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dimanche 18 mars 2012

Jérôme Cahuzac, la droiture antithétique de François Hollande

Cahuzac, le mec bien qui dit tout haut ce que fait le "sale mec" Hollande

Cahuzac, le vertueux qui fait tache au PS
Brillant mais nerveux, chirurgien esthétique mais rocardien, le président de la commission des Finances ronge son frein depuis dix ans pour devenir ministre.

Au sein de l'équipe de campagne de François Hollande, Jérôme Cahuzac est responsable du « pôle budget, finances, fiscalité ». Voilà pour le rôle officiel. Mais ce député de 59 ans a une autre fonction : il est celui qui fait éclater la vérité (ou trahit l'inconscient socialiste). Atteint d'une forme d'incontinence rare en politique, il ne peut pas s'empêcher de dire ce qu'il pense vraiment. Faut que ça sorte.

Il a commencé par un acte manqué.
Début septembre, muni de la procuration de François Hollande, il vote par erreur en faveur du plan de rigueur du gouvernement.

Quelques semaines plus tard, il dit tout haut ce que les socialistes admettaient tout bas : « Le projet socialiste est une chose, le projet du candidat en sera une autre. » Et il insiste :
« François Hollande puisera dans ce programme mais ne pourra réaliser la totalité de ce programme car tout simplement les moyens du pays ne le permettent pas. »
Les 60 000 postes dans l'Education nationale ? Il est le premier à déclarer, l'air de rien, que les « créations » promises par François Hollande seront en fait des redéploiements.

« La permission d'aller pisser »

Son court-circuitage par Hollande sur un plateau de télévision a été la goutte qui a fait déborder le vase.
C'est « l'épisode 75% » du lundi 27 février. François Hollande venait d'annoncer, sur TF1, sa volonté de taxer à 75% les revenus supérieurs à un million d'euros par jour an. Invité au même moment sur France 2, Cahuzac est invité à fournir des précisions. Or, le candidat ne l'a pas informé de sa dernière improvisation et voici comment il réagit à cette annonce:

« Vous m'interrogez sur une déclaration que pour ma part je n'ai pas entendue. [...] J'attends de voir un peu ce qu'il en est vraiment. »

Pris de court et blessé de ne pas avoir été associé, Cahuzac se refuse à faire semblant de savoir : « Hollande ne va quand même pas demander à Cahuzac la permission d'aller pisser ! », s'époumone un autre chef de pôle, anonyme ou inventé par Rue 89. Mais Cahuzac ne renie pas sa franchise atypique au PS.

En politique, c'est pour l'austère Jospin qu'il a le plus de respect.
En littérature, plutôt que le stalinien Jean-Paul Sartre et co-fondateur de Libération, il place Camus, « l'écrivain de la vérité », au-dessus de tout. Certains sont passionnés par la justice ou l'égalité. Cahuzac, lui, se flatte de respecter la vérité.


Mai 68 ? « Une fête plus qu'un événement politique »

Ça ne l'empêche pas de se livrer à des propos sibyllins, des phrases tarabiscotées, des tournures à double sens, des ellipses et des réécritures du passé. Mais rien qui puisse entamer la douce illusion du « parler vrai ». C'est Rue 89, site avatar du journal Libération qui l'écrit...

On ne fait pas plus rocardien comme thème. Et c'est la filiation dans laquelle Cahuzac s'inscrit. Mais quand on lui demande pourquoi, il fait des mystères.
En réalité, il est tombé dans le rocardisme en sortant de chez ses parents : Guy Carcassonne était leur voisin de palier. Cahuzac est entré au PS en le suivant à la section socialiste du Ve arrondissement de Paris. On est en 1977. Il a 25 ans.

Pour lui, Mai 68 a été « plus une fête qu'un événement politique ». « Le lycée tournait en coopérative, on a appris l'autonomie », se souvient son copain de classe Daniel Scherman. Ils écoutent les Beatles et Brassens, n'ont pas de vocation affirmée. Cahuzac fera médecine « pour être utile ».


Charasse et les cigarettes Chevignon

Devenu chirurgien, il confie à ses amis sa satisfaction de « sauver vraiment des gens ». Mais ses camarades socialistes l'entendent regretter de ne pas avoir « fait Sciences-Po ». Armé de « quelques notes sur la santé publique », il s'invite dans la préparation de la candidature de Michel Rocard à la présidentielle de 1988.

Finalement, Rocard sera Premier ministre. Il choisit Guy Carcassonne comme conseiller. Qui suggère le nom de Cahuzac quand se forme le cabinet de Claude Evin. Le ministre de la Santé conserve un bon souvenir de ce chirurgien « volontaire » au « caractère entier ».

Il le charge de déminer une histoire de lait maternisé et de mener un bras de fer avec les laboratoires d'analyses médicales, avant de lui confier la préparation de la loi alcool-tabac. Il faut batailler ferme contre Charasse qui, comme ministre du Budget, avait la tutelle de la Seita.

« Quand on a finalement obtenu gain de cause, il s'est vengé en profitant d'une faille de la loi : la Seita a lancé les cigarettes Chevignon », se souvient Jean-René Brunetière, à l'époque directeur de cabinet d'Evin.


« C'est lui que je veux comme adversaire »

Dans ces circonstances, Cahuzac lui apparaît comme « un mousquetaire, un type qui fonctionne plus à l'instinct qu'au raisonnement sophistiqué ». Ses collègues l'entendent encore marteler : « L'escalier, pas l'ascenseur ! » L'un deux, Bruno Varet :
« Il a découvert que la politique l'amusait beaucoup plus que la chirurgie. »

Mais le gouvernement tombe.
Cahuzac traverse « une période de vache enragée », selon ses amis. Lui parle de « changement de vie qui ne regarde que [lui] ». Il finit par monter (avec sa femme) une clinique spécialisée dans les implants capillaires. Et quand Jospin se lance à la conquête de l'Elysée en 1995, Cahuzac se rend au QG et donne des coups de main sur les sujets de santé publique.

Ce candidat réunit les qualités qu'il aimerait posséder : « Droit, honnête, totalement sincère, très engagé, très volontaire, avec une vraie capacité de décision ». Il l'admire. Ils deviendront partenaires de tennis (« C'est moi qui gagnais. Mais lui s'est fait mal à l'épaule, moi au genou, et on n'a plus le temps. »)

Cahuzac a aussi pratiqué la course, le vélo, la chasse sous-marine, le golf, la boxe... Mais en 1996, il veut relever un autre type de défi : devenir député. « Ce qu'on peut faire sans être élu, je l'avais déjà fait. »

Il est parachuté dans le Lot-et-Garonne.
Un dîner chez Gérard Gouzes, maire de Marmande et parrain du PS départemental, tient lieu de cérémonie d'adoubement. Michel Gonelle, le maire RPR de Villeneuve-sur-Lot, est présent : « Il est bien, ce petit. Gérard, c'est lui que je veux comme adversaire. »


Le juge Bruguière en voiture blindée

Le « beau Jérôme » peut remercier la droite :
• aux législatives de 1997, il bénéficie de la « vague rose » et, dit-on, « de voix du RPR, qui avaient un vieux compte à régler avec le candidat UDF » ;
• en 2001, il devient maire de Villeneuve à la faveur d'une triangulaire, comme beaucoup d'autres ;
• s'il perd son siège de député en 2002, il le regagne en 2007 face « au pire candidat que l'on ait jamais eu », rigole-t-on à l'UMP : le juge Bruguière. « En voiture blindée, avec ses gardes du corps, il voyait 200 personnes tous les soirs. Qui repartaient avec la certitude qu'elles ne voteraient pas pour lui » ;
• en 2010, Sarkozy fait nommer un socialiste, Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, ce qui libère la présidence de la commission des Finances à l'Assemblée nationale. Cahuzac lui succède.

Ses qualités d'orateur impressionnent. Tout dans la tête, jamais de notes. « Si vous allez au Louvre avec lui, il peut remplacer les conférenciers », jure un ami. Il travaille beaucoup et tient à ce que ça sache. Il est jugé brillant, honnête, rugueux, hautain, arrogant, fier, castagneur, méprisant, quand tant de socialistes sont arrogants, mais paresseux.

L'UMP Gilles Carrez, rapporteur général de la commission des Finances, loue sa compétence : « Mais il est d'une spontanéité excessive : mon orgueil est blessé, je le montre à la télévision ; un jeune m'énerve, je vais le boxer. »


« Le tribunal a reconnu ma bonne foi »

Ses proches rapportent qu'il se voit déjà ministre du Budget. Il y a dix ans, il s'imaginait ministre de la Santé. « Il faut avoir une énorme humilité pour être ministre », avertit Michel Sapin, l'ami de 35 ans de François Hollande. « On est parfois rappelé à l'ordre par le dernier des sous-fifres de l'Elysée. Il y a peu de postes où l'on est autant soumis à l'autorité. »

A Solférino, on trouve qu'il « fait passer Manuel Valls pour un dangereux gauchiste ». Son adjointe aux Affaires sociales, Marie-Françoise Béghin, le trouve pourtant « vraiment de gauche et très humain » : « Villeneuve a été une des premières villes à parrainer des enfants menacés d'expulsion. »

A Paris, il a « employé quelqu'un qui n'avait pas ses papiers ». Ses ennemis ont cru le tenir. Ils étaient sûrs qu'il serait « coffré pour esclavage moderne ». A l'automne 2007, il est finalement jugé coupable de travail clandestin; mais dispensé de peine et d'inscription au casier judiciaire.
« J'ai dit la vérité. J'ai voulu aider quelqu'un. Le tribunal a reconnu ma bonne foi. » Il faut bien dire qu'il est alors député-maire de Villeneuve-sur-Lot...

Ses proches n'ont pas compris les sacrifices financiers puis familiaux faits au nom de sa carrière. Est-ce que l'engagement politique en vaut vraiment la peine ? « C'est une question qu'on peut se poser tous les jours », élude-t-il. On insiste. Il serre les mâchoires. « On ne va quand même pas céder le pas à la médiocrité. »
(d'après Rue 89)

Ce Jérôme Cahuzac est un cas au PS et pour Rue89 un extra-terrestre.

samedi 26 janvier 2008

Royal condescendante envers Attali et son rapport!

La médiocrité en réponse à la courtoisie
Sa Cynique Majesté Royal, la Poulidor de l'élection présidentielle, a reçu mercredi des mains de Jacques Attali le rapport de la commission qu'il présidait sur "la libération de la croissance", et depuis son QG du Bd Raspail a jugé que le rapport avait le "mérite d'être là"! Elégance et respect du travail de ce groupe d'experts éminents...
A cet enthousiasme, elle ajoute la platitude: "Il faut avoir l'honnêteté intellectuelle de regarder les propositions mises sur la table". Regarder n'est ni lire, ni comprendre… Son aimable remarque n'est donc que préjugé favorable, mais obligé.
Elle enchaîne avec une généralité qui la dispense d'étayer son jugement. "Je pense que tout ce qui va dans le sens du déblocage de ce qui freine l'initiative doit être pris en considération", a jugé la présidente du Conseil régional Poitou-Charentes. Elle a ainsi apporté sa pierre à l'édifice.
"La France a besoin de réformes. Ce rapport a été fait pour aider la France et moi, je veux aider la France", a-t-elle clamé! Elle a salué notamment "le contrat d'évolution", une des mesures du rapport Attali qui permettra d'offrir une rémunération aux chercheurs d'emploi en formation. "Quand on commence son emploi, il faut avoir des perspectives", a-t-elle commenté. Pas mal, pour quelqu'un qui avoue ne pas avoir lu le rapport! Elle a promis à son auteur de le 'regarder' "attentivement", avant de saluer "l'expertise" et "le désintéressement" de Jacques Attali qui se trouvait à côté.
L'ancien conseiller de François Mitterrand, de son côté, a rappellé : "La gauche, c'est ma famille. Il est légitime de remettre de ce rapport à celle qui incarne l'opposition", a jugé l'économiste qui avait été un partisan de Désirdavenir durant la campagne présidentielle.
Tout cela pour expliquer qu'il a remis son rapport au groupe PS, à la direction du Parti mais -contraint forcé- en premier à Royal, pour la simple raison qu'elle n'a jamais d'autre préoccupation que de griller ses camarades. Et elle s'en vante, en affirmant qu'elle a été la première à l'accepter, pour ne pas dire qu'elle s'en est emparée avant les autres!
Quelle patience!

jeudi 24 janvier 2008

Ouverture de zones commerciales le dimanche: n'est-ce pas bientôt fini?

Plan-de-Campagne: annulation des arrêtés préfectoraux de prorogation d'autorisation
Le tribunal administratif de Marseille a-t-il mis un terme définitif à l'ouverture de zones commerciales le dimanche? Il a à nouveau annulé les arrêtés pris d'un préfet, dont celui du nouveau préfet des Bouches-du-Rhône, pour la prorogation de l'autorisation d'ouverture dominicale dont bénéficient les enseignes de Plan-de-Campagne, la plus grande zone commerciale de France.
Les 400 magasins qui emploient plus de 5.000 personnes devront fermer leurs portes le dimanche dès que le jugement leur sera officiellement notifié. Les chalands ne seront donc plus détournés de leur besoin naturel de retrouvailles familiales et de repos dominicaux. Reste le samedi!
La zone commerciale de Plan-de-Campagne a bénéficié pendant …quarante ans de dérogations de travail dominical pour la moitié de ses 400 enseignes. On l'a compris, elle est aujourd'hui au centre d'une bataille juridique entre partisans et adversaires du travail le dimanche, qui pourrait faire jurisprudence.
La dernière décision en date du tribunal survient en plein débat sur l'ouverture des enseignes le dimanche, réclamée par le Medef et prônée par la commission Attali sur la libération de la croissance.
Dans un communiqué, le préfet Michel Sappin, a exprimé sa "tristesse" à l'annonce de cette décision qui pénalise fortement les magasins de Plan-de-Campagne, selon lui. "Il exprime son inquiétude quant à la pérennité de certains d'entre eux et particulièrement pour leur personnel permanent ou volontaire, vacataire et étudiant, qui risque de se trouver dans une situation difficile", poursuit le texte. Et les femmes et leurs 'jeunes' enfants?
Michel Sappin précise qu'il pourrait proposer au ministre du Travail, Xavier Bertrand, de déposer un recours auprès de la cour administrative d'appel. Un tel recours n'aurait pas de caractère suspensif.
Le tribunal a également condamné le préfet à verser plus de 106.000 euros en réparation des frais de justice engagés par la CGT et la CFDT qui ont attaqué les arrêtés en justice. "Pour la troisième fois, le juge dit au préfet que c'est illégal. Il doit maintenant appliquer la loi", a déclaré l'avocat de la CGT, Dany Cohen, à la sortie de l'audience.
"Il ne s'agit pas de multiplier l'offre, mais de préserver un système qui existe depuis quarante ans. C'est une véritable tradition, presque une institution", avait expliqué Michel Sappin en juillet dernier, date à laquelle il avait pris les arrêtés incriminés, qui couraient jusqu'au 30 juin prochain. Qu'en est-il, en revanche, de la tradition du lundi de Pentecôte? La zone de Plan-de-Campagne sera-t-elle bénéficiaire d'une dérogation d'ouverture pour le lundi de Pentecôte?
Le préfet disait vouloir écarter le "risque de très grande fragilisation" des entreprises de la zone qui réalisent entre 10 et 25% de leur chiffre d'affaires le dimanche. (RELIRE à ce propos l'article précédent de PaSiDupes pour observer la grande fantaisie dans les chiffres brandis par les uns et les autres.) "L'urgence est de sauver la zone. Toute autre solution la conduirait à la catastrophe", avait-il estimé.
L'ouverture le dimanche serait une question de vie ou de mort. Pour ceux qui le peuvent et préfèrent des conditions tranquilles d'achat, ou pour les étudiants qui n'ont pas cours tous les jours de la semaine (!) et veulent étudier le dimanche, et pour les travailleurs qui aimeraient rencontrer leur famille, l'ouverture le lundi et le mardi matin ne serait-elle p
as un compromis raisonnable dans cette situation de prétendue survie?
Le fond du problème est en fait la question des primes du dimanche: le pouvoir d'achat n'est-il donc pas aussi fonction de la baisse des coûts et des prix?…

lundi 15 octobre 2007

Comment libérer de la croissance, selon le socialiste Attali

La commission Attali a remis ses premières propositions
Jacques Attali préconise plus de concurrence.
Le document de 28 pages, qui n'est pas le rapport final (prévu en décembre) et ne constitue pas les conclusions de la commission, se concentre dans un premiet temps sur le pouvoir d'achat et le logement.
Pour augmenter le pouvoir d'achat, Jacques Attali propose d'accroître la concurrence pour faire baisser les prix pour le consommateur. L'ancien sherpa de François Mitterrand préconise d'abord de lever l'interdiction de revente à perte dans la grande distribution, ce qui devrait convenir au petit commerce. "Une telle mesure entraînera une baisse significative des prix, en permettant notamment aux consommateurs de bénéficier de soldes toute l'année", peut-on lire dans le rapport.
La commission propose aussi d'instaurer une libre entrée dans le commerce de détail et l'hôtellerie en supprimant les procédures d'autorisation prévues par les lois Royer et Raffarin. Les ouvertures de nouveaux magasins et de nouveaux hôtels ne seraient plus subordonnées qu'à une seule autorisation, accordée au moment de l'obtention du permis de construire.
Toujours pour renforcer la concurrence, la commission Attali propose la création d'une autorité indépendante et unique, l'Autorité de la concurrence, fusion de l'actuel Conseil de la concurrence et des services spécialisés du ministère de l'Economie. Elle préconise aussi de rendre possibles les actions de groupe pour les consommateurs. Le projet de loi instaurant ces "class actions" à la Française n'avait pu être voté avant l'élection présidentielle.

Pour développer le logement et atteindre l'objectif de 500.000 logements nouveaux par an jusqu'en 2010, la commission Attali préconise de permettre à l'Etat d'exproprier les collectivités locales qui ne remplissent pas les objectifs de construction de logements sociaux prévus par la loi. L'objectif est d'inciter les communes à utiliser le foncier disponible pour construire, notamment dans les zones de forte tension.
Le rapport d'étape propose aussi d'assouplir les règles de fixation du coefficient d'occupation des sols et de modifier en profondeur la gouvernance des HLM.
La commission Attali entend également favoriser la mobilité du logement, en réduisant les frais annexes à l'achat et à la location (droit de mutation, frais d'agence et de certification) et en créant une Bourse Internet des offres et des demandes de logements sociaux.
Plus nouveau, Jacques Attali propose de bâtir d'ici à 2012 dix "Ecopolis", villes nouvelles d'au moins 50.000 habitants, laboratoires écologiques et de la "mixité sociale". Ses modèles: le "Mountain view" californien et les "eco towns" (concept envisageant que les sociétés industrielles réduiront au minimum l'impact de leurs opérations sur l'environnement) annoncées par Gordon Brown en Grande Bretagne.
Ces propositions permettraient de créer plusieurs centaines de milliers d'emplois et de gagner 0,8 point de PIB de croissance, selon la commission.

Supprimer l'interdiction de vente à perte, créer 10 "Ecopolis", autoriser les actions de groupe de consommateurs: telles sont donc les premières propositions, remises lundi à Nicolas Sarkozy, de la commission Attali pour la libération de la croissance française. Mais la suppression de l'inscription du principe de précaution dans la Constitution ne figure pas dans ce rapport d'étape mais devrait se retrouver dans le rapport final prévu pour décembre. L'annonce vendredi dernier selon laquelle Jacques Attali proposerait en outre de revenir sur l'article 5 de la charte de l'environnement, adossée en 2005 à la Constitution, a provoqué une levée de boucliers des écologistes. Jacques Attali n'a cependant pas renoncé. "Il est important que le principe de précaution soit repensé, parce qu'il peut être un obstacle à l'innovation", a-t-il déclaré devant la presse après avoir remis son rapport à Nicolas Sarkozy. "Ce sera certainement dans le rapport en décembre".
Dans une lettre au chef de l'Etat rendue publique lundi, Jacques Attali propose d'ailleurs "d'abroger, ou à défaut de préciser très strictement la portée de l'article 5 de la Charte de l'environnement de 2004 tant à l'égard des opérateurs privés que des autorités publiques, par une révision du texte constitutionnel".

Jacques Attali, séfarade né en 1943 à Alger, suivit de brillantes études au lycée Janson-de-Sailly -16e arrondissement de Paris- où il eut pour amis d'autres socialistes comme Jean-Louis Bianco et Laurent Fabius. C'est un économiste, écrivain et haut fonctionnaire français, qui fut notamment conseiller du président socialiste François Mitterrand.