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mardi 24 novembre 2009

Grèves peu suivies dans l'Education Nationale, La Poste et la banque

12% à 40% dans l'Education; 15% à 30% à La Poste; 8,5% à la Société Générale Sur une partie du parcours, le cortège parisien des enseignants grévistes s'est joint pendant un temps à celui des manifestants de La Poste, qui protestent contre le changement de statut de ce service public.

Dans L'Education Nationale

Seule parmi les fédérations d'enseignants, la FSU était suivie par la FERC-CGT (essentiellement des personnels non-enseignants de l'Éducation nationale) et a appelé les enseignants à la grève pour dénoncer les suppressions de postes, la réforme de la formation des enseignants et obtenir une meilleure revalorisation des salaires des professeurs.

Querelle sur les taux de participation
Aujourd'hui mardi 24 et selon l'agence R****** qui, dans un évident souci d'objectivité, se fie aux organisateurs, le SNES-FSU, syndicat d'enseignants du second degré, et la CGT, la grève dans l'Education Nationale aurait été suivie à la mi-journée par près de 40% des personnels dans les collèges et lycées publics.
Le ministère est d'un avis sensiblement différent, mais les agences de presse sont orientées.

  • Le SNUipp-FSU a annoncé 31% de grévistes parmi les enseignants des écoles primaires et maternelles, mais le ministère n'en a compté que 13,39%.
  • Dans le secondaire, quoi qu'en pense le SNES-FSU qui a vu "près de 40% des personnels" des collèges et lycées publics en grève, les chiffres du ministère de l'Education font état de 12,26% en moyenne dans les collèges et lycées.

    Le Snes-FSU a dénoncé le "mode de comptabilisation des grévistes" qui, selon elle, "minore scandaleusement les taux de grévistes". Mais elle trouve objectif et sincère de se fonder sur la base des déclarations préalables de grève rendues obligatoires par la loi sur le service minimum d'accueil (SMA) et d'évaluer les grévistes en fonction de la consigne des 20% d'avant la grève !
    Pourquoi revendiquer jusqu'à 40% de grévistes effectifs s'ils ne sont que 20% à se déclarer ?
    La loi de 2008 sur le droit d'accueil oblige les communes à organiser un accueil des élèves à partir du moment où plus de 25% des enseignants d'une école primaire se sont déclarés grévistes. La FSU et la CGT n'ont donc pas intérêt à se rapprocher des chiffres officiels du ministère.

    Les organisations lycéennes FIDL et UNL et l'Union des étudiants de France (UNEF) étaient de la fête et se prépare à une nouvelle année festive.

    Les revendications syndicales
    Fédération anarchiste


  • Les syndicats protestent contre la poursuite des suppressions de postes, demandent une révision des réform es du lycée et de la formation des enseignants et une revalorisation des salaires.
    Le projet de budget 2010 prévoit la suppression de 16.000 postes supplémentaires l'année prochaine, ce qui porte comme prévu le chiffre à 50.000 suppressions en trois ans dans l'Education. Or, il ne s'agit pas nécessairement de postes d'enseignants et le flou artistique entretenu par les syndicats vise à alarmer les familles.

  • Le ministre de l'Education,Luc Chatel a déclaré qu'il n'était pas question de revenir sur cette orientation. "Cette politique nous permet de mettre en place la revalorisation financière des enseignants, qui est très attendue", a-t-il dit sur RTL.
    Il y aura encore des suppressions de postes en 2011, a confirmé le ministre. "Le président de la République n'a m'a pas demandé et n'a pas annoncé qu'il allait revenir sur sa politique du non-renouvellement d'un fonctionnaire sur deux".

    Dans le supérieur et la recherche, l'UNEF, SUD étudiant et les associations Sauvons l'université (SLU) et Sauvons la recherche (SLR) ont aussi appelé à des mobilisations (assemblées générales, grève) et à se joindre aux manifestations des personnels de l'Education Nationale.
    Une pluie de crédits sur le supérieur et la recherche ne peut satisfaire la chienlit.

    A La Poste

    La grève à La Poste a été suivie par 25% à 30%%, selon les syndicats, mais par seulement 15,5% des personnels, selon la direction. Elles étaient pourtant cinq fédérations syndicales de postiers (CGT, CFDT, FO, Sud et CFTC) a appeler à la grève nationale pour dénoncer le projet de loi transformant La Poste en société par actions.
    Représentent 94% des voix aux élections professionnelles, elles ont déposé un préavis de grève illimitée uniquement pour la région parisienne et limité dans le temps dans certaines régions. Les syndicalistes dénoncent notamment une recherche de gains de productivité jugée excessive avant même le changement de statut .
    "Pour beaucoup d'agents, c'est dur de perdre une journée de salaire au moment de Noël, surtout quand le salaire est très bas", a déclaré Michel Dumans, secrétaire national de FO-postes, pour expliquer cette moindre mobilisation, mais sans mettre pour autant en cause l'opportunité du mot d'ordre....

    A noter que le projet de loi sur la Poste, voté le 10 novembre par le Sénat, qui organise ce changement de statut, viendra en discussion le 15 décembre à l'Assemblée Nationale, décision prise à l'issue de la conférence des présidents. Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi a eu beau promettre qu'il n'y aurait "pas un euro de capitaux privés au capital de La poste", les syndicats avaient estimé que l'inquiétude serait mobilisatrice.
    A ce propos, France Info diffusait ce matin le témoignage d'un enseignant d'Aubagne (13) qui manifestait avec les postiers. Il déclarait que le slogan de la fermeture des bureaux de poste avait plus de chance de tirer les Français de leur indifférence. Or, Aubagne est une terre de tradition communiste qui a vécu de subventions et de solidarité nationales quand ses mines de charbons n'étaient plus rentables depuis longtemps et le militant choisi par la radio de service public était donc particulièrement fiable.

    Le porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Olivier Besancenot , employé occasionnel à La Poste, s'est prononcé pour une prolongation de la grève, sur plusieurs jours, au moins jusqu'à la journée de manifestations de samedi.
    On a le sens du service public ou pas ! N'oublions pas de boycotter les calendriers. Lire PaSiDupes

    A la Société Générale

    Tout aussi atypiques que les enseignants isolés de la FSU et de la CGT,
    8,5% des salariés de la Société Générale, selon la direction, étaient en grève mardi, cette fois à l'appel d'une intersyndicale CFDT-CFTC-CGT-FO-SNB/CGC. Ils protestaient face aux faibles hausses de salaires proposées mais ont en fait assez peu exprimé d' inquiétude sur les conditions de travail. La banque compte 60.000 salariés en France.

    Dans les négociations salariales pour 2010, l'intersyndicale demande l'intégration de la prime versée début 2009 dans le salaire, soit environ 2% d'augmentation. La direction fait, selon la CGT, du "chantage à l'emploi" en disant : "on ne peut faire plus d'autant qu'on a garanti l'emploi pour 2009".

    La direction a proposé 0,7% d'augmentation générale et un "dividende du travail" (complément d'intéressement) de 600 euros.
    Si les postiers peuvent espérer un dividende du travail dans l'avenir, les enseignants n'en rêvent même pas... On se demande donc ce qui pouvait rassembler la banque et l'enseignement dans le cortège, si ce n'est la politique.
  • mercredi 22 avril 2009

    Enseignants chercheurs: le Conseil d'Etat valide le décret Pécresse

    Désaveu des enseignants-chercheurs militants

    Le Conseil d'Etat a validé mardi 21 avril le projet de décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs, un des principaux motifs de la contestation universitaire, le mardi 21 avril.
    Le projet de loi a donc pu être inscrit à l'ordre du jour du Conseil des ministres du mercredi 22 avril. Malgré cet arbitrage, les opposants continuent à contester et dénoncer un "passage en force". Le premier ministre "fait semblant de croire que tout est réglé dans les universités", a rétorqué Jean-Louis Fournel, président du collectif Sauvons l'université (SLU). Interrogé mercredi matin sur France Inter, François Fillon a souligné le caractère "minoritaire" du mouvement de protestation.

    Deux autres décrets ont été également validés par le Conseil d'Etat

    Ils doivent être examinés par le Conseil des ministres :
    - l'un portant sur le fonctionnement du Conseil national des universités (CNU),
    - l'autre réformant les modalités de classement à l'entrée des corps de maîtres de conférences et de professeurs des universités.

    Bien que les militants enseignants-chercheurs occultent les nouveaux avantages dont le projet de loi les rend bénéficiaires, ce dernier texte permet d'engager une revalorisation par des augmentations salariales "de 12 % à 25 % en début de carrière", selon le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche. Les étudiants qu'ils envoient en première ligne de la contestation sont-ils au courant?

    Rappel des faits

    Dévoilée en octobre 2008 par la ministre Valérie Pécresse, puis transmise pour examen au Conseil d'Etat en janvier 2009, la première version du décret a été un des éléments déclencheurs du mouvement universitaire, qui porte aussi sur d'autres sujets comme la réforme de la formation initiale des enseignants du primaire et du secondaire.
    Le texte introduit la possibilité de moduler le service des enseignants-chercheurs entre cours, recherche et autres tâches. Certains enseignants-chercheurs n'ont plus vu depuis longtemps un amphi de près. Les chercheurs devront désormais transmettre leur savoir et sortir de leurs labos (s'ils le veulent bien !), dans la logique de la démocratisation de l'enseignement et de l'arrivée massive des bacheliers: plus de 80% des candidats.

    Ce projet a été réécrit lors de plusieurs séances de négociation
    , la modulation de service devenant impossible "sans l'accord écrit de l'intéressé".
    Le Snesup-FSU, syndicat disposant d'une majorité relative parmi les enseignants-chercheurs, n'a pas participé à ces discussions, mais il n'est pas le seul interlocuteur possible. On notera que la FSU fonde sa propagande sur un prétendu refus de dialogue, mais qu'elle se dérobe, tandis que les autres syndicats participent à la concertation. La FSU, relayée par la presse d'opposition, persistera néanmoins à qualifier de reculs les avancées négociées par les syndicats rivaux avec le ministère.

    Un projet re-travaillé, sans les enseignants-chercheurs radicaux
  • La FSU laisse les étudiants pour compte
    Le Sne-Sup ne connaît que la stratégie du blocage.

    Il estime que ce décret "exposera les enseignants-chercheurs aux pressions locales et à la concurrence de leurs propres collègues" et que la modulation se traduira inévitablement par l'alourdissement du temps d'enseignement de certains enseignants-chercheurs. Les étudiants ne s'en plaindront pas.Qui débloquera le Sne-Sup?
  • Le "collectif pour la défense de l'université"
    Animé notamment par le juriste Olivier Beaud, il estime que "contrairement aux apparences, l'attaque frontale contre le coeur du métier d'universitaire, son indépendance et sa liberté, n'a pas été désamorcée par la nouvelle rédaction du décret".
  • Le texte a encore été amendé et adopté

    Le projet, que refuse la FSU, a été adopté par le Comité technique paritaire universitaire (CTPU), instance consultative.

  • L'Autonome Sup, syndicat pourtant très engagé dans le mouvement, a approuvé le texte, jugeant qu'il représentait un "compromis acceptable", en particulier du fait que "l'alourdissement" autoritaire du temps d'enseignement ne pouvait être imposé.
  • L'UNSA et le SGEN se sont abstenus, mais sont sur la même ligne.
  • mercredi 11 mars 2009

    Université : 6e journée de manifestation en France

    L’agence de presse française se décarcasse pour la cause universitaire
    Plusieurs milliers de personnes (à partir de deux, çà en fait déjà plusieurs…) ont repris mercredi 11 leur modeste petit parcours dans Paris, le temps de prendre des photos. Ils ont recommencé le défilé à Paris, de République en direction de Nation, dans le cadre de la sixième journée de manifestations du mouvement universitaire entamé le 2 février.

    Il est convenu d’affirmer que le cortège comprenait beaucoup d'étudiants d'universités parisienne et d'Ile-de-France ou d'IUT, où de nulle part, puisqu’on ne leur demande pas leur carte d’étudiant. L'UNEF était pourtant fort discrète. Comme un troupeau transhumant, les moutons allaient droit devant, en suivant une banderole de tête sur laquelle on pouvait lire: "Ensemble de la maternelle à l'enseignement supérieur et à la recherche, pour la défense du service public". Longue et belle, la banderole, remarquez ! Mais qui soulignait qu’en rassemblant de 3 à 73 ans, ça aurait pu faire plus de monde...

    Nous avons droit à des commentaires volontaristes

    "Cette manifestation montre l'insatisfaction persistante du monde (la planète) de l'Education et-est une étape dans la préparation du 19" [mars], a déclaré un agrégé de lettres classiques, Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU.
    A combien de journées de grève en est-il personnellement ? Combien de journées retenues sur ses salaires ? Combien d'heures de cours ses élèves ont-ils eu? Et perdu ?
    "Nous sommes toujours sur la demande d'un report de la réforme de la formation des enseignants", a affirmé Jean-Fabbri, pour le Sne-Sup (le SNES de l'enseignement supérieur, la branche aînée de la FSU, toujours).
    Et le SGEN-CFDT, où était-il ? Il est vrai que le slogan n'était pas "Ensemble du SGEN à la CNT"...
    Dans les régions
    Tous les personnels étaient conviés à manifester partout en France à l'appel de
    - la Coordination Nationale des Universités (des non syndiqués et des représentants de l'UNSA, CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNEF, FSE et SUD),
    - d'une intersyndicale de l'enseignement supérieur et de la recherche (Snesup-FSU, SNCS-FSU, Snasub-FSU, Snep-FSU, Snetap-FSU, SNTRS-CGT, Ferc Sup-CGT, CGT-Inra, Ugict-CGT, SNPTES-Unsa, SGEN-Recherche EPST, SNPREES-FO, SUD-Education, SLR, SLU -Sauvons l’Université- et l'UNEF),
    - et de la coordination étudiante, situé par certains observateurs comme l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur comme étant "proche de l'extrême-gauche".
    Ils critiquent la réforme de la formation des enseignants et réclament un plan pluriannuel de créations d'emplois dans le supérieur et la recherche.
    Outre Paris, des manifestations auraient dû avoir lieu dans au moins 23 villes, en grande majorité dans l'après-midi, à Toulouse, Rennes et à Toulon, d’où plusieurs centaines d'enseignants-chercheurs (flou sur les chiffres) avaient annoncé leur intention de soulever Marseille à partir de 14h00.

    Intox sur les blocages

    La presse militante qui travaille par téléphone assure que les blocages se multiplient, sans préciser s’ils sont complets et intermittents ou partiels et sporadiques. Il a fallu une consigne de la coordination nationale des universités vendredi en ce sens pour que Montpellier-III vote le blocage mardi soir en assemblée générale, selon la technique démocratique du vote à main levée de quelques extrémistes; à Toulouse deux des trois universités (le campus du Mirail et Paul-Sabatier, comme d’hab) étaient perturbées mercredi; à Perpignan, l'université Via-Domitia était partiellement bloquée.
    Par ailleurs, sur 33 IUT ayant tenu une assemblée générale ce mercredi, 22 ont voté la grève reconductible. Date du prochain vote à main levée ?

    La liberté d’expression sans abus
    Les bureaux de l’agence de presse française sont parties prenantes aux troubles dans le supérieur. Selon les décomptes de l’agence militante, qui sait décidemment tout faire, au moins une quarantaine d'universités, sur 79 en métropole, seraient en grève et/ou bloquées.
    Ce chiffrage n’est pas très scientifique : d’une part 'une quarantaine', c’est quelque peu approximatif, et 'au moins', c’est un peu flou et volontariste. Or, sachant qu’à partir d’une heure de cours empêchée, la fac est partiellement bloquée…
    Citons les 7 associations, membres de la CLU
    Et dont on ne parle pas :
    - Collectif pour la Défense de l'Université, qui anime le mouvement côté juristes, autour d’Olivier Beaud (même s’il comprend des représentants d’autres disciplines)
    - Qualité de la Science Française (QSF), qui se sent exclue des négociations
    - Collectif des enseignants précaires (Papera), reçu au ministère de l'enseignement supérieur le 24 février 2009
    - Défense de l'université (majoritairement juristes)
    - SAGES (PRAG, professeurs ENSAM et PRCE)
    - Sauvons l'Université (SLU)
    - Sauvons la Recherche (SLR), qui vise à défendre le financement de la recherche française par les pouvoirs publics et dont l’un des porte-parole les plus médiatisés fut Alain Trautmann, limite hystérique.