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jeudi 7 décembre 2017

Trump déplace l'ambassade US à Jérusalem, décision du Congrès (1995) et promesse de campagne

Libre à l'Autorité palestinienne de s'établir à Jérusalem 

Les Etats-Unis reconnaissent désormais Jérusalem comme capitale d’Israël, a annoncé le président américain, mercredi 6 décembre

La décision du président américain relance une question centrale du conflit israélo-palestinien, puisque le coeur ancien de Jérusalem est une ville sainte que se disputent les trois grandes religions monothéistes : judaïsme, christianisme et islam depuis l’éclatement de l’Empire ottoman, à la fin de la première guerre mondiale et constitue un lieu de pèlerinage pour chacune

Le Royaume-Uni, qui exerce un mandat sur la Palestine, avec Jérusalem pour capitale, a accepté dès 1917 l’établissement sur une partie du territoire d’un "foyer national pour le peuple juif" errant privé de sa part de terre sémite appartenant aux hébreux, juifs et arabes, les descendants d'Abraham, l'un des cinq grands prophètes de l'islam et principal patriarche commun aux religions juive, chrétienne et musulmane.
Dans l'islam, qui appelle Abraham "Père" ou "Abouna" dont les musulmans se revendiquent les descendants, notamment en tant que père d’Ismaël, Mahomet fait de lui le "premier musulman" : ni juif, ni chrétien, il est un hanîf, littéralement "vrai croyant". Ismaël est un personnage à la fois de la Genèse et du Coran, en tant que premier fils d'Abraham, dont la femme (et demi-sœur) Sarah était stérile. Sa mère Agar, esclave de Pharaon, était la servante égyptienne de Sarah, qui a elle-même suggéré cette union à Abraham. Ismaël est le grand frère d’Isaac.

En 1947, l’ONU vote le partage de la Palestine en deux Etats : l’un arabe, l’autre juif. Jérusalem bénéficie d'un statut particulier sous le contrôle des Nations unies, qui garantissent la liberté d’accès aux lieux de culte. Pourtant, en 1949, après la fin du mandat britannique et une première guerre avec les pays arabes, le jeune Etat d’Israël transfère sa capitale de Tel-Aviv à Jérusalem-Ouest. Depuis la guerre de 1967 et la conquête des quartiers orientaux, peuplés de Palestiniens, Israël considère Jérusalem comme sa capitale "indivisible et éternelle". En 1980, le Parlement israélien la désigne d'ailleurs comme "capitale réunifiée", mais aucun pays ne la reconnaît comme telle. Les Nations unies estiment que le statut final de la ville doit être négocié entre Israéliens et Palestiniens – ces derniers revendiquant eux aussi d’y installer la capitale d’un éventuel Etat Palestinien. 

Aujourd’hui, la ville de Jérusalem reste séparée en deux. 
La partie ouest, où se trouvent les institutions d’Israël (la Knesset et la plupart des ministères, la banque centrale, etc), est presque exclusivement peuplée de juifs (290.000 sur 300.000). La partie est, revendiquée par l’Autorité palestinienne, est peuplée par près de 500.000 habitants, dont 60 % d’Arabes et 40 % de juifs (voir vidéo ci-dessous). Elle comprend la vieille ville, où se trouvent les lieux sacrés. 
Or, le conflit israelo-palestinien fait que, depuis des années, Israël encourage la colonisation de Jérusalem-Est, en construisant des logements dans la ville et la banlieue, ou en favorisant l’installation de juifs orthodoxes dans plusieurs quartiers afin d’organiser un mitage territorial des quartiers arabes et d’empêcher la continuité entre Jérusalem-Est et le reste du territoire palestinien, en Cisjordanie. 

En reconnaissant Jérusalem comme capitale, le président américain a accédé à une demande ancienne d’Israël.

Donald Trump s’est gardé d'évoquer la revendication des Palestiniens et de se prononcer sur un partage de la ville, qu’Israël refuse. En dehors de son poids symbolique, cette annonce entraîne concrètement le déménagement de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem. Elle se situe actuellement à Tel-Aviv, la deuxième ville d’Israël, où sont installées les ambassades, dont celle de la France. A Jérusalem, la France a d'ailleurs un consulat, son point de contact avec l’Autorité palestinienne. 

En fait, Donald Trump ne fait que mettre en œuvre une décision votée par le Congrès américain en 1995.
En 1995, sous la présidence de Bill Clinton, les deux chambres du Congrès étaient alors à majorité démocrate... Or, les présidents suivants ont systématiquement repoussé sa mise en oeuvre tous les six mois, les prédécesseurs de Trump craignant les conséquences. Ce fut le cas de Barack Obama, quinze fois, pendant ses deux mandats de président des Etats-Unis, à la suite de Bill Clinton et George W. Bush qui ont refusé deux fois par an, trahissant ainsi leurs propres promesses électorales, mais que Donald J. Trump a fait pour "respecter la volonté du peuple américain" de déplacer l’ambassade américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem, explique le secrétaire d'État américain Rex Tillerson.
Il s'est référé à l'adoption en 1995, par le Congrès américain, du Jerusalem Embassy Act appelant les États-Unis à déménager l'ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem, "capitale de l'État d'Israël". "Le président n'a rien fait d'autre que de mettre en oeuvre la loi de 1995", a insisté le secrétaire d'État, soulignant que Washington souhaitait voir Israël et les Palestiniens négocier un accord de paix.
Le président avait promis ce déménagement durant sa campagne et souhaitait tenir parole. 
Les Etats-Unis ont joué un rôle central de médiateurs dans le conflit israélo-palestinien depuis quatre décennies. Ils sont proches d’Israël, qu’ils ont soutenu  durant les guerres israëlo-arabes de 1967 et de 1973, et qu’ils aident toujours aujourd’hui. Alors que les prédécesseurs du président Trump revendiquaient un rôle de médiateur impartial (honest broker), tentant de faciliter le dialogue entre les deux parties, Trump tire les conclusions de leurs échecs pour enfin résoudre ce conflit. 
Il a chargé son gendre, Jared Kushner, de multiplier les contacts avec les pays arabes alliés des Etats-Unis (l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l’Egypte). Mais, officiellement, ces derniers ne peuvent que condamner la décision américaine sur le statut de Jérusalem, siège du troisième lieu saint de l’islam – la mosquée Al-Aqsa. Les Palestiniens, quant à eux, s’interrogent sur la nécessité de poursuivre un processus de paix qui ne leur a apporté quasiment aucun résultat. 

L’annonce de Donald Trump a laissé les Etats-Unis totalement isolés : seul le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a salué un "jour historique", bien que cette décision complique le rapprochement auquel Israël oeuvre depuis plusieurs années avec les monarchies du Golfe contre leur rival régional commun, l’Iran. 
Les Etats arabes ont tous dénoncé la décision américaine, mais aucune action concrète de leur part n’est attendue, pour l’heure – du moins tant qu’ils ne sont pas forcés de réagir à la pression de leurs opinions publiques. L’Egypte, le pays arabe le plus peuplé, et l’Arabie saoudite, gardienne des lieux saints de La Mecque et Médine, ont trop besoin de maintenir de bonnes relations avec les Etats-Unis pour se permettre de pousser trop loin leurs protestations. Le président égyptien Al-Sissi est dépendant de l’appui financier de Washington et souhaite faire oublier ses atteintes massives aux droits de l’homme, alors que les Saoudiens comptent sur D. Trump pour les appuyer dans leur rivalité avec l’Iran.

Huit pays ont demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies dès vendredi: l’Egypte, la France et le Royaume-Uni, ainsi que la Bolivie, l'Egypte, le Sénégal, la Suède et l'Uruguay. A la différence de l'Allemagne.
La marge de manœuvre de l’Autorité palestinienne, qui administre la Cisjordanie, est limitée. Elle est tentée de tourner le dos aux Etats-Unis et de quitter le processus de paix, mais les USA sont aussi une source de financement majeure de son budget. 
Unies en apparence, les factions palestiniennes ont appelé ensemble à des manifestations. Jeudi matin, le Hamas, qui n’a jamais cru dans le processus de paix, appelait à une "nouvelle Intifada", c’est-à-dire à un soulèvement populaire comparable à ceux survenus en 1987 et en 2000. L’ampleur de la mobilisation populaire devait se mesurer vendredi, après la grande prière hebdomadaire. 
Le président palestinien, Mahmoud Abbas, peut également lancer des initiatives diplomatiques ou judiciaires auprès des instances internationales, auprès de l’ONU ou de la Cour pénale internationale. L’Autorité palestinienne a aussi la possibilité de suspendre sa coordination sécuritaire avec Israël, comme elle l’avait déjà brièvement fait cet été. Mais en mettant fin à ces échanges, elle perdrait une part de son contrôle sur la Cisjordanie, où elle cherche à endiguer l’influence du Hamas, le mouvement islamiste qui dirige la bande de Gaza, et des salafistes. 

Malgré les cris d'orfraies des uns et des autres, on le voit, le timing de Trump est favorable à des avancées.

samedi 15 septembre 2012

Des islamistes manifestent dans le quartier de l'Elysée

Le président Hollande ne leur a pas fait visiter ses jardins ?


Des fanatiques musulmans se sont rassemblés devant l'ambassade américaine à Paris à proximité de l'Elysée pour protester contre le film islamophobe qui a embrasé le monde musulman. Bien que non autorisée, cette manifestation s'est tenue samedi 15 septembre a donné lieu à quelques violences et conduit à 150 interpellations.  Parmi les manifestants, de nombreux hommes, dont certains habillés à la mode salafiste, mais aussi des jeunes vêtus de manière plus européenne, venus car, explique l'un d'eux, Suleimane, 24 ans, ils n'acceptent pas que le "Prophète soit tourné en dérision". 

Spontanéité de l'indignation ?
Selon une source policière, des appels à manifester avaient été repérés dans la journée sur les réseaux sociaux, la plupart avec une "tonalité salafiste". Selon la préfecture de police, un total de 150 personnes ont été interpellées puis conduites dans des commissariats pour vérification d'identité. 
Un ou deux manifestants ont été placés en garde à vue pour outrage et violences sur des fonctionnaires, a ajouté une source judiciaire. Quatre policiers ont été légèrement blessés, a indiqué la police.

Le CFCM appelle à refuser toute exploitation du film

La manifestation, qui a réuni plus de 200 personnes "aux alentours de l'ambassade des Etats-Unis", a expliqué une source policière. Ils "ont été maintenus au niveau des Tuileries" mais "des petits groupes se sont ensuite éclatés", notamment en direction du ministère de l'Intérieur tout proche, adresse de Manuel Valls. D'importantes forces de police y étaient présentes, notamment en raison des Journées du patrimoine. Les manifestations place Beauvau sont rarissimes.

Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Mohamed Moussaoui a déploré cette manifestation et a appelé à "ne pas associer l'ensemble des musulmans de France à des événements marginaux comme celui-ci""Les musulmans doivent user des moyens légaux et justes pour défendre leur religion. Ce message a été relayé par les imams de mosquées lors de la prière du vendredi", a encore dit Mohamed Moussaoui. "La vraie réaction des musulmans de France, c'était vendredi, quand aucun incident n'a été déploré", a-t-il insisté.
Jusqu'alors, aucun incident n'avait été relevé en France en lien avec le petit film video "Innocence of Muslims" (L'Innocence des musulmans) qui décrit l'islam comme un "cancer" et a embrasé nombre de villes dans le monde musulman, faisant au moins onze morts.


"On n'est pas là pour brûler"


Le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, qui s'exprimait sur I-Télé, a découvert et jugé "assez grave" que des salafistes aient "réussi à mobiliser quelques centaines de personnes" à Paris. En début de soirée, une dizaine de personnes dont certains vêtus à la manière des Tablighs, restaient encerclées par les forces de l'ordre près de la place de la Concorde, tandis qu'une autre dizaine attendait qu'ils soient libérés, sans slogan ni banderole. Vers 20 heures, les derniers manifestants ont fait leur prière, encerclés par les forces de l'ordre, avant d'être à leur tour conduits dans un commissariat.
"On est venu pour redorer le blason de Mahomet. On est dans la liberté d'expression, on voulait marcher comme Gandhi. On demande un minimum de respect", a expliqué Abdelnour Karzaï, 23 ans, originaire de banlieue parisienne, évoquant une manifestation "pacifique". Il est venu "jeter un coup d'oeil après avoir vu des infos sur internet""On ne peut pas faire de caricature des grands prophètes", a-t-il fait valoir. "L'ambassade américaine, c'est juste un symbole, on n'est pas là pour la brûler", s'insurge un jeune d'une vingtaine d'années, qui a souhaité conserver l'anonymat.
Eric Chaumont, chargé de recherches au CNRS et spécialiste du droit musulman, avait jugé prévisibles des manifestations en France: "Je ne peux pas prédire si elles seront violentes ou pas. Les leaders religieux ont lancé des appels au calme, ils ne pouvaient pas faire autrement. Mais évidemment, il y a des éléments ni contrôlés ni contrôlables."
120 interpellations en Belgique
Quelque 120 personnes ont été interpellées samedi à Anvers, dans le nord de la Belgique, à l'issue d'une manifestation contre le mauvais petit film islamophobe samedi. Les manifestants lançaient des slogans hostiles aux Etats-Unis et à la gloire du prophète Mahomet, avant que le mouvement ne dégénère en bagarres avec les forces de l'ordre. Les policiers ont alors interpellé une centaine de personnes, qui ont été conduites au poste de police pour des vérifications d'identité, et devraient retrouver la liberté dans la soirée, selon la police.

Un responsable du groupuscule islamiste radical actif en Belgique Sharia4Belgium faisait partie des personnes interpellées, selon la RTBF. Les manifestants avaient répondu, comme à Paris, à des appels lancés vendredi par SMS, qui les incitaient à protester contre le film islamophobe "Innocence of Muslims".