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mercredi 11 mars 2020

Coronavirus: Belloubet, Riester et Véran dépistés, alors que le test n'est plus systématique

Deux poids, deux mesures en faveur de l'exécutif....

Belloubet, Franck Riester et Olivier Véran ont-ils pu être dépistés, alors que le test n'est plus systématique ? 

Ont-ils bénéficié d'un passe-droit ?
Les malades qui ne présentent que des symptômes légers, comme c'est le cas des trois membres du gouvernement, ne font plus systématiquement l'objet d'un dépistage. Matignon se défend au prétexte que tous trois ont été en contact avec des malades avérés.

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a-t-elle psychotté ? Elle a en effet été "testée négativement" au nouveau coronavirus Covid-19, et l'a fait savoir mardi 10 mars, au lendemain de l'annonce de la contamination du ministre de la Culture, Franck Riester, qui s'est placé en quarantaine.
Riester est-il un dommage collatéral de la cérémonie des César? Lundi, le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait également expliqué avoir été testé, avec un résultat négatif. Ni Belloubet, ni Véran n'était présent à la remise des prix, mais n'ont-ils donc pas confiance en l'efficacité des mesures prises en Conseil des ministres? 

Ces ministres ont-ils bénéficié d'un traitement de faveur?

C'est la question légitime que se posent de nombreux Français, notamment les patients: les personnes qui ne sont pas gravement malades ne font plus systématiquement l'objet d'un test à ce stade de l'épidémie. Alors pourquoi eux? Matignon se défend de tout régime spécial: "Les règles de protection et les mesures à prendre en cas de contamination sont les mêmes pour les ministres que pour tous les Français." Il fallait (oser) le dire...

Traitement différencié pour les "cas possibles" de contamination
C'est la porte ouverte aux discriminations et à la subjectivité. Aujourd'hui, les tests sont appliqués aux cas de contamination possible. Mais, pour être considéré comme tel, présenter des symptômes du Covid-19 ne suffit pas. Selon la définition établie par Santé publique France, il faut également avoir voyagé dans une "zone d'exposition à risque", en France ou à l'étranger, dans les quatorze jours précédents, avoir eu un "contact étroit" avec un cas confirmé ou présenter des symptômes graves.
Dans les zones "où la diffusion du virus est très active", comme l'Oise ou le Haut-Rhin, les agences régionales de santé (ARS) peuvent même choisir de ne tester que les patients dont l'état est "sévère" et les pensionnaires d' "établissements médico-sociaux", explique le site du gouvernement.
Matignon affirme que seuls les ministres "qui ont des symptômes et qui ont eu des contacts avec des malades avérés sont testés". 
Or, Olivier Véran est allé dans l'Oise, pour rassurer...
a expliqué, sur BFMTV, avoir été testé "parce qu['il] avai[t] [lui]-même un petit début de rhume, et qu['il est] allé dans plusieurs endroits où circule activement le virus, notamment dans l'Oise". Une zone à risque, selon les critères de Santé publique France. Le test a déterminé qu'il n'était pas porteur du virus.

Les trois ministres en question correspondent-ils à ce profil ? 
Franck Riester aurait été "en contact" avec un malade. Dès vendredi sur Facebook, le ministre de la Culture a expliqué pourquoi il craignait d'être contaminé : il ne présentait alors aucun symptôme, mais deux cas avérés venaient d'être détectés à l'Assemblée nationale. Or, Franck Riester venait de fréquenter le Palais-Bourbon "pendant quatre jours" pour présenter un projet de loi sur l'audiovisuel. "Il a été en contact avec quelqu'un de malade à l'Assemblée", confirme son conseiller en communication, Ludovic Guillot.
En fait, une semaine plus tôt, il était aux César... 

Le ministre a alors suspendu sa participation à la campagne des municipales à Coulommiers (Seine-et-Marne), où il est tête de liste. Il a ensuite développé des symptômes, "une fièvre modérée", a-t-il expliqué lundi, ce qui l'a poussé à demander un test. Il remplissait alors les critères d'un cas possible. "Je ne me suis pas fait tester par précaution sans symptômes", a-t-il assuré. Son conseiller affirme que le médecin de Franck Riester lui a assuré qu'il n'avait pas été contagieux plus de 48 heures avant son diagnostic - donc le samedi 7 précédent - , une période durant laquelle il n'a pas été en contact avec d'autres ministres.
Or, le délai entre la contamination et l'apparition des symptômes est estimé à 5 jours, ce qui nous amène au dimanche 1er février. Et la cérémonie des César a eu lieu le vendredi précédent...
, Nicole Belloubet, elle 

Mardi soir, la ministre de la Justice a annoncé avoir été "testée négativement" au Covid-19. 
Avant cette annonce, Matignon a inclus implicitement la ministre de la Justice parmi ceux "qui ont eu des contacts avec des malades avérés", sans pour autant, transparence mise à part, livrer davantage de détails. La semaine passée, la garde des Sceaux s'était rendue à l'Assemblée pour les questions au gouvernement, mais on ignore si elle a été en contact avec les cas détectés – désormais cinq députés et deux membres du personnel. Si "ON" ne sait pas, en revanche, Belloubet doit bien le savoir, ce qui interpelle sur la traçabilité effective du virus...  

Si l'exécutif et sa presse institutionnelle dissimulent, sur qui peut-on compter pour élucider cette série de mystères et lever les doutes sur les versions officielles ?
La thèse des milieux proches de Macron met en cause les députés contaminés: les six contaminateurs potentiels sont deux élus LREM (Guillaume Vuilletet, EELV proche de Rugu, et Michèle Victory, suppléante d'Olivier Dussopt, membre du gouvernement), deux socialistes et deux députés Les Républicains (Jean-Luc Reitzer et Elisabeth Toutut-Picard, laquelle avait échappé au glyphosate) . Aucun n'est un Insoumis...   

dimanche 8 mars 2020

Plus de 100 avocates dénoncent les féministes accusatrices publiques aux César de Roman Polanski

Les avocates dénoncent "le triomphe du tribunal de l'opinion publique" agresseur de la présomption d'innocence

"Roman Polanski a été visé par plusieurs accusations publiques, parmi lesquelles une seule plainte qui n'a donné lieu à aucune poursuite", écrivent les signataires. 

Dans une tribune publiée dans Le Monde, dimanche 8, 114 avocates pénalistes se revendiquant "féministes" réagissent à la "véhémente polémique qui a suivi la 45ème cérémonie des César", où Roman Polanski, accusé de viol, a reçu l'un des prix les plus prestigieux pour son film 'J'accuse', il y a dix jours. "On se pique d'avoir à le rappeler, mais aucune accusation n'est jamais la preuve de rien", écrivent-elles.

"La véhémence polémique qui a suivi la 45ème cérémonie des César nous oblige, nous qui sommes tout à la fois femmes, avocates et pénalistes." Dans une tribune publiée dimanche dans Le Monde, ces femmes juristes se démarquent des harpies qui ont détourné cette fête du cinéma français à des fins personnelles et catégorielles mais ont été désavouées par l'ensemble de la profession: organisée par l'Académie des arts et techniques du cinéma, présidée par le réalisateur Claude Lelouch et présentée par l'amuseuse publique Florence Foresti, la cérémonie de remise des prix est l'aboutissement de plusieurs scrutins ouverts aux professionnels du cinéma, soit 4.509 membres, dont 4.225 membres votants, issus de différents métiers du cinéma et répartis sur 10 collèges. Les nominations et les récompenses sont le résultat d'un long processus démocratique qui devrait inspirer aux totalitaires le respect et la modération.

Les féministes avaient tenté un coup de force.
Quelques semaines avant cette 45e cérémonie, une polémique avait éclaté avec la contestation, le 13 janvier, d'une décision d'Alain Terzian, le président, qui refusa la participation de Virginie Despentes et Claire Denis, réalisatrice sans public, choisies par des acteurs et actrices comme marraines, parallèlement aux officiels, au dîner des Révélations des César. 
Auteure d'une nouvelle sur l'érotisme féminin et d'ouvrages porno, Despentes est une écrivaine qui a bénéficié d'un succès de scandale avec son roman Baise-moi ... Après avoir vécu en couple avec un philosophe espagnol au look de dragking, né femme nommée Beatriz, puis Paul B. Preciado, et féministe, queer, transgenre et pro-sexe, occasion pour Despentes de révéler sa propre homosexualité, en 2005, l'écrivaine française a été membre de l'académie Goncourt pendant quatre ans (2016-2020) jusqu'à sa démission. Dans un texte intitulé " déclarer la grève des utérus", il appelle les femmes à "[s'affirmer] en tant que citoyens entiers et non plus comme utérus reproductifs. Par l’abstinence et par l'homosexualité, mais aussi par la masturbation, la sodomie, le fétichisme, la coprophagie, la zoophilie... et l'avortement" et à "[ne pas laisser] pénétrer dans nos vagins une seule goutte de sperme national catholique."Dans Les Inrockuptibles le 17 janvier 2015, dix jours après le massacre à Charlie Hebdo elle écrit : "J’ai aimé mon prochain pendant quarante-huit heures. [...] J’ai passé deux jours à me souvenir d’aimer les gens juste parce qu’ils étaient là et qu’on pouvait encore le leur dire. J’ai été Charlie, le balayeur et le flic à l’entrée. Et j’ai été aussi les gars qui entrent avec leurs armes. Ceux qui venaient de s’acheter une kalachnikov au marché noir et avaient décidé, à leur façon, la seule qui leur soit accessible, de mourir debout plutôt que vivre à genoux [?? Sur quelles bases s'appuie-t-elle pour affirmer cette énormité?]. J’ai aimé aussi ceux-là qui ont fait lever leurs victimes en leur demandant de décliner leur identité avant de viser au visage. J’ai aimé aussi leur désespoir. [...] Je les ai aimés dans leur maladresse – quand je les ai vus les armes à la main hurler "on a vengé le Prophète" [parce qu'elle est croyante?] et ne pas trouver le ton juste pour le dire. [...] Jusque dans leur acte héroïque, quelque chose qui ne réussissait pas. [...] Il y a eu deux jours comme ça de choc tellement intense que j’ai plané dans un amour de tous." Le 5 juin 2015, elle avait été faite membre du jury du prix Femina et, le 5 janvier 2016, date anniversaire des massacres islamistes elle était élue à l'académie Goncourt. Marie Dabadie - qui produira notamment le seul documentaire consacré à l'écrivain Jean Genet - est alors la secrétaire de l'Académie et Bernard Pivot, président. Qui sont les responsables de la montée en puissance de Despentes, de son arrogance et de ses dégâts ?Après la cérémonie des Césars 2020 marquée par le départ de l'actrice féministe Adèle Haenel, suivie de sa compagne, la réalisatrice Céline Sciamma, Virginie Despentes signe le 1er mars une tribune de soutien à l'actrice militante dans Libération . Ce texte, reprenant le geste d'Adèle Haenel ("Désormais, se lève et on se barre"), ajoute l'abomination au scandale. Certains reprochent à cette tribune sa condamnation sexiste des hommes à partir du cas Roman Polanski et... les "riches" : "Le temps est venu pour les plus riches de faire passer ce beau message: le respect qu'on leur doit s'étendra désormais jusqu'à leurs bites tachées du sang et de la merde des enfants qu'ils violent.", écrit notamment la protégée des prix littéraires français.
Les fauteuses de troubles se sont fait connaître pour ce qu'elles sont.
Les critiques fusent, Terzian regrette son attitude mais, le lendemain, le soir du dîner des Révélations, plusieurs acteurs et réalisateurs, dont Cédric Klapisch, Michel Hazanavicius et Marina Foïs, refusent "qu’il y ait des artistes désirables et indésirables" et dénoncent "des agissements discriminatoires indignes", ainsi qu' "un fait du prince" dans l’organisation des activités de l'Académie : les fadaises habituelles ! Alain Terzian présente alors ses "sincères excuses", mais maintient qu'il n'a pas à se justifier.

Dans le Journal du Dimanche, le 9 février, Terzian promet de féminiser et de rajeunir l'Académie d'ici un an, le conseil d’administration ne comptant que 28,5 % de femmes, l’assemblée générale 17 % et la moitié des membres étant composée de septuagénaires ou plus. Mais la fronde est tenace et le lendemain, dans une tribune parue le 10 février dans Le Monde, 400 personnalités du cinéma - toutes politiquement engagées notamment contre le FN -  dont le fils de... Jacques Audiard, réalisateur d''Un prophète', "roman d'apprentissage" filmé qui raconte l'ascension d'un jeune délinquant d'origine maghrébine, Bertrand Tavernier, Omar Sy, Michel Hazanavicius, Agnès Jaoui et Marina Foïs, réclament une "réforme en profondeur" de l’Académie des César : il lui est reproché des "dysfonctionnements", "une opacité des comptes" qui ne sont plus publiés, et des statuts qui "n’ont pas évolué depuis très longtemps" et qui reposent toujours sur la "cooptation" .
Le 12 octobre 2017, Omar Sy a traité Eric Zemmour de "criminel" et Anne-Elisabeth Lemoine de "teubée" [bête]. Au micro de Philippe Vandel sur Europe 1 le 17 octobre 2017, Eric Zemmour, a révélé qu' " ici-même Omar Sy a demandé qu'on ne m'invite plus et m'a traité de criminel. Je veux simplement lui signaler qu'un criminel, c'est quelqu'un qui a commis un crime. Je sais bien que de Trappes à Hollywood il n'a pas eu le temps de maîtriser la langue française. Je pourrais l'attaquer en justice pour diffamation. Des criminels, il en a côtoyé si j'en crois les médias puisqu'il était très ami avec Monsieur Weinstein". "C'est lui [Weinstein] qui a contribué au succès d'Intouchables aux Etats-Unis; c'est lui qui m'a présenté à mon premier agent," a avoué Omar Sy, qui sait que son incroyable notoriété outre-Atlantique est en partie due au travail d'Harvey Weinstein, en procès pour agressions sexuelles et viols en série. Omar Sy décide courageusement d'arrêter aussitôt  la promotion du film Knock et de se retirer de la scène médiatique... 
Le 13 février, l'Académie annonce la démission collective de son conseil d'administration et promet son "renouvellement complet" et sa ré-organisation, la productrice Margaret Menegoz - directrice de la société Les Films du Losange (catalogue de plus de 100 films, comprenant Eric Rohmer, Barbet Schroeder, Roger Planchon, Jacques Rivette, et plus récemment des réalisateurs tels que Michael Haneke, Jacques Doillon, Romain Goupil, Jean-Marc Moutout et Philippe Claudel, qui ne sont pas connus pour leur modération politique) et membre du bureau sortant, assurant l'intérim jusqu'au 20 avril.

Polanski "n'est pas coupable"

Les accusateurs-trices publics piétinent le principe de présomption d'innocence.
"On se pique d'avoir à le rappeler, mais aucune accusation n'est jamais la preuve de rien : il suffirait, sinon, d'asséner sa seule vérité pour prouver et condamner", réagissent ces avocates, issues de tous les barreaux de France. "Roman Polanski a fait l'objet de plusieurs accusations publiques, parmi lesquelles une seule plainte, qui n'a donné lieu à aucune poursuite : il n'est donc pas coupable", soulignent ces pénalistes féministes, précisant que Samantha Geimer, qui accuse le réalisateur de l'avoir violée quand elle avait 13 ans, demande que la procédure soit close.

"Il ne s'agit pas tant de croire ou de ne pas croire une plaignante que de s'astreindre à refuser toute force probatoire à la seule accusation : présumer de la bonne foi de toute femme victime de violences sexuelles reviendrait à sacraliser arbitrairement sa parole, en aucun cas à la 'libérer'", écrivent les signataires.

"Le doute doit obstinément profiter à l'accusé"
S'appuyant sur leur exercice, ces avocates affirment qu'il est "faux d'affirmer que l'ordre judiciaire ferait montre aujourd'hui de violence systémique à l'endroit des femmes, ou qu'il ne prendrait pas suffisamment en considération leur parole". 
"Nous constatons au contraire, quelle que soit notre place à l’audience, qu’une inquiétante et redoutable présomption de culpabilité s’invite trop souvent en matière d’infractions sexuelles. Ainsi devient-il de plus en plus difficile de faire respecter le principe, pourtant fondamental, selon lequel le doute doit obstinément profiter à l’accusé", insistent ces juristes.

"Tweets après tweets, hashtags après hashtags, ce que nous sentons monter à de quoi alarmer tout authentique démocrate, et nous alarme d’autant plus que nous en percevons déjà les méfaits : le triomphe du tribunal de l’opinion publique", concluent ces "sopranos du barreau", selon leurs propres termes. 
"Nous sommes féministes mais nous ne nous reconnaissons pas dans ce féminisme-là, qui érige une conflictualité de principe entre hommes et femmes."

samedi 7 mars 2020

Cérémonie des César: les féministes totalitaires ont saccagé le monde du spectacle

Les sexistes en jupons s'aiment-elles trop entre elles?

Adèle Haenel fédère les amazones lancées dans leurs règlements de compte : Osez le féminisme! et Les Indigènes ne sont pas loin...
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Ce n’est plus une grande famille mais les Atrides. Qui sera l'Athéna qui mettra Adèle au placard et un terme au cycle de violences ? Les réactions de Lambert Wilson, Fanny Ardant ou Emmanuelle Seigner suffiront-elles à laver le cinéma des immondices déversés par la féministe lesbienne Virginie Despentes, porteuse malsaine de haine sexiste déversée sur l'oeuvre magistrale du cinéaste franco-polonais,  'J'accuse',  film sur l'affaire Dreyfus auquel les votes des professionnels ont attribué 12 nominations aux César et ont confirmé ensuite avec la récompense suprême lors de la 45e cérémonie des César.  
Encouragée avec deux César (qui n'ont fait aucune carrière, 2014 et 2015) attribués par une profession qui se croit investie de la mission de changer le monde et aveuglée de défense des droits des femmes et de laïcité, notamment, Adèle Haenel, 1,75m, accuse d'attouchements et de harcèlement sexuel le réalisateur qui l'a faite à 15 ans, alors que ses parents la laissaient en sa compagnie dès l'âge de 12 ans.
Chacun a choisi son camp, celui du talent ou celui du militantisme, sans se soucier d'authenticité, ni de parti-pris. Une cabale visant l'homme et l'oeuvre dans une campagne médiatique sans discernement et des pressions sur les votants laissaient augurer une cérémonie des César houleuse, vendredi 28 février, et une remise des prix en forme de règlements de comptes. Or, la profession a voté massivement pour l'oeuvre, 'J'accuse', et le réalisateur, Roman Polanski, dans un même César de la meilleure réalisation. Adèle Haenel et sa compagne, Céline Sciamma, étaient ainsi désavouées par leurs pairs et quittaient la salle dans le silence réprobateur de l'assistance indifférente. 
Adèle Haenel se targue d'avoir "beaucoup manifesté pendant [ses] années lycées contre le CPE et la loi Fillon", d'avoir participé, en 2016, à Nuit debout, place de la République à Paris, et d'avoir soutenu, en février 2018, la création du collectif "5050 pour 2020" lancé  par l'association Le Deuxième regard (réseau qui vise à débusquer les stéréotypes de genre, ainsi que certaines déterminations de sexe ou de classe dans le cinéma), collectif militant pour la parité hommes et femmes dans le cinéma (leur charte est signée le 10 octobre 2013 par des socialistes, dont Aurélie Filippetti, alors ministre de la Culture, Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre des Droits des femmes, et Frédérique Bredin, présidente du Centre national de la Cinématographie, et Véronique Cayla, ex-directrice générale du Festival de Cannes, en tandem avec Thierry Frémaux, délégué artistique, du président Gilles Jacob, actuelle présidente d’Arte France, pôle français de la chaîne franco-allemande, qui déclare à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique exercer des activités de lobbying en France), dans le sillage de l'affaire Weinstein pour  "dépasser le seul sujet des violences sexuelles" et "avancer sur des mesures concrètes".
En mai 2018,
Haenel signe une tribune publiée dans Le Monde, encourageant à défendre... la ZAD de Notre-Dame-des-Landes en tant que "lieu réel qui lutte pour construire des imaginaires".
En février 2020, à la veille de la cérémonie des César, dans un entretien avec... Mediapart consacré à ses accusations contre le réalisateur Christophe Ruggia,
elle  dénonce la présence au gouvernement 
de Gérald Darmanin, ministre de Macron en charge des comptes publics et "qui a été accusé par différentes femmes d’agressions sexuelles et d’abus de faiblesse".
Mais si les professionnels du cinéma distinguent l'homme de l'oeuvre, les militantes mêlent, quant à elles, combats féministe et LGBT : les premiers respectent l'oeuvre et les secondes, s'instaurant en accusateurs publics du réalisateur franco-polonais, bafouent le principe de présomption d'innocence, pour des accusations de viol (poursuivi mais non jugées par la justice américaine), sans corrélation avec la starlette mineure dont les parents autorisaient la fréquentation du réalisateur français. 

Les activistes féministes du septième art cassent leur outil de travail et mettent le feu au microcosme du cinéma et de l'édition

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Les regards se détournent de la fauteuse de troubles déjugée
Au point qu’au-delà de la salle Pleyel, une semaine après la grande scène théâtrale de la sortie de l’actrice hystérique Adèle Haenel, 31 ans (qui continue de préférer les partenaires plus âgé-es), et de sa compagne réalisatrice Céline Sciamma, 41 ans, les violons du 'Bal des Vampires' continuent.

Fanny Ardant a ouvert la longue série des soutiens au réalisateur de 86 ans. Récompensée du César de la meilleure actrice dans un second rôle, la comédienne a pris la défense du cinéaste à l’issue de la cérémonie. "J’aime beaucoup Roman Polanski, donc je suis heureuse pour lui", avait-elle confié, se moquant bien de choquer les ligues féministes. "Je n’aime pas la condamnation", a-t-elle insisté, entendant bien défendre "cet homme seul contre tous", qui est "comme la famille". "J’ai envie de lui apporter une chaleur", avait poursuivi celle qu'ont fait tourner Alain Resnais, Costa-Gavras ou Ettore Scola, s’attirant les foudres de jeunes consœurs.

Le lynchage est une forme de pornographie 
"Face à celles et ceux qui saturent [les] comptes Facebook et Instagram d’insultes sur Fanny Ardant", Nicolas Bedos et Carla Bruni ont tenu à se ranger aux côtés de l’actrice, déjà en froid avec les journalistes, "laquais de l'Amérique" et soumis à "la pensée unique" (déclaration de janvier 2017 sur le plateau de l’émission 28 minutes... d'Arte). L'humoriste et réalisateur de 'La Belle Epoque', récompensé notamment du César du meilleur scénario original, reproche aux agresseurs de Fanny Ardant de voir dans sa solidarité avec Polanski de "l’aveuglement et de l’indécence". Lui n’y perçoit qu' "humanité et décence" dans la déclaration de l'actrice fétiche de François Truffaut, dont elle est la dernière compagne, jusqu'à sa mortLa chanteuse et épouse de Nicolas Sarkozy a tenu aussi à défendre Fanny Ardant (soutien de la communauté Rom en Europe) et sa "liberté de pensée".
Isabelle Huppert a fini par suivre Fanny Ardant. Pressée de questions par Laurent Delahousse sur le plateau du 20h30 de France 2la comédienne a pris parti en citant William Faulkner "le lynchage est une forme de pornographie".

Le réalisateur de 'J’accuse' reçoit le soutien unanime de son équipe.
Au lendemain de la cérémonie des César, Jean Dujardin, absent de la soirée comme l’ensemble de l’équipe de 'J’accuse', a tenu à défendre sa cause et le film contre les "folles hystériques" dénoncées par Emmanuel Seigner. 
Sur Instagram, le partenaire d’Adèle Haenel dans 'Le Daim' a publié une photo de lui sur un tapis roulant d’aéroport, masque de protection au visage dans la position d’OSS 117. Il écrit sous le coup de la colère: "Je me casse, ça pue dans ce pays." Avant de supprimer son post.

Outre ses comédiens, le réalisateur franco-polonais, a pu compter sur le soutien inébranlable de sa famille. 
Révélée par Jean-Luc Godart, Emmanuelle Seigner, 53 ans, la compagne de Roman Polanski riposte aux attaques contre le cinéaste. Dans une publication sur Instagram (effacée depuis), cette petite-fille du comédien Louis Seigner (1903-1991) et nièce de la comédienne Françoise Seigner (1928-2008), tous deux sociétaires et doyens de la Comédie-Française, enjoint les détracteurs de son époux "d’arrêter de [le] faire chier", dénonçant des accusations basées "sur des mensonges de folles hystériques en mal de célébrité". Enfin, Mathilde Seigner, sœur d’Emmanuelle Seigner, conclura d'une observation-condamnation : "Quand le suffrage du vote l’emporte sur la vox populi..."

Elle a également repris le tweet de Brigitte Bardot en soutien à Roman Polanski - "Heureusement qu'il existe !"- en ajoutant : "Vive Roman et merci de respecter sa femme et ses enfants"

La prestation décriée de Florence Foresti, hurleuse avec les loups.
La comique ne fera pas carrière de caméra thermique au ministère de la Santé en période d'épidémie de coronavirus... Bien que maîtresse de cérémonie à 130.000 euros la soirée, la 'mother fucker' a osé se déclarer "écœurée", pensant avoir pris la température du public. Réalisant son erreur de jugement, celle qui par contrat devait revenir sur scène après le prix de Roman Polanski, a perdu ses nerfs, insultant son entourage et le chassant de sa loge en état d'hystérie avancée. Elle aussi reçu de vives critiques.

Lambert Wilson a été l’un des premiers à désapprouver la grossièreté de l’humoriste. 
"Je parle de gens que j’aime énormément, mais oser évoquer un metteur en scène en ces termes… Parler d’Atchoum [l'un des Sept Nains], montrer une taille… Et en plus, qu’est-ce qu’on va retenir de la vie de ces gens par rapport à l’énormité du mythe de Polanski? Qui sont ces gens ? Ils sont minuscules", s’est-il insurgé sur franceinfo.

Patrick Chesnais partage cette indignation, dénonçant à son tour une "prestation pathétique et nauséabonde" de la maîtresse de cérémonie.

Frédéric Beigbeder n'a pas ménagé les ayatollahs du féminisme. Au micro d’Europe 1, il a comparé Florence Foresti et ceux qui sont montés sur scène à "une meute de hyènes en roues libres", taclant une maîtresse de cérémonie qui se prend "pour une grande intellectuelle qui donne son opinion sur le bien et le mal". Si elle se dit "écœurée", l'écrivain et réalisateur la trouve, lui, "écœurante".

Anne Roumanoff ignore le droit. Bien qu'elle n'ait laissé personne ignorer qu'elle a fait SciencePo, son tweet condamne un justiciable auquel elle dénie la présomption d'innocence. "Rassurez-moi, c’est elle qui a sodomisé une jeune fille de 13 ans? C’est elle qui fuit la justice depuis 45 ans?," grince l'humoriste dont la maman, Colette Roumanoff et sa compagnie occupent depuis plus de 20 ans un établissement privé, le Théâtre Fontaine, détenu par le groupe familial de Pascal Legros, également propriétaire du théâtre des Nouveautés et, avec Francis Lombrail, du Théâtre Hébertot. 
Paradoxalement, en décembre 2017, cette féministe a été membre du jury de l'élection Miss France 2018.

L’animateur de C8 Cyril Hanouna a estimé que "c’est
une insulte au groupe Canal
[qui diffusait la cérémonie] d’être partie avant la fin", révélant par la même occasion le cachet de Florence Foresti, affirmant que l'humoriste "aurait touché 130.000 euros" pour la soirée. Les prédécesseurs de Foresti gagnaient entre 30 et 45.000 euros. Assez pour faire rêver les "gens qui ne sont rien" et pour plonger dans l'embarras l'association 'Women Safe', située à Saint-Germain-en-Laye et qui prend en charge les femmes victimes de tous types de violences (notamment les femmes excisées) et dont Foresti est la marraine, avec le soutien de Brigitte Macron...

Condamnation d'Adèle Haenel

Quelques artistes ont pris la défense de l'actrice féministe et LGBT. Et le journal Libération a participé en publiant une tribune partisane de la romancière lesbienne  Virginie Despentes. Parce qu'elle en est elle-même, la vulgaire a encensé sa consoeur, y voyant une attitude de "guerrière", tout en étant en lutte contre les violences faites aux femmes. 

Julie Gayet, conpagne de François Hollande, juge positif de quitter la salle
au moment du César de Polanski: elle y voit "un témoignage très fort". 

Gérard Lanvin, à qui l'image du macho colle à la peau, a dit "donner raison aux femmes".
"Elles réagissent, et c’est bien. Je suis de leur côté", a expliqué le comédien.

Sur Instagram, l'ex-compagne de Jean Dujardin - qui avait défilé en tête de cortège lors de la marche contre les violences sexistes organisée par le collectif "Nous Toutes" en novembre dernier - Alexandra Lamy, a partagé une photo d’Adèle Haenel quittant la salle Pleyel à l’annonce du César de la meilleure réalisation pour J’accuse. Une publication assortie de cette légende : "Avec tout mon soutien!!!"

Au-delà du monde du cinéma, sur Twitter jeudi, la journaliste socialiste nommée par le premier Ministre Manuel Valls au Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes en 2015 et ex-membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel, Françoise Laborde a annoncé qu’elle quitte l’association 'Pour des Femmes dans les Médias' (PDFM), qu’elle a créée en 2011 et dont elle était présidente d’honneur, pour protester contre la "frilosité" de l’association, qui n’a pas pris position sur le César de Polanskilatribune.fr l'avait qualifiée d '"association qui bouscule l'audiovisuel, la presse et le cinéma"...

Dans ce débat qui déchire le cinéma français, Roschdy Zem a tenté de retrouver un peu le sens de la nuance. Si l’acteur - récompensé du César du meilleur acteur pour son rôle dans 'Roubaix, une lumière' - ne remet pas en cause la colère et le "combat des femmes tout à fait légitime" et ne veut juger personne, le Franco-marocain estime "qu’à cette colère doivent succéder le débat et l’échange". "En même temps", l'acteur peut tout jouer : en 2005, peu avant la condamnation du réalisateur Jean-Claude Brisseau pour harcèlement sexuel, il a fait partie des signataires d’une pétition de soutien à ce dernier lancée par Les Inrockuptibles, ce qui ne l'a pas empêché ensuitede soutenir l'une des victimes, Noémie Kocher.

Les politiques s’en mêlent

Présent à la cérémonie, le ministre de la Culture, Franck Riester, a pris parti, juste après la soirée. "On ne célèbre pas simplement l’œuvre, on célèbre aussi l’homme" , a-t-il déclaré, au micro d’Europe 1, ce qui atteint le comble du flou artistique, si tout peut-être "célébré". Et, pour l'avenir, de promettre "davantage de parité et de diversité" dans l’Académie des César.

Bien qu’absente de cette édition, comme Adèle Haenel, la porte-parole du gouvernement a affirmé qu'elle aurait quitté la salle lors de l’attribution d’un César à Roman Polanski, un homme qui "a fait du mal aux gens". Les cinéphiles considèrent en revanche qu'il a fait du bien, mais Sibeth Ndiaye sait-elle, encore une fois, de quoi elle parle ?

Autre crétin heureux, Benjamin Lavernhe, a lui aussi fait du mal aux gens. Il est sociétaire de la Comédie française et ça craint ! En 2017, un petit public le découvre dans la comédie dramatique 'Le Sens de la fête'... Sa parodie d’un tour de magie durant la 45e édition des César a fortement déplu au prestidigitateur Gilles Arthur qui estime que le tour de la malle des Indes, un classique de magicien, a été bafoué et la déontologie de son métier piétinée par les César. Avant d’alimenter la réflexion de tous les acteurs du cinéma français : "La bienveillance et le respect ne sont pas des mots ringards." Comme au concours de l'Eurovision, cette fête du cinéma nivelle par le bas.  Et Les Molère vont-ils redresser le niveau ?

En quittant la salle Pleyel avant la fin de la cérémonie, l'impulsive Adèle Haenel a suscité la critique de certains de ses confrères. 

Après avoir tenté de rappeler Florence Foresti à la raison, Lambert Wilson a observé : "Si on estime qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans le fait que Polanski ait des nominations, alors on ne vient pas. On ne part pas au milieu de la cérémonie parce que Polanski reçoit un prix!"

Une prise de position que salue Olivier Carbone, un ancien directeur de casting qui a travaillé sur La Môme ou Inglorious Basterds. "Merci Lambert de remettre les pendules à l’heure!", a-t-il écrit dans un message publié lundi soir sur Facebook. "Haenel, tu es minuscule par rapport au talent de Roman […]. Vu mes sources, Haenel, tu vas avoir une bonne surprise très prochainement avec une bonne omerta, carrière morte, bien méritée qui te pend au nez !", prévient-il dans ce texte, qu’il a finalement supprimé.
On ne part pas au milieu de la cérémonie parce que Polanski reçoit un prix !

Les activistes féministes et pacifistes ont déclaré la guerre à Lambert Wilson, au nom de la parité. 
Et de la liberté d'opinion:  
Le HuffingtonPost prend le parti des agitées:

Pour Isabelle Adjani, l’académie des César doit "refléter la France d’aujourd’hui" et c'est gagné !

mercredi 4 mars 2020

Purification ethnique : "faut-il purifier la culture ? "

La militante féministe 'décoloniale" Françoise Vergès veut "décoloniser les arts"

Cette communiste nostalgique est une fille du député PCF Paul Vergès et se nourrit toujours de la vieille idéologie anti-coloniale de la gauche
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"Faut-il purifier la culture ?" : question dont la réponse ne fait pas de doute en Une du journal 'Le 1', mais un relent du passé resurgi, comme un marronnier à l'automne, pour la cérémonie des César dont la sélection partisane, comme à Cannes, garantit le succès médiatique à défaut de lui assurer l'estime perdue.

La feuille en question pose le sujet en un paragraphe d'introduction:
"Le déroulement de la dernière cérémonie des Césars l’a bien montré :
la création et le patrimoine artistiques sont aujourd’hui traversés par d’immenses tensions [thèse]. Ils focalisent une large part des malaises qui touchent notre civilisation, en particulier les violences sexistes et les discriminations en tout genre. Certains redoutent que ces pressions ne contraignent les créateurs à une autocensure permanente. [antithèse] Ils craignent aussi qu’en occultant les œuvres du passé qui heurtent nos valeurs, nous nous interdisions de comprendre notre histoire et notre humanité. D’autres estiment, au contraire [synthèse progressiste], qu’il s’agit d’un assainissement nécessaire à l’avènement d’une société plus juste et équilibrée.
'Le 1' est un hebdomadaire français lancé en avril 2014 par Eric Fottorino qui supporta l'offre de rachat du groupe Le Monde par la triade Bergé-Niel-Pigasse, avant d'être limogé par Pigasse et remplacé à la présidence du directoire par un affidé, Louis Dreyfus, ce qui lui permet d'affirmer qu'il n'exerce aucune pression sur la rédaction, directement.
Ce journal, dont le conseiller éditorial est Laurent Greilsamer, 67 ans, un ancien directeur adjoint du Monde, traite chaque semaine une grande question d'actualité à travers les regards d'écrivains et autres chercheurs ou artistes et poètes.
Françoise Vergès veut "décoloniser les arts"

L'actrice Aïssa Maïga a plaidé pour une plus grande représentation des minorités dans le cinéma français. 
Lors de la cérémonie des César, vendredi, la sotte sûre de son bon droit à revendiquer dans un pays qui s'auto-flagelle avec volupté s'offusqua à Paris que la cérémonie des Cesar comporte trop de Blancs... Malaise dans l’assistance : la caméra qui parcourait le public de la salle Pleyel balaya des visages gênés, décontenancés ou, au mieux, impassibles. Malgré les vannes qui parsemaient le discours, rares étaient les rires, et inexistants, les applaudissements. La diatribe de la colonialiste franco-sénégalaise souleva une vague d’indignation sourde.

La prestation de la protégée de Cédric Klapisch était pourtant balisée.
Ce réalisateur fut membre du comité de soutien à la candidature d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris en 2014, bien qu'il ait fait scandale en 2013 après la révélation de sa détention d'un compte en Suisse d'un montant de 247 000 euros, non déclaré en France, pendant le quinquennat du socialiste François Hollande. Mais si la gauche a confisqué la vertu et le civisme, ce n'est pas pour en abuser: seulement pour les brandir à la face de ses adversaires.

L'Académie des César avait accordé les pleins pouvoirs à Mlle Maïga...
Les organisateurs ne pouvaient pas avoir oublié la manifestation à Paris le 23 mai 2016, à l’occasion de la cérémonie des Molières, récompenses du monde français du théâtre. Deux ouvrages étaient parus en France à quelques jours d’intervalle, huit mois plus tôt et cop sur coup, les 19 et 23 septembre, qui interpellaient déjà les milieux culturels occidentaux, notamment français, et africains sur les sujets de la décolonisation des savoirs, des mentalités, et aussi des... arts. Dans Décolonisons les arts !, recueil de témoignages, une quinzaine d’artistes travaillant en France et prenant le travail des Blancs dénonçaient le racisme auquel ils sont, selon eux, sans cesse confrontés dans leur profession, sans que pour autant être privés de notoriété. Théorique et analytique, Les Miroirs vagabonds ou la décolonisation des savoirs (arts, littérature, philosophie), de la philosophe franco-algérienne Seloua Luste Boulbina, dont le père est à Alger l'avocat du FLN et qui , à Paris, dans la période, est directrice du programme "La décolonisation des savoirs" au Collège international de philosophie (2010- 2016) à l'Université rouge Diderot. Ces deux livres rejoignent en librairie le récent En quête d’Afrique(s). Universalisme et pensée décoloniale, de Souleymane Bachir Diagne, professeur sénégalais de français à l'université Columbia et spécialiste de l'histoire des sciences et de la philosophie islamique, et Jean-Loup Amselle, directeur d'études émérite à... l'EHESS, un chercheur sur des thèmes comme l'ethnicité, l'identité, le métissage. 
On l'a compris, la polémique des César 2020 n'est pas, plus que les autres avant elle, un phénomène de génération spontanée.

La diversité utilise sa binationalité en France pour faire la leçon aux Français:
"Les Blancs doivent apprendre à renoncer à leurs privilèges," nous balancent-ils.
Avant que l'actrice nous fasse son numéro, deux ouvrages invitaient à déconstruire le mythe d’une culture et d’une société françaises que "des siècles d’esclavage et de colonisation n’auraient pas contaminées". Que les Français échappent au coronavirus aurait aussi été sujet de polémique à Alger ou Dakar et  Bagdad en passant par Bamako où des soldats français continuent de faire don de leurs vies.

On lira Le 1 pour comprendre la nature de la censure qui a saisi les arts et notamment le texte de l’historien d’art Thomas Schlesser "Jadis c’était plutôt l’Etat et l’Eglise qui exerçaient une censure. Depuis le début des années 70, elle vient de fractions de la société civile qui se sentent offensées par les œuvres d’art". 
Et Laurent Greisalmmer relance ce débat dans les colonnes de Le 1. "Jadis les choses était simples, les rois, les princes, l’Eglise passaient commande aux artistes. Et quand une œuvre dérangeante surgissait de nulle part, eh bien on l’interdisait. Mais aujourd’hui tout a changé, explique-t-il en substance. Pas de quoi jusque là fouetter un chat. 


En quelques années, la critique qui faisait le tri s'est laissé envahir par le doute et, sous le pilonnage des idéologies anti-colonialistes et altermondialistes, voire internationalistes,  a perdu ses repères, renonçant à sa fonction régulatrice de la société sous la pression de groupes et d’associations qui la harcèlent et lui demandent des comptes, en la culpabilisant dans un climat de repentance. D'un côté des féministes exigent la parité devant et derrière la caméra, protestent contre la domination masculine et veulent accessoirement interdire le J’accuse de Polanski. De l'autre, des noirs contestent à juste titre les stéréotypes véhiculés sur eux - au même titre que les a priori anti-Blancs -,  et avancent - à la faveur de la non-publication des statistiques ethniques -  qu’ils sont sous-représentés en France. Ces minorités revendiquent l'équité avec la majorité blanche, laquelle n'a pas la faculté d'être noire au Sénégal ou au Mali, mais blanche à parité en France...

Et si vous tenez à essayer de comprendre pourquoi la politiste Françoise Vergès parle de décoloniser les arts, de féminisme décolonial et de l’appropriation culturelle en France, on vous renvoie à le Hun Le 1 où la présidente-idéologue de l’association "décoloniser les arts" assure que l’idéologie racialiste s’est insinuée dans les représentations des non Blancs, donc des Noirs par des artistes blancs, et dans une histoire de l’art profondément euro-centrée. Parce que l'art africain, c'est bien connu, fait une large part à l'homme blanc... 

La cérémonie des César a rebondi sur les propos de Macron

Dès 2017, le cynique a flatté les Algériens. 
En visite à Alger, le 15 février, le candidat à la présidentielle a déclenché une vive polémique en qualifiant la colonisation de "crime contre l’humanité"
Des propos qui ont immédiatement déclenché les applaudissements de la gauche et de l'extrême gauche, mais une volée de réactions à droite. François Fillon, en meeting à Compiègne (Oise), s’est élevé contre "cette détestation de notre histoire", la jugeant "indigne d’un candidat à la présidence de la République".

Le 21 décembre 2019 à Abidjan, Macron récidivait au côté du président ivoirien Alassane Ouattara.
"Trop souvent aujourd'hui la France est perçue" comme ayant "un regard d'hégémonie et des oripeaux d'un colonialisme qui a été une erreur profonde, une faute de la République", a-t-il déclaré, appelant à "bâtir une nouvelle page".
Le président donnait ainsi du grain à moudre aux racistes anti-Blancs qui culpabilisent les maillons faibles des anciennes puissances civilisatrices européennes.  

Le  monde des arts est partagé

Lambert Wilson compare le politiquement correct au terrorisme.
Un des rares comédiens à sortir de sa zone de confort et à témoigner de sa nausée lors de cette cérémonie des César, Lambert Wilson a dit sa façon de penser aux petites têtes enflées du spectacle, sans les nommer, sur France Info, et et les traits sales d’humour de Florence Foresti ou le départ théâtral d’Adèle Haenel, dans l'indifférence générale des professionnels du spectacle privés de leur fête de "fin d'année" entre amis : "Cette espèce de politiquement correct, je trouve que c’est du terrorisme. En plus, c’est bête ! On se dit ‘mais où sommes–nous ? Qui sont ces gens ?’ Ça m’a choqué, j’ai trouvé qu’on était minables. Il y a cette espèce de tribunal, de lynchage public que je trouve absolument abominable." Un artiste inspiré, c’est toujours mieux qu’un artiste engagé, estime David Abiker.

Ce qui nous amène à la tribune de Finkielkraut dans le Figaro. 
L’académicien dénonce "l’effroyable soirée des César qui a battu tous les records de férocité et de laideur. Le rire barbare y a définitivement pris le pas sur l’humour devant une assistance pomponnée qui gloussait et le ministre de la culture devenu le ministre de la bien-pensance et du lynchage compassionnel". Et Finkielkraut ne perd pas le fil de la gauche et du communisme qu'il connaît bien, citant Philip Roth : "quand vous généralisez la souffrance, vous avez le communisme; quand vous particularisez la souffrance vous avez la littérature".

Le communisme a fait la preuve de son artificialité meurtrière, mais c’est, dit Finkielkraut, le féminisme qui a pris la relève. Et les "folles hystériques" (Emmanuelle Seignier) accusent la vertu dominatrice du mâle conquérant et protecteur des nations attaquées qui serait aujourd'hui incarné par le mâle blanc et occidental caricaturé par des femmes blanches sous influence de communautés qui les phagocytent comme en témoignent les idées discutées dans l’hebdo le 1 et développées à la Cérémonie des César.