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vendredi 9 décembre 2011

" Duflot vendrait père et mère pour devenir ministre ", confirme Alain Lipietz

Une cabale Europe Ecologie-les Verts contre Gro Eva Joly
La bi-nationale sexagénaire, candidate par défaut sacrifiée

Alain Lipietz (ci-contre), l'ex-candidat à la présidentielle, évincé en 2001, analyse comment le " bunker " qui dirige Europe Ecologie - Les Verts tente d'isoler Eva Joly.

Retraité-blogueur, Alain Lipietz a la liberté de ceux qui ne cherchent pas un poste – et ils sont rares actuellement chez Europe Ecologie - Les Verts.
Dans l'organigramme de campagne d'Eva Joly, il est en charge de l'alimentation et de l'économie sociale et solidaire, au sein du " conseil d'action et de proposition ".
Son grand rêve du moment ? Terminer son livre sur le poète Stéphane Mallarmé. C'est dire avec quelle hauteur méprisante il analyse les manœuvres d'EELV.

Amer, le polytechnicien de 64 ans est fort critique de ce qu'ils ont fait du parti depuis qu'il a échoué dans sa candidature à l'élection présidentielle.
C'était en juin 2001 : face à Noël Mamère, Alain Lipietz était désigné d'un cheveu par un vote des militants. On était loin, à l'époque, des 25 000 coopérateurs d'EELV, et sa légitimité était incomparablement plus faible que celle qu'a obtenue Eva Joly avec sa large victoire face à Nicolas Hulot. Une similitude cependant entre Lipietz 2001 et Joly 2011 : le manque de soutien de la direction du parti.


" Ils sont arrivés trop jeunes en politique "

Autour d'un déjeuner, il qualifie d'emblée la direction du parti de « bunker », un édifice tenu par " la bande des quatre " :
Cécile Duflot, Jean-Vincent Placé, Alexis Braud (responsable des événements de la campagne), Stéphane Sitbon (directeur de campagne).Dénonçant le « marchandage » de cette direction, des militants démissionnent, à l'instar de ceux d'Argenteuil-Bezons. Alain Lipietz comprend leur colère : " Cette bande des quatre a le profil MJS ... Des gens qui n'ont jamais travaillé ailleurs que dans le parti, qui sont arrivés trop jeunes en politique. Moi, en 68, je rêvais d'être prix Nobel ; Cécile Duflot est à la botte du PS et est prête à vendre père et mère pour devenir ministre.
"

L'accord de mandature négocié avec le Parti socialiste est officiellement présenté comme " le meilleur jamais obtenu ". Mais pour Alain Lipietz, il a été " mal négocié, on aurait pu avoir mieux ".

Autre problème, " la direction a trop promis " : " A Paris et à Lyon, le parti a imposé Cécile Duflot et Philippe Meirieu, mais à Marseille, rien. Les progressistes n'auront d'autre choix que de voter pour le système Guérini. "


Actuellement, un " pacte de stabilité "
Alain Lipietz à l'université d'été des Verts à Lamoura, le 28 août 2001: " Jusque-là, tout se passe comme dans mon histoire ", se souvient-il.
Alain Lipietz avait dû céder sa place à Noël Mamère en octobre 2001, après une boulette sur l'amnistie des nationalistes corses, inacceptable en pleine affaire Erignac. Une boulette montée en épingle par la presse et la droite, avec l'aide des écolos... un épisode qu'il a décrit comme " une erreur de débutant ".


Aujourd'hui, il décrit, en trois actes, ce qui est en train d'arriver à la candidate écolo Eva Joly :
d'abord, on tente de contrôler Eva Joly, avant d'éventuellement la démolir. Selon Lipietz, " Cécile Duflot lui a imposé comme directeur de campagne Stéphane Sitbon, son plus proche collaborateur ". Ce jeune homme de 25 ans sera-t-il schizophrène ou choisira-t-il le camp d'Eva ?
Ensuite, on envoie des cadres du parti l'attaquer, comme Noël Mamère qui
lui a demandé " de sortir du flou et de revenir au mandat qui lui a été donné lors des primaires ". Alain Lipietz a une autre interprétation de la séquence : refuser d'appeler à voter explicitement Hollande au second tour, au micro de RTL n'était pas une connerie, mais " une connerie construite après coup par le parti ".

Enfin – et c'est le moment actuel – on construit un " pacte de stabilité " entre chefs de tente, qui tient jusqu'à ce qu'on lui demande de se retirer. Mais : " La grande différence avec moi, c'est qu'elle ne se retirerait au profit de personne. "


" Plus on est bon, plus on est dangereux "

Cécile Duflot, maintenant qu'elle est parachutée à Paris et vise l'Hôtel de Ville, ne serait pas la candidate de remplacement que fut Noël Mamère : " La conviction de
Dany Cohn-Bendit qu'il ne faut pas présenter de candidat du tout est partagée par beaucoup de monde. Mais admettre qu'il a raison est indicible. "
La manipulatrice tire ici les ficelles de sa marionnette.
Si début 2012, Eva Joly ne décollait pas dans les sondages, ou si au contraire elle prenait trop de voix à Hollande, et que se profilait un risque de 21 Avril, les raisons de demander à la candidate de se retirer seraient réunies : " Plus on est bon, plus on est dangereux pour nous-mêmes, surtout que comme en 2002, les deux candidats principaux, Sarkozy et Hollande, sont mauvais. "
Mais Alain Lipietz avertit ceux qui seraient tentés d'assassiner Eva Joly : " Ce serait catastrophique pour les assassins. "

Pour Daniel Boy, chercheur à Sciences-Po et spécialiste des écolos, un tel scénario relève " de la fiction " : " La pression du PS ne marcherait pas, sauf si les sondages étaient dramatiquement bas pour Hollande. Et puis revenir sur la primaire n'est pas possible, le parti n'a ni le temps ni l'argent pour le faire. "


Devoir de mémoire
Pour Alain Lipietz, la SNCF a "un problème de vérité" sur son rôle dans la déportation.

En 2001 son père et son oncle, déportés juifs, intentèrent une action en justice contre l’Etat français et la SNCF, pour complicité dans leur déportation par les nazis. En 2007, Lipietz poursuivit à son tour au tribunal administratif, en tant qu'héritier.
Lien PaSiDupes


dimanche 27 avril 2008

Communauté urbaine de Marseille : le cadeau empoisonné

Le président PS réduit à négocier avec la majorité de droite
La communauté urbaine de Marseille a vécu un marché de
dupes la semaine dernière.
Malgré une majorité de droite, elle s’est donnée un président socialiste. Le dindon socialiste de la farce marseillaise était pieds et mains liées à son fauteuil ! La droite est quant à elle encombrée d’un président-pantin dont les ficelles sont tirées par le président socialiste du Conseil Général, le candidat battu, Jean-Noël Guérini, qui depuis des années ne sait guère qu’asphyxier la Ville de Marseille. Cette situation est tellement malsaine que les adversaires se sont résolus à un accord de gestion gauche-droite, à l'image de ce qui s'est passé à Bordeaux.
Vendredi, les élus de droite - les députés UMP de Marseille Renaud Muselier et Guy Teissier en tête - se sont prononcés pour un "contrat de gouvernance partagée" ou - selon les termes - "contrat communautaire de mandature" avec le PS Eugène Caselli, élu président de Marseille Provence Méditerranée (MPM) le 17 avril.
"Mon élection n'est plus contestée, c'est une nouveauté. Le blocage n'est plus d'actualité. Ce sont des points positifs", a soupiré l’Eugène ravi mais impuissant, élu avec deux voix d'avance alors que la droite est majoritaire, mais divisée. Trois élus ont voulu manifester leur puissance, dont le maire de Plan-de-Cuques, Jean-Pierre Bertrand, qui aurait mérité le pied où vous pensez justement.
Eric Le Dissès (DVD) et Jean-Pierre Bertrand (ex-UMP devenu SE), respectivement maires de Marignane et de Plan-de-Cuques, deux des dix-huit communes qui composent Marseille Provence Métropole (MPM), ont annoncé qu'ils entendaient créer un groupe indépendant au sein de l'assemblée communautaire. Ce groupe, baptisé « Ensemble pour l'avenir », qui rassemblerait 14 conseillers sur 157, pourrait jouer les arbitres entre la gauche et la droite, pour défendre l'intérêt de leurs communes. "Ca me paraît suffisant pour engager des discussions", a-t-il déclaré, ajoutant qu'elles démarreraient "dans les jours qui viennent".
Les deux maires de droite -dont les deux voix donnent l'avantage à la gauche- comptent donc faire part de leur volonté de créer un groupe à Eugène Caselli, le nouveau président socialiste de MPM, qui doit rencontrer prochainement l'ensemble des dix-huit maires.
Le rival d’ Eugène Caselli à la tête de MPM, Renaud Muselier, a souhaité que MPM s'inspire de Bordeaux. Il a été désigné vendredi président d'un groupe composé de 78 conseillers communautaires sur un total de 157. Ce groupe UMP est le plus important en nombre de l'assemblée de MPM, sans avoir la majorité absolue.
Caselli se satisfait que la communauté urbaine de Marseille se retrouve aujourd'hui dans la même
situation que celle de Bordeaux "où le maire de la ville-centre, Alain Juppé, n'est pas majoritaire. Ils (droite et gauche bordelaises) viennent de signer un contrat pour développer ensemble la communauté urbaine, ça me paraît une démarche tout-à-fait positive", a-t-il admis. Nécessaire à tous, et qui libère un tant soit peu le socialiste.
A Bordeaux, à la suite d'un accord de coopération, un socialiste a été réélu président de la communauté urbaine de Bordeaux, tandis qu'Alain Juppé (UMP) en était élu premier vice-président.
Caselli revendique pour sa part le soutien incertain de 80 élus très disparates, dont 65 seulement du PS et du PCF. Mais, ajoute-t-il, "je ne raisonne pas comme ça. Une communauté urbaine se gère dans le consensus, je suis partisan d'une gestion partagée". Bien obligé !
" Il y a chez nous une déception très grande, un sentiment d'usurpation", a de son côté déclaré devant la presse M. Teissier, maire UMP d’arrondissement de Marseille. Ils ont négocié un "contrat de gouvernance partagée et un contrat de projets communautaires", faute desquels, a-t-il dit, "nous n'aurions qu'à nous opposer de manière systématique".
Il a admis que les voix ayant manqué à M. Muselier relevaient d'une "jacquerie par rapport aux attentes des maires". Aussi a-t-il proposé que 25% (contre 12% lors de la précédente mandature) des investissements de MPM soient réservés aux collectivités hors Marseille.
La droite entend aussi que "soit respecté le choix des urnes" et demande à avoir la majorité des postes au sein du bureau et une répartition égalitaire des présidences de commission.

S'agissant de Marseille, Guy Tessier a jugé "impérieux de poursuivre la politique engagée". Pressenti pour présider l'opération de rénovation urbaine Euroméditerranée, il a relevé que le gros point de discorde" avec les socialistes porterait sur la question de l'incinérateur en construction actuellement à Fos-sur-mer et que les socialistes souhaitent abandonner. La décharge publique et à ciel ouvert de Marseille, la plus grande d’Europe, située à Entressen à quelque cent kilomètres au nord de la capitale régionale, risque donc de continuer encore longtemps à polluer la région malgré les pressions de l’Union Européenne
Le candidat PS battu à la mairie de Marseille, Jean-Noël Guérini, président du Conseil général, en campagne proposait un moratoire sur l'incinérateur de Fos-sur-Mer. Malgré une astreinte de 10.000 euros par jour.