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dimanche 10 août 2014

URSS: la succession de Lénine

Staline écarte Trotski des obsèques,
puis le fait exiler et assassiner

Le 21 janvier 1924, Lénine, leader bolchevique s’éteint
 
Est-ce Staline ou Trotski qui va prendre sa place ?
La prise du pouvoir par Lénine avait donné naissance à la Russie soviétique, premier régime communiste de l'histoire. Il conduira à la création de l'URSS. 

Lénine et Staline a Gorki en 1922.
Lénine (à gauche) et Staline à Gorki en 1922
En 1917, après l'effondrement du tsarisme, les bolcheviks s'emparent du pouvoir en Russie lors de la Révolution d'Octobre. 
Au pouvoir, il usa -de façon revendiquée- de la Terreur afin de parvenir à ses fins politiques. Ainsi, Lénine est-il à l'origine de la Tchéka, police politique soviétique chargée de traquer et d'éliminer tous les ennemis du nouveau régime qu'il met en place. C'est lui qui instaure en 1919 un système de camps de travail forcé, qui précède le Goulag de l'époque stalinienne. C'est encore lui qui fait du nouveau régime une dictature à parti unique
Dès mars 1923, Lénine est définitivement écarté du jeu politique par la maladie ; il meurt en début d'année suivante. La succession de Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine, révolutionnaire, théoricien d'inspiration marxiste et homme d'État soviétique, s’annonçait délicate.
 
Staline, est un “homme d'acier” qui a fait ses études au séminaire orthodoxe de Tiflis jusqu’à l'âge de 20 ans. Mais, Trotski, principal acteur (ci-contre, à l'époque tsrariste), avec Lénine de la Révolution d'Octobre qui permet aux bolcheviks d'arriver au pouvoir, est le fondateur de l’armée rouge et de loin plus populaire. Il se montre partisan de mesures de Terreur et son action contribue à la victoire des bolcheviks et à la survie du régime soviétique. Dès lors et durant plusieurs années, il est  l'un des plus importants dirigeants de l'Internationale communiste et de l'URSS naissante.
Staline, déjà secrétaire général du parti bolchevique, ordonne de préparer des obsèques grandioses, dignes de l'Empire romain, desquelles Trotski sera absent. Il aurait pu être là si,  à un jour près, le télégramme de Staline ne l'avait pas sournoisement trompé sur la date des funérailles. Quand le fondateur de l’armée rouge reçoit à Tiflis l'annonce de la mort de Lénine, il s'informe aussitôt par télégramme de la date de la cérémonie. Staline lui répond qu'elle aura lieu le samedi et qu'il ne pourra donc revenir à temps et, que vu son état de santé, il ne doit pas changer ses projets et se rendre à son lieu de cure. Trotski resta donc à la chasse dans le Sud de la Russie. En réalité, les obsèques étaient fixées au dimanche.

Staline a mis au point le système des symboles de sa religion païenne

2009, à Saint-Petersbourg
Le mausolée de Lénine sur la place Rouge, sa divinisation, le Parti, appelé "l'ordre des chevaliers porteurs d'épée", une inquisition représentée par la police secrète, furent la concrétisation de sa réflexion. 
Ainsi se plaça-t-il lui-même au centre de l'iconostase politique, façonnant habilement la symbolique du dieu mort (Lénine), lui-même devenant le nouveau dieu vivant. Les historiens lui attribuent pourtant la responsabilité de la mort de plus de vingt millions de personnes.

Statue de Lénine décapitée dans la nuit 
du 8 au 9 décembre 2013 à Kotovsk  
Le 26 janvier 1924, au XIe congrès des Soviets, treize orateurs rendent hommage au défunt. Staline, secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique (1922-1952), parle le quatrième et son discours donne le ton. Il psalmodie un texte étrangement proche de la litanie utilisant les paroles et les rythmes propres à la liturgie orthodoxe. D’une voix faible, il s’exprime lentement car il sait évaluer les effets scéniques. Chaque mot, chaque geste laisse planer des doutes sur le sens secret de son discours qui revêt alors une signification tout à fait singulière, un sens caché, mystérieux, sinon magique.
AvantAu moyen d'intrigues et d'alliances successives avec les diverses factions du parti unique bolchevik et avec le soutien de la toute-puissante police politique, 
Après
Exemple de
censure stalinienne
Staline parvient à imposer progressivement un pouvoir personnel absolu. 
Il transforme l'URSS en régime totalitaire caractérisé par le culte obligatoire rendu à sa propre personne. Trotski s'oppose alors à la bureaucratisation du régime et à Staline en prenant la tête de l'Opposition de gauche.

Staline fait finalement chasser Trotski du gouvernement (1924, à droite) et du Parti communiste (1927), puis l'exile en Asie centrale,
avant de le bannir d'URSS (1929). Trotski entreprend alors d'organiser ses partisans, qui se réunissent en 1938 au sein de la Quatrième Internationale. En 1940, installé au Mexique (au centre, photo ci-contre), il est assassiné par un agent du NKVD sur ordre de Staline.

Le 23 aout 1939,
Staline et Ribbentrop signeront le pacte germano-soviétique à Moscou.
Ribbentrop, qui était le ministre des Affaires étrangères (1938-1945) d'Hitler, a été condamné à mort à Nuremberg en 1946 sous la quadruple inculpation de plan concerté ou complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et crime contre l'humanité

jeudi 29 mars 2012

Présidentielle: la gauche met le feu; les Français appellent Sarkozy

"La guerre des gauches", selon Ph. Tesson


La montée de Mélenchon ouvre une alternative à Hollande, selon le chroniqueur du magazine Le Point.


Mélenchon met le feu; pas certain qu'au bout du compte la violence leur profite.

Voilà Jean-Luc Mélenchon projeté au centre de la campagne

L'enthousiasme qu'a provoqué son passage à Lille mardi soir ne laisse plus de place au doute: il sera contagieux dans les quatre semaines restant jusqu'au premier tour. Le candidat des communistes masqués dans le Front de gauche va doucement vers les 15 %. Il n'est pas exclu qu'il les dépasse. A-t-il effacé Marine Le Pen et peut-il prétendre refaire son retard de quinze points et doubler F. Hollande (PS) ? La campagne du premier tour est entrée dans une phase gauche-gauche. Il va bien falloir que François Hollande cesse de tourner autour du pot. Se résoudra-t-il à descendre de son petit nuage ? Condescendra-t-il à rencontrer Mélenchon et à débattre de "révolution sociale" ?
Que faire, comme disait Lénine ?

Ou " Le Pape, combien de divisions ? " comme demandé en 1945 par Staline en réponse à Winston Churchill qui l'incitait à respecter les libertés religieuses dans l’Europe centrale occupée que l’Armée rouge. Surenchérir sur Lénine, Staline et Mélenchon, c'est vraiment difficile,  et dans la forme et sur le fond ! Lui donner des gages, c'est se couper de la gauche modérée et repousser Bayrou vers l'UMP. S'opposer franchement à lui, c'est insulter l'avenir, s'aliéner définitivement la gauche radicale et renoncer à la part des voix communistes qui pourraient le faire roi. L'ignorer, faire comme si de rien n'était, temporiser, c'est risqué, mais c'est la posture actuelle du candidat socialiste. Il ne compte pas esquiver l'obstacle; il attend qu'il s'efface sur son passage: tel est le coup de poker que veut, semble-t-il, tenter François Hollande. C'est dans son tempérament, et il n'a plus la main dans le jeu de barbichette qui l'oppose à Mélenchon.
Alors, au soir du premier tour, on fera les comptes, on additionnera les résultats de chacune des deux gauches. Le score sera sans doute honorable, aux environs de 45 %, semble-t-il. Mais les problèmes se poseront, considérables, dans la perspective du second tour, avec en toile de fond celle des élections législatives, c'est-à-dire de la majorité parlementaire.

Tout peut encore arriver

En effet, si les négociations qui s'engageront entre les deux parties  n'aboutissaient pas, la victoire de François Hollande ne serait pas assurée.

Elle dépendra du report aléatoire des voix des partisans de Mélenchon, sauf à penser que celui-ci renie ses engagements, en particulier sur le nucléaire.

Et si le PS et le Front de gauche s'entendent sur un compromis, Hollande risque également l'échec. En effet, première hypothèse : ce compromis est favorable à Mélenchon et prévoit des mesures sociales très avancées concernant, par exemple, les 35 heures ou l'âge de la retraite, et Hollande perd des voix sur sa droite. Seconde hypothèse : ce compromis est favorable à Hollande, qui perd alors des voix sur sa gauche.
Rien n'est joué à gauche

Non seulement il n'y a pas d'unité à gauche, et s'il emporte l'élection présidentielle, François Hollande aura bien du mal à gouverner.

Mais à droite Marine Le Pen peut parfaitement reprendre le dessus et Nicolas Sarkozy n'a évidemment pas tout dit. Bien loin de là !

Quant à François Bayrou, qui n'est pas propriétaire de ses voix, il trouvera la position assise entre deux chaises de plus en plus inconfortable et ses électeurs pourraient bien décider de se rendre utiles, sans lui.