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dimanche 4 décembre 2016

70 journalistes cassent i-télé, leur outil de travail, et puis s'en vont

La rédaction s'inflige une purge de près de 70 casseurs 

Après 31 jours de grève, le service de l'information a repris
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On reconnaît Bruce Toussaint

L'hémorragie des journalistes de la chaîne d'information s'arrêtera-t-elle ? Fin novembre, près de 70 d'entre eux promettaient de quitter i-Télé à la suite de leur longue contestation - celle d'Audrey Pulvar, Laurence Ferrari ou Aymeric Caron (2006-2008) - qui a paralysé la chaîne d'information en continu du groupe Canal+ pendant trente et un jours, ont indiqué plusieurs salariés vendredi.
 
Résultat de recherche d'images pour "adrien borne itele"Résultat de recherche d'images pour "sonia chironi i tele"Les présentateurs des matinales du week-end, Sonia Chironi (ci-contre à gauche) et Adrien Borne (ci-contre à droite, sorte de pitbull socialiste à lunettes avec l'excuse d'un traumatisme par un pédophile à l'âge de 13 ans: une raison pour être discriminant?), la responsable du web Élodie Safaris,
Résultat de recherche d'images pour "François Pinet itele"les journalistes Clément Méric (qui lâcha en direct "C'est très chiant pour l'instant" pendant un discours de Marine le Pen) et François Pinet (ci-contre, à droite, venu de France 2), notamment, avaient annoncé leur départ.
<br>Ainsi, 25 des 120 journalistes de la rédaction avaient déjà signé la rupture conventionnelle de leur contrat avec la direction de la chaîne, selon une source syndicale. 
Citons Guillaume Auda (dès août), Bruce Toussaint, Laurent Bazin, Florent Peiffer, Olivier Le Foll ou Mickaël Darmon (Sud Radio). 

Les autres négocient leur départ. 
"Il y a eu un effet boule de neige", a indiqué une salariée sous le couvert de l'anonymat." : secret de l'information ! "Ceux qui ne comptaient pas partir voient une rédaction décimée et se disent qu'ils ne pourront pas continuer", avait-elle assuré. 

Aucun remplaçant n'a encore été embauché,
car les ruptures conventionnelles prévoient un délai de rétractation de 15 jours, selon cette source. 

Restent Olivier Galzi ou Pascal Praud.

A noter que tous les départs notables ne sont pas la conséquence du changement d'actionnaire principal: Bruno Jeudy (sur BFMTV depuis la rentrée), Christophe Barbier (pour cause de conflit du fait que L'Express est détenu par Altice / BFM)

Une chaîne d'info assainie 

Depuis la reprise de l'antenne le 20 novembre, i-Télé présente une grille des programmes allégée, avec des émissions de 6 heures à 10 heures et de 18 heures à minuit, et des rediffusions de reportages le reste du temps. L'animateur controversé Jean-Marc Morandini, que les grévistes avaient désigné comme leur tête de turc en réclamant sa mise en retrait, a eu la possibilité de tourner des numéros pilotes de sa nouvelle émission, selon une source proche de la direction de la chaîne. Mais son retour à l'antenne n'est pas prévue avant l'arrivée de CNews, la nouvelle identité de la chaîne, dont la date de lancement n'est pas encore connue. 

Les départs prévus de six rédacteurs en chef et de deux chefs de service soulignent leur appartenance politique sans contre-poids. 
Résultat de recherche d'images pour "Michaël Darmon"
Résultat de recherche d'images pour "Jean-Jérôme Bertolus"De nombreux "figures" d'i-Télé avaient déjà annoncé leur départ de la chaîne, comme le journaliste politique Jean-Jérôme Bertolus ou les présentateurs Mickaël Darmon 
Résultat de recherche d'images pour "amandine bégot itélé"et Amandine Bégot, partie infiltrer LCI début novembre.

Les militants socialistes qui ont quitté l'organe de presse contre la direction duquel ils ont des a priori. Ils craignent pour leur identité éditoriale alignée sur le PS, comme les autres, ce qui interpelle sur leur volonté de pluralisme. Les grévistes réclamaient des garanties d'indépendance de leur rédaction vis-à-vis de leur actionnaire Vincent Bolloré. Ils ont obtenu la nomination d'un directeur délégué à l'information et de meilleures conditions de départ pour ceux qui ne partagent pas le projet prêté à la chaîne.  

Meneur du mouvement de grève qui a épuisé iTélé en octobre et novembre contre la direction, le journaliste Antoine Genton, ci-contre, président de la Société des journalistes (SDJ) de la chaîne d'information, a utilisé l'antenne pour annoncer son départ, le 27 novembre 2016, à l'issue d'une édition spéciale consacrée à la primaire de la droite.

  

vendredi 29 mai 2015

Front de gauche: délit de faciès de Mélenchon à l'encontre d'un journaliste

Les a priori d'un intello aigri d'extrême gauche relèvent-ils le niveau du débat ?

Voilà que les journalistes seraient des menteurs d'extrême... droite !
Prochaine tête de turc ?
Crâne rasé et... tatouages !
Jean-Luc Mélenchon attaque un journaliste sur son apparence
"Vous voulez me comparer à l’extrême droite, c’est ça ? Avec votre crâne rasé, là ?" C'est par cette agression sur le physique de son contradicteur que Jean-Luc Mélenchon exprime cette fois sa haine de ses opposants. Les multiples récidives de ses attaques contre la presse sont des marqueurs pathétiques de la marginalisation politique de l'extrême gauche. Le "bon client" des media en mal d'audimat se trouve de plus en plus souvent acculé dans ses contradictions sectaires. A la différence de Georges Marchais qui se délectait au jeu du chat et de la souris, des questions perfides et des réponses éludées, des provocations et des esquives, des coups de gueule et des indignations, l'oeil de Mélenchon ne frise pas. Si vitreux soit-il, le mépris se lit dans son regard. Il a toujours la bave au bord des commissures des lèvres. Ce tribun-là n'a que haine à la bouche. Haine du système, haine des gens, haine des journalistes. Et sa dernière piteuse échappatoire à caractère physique donne un petit aperçu de la bassesse qui habite cet esprit qui s'évertue à l'apparence de la hauteur de sa réflexion et de la dignité de sa mission.

Depuis Valls, la colère - qu'elle soit rouge ou noire - devient une méthode 

Le méprisant animateur du Parti de gauche s'est donc emporté contre son interlocuteur, jeudi 28 mai sur le plateau de "PolitiqueS" occupé par le socialiste Serge Moati, à grand renfort de manches trop grandes pour ce corps, une émission de la chaîne LCP, l'attaquant sur son look, après un échange tendu sur les rapports du député européen Front de gauche avec les journalistes. En avant-première, l'extrait a été mis en ligne, jeudi, avant la diffusion de l'émission, prévue samedi 30.

Jean-Luc Mélenchon réagissait à une question de Sylvain Chazot, journaliste du site Le Lab d'Europe 1, qui lui demandait s'il se sent en partie responsable des récentes agressions dont ont été victimes certains journalistes, notamment ceux du "Petit Journal", pris à parti lors du rassemblement du FN le 1er mai
L'équipe de trois personnes du "Petit journal" de Canal+ dit avoir été "violemment molestée" lors du défilé du FN: une "molestation" est déjà une intolérable brutalité physique en soi, mais qu'en penser si, de surcroît, elle est "violente"! Cette escalade verbale est toutefois un brin excessive si l'équipe n'en profite pas pour se faire accorder quelques jours d'arrêt maladie... 

VOIR et ENTENDRE
Jean-Luc Mélenchon stigmatiser un journaliste, au motif qu'il a le crâne rasé: 
Le journaliste "indépendant" était tout d'abord revenu sur l'altercation télévisée de Mélenchon au Grand journal du mardi 26 mai avec Jean-Michel Apathie (lequel l'a traité de "salaud"). L'ex-candidat à la présidentielle concéda alors que "peut-être que ma blague est mal tombée, je suis rude mais pas cruel". Rude certainement. Il déclare à propos des journalistes :
Ceux qui me cherchent me trouvent.(...) Non, je ne vais pas assez loin, souvent, je n'allonge pas les coups, ce serait terrible!
Une repentance après l'émission, hors micros et caméras
"Rien que votre question est une offense", s'est indigné le délicat Mélenchon, piqué au vif par la comparaison des comportements d'extrême gauche et d'extrême droite. 
L'agitateur du Front de gauche a tenté de justifier son emportement en élargissant à la violence, selon lui, des attaques des journalistes contre les politiques, en général: "Est-ce que vous ne pensez pas, vous, avoir une responsabilité, par vos pratiques, (...) votre façon de traiter toujours les dirigeants politiques comme des gens qui sont des menteurs ?"

Et d'avouer à la fin de l'extrait: "Je ne peux pas le blairer, il ne peut pas me blairer"
L'intolérant débatteur n'avait pas supporté que ce journaliste ne pose pas les questions négociées.
Selon Le Lab, Jean-Luc Mélenchon aurait fini par retrouver ses nerfs et par se montrer moins paranoïaque après l'enregistrement de l'émission, reconnaissant que Sylvain Chazot "n'avait rien de fasciste". Il a ajouté n'avoir rien à reprocher au site d'information, qu'il avait déjà stigmatisé  en 2013, le qualifiant de "proche de la droite extrême". L'extrême gauche a la haine tenace: chevillée au corps.


jeudi 15 mai 2014

France 2: "Envoyé spécial" poursuivie pour son parti-pris

"Trahis", les habitants de Grenoble s'estiment stigmatisés par France 2

L'émission "Envoyé spécial" sur la Villeneuve à Grenoble est traînée en correctionnelle ce jeudi
Elles se disent objectives
Des habitants de ce quartier sensible se disent diffamés par un documentaire qualifié d'"accumulation de clichés". Environ 200 habitants du quartier, ainsi que plusieurs conseillers municipaux, avaient tenu à assister à l'audience ou a se trouver dans le hall du tribunal de Grenoble pour dénoncer ce reportage intitulé, avant tournage, "La Villeneuve, de l'utopie à l'enferet, diffusé le 26 septembre dernier sur France 2. Finalement intitulé de manière plus soft, "Le Rêve brisé", ce reportage ne montrait que les trafics et la violence qui gangrènent ce quartier créé dans les années 1970 sur un idéal de vie communautaire, futur modèle de mixité sociale et finalement théâtre de violences urbaines en 2010. La dizaine de jeunes accusés d’avoir tabassé à mort Kévin et Sofiane est originaire de ce quartier. C'était le 28 septembre 2012 à Échirolles et la presse, à l'époque, avait largement fait l'écho à ce drame.

Un élu et des habitantes du quartier se sont succédés à la barre pour faire part de leurs griefs. "C'est un reportage qui a choisi un angle très stigmatisant, qui a choqué beaucoup de monde", a ainsi déclaré Jérôme Safar, ex-adjoint à l'ancien maire (PS) de Grenoble.

La Villeneuve de Grenoble fut le théâtre d'émeutes en avril 2010

Le documentaire dépeint cette cité expérimentale comme un quartier gangrené par la violence. La caméra est embarquée avec deux policiers membres de l’unité canine de Grenoble pour une balade nocturne dans le quartier. La bande-son est anxiogène et le spectacle, désolant: voiture en feu,  forces de l’ordre caillassées et jeunesse violente à visage découvert… Plus globalement, le tableau brossé est assez sombre : détresse psychologique de certains habitants, chômage, mères isolées plus nombreuses qu'ailleurs, des Rom chassés du quartier, trafic de stupéfiants, présence d'armes à feu…. On y voit notamment un jeune masqué tirer de nuit sur un panneau avec une arme à feu en plein coeur du parc central. "On croit voir une zone de guerre avec des images sensationnalistes, sans aucun bon côté", témoigne ainsi un habitant au journal "20 minutes".
"C'est une accumulation de clichés (...) un reportage à charge qui manque complètement d'objectivité", a fustigé Me Thomas Fourrey, avocat de l'association d'habitants poursuivant France Télévisions. Il a évoqué une "volonté délibérée de stigmatiser le quartier." 

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a lui-même reproché à France 2 un "manquement" à ses "obligations déontologiques" pour ce reportage "pas suffisamment équilibré". Le reportage était exclusivement dédié aux aspects négatifs de la cité.

'Abus de confiance' ? 

Une habitante, filmée dans le reportage, affirme avoir été "très surprise" par le montage final, qui "n'avait rien à voir avec ce qu'on avait dit". "Ce reportage nous porte gravement préjudice", a abondé Pauline Damiano, présidente de l'association d'habitants, en évoquant les "jeunes à qui on refuse un entretien d'embauche".
"C'est une caricature tellement énorme qu'on s'est dit: 'cette fois-ci, on va se défendre' ", a expliqué Mme Damiano. Ce que ne font pas encore les habitants de Marseille, pareillement montrés du doigt par les media parisiens pour les règlements de comptes de ses quartiers nord. 

Les habitants ont rédigé une pétition, écrit au CSA et au médiateur de France Télévisions et demandé un droit de réponse. "Nous, habitants de la Villeneuve, sommes choqués, blessés, indignés. Nous sommes en colère, car ce reportage ne montre qu'une face de notre quartier. Il cède à la facilité et au sensationnel. Il est tendancieux, ce qui est indigne de notre service public de l'audiovisuel. Ce reportage ruine des années d'efforts des habitants, des professionnels et des élus de notre quartier. C'est inadmissible."

"On n'a pas été entendus; on a été traité par le mépris", a estimé Pauline Damiano. Cette démarche en justice, "c'est la dernière solution pour faire entendre notre indignation", a-t-elle ajouté.
"Je ne nie pas qu'à Villeneuve, il y a des problèmes sociaux importants, des voitures qui brûlent, qu'il peut y avoir parfois du trafic. Mais Villeneuve c'est bien plus que ça", a-t-elle dit.
VOIR et ENTENDRE ce reportage de l'AFP:

Le mépris de France Télévisions


L'auteur du sujet, Amandine Chambelland, grand reporter (dans la société de production "Lignes de Mire" (sic), journaliste expérimentée qui a également collaboré aux émissions "Capital" -elle aussi tendancieuse- ou "Enquêtes exclusives") et le président de France Télévisions, Rémy Pfimlin, appelés à la barre, n'avaient pas fait le déplacement.
L'avocat de France Télévisions, Me Eric Semmel, a tenté de justifier l'approche de ses clients par l'angle unique du reportage qui était "d'aller sur le terrain pour constater un état de violence que personne ne conteste dans ce quartier de Grenoble".  Sans contrepartie pour contre-balancer cette vision unilatérale et donc partisane.

Il a par ailleurs pourfendu une "opération de communication, un défouloir". 
"Je ne pense pas qu'un prétoire correctionnel soit le bon endroit pour (...) exorciser ses sentiments", a-t-il estimé, demandant la condamnation de l'association pour ..."procédure abusive".

Le Parquet impose le silence aux victimes

Ces habitants de la cité de la Villeneuve affirment:

le reportage de l’émission de France 2 leur a porté préjudice 

"C'est presque plus un abus de confiance qu'une diffamation", a insisté la procureure, soulignant que les habitants se sont sentis "trahis" par ce documentaire.
Avec la défense, elle a pointé le "problème crucial" de la recevabilité de la constitution de partie civile de l'association qui "n'est pas citée dans le reportage et ne peut par conséquence pas être considérée comme victime directe" d'une éventuelle diffamation.

Du point de vue de la procureure, la demande de représentants de plaignants que justice leur soit rendue ne peut être entendue, du fait qu'ils ne sont pas personnellement victimes ! Les avocats, conseillers de parties civiles, le sont-ils ? On l'a donc compris, la presse est inattaquable, ne sera pas davantage inquiétée et pourra continuer à distribuer ses coups bas impunément.

A noter que l'AFP ne mentionne pas les deux rédactrices en chef d' "Envoyé spécial", Françoise Joly, diplômée (1980) de l'Institut d'études politiques de ...Grenoble, et Guilaine Chenu, journaliste spécialiste des banlieues. 
Bien que les téléspectateurs soient témoins que leurs reportages dénonciateurs plutôt que valorisants et sont donc des charges systématiques, les deux responsables assurent humblement qu'elles sont bien attentionnées. " On ne veut pas faire du tout-blanc ou du tout-noir. On essaie de s'approcher de la vérité. Rien n'a été scénarisé. Si ce reportage a été diffusé, c'est parce que nous l'avons validé, et nous ne remettons pas en cause le travail de la journaliste qui l'a réalisé." Solidarités professionnelle et syndicale !

Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 26 juin.