comme on le sait. On pensait enfin qu’il s’agissait d’un symbole fort - puisque volumineuse et menteuse - pour ce qui reste de socialistes en France : son origine guyanaise, sa couleur de peau, sa jeunesse indépendantiste qui affleure toujours à l’occasion, tout cela faisait un ministre de la Justice épatant, selon Monsieur P'tite Blague.

Patatras ! L’icône de la place Vendôme s'est faite tirer les dreadlocks! 
Mercredi 28 mai après la classe, la petite Christiane s’est retrouvée convoquée dans le bureau du directeur, pas content, mais pas content du tout ! Il paraît qu’il a piqué une colère noire [sic: le racisme larvé du PS ?], ce qui semble peu probable le connaissant, mais surtout qu’il a rappelé à la dame les règles du jeu de la cour de récré parlementaire : l’Assemblée nationale est là pour voter les textes proposés par le gouvernement, pas pour prendre des initiatives par voie d’amendements, surtout en présence d’un ministre qui ne pipe mot. 
 les braves gens
[Le patron soupçonnerait-il une peau de banane?]
En cause, le projet de loi, en cours de discussion, portant réforme du droit pénal. Un projet qui inquiète, quand il n'alarme pas les professionnels de l'ordre public, puisque l’économie générale consiste à réduire le nombre de délinquants en vidant les prisons ; comme toujours à gauche, les mânes du vieil Hugo planent sur des députés plus soucieux d’intégration sociale que de répression du crime. La prison fait le criminel, évitons de l’y mettre, il s’amendera [désormais, le trou, selon les "humanistes", c'est seulement pour les victimes]. Pour plus de précision, relire "Le dernier jour d’un condamné"… 
Projet de loi donc, qui suscite des idées délirantes dont Caroline Artus nous a dépeint la plus saillante, quand l’oncle Anatole tripote sa petite nièce. Plus généralement, nos gentils éducateurs barbus devenus députés bobos proposent d’étendre la contrainte pénale à tous les délits et non plus à ceux passibles de moins de 5 ans de prison. Idée aussi fumeuse qu’un bon pétard [à la prison de Sequedin ou d'ailleurs].


Le gouver- nement a sifflé la fin de la récréation : il appartenait à Taubira de le faire savoir aux intéressés. Las ! En restant silencieuse devant la commission des lois, elle a laissé Colette Capdevielle, député socialiste des Pyrénées-Atlantiques, soutenir l’amendement généralisant la mesure. D’où la grosse colère de François Hollande. [Avait-elle le cerveau embrumé, comme au jour où elle brandissait devant les députés médusés, les documents l'accablant censés la disculper d'une précédente turpitude sur des écoutes téléphoniques illégales: lien PaSiDupes]

[La ministre fait celle qui tombe du cocotier]
A quoi joue la garde des Sceaux ? Qu’elle soit convaincue du bien fondé de sa réforme ne fait aucun doute ; elle a derrière elle de nombreux magistrats -qui la poussent et dont le laxisme relève de la simple observation- et la majeure partie du Barreau qui ne conçoit la défense qu’au travers de l’excuse systématique. Mais elle sait aussi qu’une telle mesure exaspérera un peu plus les Français ; c’est pain bénit pour le Front National, que le PS fait toujours monter dans les suffrages, mais aussi pour la frange de droite de l’UMP. Faudrait-il donc envisager aussi quelque manœuvre électorale dont on peine à percevoir les contours et l’objet ?

Certainement un peu de tout cela. Mais les occupants des palais nationaux montrent qu’ils ne dirigent plus rien, pas même leurs propres troupes. Qu’un ministère régalien ait été confié à un électron libre laisse songeur, à la fois sur l’absence de toute ligne politique claire et sur l’incapacité de ces bras-cassés à faire semblant. Et pendant ce temps, l'économie s'épuise, le chômage augmente et le pouvoir d'achat s'effondre, tandis que  s'allonge la note laissée à la génération montante, cette jeunesse prioritaire aux yeux cillés de pépère.