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dimanche 15 février 2009

Guadeloupe : PC et FO refusent les efforts des collectivités territoriales

Les extrémistes du LKP refusent toutes les propositions

Un mouvement insurrectionnel mené par des révolutionnaires

Ceux qui appellent au soulè-
vement : des extrémistes du LKP
(Collectif Contre l’Exploitation, lire PaSiDupes)
Plusieurs milliers de personnes ont défilé hier après-midi, dans les rues du Moule en Guadeloupe. Or, cette commune côtière n’a pas été choisie par hasard. Le LKP donne en effet dans le symbolique, celui du “martyre guadeloupéen”, lorsque, voici 57 ans, quatre ouvriers planteurs de canne à sucre en grève avaient été tués au Moule, lors d’une manifestation pour réclamer une augmentation de leurs revenus.

La gauche républicaine débordée sur sa gauche

  • Le LKP, qui impose la grève sur l’île par la force depuis le 20 janvier, refuse les propositions salariales des présidents de la région et du département.
  • Les élus de l’opposition, le président socialiste du Conseil régional de Guade-
    loupe, Victorin Lurel, et le président (apparenté socialiste) du Conseil général, Jacques Gillot (à droite), ont appelé à un “assouplissement” de la grève générale.

    Ils ont également proposé l’octroi pendant trois mois d’une “prime salariale” de 100 euros (50 pour chaque collectivité) pour tous les salariés touchant moins de 1,4 fois le SMIC. Cette mesure pourrait concerner jusqu’à 40.000 personnes.

    Fin de non-recevoir des ultras-radicaux du PC et de FO

    Une minorité d’activistes LKP (communistes révolutionnaires, anarchistes et trotskistes) fait régner la terreur sur l’île, les travailleurs sont empêchés de travailler et l’activité économique est paralysée depuis plus de trois semaines (25e jour). La population vit sous la menace. Le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer Yves Jégo a affirmé vendredi que "l'Etat fera respecter le droit" en Guadeloupe, en dénonçant "un climat de terreur, de pression" sur certains commerçants pour qu'ils ferment leurs magasins.

    ENTENDRE : manifestation au Moule (France Info, samedi 14/02/09):
  • Refus LKP des 100 euros d’augmentation de salaires pendant trois mois proposés par les collectivités.
    Elie Domota (T-shirt blanc) prend la responsabilité de rejeter l’offre des élus socialistes d’une aide aux salaires. Il appelle en revanche à l’affrontement avec l’Etat et les patrons.
  • Le PC refuse que les collectivités territoriales financent les hausses de salaires pour moitié.
  • FO –Guadeloupe, centre du monde: « La planète nous regarde »!
    Le 17 décembre, le secrétaire général de FO-Guadeloupe, Max Evariste, prévenait que la mobilisation serait « de masse » et « la Guadeloupe ne fonctionnera pas ». Ajourd’hui, il tient le raisonnement de Christiane Taubira (Radical de gauche ): toute crise sociale Outre-Mer est intrinsèquement culturelle et identitaire.
    Le responsable FO veut profiter de l’effet Obama (ou effet d'aubaine) et faire entrer la Guadeloupe ...dans l’Histoire : le plus important mouvement social de la planète a lieu en Guadeloupe…

    Une minorité LKP impose la poursuite du mouvement.
  • samedi 14 février 2009

    La Guadeloupe contaminera-t-elle l’Outre-Mer ?

    Guadeloupe et Martinique toujours en crise, propagation possible à la Réunion

    Les élus locaux socialistes débordés sur leur gauche

    La première socialiste, Martine Aubry, assure craindre que la crise aux Antilles puisse se propager à la Réunion. Mais, tandis que les extrémistes repoussent l’offre de 100 euros pendant trois mois pour les plus bas salaires (40.000 personnes) proposée par Jacques Gillot, le sénateur-président du Conseil Général de la Guadeloupe soutenu par le député également socialiste, Victorin Lurel, Christiane Taubira (radicale apparentée socialiste) attise la crise en développant la thèse que toute crise socio-économique dans l’Outre-Mer est nécessairement sous-tendue par une revendication culturelle et identitaire.

    Le mouvement se radicalise

    Un Collectif emmené par les extrémistes du LKP (communistes dissidents, anarchistes et trotskistes) a appelé jeudi à la grève générale, tandis qu'en Guadeloupe les négociations sont au point mort et bien qu'en Martinique Yves Jégo ait mis sur la table 39 propositions.

  • Question de salaires en Guadeloupe
    Après plus de trois semaines de grève générale dénoncée par la majorité de la population tenue sous la menace, les négociations bloquent toujours en Guadeloupe sur la question des salaires. Le comité LKP, à la tête de la mobilisation, ne prétend même pas rechercher le dialogue et a décidé jeudi soir de quitter la table des discussions.
    La veille, le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer avait installé les deux médiateurs dépêchés mardi par le Premier ministre François Fillon, mais le délégué FO, méprisant, a aussitôt prétendu qu’ils avaient dû être recrutés dans le métro...
    Une manifestation est en préparation pour aujourd'hui samedi 14, alors que le mouvement ne cesse de prendre de l’ampleur, notamment en pleine saison touristique avec les personnels chargés de l'avitaillement pétrolier à l'aéroport international de Pointe-à-Pitre qui ont à leur tour cessé le travail. Yves Jégo a affirmé vendredi que "l'Etat fera respecter le droit" en Guadeloupe, en dénonçant "un climat de terreur, de pression" sur certains commerçants pour qu'ils ferment leurs magasins.

    => Affirmant que la crise en Guadeloupe est "une situation que personne n'a vu venir", Yves Jégo a réaffirmé qu'il n'avait jamais fait de promesse pour l'augmentation des bas salaires, ce que contestent les élus locaux en s'appuyant notamment sur un message du secrétaire d'Etat et un entretien. "Je n'ai jamais fait de promesse sur l'augmentation des bas salaires, ce n'est pas un ministre qui augmente les salaires dans une entreprise", a-t-il dit. "Je n'ai jamais évoqué dans les négociations les salaires, le montant des salaires".

    => Les négociateurs du LKP veulent imposer un préalable à la reprise de la discussion. Ils exigent que l'Etat co-signe le pré-accord élaboré le dimanche 8 février avec le patronat.

  • En Martinique
    En Martinique, la grève dure depuis huit jours et Yves Jégo a présenté 39 propositions qu'il a soumises au collectif intersyndical "du 5 février", qui proteste "contre la vie chère et pour l'emploi".

    Le collectif dit "du 5 février", à l'origine de la grève , a relevé vendredi "trois avancées notables" de la part du secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer:
    -> "la baisse supplémentaire du carburant" (8 centimes pour l'essence et 10 pour le gazole),
    -> "le versement d'une prime exceptionnelle" de 200 euros en avril aux 50.000 foyers martiniquais aux plus bas revenus,
    -> et enfin, comme en Guadeloupe, l'anticipation à 2009 du Revenu de solidarité active (RSA). Cette dernière mesure s'appliquera aussi en Guyane et à la Réunion.

    Non négligeables, mais souvent occultées par la propagande,
    -> la hausse de 20% des aides à la restauration scolaire,
    -> et une mesure allégeant le loyer restant à la charge des titulaires de l'allocation logement.
  • La Réunion plonge peu à peu dans la crise.
    Désormais, le mouvement de mobilisation contre la "vie chère" gagne néanmoins la Réunion où un collectif a appelé à son tour à la grève pour le 5 mars prochain.

    Le Collectif des organisations syndicales, politiques et associatives de la Réunion a arrêté une liste de quatre "mesures immédiates" pour lesquelles il compte "mobiliser la population". Composé de 25 organisations (contre 13 lors de sa constitution mardi), le Collectif rassemble les principaux syndicats de l'île (CGTR, CFDT, CFTC, FO, FSU, UNSA), les partis politiques de gauche (PCR, PS, Parti de gauche et, bien sûr, NPA, LO) ainsi que des associations anti-libérales (dont ATTAC, Agir contre le chômage, etc.).

    Les revendications portent sur
    -"une augmentation de 200 euros nets sur les salaires,
    - les minima sociaux,
    - les retraites
    - et les bourses étudiantes".

    Il réclame encore
    - une "baisse de 20% des produits de consommation courante",
    - un "gel des loyers sociaux" et,
    - enfin, une "baisse de 5 euros sur la bouteille de gaz".
    Avec 750.000 habitants, la Réunion est le plus peuplé des quatre départements d'outre-mer.