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mardi 1 novembre 2011

Affaire DSK - Lettre ouverte à Anne Sinclair

Le facteur sonnera-t-il quatre fois ?

Madame,

L’affaire du Sofitel de New York a mis en lumière votre tenace détermination, votre inoxydable opiniâtreté, votre farouche volonté face au[x] défi[s] humain et judiciaire au[x]quel[s] vous avez été, et êtes encore, confrontée du fait des accusations de nature sexuelle portées contre votre conjoint. C’est du moins ce que l’on a pu lire ou entendre dans la plupart des médias, sous la plume ou au micro d’éditorialistes séduits par votre comportement « exemplaire », tant sur le plan de la « dignité » que sur celui de la « solidarité » avec ce mari en grande difficulté. En un mot comme en cent, « vous imposez le respect », selon ces bons apôtres de la pensée unique.

Difficile de ne pas faire chorus avec les divas médiatiques dans un tel concert de louanges. Et de facto la majorité de nos concitoyens a, sans sourciller, approuvé ces éditoriaux dithyrambiques, émis pour la plupart d’entre eux par vos propres amis du PAF et autres habitués des lambris et dorures de l’Hôtel de Crillon où vous partagez le couvert avec les autoproclamées « élites de la nation », membres comme vous du très huppé club du Siècle. Permettez-moi pourtant d’émettre une musique différente et, je le crains, quelque peu dissonante dans cette belle partition lyrique que l’on pourrait intituler « Ode à une femme de devoir »...

Les semaines passent et l’on découvre avec stupéfaction à quel point votre époux est englué dans les affaires sexuelles les plus diverses, et parfois les plus sordides. Un Strauss-Kahn convaincu d’avoir eu, ici une liaison avec une collaboratrice du FMI, et là d’avoir été « reconnu coupable d’une agression sexuelle », par chance prescrite, selon les termes d’un communiqué officiel du Parquet de Paris. Un Strauss-Kahn par ailleurs toujours poursuivi au civil sur le sol américain au motif qu’il aurait agressé une humble femme de ménage immigrée pour la molester et lui imposer une fellation. Cerise sur le gâteau de l’érotomanie, un Strauss-Kahn désormais cité dans une affaire de proxénétisme hôtelier comme amateur de croustillantes parties fines avec des prostituées et, last but probably not least, ami de personnalités d’ores et déjà mises en examen dans cette affaire.

On peut sans doute vous faire crédit de n’avoir pas suspecté que votre mari, profitant de sa position sociale, ait pu se livrer à des agressions sexuelles, fussent-elles présumées. Mais à l’évidence, vous ne pouviez pas ignorer ses turpitudes érotiques, au moins son goût pour les prestations des prostituées, et son insatiable appétit de « conquêtes » féminines, probablement imposé par une hyperactivité hormonale et un besoin corrélatif de domination par la possession sexuelle. Une étonnante tolérance de votre part qui fait de vous une épouse pour le moins complaisante, convenez-en. Mais peut-être, au-delà de cet amour que avez prétendu éprouver « comme au premier jour », trouviez-vous quelque intérêt à ne rien voir du comportement de votre conjoint, à ne rien entendre des bruits qui couraient ici et là dans les rédactions des médias ou dans les salons de vos amis du Who’s Who, et pas seulement sous la forme d’un venticello d’Air de la Calomnie ?

« Quel intérêt aurais-je eu à subir en silence de telles humiliations » ? m’objecterez-vous. Un intérêt certes pas financier car, héritière du marchand d’art et collectionneur Paul Rosenberg, vous êtes, de notoriété publique, à la tête d’une fortune de plusieurs dizaines de millions d’euros, principalement constituée d’œuvres d’art de très grande valeur. Un intérêt certes pas médiatique car vous étiez déjà, lors de votre mariage en 1991, présentatrice de l’une des émissions préférées des Français (Sept sur Sept) et, de ce fait, très populaire dans la population. Reste l’intérêt politique. Car Dominique Strauss-Kahn était déjà, au début des années 90, l’un des éléphants en devenir du Parti socialiste, promis à une très belle carrière en rapport avec sa remarquable intelligence, ses indiscutables capacités économiques – hélas ! mises au service du libéralisme – et une maîtrise des langues plutôt rare à ce niveau. DSK était même ministre de François Mitterrand lorsque vous l’avez épousé. Et sans doute aviez-vous d’ores et déjà de grands projets pour ce surdoué...

Si je ne doute pas un instant du carriérisme de votre conjoint, je suis en effet convaincu depuis longtemps que vous avez été son aiguillon, le moteur de cette ambition élyséenne qui l’a conduit à disputer la primaire de 2006 puis – il s’apprêtait à le faire – à briguer de nouveau cette année l’investiture socialiste à l’élection présidentielle de 2012. Dominique Strauss-Kahn aurait-il, sans votre détermination et l’irrépressible désir d’Élysée qui transparaissait sous votre apparent détachement, renoncé à son prestigieux poste de Directeur général du FMI pour se lancer dans un nouvel et très incertain affrontement politique lors de la primaire citoyenne ?

Pas sûr. Et vous devez le savoir mieux que quiconque. Il suffit d’ailleurs, pour être assailli par le doute, de se souvenir des piètres prestations de votre champion en 2006 lors des confrontations avec un Laurent Fabius, pourtant définitivement disqualifié dans l’esprit des Français par l’affaire du sang contaminé, et une Ségolène Royal combattive mais réputée moins expérimentée. Or, qu’a-t-on vu lors des débats ? Un Strauss-Kahn timoré, presque absent de la partie, et qui a très vite rendu les armes au point d’être laminé par la présidente de Charente-Poitou (65,69 % contre 20,69 à DSK, et 18,66 à Fabius). Étonnant, non ? Et aucune explication sérieuse de cette déroute, pas même dans la presse où certains éditorialistes se sont contentés d’évoquer la « désinvolture » de Strauss-Kahn. Et si, au fond de lui-même, votre mari avait, plus ou moins consciemment, saboté sa candidature, par crainte du carcan élyséen, par peur d’une présidence castratrice ?

Or, voilà que survient en 2011 une nouvelle opportunité de conquête du Graal élyséen, bien meilleure qu’en 2006 à en croire les sondages. Encore faut-il vaincre lors de la primaire citoyenne ! Un obstacle en apparence plus rude que l’élection présidentielle tant l’image de Strauss-Kahn est désormais associée au très libéral FMI. Et c’est alors que survient, le 14 mai, l’incroyable affaire du Sofitel. En neuf minutes, tous les rêves de palais présidentiel s’effondrent. Pour votre mari bien sûr, mais aussi pour vous-même qui, à son côté, aviez œuvré à ce projet depuis des années bien que vous ayez pu être régulièrement humiliée dans votre vie privée par le comportement de DSK, si l’on en croit vos propres filles. Comme quoi l’ambition exacerbée peut se révéler un puissant ciment du couple.

Personnellement, dès l’annonce de l’arrestation de votre époux, j’ai cru à un acte manqué, à une nouvelle manifestation de refus inconscient de cette présidence aux allures carcérales – si j’ose dire – pour un homme aussi exposé aux exigences de sa libido et par conséquent à un style de vie incompatible avec l’exercice du pouvoir dans la France de 2012. Deux tentatives, deux cinglants échecs ! Le premier pour cause de régime moteur insuffisant, le second pour cause de spectaculaire sortie de route. Par chance, cela s’est produit avant la primaire citoyenne, et même avant que Dominique Strauss-Kahn n’ait officialisé sa candidature.

Si tel n’avait pas été le cas, vous auriez, l’un comme l’autre, porté la terrible responsabilité du scandale qui n’aurait pas manqué de surgir tôt ou tard, soit après la désignation du candidat socialiste, soit après l’élection présidentielle et l’accession probable de votre couple à l’Élysée. En cela, votre attitude commune a été indigne et devrait vous valoir le rejet de tous ceux qui s’identifient à la Gauche, et plus largement de tous ceux qui souffrent du sarkozysme. Serge July, dans un édito sur RTL en date du vendredi 21 octobre, a estimé que, compte tenu de la vie qu’il mène, Strauss-Kahn n’aurait pas dû envisager « plus de 10 secondes » une candidature à l’élection présidentielle. Cela résume parfaitement ce que je ressens et sans doute ce que ressentent des millions de Français floués, trompés, bafoués par votre couple. J’espère que vous en avez pris conscience, vous qui avez été très largement complice, voire instigatrice, de cette pitoyable pantalonnade infligée au peuple de France.


Je vous prie d’agréer, Madame, des salutations dont je vous laisse mesurer vous-même l’empressement. [7 mn, douche comprise...]

Fergus
(source Agoravox)

jeudi 19 mai 2011

Impertinence mais auto-censure: la presse ne nous dit pas tout...

Demorand et Libé (entre autres), coupables d'auto-censure

Dans son éditorial du jour dans Libération,
Demorand donne un coup de pied dans la termitière médiatique.
Il rompt le silence complice de ceux qui connaissaient tout des turpitudes de DSK.

Titré « Cocu »
, voici comment il interpelle la profession : «
Que savaient exactement les dirigeants socialistes de la vie privée de DSK ? De son rapport aux femmes ? Estimaient-ils qu’il y avait là un problème, voire un risque politique ? Ou pensaient-ils que les communicants sauraient trouver les mots, arrondir les angles, peut-être étouffer les scandales ? Comment ont-ils reçu les propos d’une des leurs, députée PS, avouant sa peur de se retrouver seule dans la même pièce que lui ? Et ceux de la fille d’une des leurs, faisant état à la télévision d’une tentative de viol présumée ? »
Lien PaSiDupes

"
Sur cette dernière affaire, que savait exactement François Hollande, dont les journalistes Christophe Deloire et Christophe Dubois disent, dans Sexus politicus (Albin Michel), qu’il avait à l’époque réconforté la jeune fille ? Ces questions, et toutes les autres, doivent être posées et appellent désormais des réponses. Car derrière le sort personnel de DSK, derrière la crise profonde que traverse aujourd’hui le PS, c’est surtout la responsabilité politique de l’opposition qui se trouve engagée.
En démocratie, les partis n’ont pas seulement vocation à patienter en attendant d’exercer cycliquement le pouvoir. Ils ont un rôle actif : construire les alternances et les alternatives, présenter un contrat aux citoyens dont ils solliciteront le vote. Tout mettre en œuvre, en leur sein, pour désigner ou faire désigner le ou la meilleure d’entre eux, le ou la plus apte à porter le changement. Le «peuple de gauche», dont on célébrait le 10 mai dernier le rôle moteur dans l’élection de François Mitterrand, peut à juste titre aujourd’hui se sentir bien seul. En colère. Et même cocu."

Demorand et Libération omettent de balayer devant leur porte

Certes, on ne parle pas de corde dans la maison d’un pendu.
Mais avant d’aller faire le ménage chez les autres, Demorand pourrait nettoyer les placards chez lui, à Libération, pour voir s’il n’y traîne pas quelques cadavres. En clair, par exemple, vérifier si Tristane Banon n’est pas allée raconter toute son histoire à Libé juste après les faits et si les gens qui dirigeaient le journal à l’époque ne l’auraient pas jugée indigne d’intérêt.
Ce serait aussi l’occasion de vérifier si cette décision d’enterrement prise par Serge July n’a pas été validée par de très nombreux petits chefs, dont la plupart pointent encore rue Béranger.

Connivence et auto-censure vertueuses, voiles pudiques et caches-misère

L’électeur de gauche, comme le conclut prosaïquement Demorand dans son édito, a de quoi se sentir cocu. Le lecteur de gauche aussi. Et au delà de ce clivage, tous les lecteurs de la presse dans son ensemble qui néglige les faits et l'investigation au profit du débat et du commentaire et clame son indépendante en se proclamant impertinente ou insolente, alors qu'elle reste en vérité en fait piteusement classique et aseptisée.

dimanche 14 novembre 2010

Remaniement: les élucubrations des media nous gavent

Fillon est à peine reconduit à son poste que la presse se répand déjà en commentaires

Les professionnels ne prennent-ils donc jamais de repos !
L'agitation médiatique, quand il ne s'agit pas de malveillance militante, nous fatigue.
Les experts de tout poil nous saoulent de leurs révélations, supputations et élucubrations diverses et variées depuis des semaines. Ils accusent actuellement le pouvoir de nous malmener, voire de nous manquer de respect: seraient-ils donc conscients du mauvais jeu qu'ils mènent et de leur duplicité ?

Les responsables préparent la seconde partie du quinquennat; qu'on les laisse en paix !
Les politologues et décrypteurs distingués ont certes du papier journal à faire vendre et des parts de marché à sauver, mais il est parfaitement hypocrite de déclarer les Français "en attente". Il n'est pas correct non plus que la presse parle une nouvelle fois en notre nom et accuse ses concitoyens d'impatience: ils sont ou indifférents ou confiants.

Ce transfert d'angoisse est pervers
Les journalistes se livrent à des interprétations hasardeuses, qui reprises ad nauseam, créent un sentiment de grande incertitude de l'exécutif, là où il n'y a que délire médiatique sans fondements. Des experts sortis des appareils politiques lancent des hypothèses qui à force de duplication d'agences de presse en salles de rédaction sont élevées au rang de révélations, sinon de vérités. Parce qu'en fait ils ne savent rien, ils disent n'importe quoi pour occuper le terrain en ce weekend pluvieux. Plus les commentaires, pertinents ou non, seront nombreux et plus ils seront à l'aise pour se targuer d'avoir pressenti la composition finale du prochain gouvernement. Les paris en ligne se développent en France, mais les coups de poker médiatiques ne sont pas en retard.

L'ennui, c'est qu'ils vont se fourvoyer

Les media ont un goût très bourgeois de la prise de risque
En disant tous la même chose et son contraire, sans états d'âmes mais avec aplomb, ces "décrypteurs" sont assurés de n'être ni meilleurs ni pires que la concurrence.
Ils diffusent en boucle les mêmes images. Ainsi, la poignée de mains entre le Président Sarkozy et son Premier ministre sortant sur le perron de l'Elysée était-elle analysée hier soir comme un signe d'adieu à Fillon et, depuis sa reconduite aujourd'hui, comme une volonté de manipulation de l'opinion.
Les analystes n'aiment pas être pris au piège de leurs propres fantasmes politiques.

Tous adoptent la même ligne pessimiste et critique
Les media se préparent à dégommer le nouveau gouvernement, quelle que soit sa configuration. Outre qu'entre toutes les possibilités envisagées, ils l'auront nécessairement prévue, elle sera de toute façon jugée décevante et la nouvelle équipe est par avance villipendée avant même que d'être connue.
Les Français sauraient pourtant gré aux observateurs de leur donner un peu de répit et de laisser les acteurs politiques faire leur travail en cette période chargée de mutations internationales.
Mais est-ce bien l'intention de la presse militante ?
Serge July s'est d'ores et déjà fendu d'un remarquable billet d'humeur, digne en effet de Libération, dont il fut un co-fondateur. Il évoque "le coût déjà très élevé du remaniement", bien qu'il fut responsable de sa débâcle.
Dans Le Point (12/11/2010), Sylvie Pierre-Brossolette manifeste beaucoup de retenue dans ce titre d'une rare violence que ne renierait pas Marianne: "
Remaniement, du sang sur les murs".

Les commentaires des responsables politiques sont a priori négatifs

Toutes les formations politiques ont déjà lâché une petite phrase assassine
Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, un éjaculateur précoce qui n'a réussi à séduire aucune circonscription, a fustigé la "reconduction d'un Premier ministre en échec (...) par un président de la République lui-même en échec". Il n'a encore pas pu se retenir d'ajouter que "cela montre de fait que Nicolas Sarkozy n'a pas de scénario politique alternatif à la poursuite d'une politique d'austérité et de sacrifices pour les Français."
Le clairvoyant Jean-Marc Ayrault a également déchargé son venin dès le 13/11/10. " On voit très bien que c'est une opération de 'comm' pour essayer de faire de la surprise. Il y a une forme d'indécence", a-t-il sur France info. "Avoir traité les Français de cette façon en faisant une sorte de communication permanente avec des rumeurs, des bruits, 'un tel reste, un tel arrive', je trouve que ce n'est pas respecter les Français", a-t-il ajouté.
Le lendemain, il s'est fait surprendre par un micro tendu lors de son apparition dominicale sur le marché de Nantes, il s'est montré fort détaché, voire méprisant, par son indifférence.
Pour les Verts, Cécile Duflot est dépasée: "C'est une histoire avec tellement d'épisodes que l'on a perdu le sens de ce que c'était un gouvernement, c'est-à-dire mener une politique avec un Premier ministre à sa tête."
Le président du Parti radical de gauche, Jean-Michel Baylet, estime pour sa part que "la reconduction de François Fillon au poste de Premier ministre prouve, si cela était nécessaire, que le remaniement ministériel est un non-évènement." Au nom de Jean-Luc Mélenchon, Martine Billard (Parti de gauche) y voit un "règlement de comptes entre factions qui intéresse peu les Français" : "Rien ne changera sur le fond."
Olivier Besancenot (NPA, Nouveau Parti anticapitaliste) ne surprend personne non plus quand il voit dans cet événement "une mascarade et une provocation", tandis que Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, juge qu'il est "consternant". "Il n'y a vraiment rien à attendre de ce prochain gouvernement qui sera comme ses précédents, de droite, injuste à l'égard des Français et complaisant pour les puissants".
Enfin, le MoDem, par la bouche grimaçante de Marielle de Sarnez, en manque de clients, fait de la retape: "Les centristes de la majorité, qui n'ont jamais exprimé de réserve à l'égard de la politique gouvernementale, devront prendre leur indépendance s'ils veulent peser."
Dans ce concert de critiques, s'élève au centre la voix de François Sauvadet. Pour le président du groupe Nouveau Centre à l'Assemblée : "Le président de la République a fait le choix de la continuité et de la stabilité. François Fillon a toute notre confiance pour mener à bien les réformes à venir, indispensables pour l'avenir de notre pays : la réforme de la dépendance, la réforme de la fiscalité, l'emploi des jeunes. La majorité devra être unie derrière la nouvelle équipe gouvernementale pour aborder cette dernière étape du quinquennat."

Les Français seront encore longtemps "en attente" de la fin du psychodrame des media.

jeudi 25 juin 2009

Florence Rey est quitte de ses quatre crimes

Auteur de ce « fait divers », elle a pourtant été libérée dans le plus grand secret

Etudiante anarcho-libertaire et auteur d’une fusillade qui avait fait cinq morts à Paris, Florence Rey, condamnée en 1998 à vingt ans de réclusion criminelle pour "assassinats", a été libérée au début du mois de mai, selon une brève de France Info jeudi, confirmée par une porte-parole de l'administration interrégionale des services pénitentiaires.

En octobre 1994, la jeune femme, alors âgée de 19 ans, et son compagnon, Audry Maupin, membres de la mouvance dite "anarcho-autonome", après avoir volé des armes, attaquèrent la pré-fourrière de Pantin, désarmèrent les policiers et s'emparèrent d'un taxi. Il s'ensuivit une équipée meurtrière entre la place de la Nation à Paris et Vincennes, au cours de laquelle trois policiers, un chauffeur de taxi et Audry Maupin furent tués.

-> Les « anarcho-autonomes » sont en lutte pour l’autonomie du prolétariat par rapport au capitalisme et à l’État, mais aussi par rapport aux
partis et aux syndicats Il est classé non seulement …à gauche mais à gauche de l'extrême gauche.
En France, ils n’étaient généralement pas opposés à l'idée d'un
État fort, et se situaient à la confluence du mouvement (post) Internationale situationniste et ceux que l'on appelait les « militaristes », « mao-spontanéistes » issus de l'ex Gauche prolétarienne autour du journal « La Cause du Peuple », dont l'expérience donnera naissance au journal Libération avec Serge July. L’idéologie de la lutte des classes divisait la mouvance de l’intérieur où s’opposaient une faction étudiante (Normale sup', Paris Dauphine, Nanterre...), et un pôle de jeunes représentant les « nouvelles marges » de banlieue.
Les jeunes révolutionnaires estimèrent que les contradictions de la société française ne justifiaient pas la lutte armée.

-> C'est une des raisons qui a évité à la France les « Années de plomb » connues notamment en Italie et en République fédérale d'Allemagne. Ceci malgré l'aventure d'Action Directe (AD) qui a eu un impact relativement limité , bien que sanglant avec des fusillades et des assassinats.

  • Ainsi, le 21 février 1987, les principaux membres d'Action Directe, Jean-Marc Rouillan (libre un temps à Marseille), Joëlle Aubron, Nathalie Ménigon, et Georges Cipriani furent arrêtés et condamnés (outre Régis Schleicher) à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une peine incompressible de dix-huit ans, notamment pour les assassinats du PDG de Renault, Georges Besse, et du Général René Audran.

    AD est un groupe communiste libertaire terroriste issu du mouvement autonome et empruntant son nom à la théorie anarchiste de l'action directe.
    Déjà à l’époque, ils se retranchaient en France dans des communautés de squatters pour en sortir pour des casses et dans certaines émeutes. Les autonomes se mobilisent toujours également beaucoup pour la libération des prisonniers.
    Vestiges du poste frontière à Strasbourg

    Les « black blocks »
    , qui dévastèrent Strasbourg les 3 et 4 avril 2009, en marge du Sommet de l’OTAN, appartiennent pour la plupart à cette mouvance et donnèrent au Pont de l'Europe (ci-dessus) une illustration actuelle d’action directe, dans l’esprit préservé des années 70 et 80.

    Libre comme l’air

    L’assassin a été remise en liberté le 2 mai, après quinze ans de détention, pour quatre morts (outre son compagnon) : 4 ans par vie humaine retirée pour des raisons idéologiques. Florence Rey était incarcérée au centre pénitentiaire pour femmes de Rennes, mais, condamnée à la perpétuité, bénéficie ainsi des réductions de peines automatiques prévues par la loi.

    Son avocat Henri Leclerc s'est refusé à tout commentaire. "Si elle est sortie, ça ne vaut pas la peine d'en parler, parce qu'il faut qu'on la laisse tranquille", a-t-il prétendu. Les quatre innocentes victimes reposent en paix. Un peu prématurément…
    Me H. Leclerc, qui plaide toujours (bien que né en 1934), démontre qu’il est possible de travailler jusqu’à…75 ans. Mais cette figure de la Ligue française des Droits de l'Homme, dont il a été le président de 1995 à 2000, incarne surtout ce qu’il faut entendre par Droits de l’Homme.

    La prison, fabrique de criminels ?

    Pourtant, la farouche jeune femme qui avait à l’époque frappé l'opinion publique et soulevé le problème de la criminalité juvénile, serait transformée, selon une source proche du dossier citée par la radio.
    Elle serait devenue très popote...
    Travaillant comme auxiliaire à la cuisine de sa prison, elle a aussi suivi des études universitaires d'histoire et géographie.
    L’univers carcérale est-il aussi impitoyable qu’on le dit ?
  • mardi 8 avril 2008

    Les maos français sont-ils devenus pro-tibétains?

    Qui sont-ils qui se taisent aujourd’hui au passage de la flamme olympique ?
    Les groupes maoïstes en France sont nés dans les années 1960, à la suite de la rupture entre l'Union soviétique et la Chine. Fortes de plusieurs milliers d'adhérents, ces organisations - Gauche prolétarienne, Vive la révolution!, le Parti communiste marxiste-léniniste de France ou encore le Parti communiste révolutionnaire (marxiste-léniniste) - diffusent la «pensée Mao Tsé-toung», accusant le «P*C*F» (sic) de «révisionnisme».
    Elles agonisent, ensuite, du début des années 1970 au milieu des années 1980. En 1986, encore, quelques maoïstes français rencontrent à Pékin des dirigeants du PC chinois.
    Trois ans plus tard, après la répression de la place Tiananmen, leurs désaccords se transforment en rupture. Si, depuis vingt ans, il n'existe plus de maoïstes fortement structurés en France, les «ex» ne se sont pas tous perdus de vue.

    Quelques maos se côtoient régulièrement de manière informelle. Quinquagénaires, voire sexagénaires, ils militent souvent dans des associations, des syndicats ou des partis politiques, surtout chez les Verts.
    Tel n'est pas le cas des anciens maoïstes devenus célèbres, comme l’ex-petit Timonier de … Libération, Serge July, les architectes Christian de Portzamparc et Roland Castro, l'écrivain Philippe Sollers et l'ancien baroudeur de cabinets ministériels socialistes Alain Geismar.
    Moins impliqués, trois intellectuels ont néanmoins, eux aussi, fréquenté les maos dans les années soixante-huitardes: Alain Finkielkraut, André Glucksmann et le richissime héritier …Bernard-Henri Lévy.