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mardi 11 novembre 2008

Le NPA est sur « de bons rails », assure Besancenot

Les caténaires résisteront-elles mieux ?

Si les rails résistent à la gauche extrême, tant mieux !
Le langage ferroviaire convient bien aux trotskistes, mais l’actualité des sabotages de lignes du réseau SNCF, ainsi que l’éclatement du PS en six motions ennemies, nécessitent quelques soudures.

Les propos d’Olivier Besancenot apparaissent donc d’autant plus malencontreux, voire provocants, puisqu’il a affirmé dimanche que la construction du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) était sur de "bons rails". Autre similitude avec le PS, les militants restent divisés sur un nom : celui de leur prochaine tête pour les uns et celui du futur parti qui doit naître fin janvier, pour les autres. Mais le PS peut-il pourtant assurer, comme le porte-parole de la LCR : « Nous continuons de suivre notre bonne étoile" ? a cru pouvoir affirmer, pour sa part, le porte-parole de la LCR, lors d'un point presse, alors que le PS se cherche encore.

La mutation de la LCR
Lors de la rencontre de quelque 400 délégué des comités locaux pour la construction du NPA, à La Plaine-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), les débats ont porté sur le programme, l'orientation, les statuts et le nom du nouveau parti, qui doit remplacer la LCR. Son congrès de fondation est prévu du 30 janvier au 1er février 2009 à La Plaine-Saint-Denis, après le congrès de dissolution de la LCR (29 janvier).

  • Seul l’accessoire est soumis à débat
    > La question du nom du nouveau parti a suscité des débats animés et devra être tranché au congrès: "les militants sont partagés: certains sont favorables au maintien du nom NPA et d'autres souhaitent un autre nom", a résumé O. Besancenot. Les trotskistes n’auraient donc pas d’autre difficulté entre eux ? "Mais la question du nom ne doit pas nous diviser, alors que nous avons réglé les autres problèmes", assure O. Besancenot, qui affiche une sincère sérénité.
    > Alain Krivine, leader historique de la LCR, s'étonne aussi de l'intérêt suscité par le nom du futur parti: "certains camarades voudraient que le nom englobe tout le programme du nouveau parti !". On en est là…
    > Plusieurs délégués se sont prononcés, au cours des débats, pour un nom qui conjuguerait les termes "socialisme, démocratie et révolution". Plus de 200 propositions ont circulé sur le net.
    Pour calmer le débat, la direction de la Ligue semble favorable au maintien de NPA: "une solution pourrait être de maintenir provisoirement, jusqu'au congrès suivant, le nom de Nouveau parti anticapitaliste", a affirmé Pierre-François Grond, membre de la direction. Il considère que le sigle NPA est désormais bien connu et que le terme est actuel alors que "la crise du capitalisme est actuellement au centre des débats". Un nom de circonstance fera l’affaire.

    Le PS est impressionné
  • Grond a souligné que "quelque 12.000 cartes NPA ont été jusqu'à présent distribuées dans les comités locaux", mais "on compte au total sur quelque 10.000 membres au congrès de fondation", ce qui représenterait trois fois les effectifs actuels de la LCR. Ainsi donc, les cartes du NPA sont-elles distribuées, et non pas bradées à 20 euros comme au PS: on comprend dès lors que Sa Cynique Majesté Royal doive maintenant promettre de rembourser les cartes low-cost que les militants se laisseraient aller à acheter dans ses superettes.

    Menacé sur sa gauche, le PS s’émeut
  • Arrivés à la croisée des chemins, les socialistes ne savent pas comment aiguiller le parti sans provoquer des ruptures de caténaires. Désirdavenir Royal se déclare au « frigo », mais la petite lampe reste éclairée et elle intervient sans cesse sans savoir fermer la porte. Les autres courants tentent bien de la griller et aucune des questions n’est encore réglée. Ni celle du programme, ni celle du « leadership ».
  • Peu importe pour le PS que la LCR se rebaptise NPA
    Sauf si les socialistes qui fuient nombreux en direction de ce parti anti-démocratique, croient atterrir dans un parti républicain. Pourvu simplement qu’ils fassent donc d’abord étape à l’auberge espagnole de Jean-Luc Mélenchon et Etienne Dolez, Nouveau Monde, où on ne trouve que ce qu’on y apporte. C'est un ancien courant minoritaire (16 % des voix lors du Congrès de Dijon du PS), où, depuis 2002, après l'éclatement de la Gauche socialiste , Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon font leur tambouille ( motion sauce Hamon-Emmanuelli)

    Honte d’être trotskiste
    > Dans le programme du nouveau parti de la LCR, la référence au trotskisme –« image de marque » lourde à assumer– est abandonnée. Comme l’anti-libéralisme des autres, à leur droite. Il est indiqué que l'on va "prendre le meilleur dans le mouvement ouvrier", prétend l’escamoteur Besancenot. Le consensus annoncé portera sur une référence au "renversement du capitalisme pour refaire une autre société", "une transformation révolutionnaire de la société" et insiste sur la dimension écologique, souligne-t-on à la direction, avant le débat. Et ça va passer comme une lettre à la poste ?
    > Le nouveau parti se veut un parti de militants et non de simples sympathisants, mais le débat ( ?) reste ouvert sur le degré d’autonomie qui sera accordé aux structures locales.
    Pas de souci, les militants trotskistes n’ont pas, en interne, l’expérience de la liberté. Voyez le malaise de ces ados mal dans leur peau et violents qui ne veulent pas avoir à choisir de continuer à travailler -ou non- jusqu’à 70 ans.

    L’entretien des rails et la réparation de caténaires sont des travaux pénibles, il est vrai. Mais pourquoi des sabotages ?
  • PS, bombe à fragmentation

    En attendant le rassemblement, Mélenchon et Dolez quittent le PS

    La jeunesse en guise de changement
    La motion de Benoît Hamon, propulsé sur le devant de la scène socialiste par les vieux marionnettistes du PS, comme le sexagénaire Riton Emmanuelli, a atteint sa limite supérieure avec 19%.

    Echec de l’appel de la jeunesse
    Après respectivement 31 et 36 ans passés au PS et bien qu’à sa gauche aussi, les figures usagées du PS, les parlementaires Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l'Essonne, et Marc Dolez, député du Nord, n’ont pas fait confiance au Benoît Hamon dans la vitrine Emmanuelli et ils ont claqué vendredi la porte du parti pour créer une nouvelle force (hébergée par Nouvean Monde ?),"sans concession face à la droite", réprouvant une main mise social-démocrate après la victoire de la motion de Sa Cynique Majesté Royal.

    Sa Cynique Majesté Royal serait-elle facteur de division ?
    "Nous quittons le Parti socialiste", ont-ils fait savoir dans un communiqué vendredi 7 novembre au matin, quelques heures à peine après l'annonce des résultats du vote des quelque 50% de militants socialistes de la veille, qui placent Sa Cynique Majesté en tête, mais avec seulement 29%, 1/3 des votres exprimés..

    Qu’est-ce que les 19% de la gauche du PS habituée à 40% ?
    Les deux anciens soutenaient en effet la motion de Benoît Hamon.
    Mais, réalistes, ils savent que les quelque 19% que leur motion a obtenus cette fois ne fait pas le poids. La presse peut bien noyer le poisson en valorisant "le score respectable de la gauche du parti", ils savent parfaitement qu’elle ne pèse pas lourd puisque les différentes motions de la gauche du PS totalisaient environ "40%".aux précédents congrès.

    La rénovation socialiste annoncée ? Un changement dans la continuité
    Les trois motions "issues de la majorité sortante" arrivent en tête avec "80% des suffrages".
    Mais cette majorité reste partagée entre les éléphants, Delanoë, Royal et Aubry, et "l'orientation qui prédominait" est "amplifiée" par la motion de l'ex-candidate à l'Elysée, avec sa proposition d'"alliance au centre", qui en est un "concentré". Ils ne veulent pas du retour annoncé à la case départ.

    La "crise du capitalisme" ajoutée aux "échecs" de la social-démocratie européenne était pour eux une chance historique. Bien qu’avec les soutiens de la motion Hamon ils soient coupables de cette occasion manquée, ils en refusent la responsabilité et veulent rebondir ailleurs.
    Le bouillonnant sénateur et l'ex-patron de la fédération socialiste du Nord accusent donc les auteurs de leur propre motion et récusent les "arrangements" au congrès de Reims, "immense complot à ciel ouvert" auquel Hamon-Emmanuelli consentent à participer et qui doit accoucher d'une nouvelle majorité.

    Un nouveau parti au côté du NPA
    Des anciens partis naissent Des rejetsaux abords des vieilles souches.
    Pour eux, il faut un nouveau parti "bien ancré à gauche", "républicain et socialiste, sans concession face à la droite".

    Avec qui?
    Les forces anti-traité de Lisbonne acceptant "un front de gauche" aux européennes de 2009, d'abord le PCF (pour faire du neuf?) et la LCR maquillée en Nouveau parti anticapitaliste (qui, via Alain Krivine, s'est dit "ouvert", mais à condition notamment de refuser de gouverner avec les sociaux-démocrates).

  • Confiant, J.-Luc Mélenchon compte sur le parti de la rue, "le ‘parti sans murs " du non au référendum européen de 2005. Mélenchon s'était alors affranchi de la discipline de parti et avait déjà battu les estrades avec d'autres hérauts du "non de gauche", comme la sémillante communiste Marie-George Buffet.
  • Les deux hommes cite en exemple et s’inspire de la création en Allemagne de "Die Linke" par l'ancien ministre social-démocrate Oskar Lafontaine et des ex-communistes, parti qui a remporté des succès électoraux notables.

    Dans l'immédiat, leur site Internet doit être lancé, le 12 novembre, en attendant d'en dire plus sur cette "force" pas tranquille.

    Les réactions
  • Le porte-parole des députés PCF Roland Muzeau a exprimé son "vif intérêt". Tout comme son collègue communiste Patrick Braouezec
  • Pareillement, Christian Picquet, chef de file d'un courant minoritaire de la … LCR.
    Quand il s’agit d’affaiblir le PS, certains dressent l’oreille gauche.

  • En revanche, d'anciens alliés de la motion Hamon l'ont critiquée
    Ainsi, Gérard Filoche.
    Benoît Hamon
    , lui, "regrette" le départ "bizarre" de Jean-Luc Mélenchon, même si son entourage assure que "l'essentiel des troupes" du sénateur reste avec la gauche du PS.

    Mais les deux partants semblent sans crainte: "advienne que pourra!"
    Hamon
    a néanmoins décidé de se faire inviter au JT de France2 dimanche midi.

    Colmater les brèches semble une urgence absolue.