POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est Aïssa Maïga. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Aïssa Maïga. Afficher tous les articles

mercredi 4 mars 2020

Purification ethnique : "faut-il purifier la culture ? "

La militante féministe 'décoloniale" Françoise Vergès veut "décoloniser les arts"

Cette communiste nostalgique est une fille du député PCF Paul Vergès et se nourrit toujours de la vieille idéologie anti-coloniale de la gauche
Résultat de recherche d'images pour "purifier la culture"
"Faut-il purifier la culture ?" : question dont la réponse ne fait pas de doute en Une du journal 'Le 1', mais un relent du passé resurgi, comme un marronnier à l'automne, pour la cérémonie des César dont la sélection partisane, comme à Cannes, garantit le succès médiatique à défaut de lui assurer l'estime perdue.

La feuille en question pose le sujet en un paragraphe d'introduction:
"Le déroulement de la dernière cérémonie des Césars l’a bien montré :
la création et le patrimoine artistiques sont aujourd’hui traversés par d’immenses tensions [thèse]. Ils focalisent une large part des malaises qui touchent notre civilisation, en particulier les violences sexistes et les discriminations en tout genre. Certains redoutent que ces pressions ne contraignent les créateurs à une autocensure permanente. [antithèse] Ils craignent aussi qu’en occultant les œuvres du passé qui heurtent nos valeurs, nous nous interdisions de comprendre notre histoire et notre humanité. D’autres estiment, au contraire [synthèse progressiste], qu’il s’agit d’un assainissement nécessaire à l’avènement d’une société plus juste et équilibrée.
'Le 1' est un hebdomadaire français lancé en avril 2014 par Eric Fottorino qui supporta l'offre de rachat du groupe Le Monde par la triade Bergé-Niel-Pigasse, avant d'être limogé par Pigasse et remplacé à la présidence du directoire par un affidé, Louis Dreyfus, ce qui lui permet d'affirmer qu'il n'exerce aucune pression sur la rédaction, directement.
Ce journal, dont le conseiller éditorial est Laurent Greilsamer, 67 ans, un ancien directeur adjoint du Monde, traite chaque semaine une grande question d'actualité à travers les regards d'écrivains et autres chercheurs ou artistes et poètes.
Françoise Vergès veut "décoloniser les arts"

L'actrice Aïssa Maïga a plaidé pour une plus grande représentation des minorités dans le cinéma français. 
Lors de la cérémonie des César, vendredi, la sotte sûre de son bon droit à revendiquer dans un pays qui s'auto-flagelle avec volupté s'offusqua à Paris que la cérémonie des Cesar comporte trop de Blancs... Malaise dans l’assistance : la caméra qui parcourait le public de la salle Pleyel balaya des visages gênés, décontenancés ou, au mieux, impassibles. Malgré les vannes qui parsemaient le discours, rares étaient les rires, et inexistants, les applaudissements. La diatribe de la colonialiste franco-sénégalaise souleva une vague d’indignation sourde.

La prestation de la protégée de Cédric Klapisch était pourtant balisée.
Ce réalisateur fut membre du comité de soutien à la candidature d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris en 2014, bien qu'il ait fait scandale en 2013 après la révélation de sa détention d'un compte en Suisse d'un montant de 247 000 euros, non déclaré en France, pendant le quinquennat du socialiste François Hollande. Mais si la gauche a confisqué la vertu et le civisme, ce n'est pas pour en abuser: seulement pour les brandir à la face de ses adversaires.

L'Académie des César avait accordé les pleins pouvoirs à Mlle Maïga...
Les organisateurs ne pouvaient pas avoir oublié la manifestation à Paris le 23 mai 2016, à l’occasion de la cérémonie des Molières, récompenses du monde français du théâtre. Deux ouvrages étaient parus en France à quelques jours d’intervalle, huit mois plus tôt et cop sur coup, les 19 et 23 septembre, qui interpellaient déjà les milieux culturels occidentaux, notamment français, et africains sur les sujets de la décolonisation des savoirs, des mentalités, et aussi des... arts. Dans Décolonisons les arts !, recueil de témoignages, une quinzaine d’artistes travaillant en France et prenant le travail des Blancs dénonçaient le racisme auquel ils sont, selon eux, sans cesse confrontés dans leur profession, sans que pour autant être privés de notoriété. Théorique et analytique, Les Miroirs vagabonds ou la décolonisation des savoirs (arts, littérature, philosophie), de la philosophe franco-algérienne Seloua Luste Boulbina, dont le père est à Alger l'avocat du FLN et qui , à Paris, dans la période, est directrice du programme "La décolonisation des savoirs" au Collège international de philosophie (2010- 2016) à l'Université rouge Diderot. Ces deux livres rejoignent en librairie le récent En quête d’Afrique(s). Universalisme et pensée décoloniale, de Souleymane Bachir Diagne, professeur sénégalais de français à l'université Columbia et spécialiste de l'histoire des sciences et de la philosophie islamique, et Jean-Loup Amselle, directeur d'études émérite à... l'EHESS, un chercheur sur des thèmes comme l'ethnicité, l'identité, le métissage. 
On l'a compris, la polémique des César 2020 n'est pas, plus que les autres avant elle, un phénomène de génération spontanée.

La diversité utilise sa binationalité en France pour faire la leçon aux Français:
"Les Blancs doivent apprendre à renoncer à leurs privilèges," nous balancent-ils.
Avant que l'actrice nous fasse son numéro, deux ouvrages invitaient à déconstruire le mythe d’une culture et d’une société françaises que "des siècles d’esclavage et de colonisation n’auraient pas contaminées". Que les Français échappent au coronavirus aurait aussi été sujet de polémique à Alger ou Dakar et  Bagdad en passant par Bamako où des soldats français continuent de faire don de leurs vies.

On lira Le 1 pour comprendre la nature de la censure qui a saisi les arts et notamment le texte de l’historien d’art Thomas Schlesser "Jadis c’était plutôt l’Etat et l’Eglise qui exerçaient une censure. Depuis le début des années 70, elle vient de fractions de la société civile qui se sentent offensées par les œuvres d’art". 
Et Laurent Greisalmmer relance ce débat dans les colonnes de Le 1. "Jadis les choses était simples, les rois, les princes, l’Eglise passaient commande aux artistes. Et quand une œuvre dérangeante surgissait de nulle part, eh bien on l’interdisait. Mais aujourd’hui tout a changé, explique-t-il en substance. Pas de quoi jusque là fouetter un chat. 


En quelques années, la critique qui faisait le tri s'est laissé envahir par le doute et, sous le pilonnage des idéologies anti-colonialistes et altermondialistes, voire internationalistes,  a perdu ses repères, renonçant à sa fonction régulatrice de la société sous la pression de groupes et d’associations qui la harcèlent et lui demandent des comptes, en la culpabilisant dans un climat de repentance. D'un côté des féministes exigent la parité devant et derrière la caméra, protestent contre la domination masculine et veulent accessoirement interdire le J’accuse de Polanski. De l'autre, des noirs contestent à juste titre les stéréotypes véhiculés sur eux - au même titre que les a priori anti-Blancs -,  et avancent - à la faveur de la non-publication des statistiques ethniques -  qu’ils sont sous-représentés en France. Ces minorités revendiquent l'équité avec la majorité blanche, laquelle n'a pas la faculté d'être noire au Sénégal ou au Mali, mais blanche à parité en France...

Et si vous tenez à essayer de comprendre pourquoi la politiste Françoise Vergès parle de décoloniser les arts, de féminisme décolonial et de l’appropriation culturelle en France, on vous renvoie à le Hun Le 1 où la présidente-idéologue de l’association "décoloniser les arts" assure que l’idéologie racialiste s’est insinuée dans les représentations des non Blancs, donc des Noirs par des artistes blancs, et dans une histoire de l’art profondément euro-centrée. Parce que l'art africain, c'est bien connu, fait une large part à l'homme blanc... 

La cérémonie des César a rebondi sur les propos de Macron

Dès 2017, le cynique a flatté les Algériens. 
En visite à Alger, le 15 février, le candidat à la présidentielle a déclenché une vive polémique en qualifiant la colonisation de "crime contre l’humanité"
Des propos qui ont immédiatement déclenché les applaudissements de la gauche et de l'extrême gauche, mais une volée de réactions à droite. François Fillon, en meeting à Compiègne (Oise), s’est élevé contre "cette détestation de notre histoire", la jugeant "indigne d’un candidat à la présidence de la République".

Le 21 décembre 2019 à Abidjan, Macron récidivait au côté du président ivoirien Alassane Ouattara.
"Trop souvent aujourd'hui la France est perçue" comme ayant "un regard d'hégémonie et des oripeaux d'un colonialisme qui a été une erreur profonde, une faute de la République", a-t-il déclaré, appelant à "bâtir une nouvelle page".
Le président donnait ainsi du grain à moudre aux racistes anti-Blancs qui culpabilisent les maillons faibles des anciennes puissances civilisatrices européennes.  

Le  monde des arts est partagé

Lambert Wilson compare le politiquement correct au terrorisme.
Un des rares comédiens à sortir de sa zone de confort et à témoigner de sa nausée lors de cette cérémonie des César, Lambert Wilson a dit sa façon de penser aux petites têtes enflées du spectacle, sans les nommer, sur France Info, et et les traits sales d’humour de Florence Foresti ou le départ théâtral d’Adèle Haenel, dans l'indifférence générale des professionnels du spectacle privés de leur fête de "fin d'année" entre amis : "Cette espèce de politiquement correct, je trouve que c’est du terrorisme. En plus, c’est bête ! On se dit ‘mais où sommes–nous ? Qui sont ces gens ?’ Ça m’a choqué, j’ai trouvé qu’on était minables. Il y a cette espèce de tribunal, de lynchage public que je trouve absolument abominable." Un artiste inspiré, c’est toujours mieux qu’un artiste engagé, estime David Abiker.

Ce qui nous amène à la tribune de Finkielkraut dans le Figaro. 
L’académicien dénonce "l’effroyable soirée des César qui a battu tous les records de férocité et de laideur. Le rire barbare y a définitivement pris le pas sur l’humour devant une assistance pomponnée qui gloussait et le ministre de la culture devenu le ministre de la bien-pensance et du lynchage compassionnel". Et Finkielkraut ne perd pas le fil de la gauche et du communisme qu'il connaît bien, citant Philip Roth : "quand vous généralisez la souffrance, vous avez le communisme; quand vous particularisez la souffrance vous avez la littérature".

Le communisme a fait la preuve de son artificialité meurtrière, mais c’est, dit Finkielkraut, le féminisme qui a pris la relève. Et les "folles hystériques" (Emmanuelle Seignier) accusent la vertu dominatrice du mâle conquérant et protecteur des nations attaquées qui serait aujourd'hui incarné par le mâle blanc et occidental caricaturé par des femmes blanches sous influence de communautés qui les phagocytent comme en témoignent les idées discutées dans l’hebdo le 1 et développées à la Cérémonie des César. 

samedi 29 février 2020

Cesar 2020: la colonisation africaine de la France ne progresse pas assez vite

Le discours d’Aïssa Maïga embarrasse Vincent Cassel et interpelle les internautes 

Les malheurs d'Adèle Haenel occultent l'essentiel aux César 2020

Le 'Grand remplacement', de la théorie à la réalité en marche. 
Résultat de recherche d'images pour "Aïssa Maïga"La comédienne sénégalo-gambo-malienne née à Dakar, Aïssa Maïga, a revendiqué plus de diversité aux César, ce 28 février, vendredi pourtant noir pour le cinéma. Des tensions politiques multiples avaient assombri la 45ème cérémonie des César avant même son ouverture avec la cabale féministe de starlettes prêtes à tout pour un rôle : hier, alors que leurs promoteurs leur ont fait percer le plafond de verre de l'anonymat, elles se tenaient prêtes à cracher sur le réalisateur Roman Polanski, pour l'exemple (il est poursuivi pour des accusations de viol), comme furent exécutés les soldats de la Grande guerre pour des actes d'insoumission, de révolte individuelle ou de désertion inspirée par les intellectuels opposés à la guerre qui auraient fait que, sans les patriotes, nous serions aujourd'hui allemands et "no border"...

Si la presse, telle des PlayMobil de la majorité LREM, n'a pas bronché, des internautes n'ont pas hésiter à lui rappeler qu'elle n'est pas à Dakar. Et qu'elle peut exercer sa profession grâce à ce pays de mâles blancs et de fils de colonisateurs, résolument ouverts, à sa différence, à toutes les cultures et couleurs de peaux: le César du meilleur film 2020 a été décerné à un réalisateur noir venu du Mali, Ladj Ly, pour "Les Misérables" revisitant une bavure policière sur un Noir à Montfermeil en Seine-Saint-Denis, le 14 octobre 2008. 
Son discours déplacé a même embarrassé Vincent Cassel, lequel ne passe pourtant pas pour un intellectuel capable de penser autrement que l'entourage professionnel.qui le fait vivre et un proche de Cédric Klapisch, issu d'une famille réfugiée de Pologne arrivée en France en 1913 et établie à Neuilly-sur-Seine.

Ce réalisateur malien récompensé par les César a fait de la prison.


Des manifestants protestent devant la salle Pleyel.
La veille de sa condamnation, le 1er mars 2011, il est condamné à 400 € d’amende pour "un fait divers", selon Libération, des "commentaires outrageants" contre des policiers dont il avait filmé une intervention musclée sur des délinquants refusant de se plier à la loi et la publication en ligne d'un montage d'images.

En 2012, Ladj Ly est encore condamné, cette fois pour des faits de violence sur personne chargée d'une mission de service public, le maire UMP de Montfermeil (ville PCF de 1944  à 1983), Xavier Lemoine, réélu en 2014. L’outrage est consécutif à l’incendie qui avait coûté la vie à un bébé de 9 mois, le 22 novembre 2010 dans le quartier des Bosquets, où réside Ladj Ly, qui  avait vivement interpellé le maire à propos des conditions de relogement des sinistrés.
  
Scénario d'un prochain film: les condamnations d'un misérable en 2011 et 2012.
Un proche de Ladj Ly, Amad Ly, avec qui il n'a aucun lien de parenté directe, apprend au Sénégal que sa sœur entretient des relations sexuelles avec le mari de leur cousine. De retour en France, il demande des explications à sa sœur, qui nie cette relation. Dans la nuit du 13 au 14 janvier 2009, il la frappe, lui casse un doigt et lui cause un traumatisme crânien. Avec son frère Mamoudou, ainsi que Ladj, le trio retrouve ensuite le compagnon de sa cousine. L'homme est enfermé dans le coffre d'une voiture, amené dans une forêt, frappé et menacé, mais parvient à s'échapper.
La victime est retrouvée le lendemain matin par un fermier. Blessé notamment au visage, une incapacité totale de travail de 10 jours lui est prescrite. Le 2 mars 2011, les suspects sont jugés. Le Parquet requiert 4 ans de prison pour Amad Ly, 2 ans pour Mamoudou Ly et 1 an pour Ladj Ly, mais les peines sont plus sévères, Amad étant condamné à 5 ans de prison, alors que Mamadou et Ladj sont condamnés à 3 ans de prison ferme. La condamnation de Ladj Ly est confirmée en appel l'année suivante, mais sa peine réduite à deux ans de prison ferme et un an avec sursis. Il est alors maintenu en détention pour "tentative de meurtre", complicité "d’enlèvement" et "séquestration"
Le 19 décembre 2019, son avocat militant pousse Ladj Ly à porter plainte pour "diffamation" et "diffamation raciale" contre les magazines Causeur et Valeurs actuelles qui avaient apporté leurs propres éclairages.

Ce 28 février, la comédienne était invitée à remettre le prix du meilleur espoir féminin
Face aux renoncements de plusieurs dans ce contexte de haine à tout propos, l'actrice immigrée de 44 ans a choisi de faire un discours sur le thème de la diversité dans le cinéma français, en écho à la tribune signée par de nombreuses personnalités dans Le Parisien.
 Sonia Rolland, Stomy Bugsy, Aïssa Maïga et Mathieu Kassovitz font partie des signataires de cette tribune.
#BlackCesars : une tribune qui dénonce un soi-disant manque de diversité dans le cinéma français.Une trentaine de personnalités du 7e art réclame une meilleure inclusion des artistes issus des Outre-mer et de l’immigration africaine et asiatique. A  quel titre?
Le texte est signé d'Olivier Assayas, Mathieu Kassovitz, Stomy Bugsy, Julien Leclercq, Firmine Richard, Olivier Marchal, Aïssa Maïga, Eriq Ebouaney, Sonia Rolland, Edouard Montoute, Jimmy Jean-Louis, Gabrielle Lazure… et... dénonce l'"invisibilité des acteurs, réalisateurs et producteurs" issus des DOM TOM et de l'immigration africaine et asiatique dans le cinéma français. Profitant de la prochaine cérémonie des César, ce vendredi 28 février,
la tribune regrette que la France "maintienne ses acteurs de couleur dans des rôles insignifiants qui ne justifieront jamais une quelconque nomination aux César".

Tout en critiquant les "rôles secondaires et stéréotypés" auxquels sont cantonnés les acteurs issus de l'immigration, les signataires espèrent que le renouvellement annoncé de la direction de l'Académie des César permettra d'inclure des artistes issus de ce qu'on appelle la « diversité".



C'est la tribune des stars du cinéma contre le fonctionnement des César qui a motivé l'auteur de ce texte, Eriq Ebouaney, rôle principal du film Lumumba ! "La tribune publiée dans Le Monde réclame plus de parité au sein de l'Académie des César, assure l'acteur français d'origine camerounaise. J'aurais aimé qu'elle réclame aussi une meilleure inclusion des professionnels du cinéma issus des DOM TOM et de l'immigration africaine et asiatique." Ce comédien aigri a joué dans "Femme fatale", "Les Rivières pourpres 2" ou "Hitman", mais il n'en a pas assez et voudrait profiter du vent nouveau qui souffle sur les César pour "inclure les artistes afro-descendants dans la photo de famille". Bref, il y a trop de Blancs français en France, notamment au cinéma. Mais comme il  n'y a pas non plus assez de femmes, il nous faut Firmine Richard à  Matignon ou  à l'Elysée. 
Eriq Ebouaney a donc écrit le texte ci-dessous, qui a été signé par une trentaine d'artistes et que nous publions en exclusivité.



« Dans quelques jours, au cours de la 45e cérémonie des César, nous célébrerons la grande famille du cinéma français. Le cinéma ! Un art éminemment populaire qui rassemble dans une célébration partagée toutes les couches de la population sans distinction de classe sociale, de genre ou d’origines. Le cinéma est un puissant outil de transmission d’une culture, un outil de facilitation de l’intégration des populations de notre pays. Il est aussi un outil de transmission de valeurs communes partagées d’une société. Notre cinéma devrait donc être, comme Stendhal le disait du roman, un miroir dans lequel se reflète la société dans sa réalité et sa diversité.
Il y a vingt ans, à la 20e cérémonie des César, le Collectif Egalité fustigeait déjà l’absence d’inclusion de nos concitoyens issus des Outre-mer et des immigrations dans le cinéma français. En 2018, l’essai collectif Noire n’est pas mon métier dénonçait aussi les discriminations et les stéréotypes dont sont victimes les actrices afro-descendantes.
Nous voulons ici pointer du doigt les paradoxes d’un pays, la France, qui nomme Spike Lee, un réalisateur et producteur afro-américain, président du jury du prochain Festival de Cannes, et qui en même temps maintient ses acteurs de couleur dans des rôles insignifiants qui ne justifieront jamais une quelconque nomination aux César.
Notre cinéma, en ce siècle de globalisation, en ces temps de métissage des cultures et de brassage des populations, nous donne-t-il à voir la réalité et la diversité de la société française ? Nous rend-il compte des histoires entrecroisées et mêlées de notre histoire commune qui n’en font pas moins partie du roman national ? L’histoire de France est celle de tous ses habitants sans exclusive. Une tribune parue récemment dans Le Monde a fustigé l’organisation des César en mettant en cause son fonctionnement et son opacité. Ces griefs sont légitimes et nous ne pouvons que les faire nôtres ! On aurait cependant apprécié que les signataires incluent dans leurs reproches à la direction des César l’absence des acteurs et réalisateurs issus de ce que l’on appelle par paresse et frilosité du langage la diversité !
Cette invisibilité des acteurs, réalisateurs et producteurs issus de cette frange de la population accentue le malaise et le sentiment d’exclusion déjà vécu dans la vie réelle. A quand l’inclusion ? La démission collective du conseil d’administration des César va-t-elle changer la donne ?
Aujourd’hui, il n’est plus question, pour tous les professionnels du cinéma issus des immigrations et d’Outre-mer, d’être assignés aux rôles secondaires et stéréotypés auxquels on les a longtemps cantonnés. Le cinéma anglo-saxon confie des rôles de premier plan à tous ses acteurs sans distinction de couleur ou d’origine et sans que cela ne nuise à sa qualité, bien au contraire !
Les succès au box-office des films Il a déjà tes yeux de Lucien Jean-Baptiste, Les Misérables de Ladj Ly, et les records d’audience sur Netflix des films de Kery James Banlieusards et Le Gang des Antillais de Jean-Claude Barny sont significatifs des attentes d’un public qui est bien plus en avance sur cette question de la représentation des minorités sur nos écrans que les institutions du cinéma français.
L’adoption de mesures d’inclusion est urgente si on ne veut pas laisser à ces professionnels du cinéma français qu’une seule option : l’engagement dans la voie du communautarisme à l’américaine pour s’exprimer et s’épanouir dans leurs métiers. Il est temps d’ouvrir les portes et les fenêtres du cinéma français. Car le talent, comme l’émotion, n’a pas de couleur.
#BlackCesars ?! (avec un 's' à Cesar si ils veulent.
Jusqu'ici, les Français ne mettaient pas de marque du pluriel aux noms propres, mais désormais la "diversité" fait loi, en attendant la charia...)
Signataires : Eriq Ebouaney, Olivier Assayas, Olivier Marchal, Mathieu Kassovitz, Stomy Bugsy, Euzhan Palcy, Julien Leclercq, Firmine Richard, Aïssa Maïga, Greg Germain, Nathalie Marchak, Sonia Rolland, Edouard Montoute, Jimmy Jean-Louis, Gabrielle Lazure, Reza Pounewatchy, Salim Kechiouche, Jean-Claude Barny, Vanessa Djian, Kentaro, Sam Bobino, Issaka Sawadogo, Marie-Philomène Nga, Fanny Bastien, Mata Gabin, Mehdi Nebbou, Beatriz Levin, Annouchka de Andrade, Alex Ogou, Yasmine Chouaki…

Combien de Blancs dans le 'Black Panther' (Ciné+Frisson, TF1)
Résultat de recherche d'images pour "Black Panther affiche"
Une pyramide laissant peu de
place aux Blancs:
diversité exemplaire ?
L'objectif de ce film est de "contribuer à faire évoluer les mentalités". 'Black Panther', long métrage racial réalisé par Ryan Coogler, un Noir, a eu un succès planétaire en 2018 et s'est rapidement imposé comme un véritable phénomène de société qui a fait bouger les lignes à Hollywood. Pour la première fois, une superproduction parlant de l'Afrique et interprétée par un casting majoritairement afro-américain est devenue un monument de la culture populaire. Le film n'en finit pas de susciter des discussions, de provoquer la réflexion et d'inspirer ses spectateurs : les Blancs y sont sauver par des sommités noires de la médecine d'avant-garde et tout à l'avenant. Nos aigris des César n'ont plus qu'à se mettre à l'anglais américain, un "challenge" !

Malheureusement, l'assimilation pose problème à l'actrice, jusqu'à son texte ! Et il n'y a pas plusieurs prises et le rendu était plutôt confus. "A chaque fois que je me retrouve comme ça, dans une grande réunion du métier, je ne peux pas m’empêcher de compter le nombre de noirs dans la salle”, a-t-elle dit, avant de se tourner vers Vincent Cassel. "C’était toi le renoi du cinéma français avant la diversité ! Je te mets dans le quota; ça te va ou pas ?”, lui a t-elle demandé, tandis que le compagnon de Tina Kunakey (métisse d'un père togolais), qui n'a pas le sens de la réplique sans son texte, a enchaîné en se défilant: “J’ai pas compris" ! En noir ou blanc, le cinéma va mal...

Franck Riester, ministre inexistant de la Culture

Etait-il présent comme annoncé?
On trouve tout sur Twitter et donc des internautes (de couleur et pas que !) pour estimer que l’actrice a eu le courage d’évoquer le manque de diversité dans le cinéma français. "Elle a OSÉ prendre la parole pour nous les noirs !”, “Je salue le grand courage d'Aïssa Maïga. Au moins c’est dit ! Bravo”. Les chiffres de la population de couleur sont un totem français, mais les Noirs sont en vérité sur-représentés dans les films (et les pubs) diffusés à la télévision. Comme les femmes qui restent vautrées dans le canapé pendant que le mari en cuisine est moqué de toute la famille pour avoir loupé un plat, les Noirs, hommes et femmes, occupent désormais les rôles de chefs : dans nos films policiers, les flics sont des hommes, mais les femmes, des commissaires. Et si l'inspecteur est une femme noire, la critique est bonne... Les personnes de petite taille devraient rédiger des tribunes : dans Fort-Boyard, Passe-Partout est pourtant traité comme un Omar Sy dans "Service après vente des émissions" et dans "Joséphine, ange gardien",Mimie Mathy  est cantonnée aux rôles comiques "stéréotypés"... 
 Nombreux sont les internautes qui n'ont rien compris au discours d’Aïssa Maïga: “Quelqu'un a le GIF de la réaction d'incompréhension de Vincent Cassel face au discours d'Aïssa Maga ? Priceless" (ça n'a pas de prix), "Je suis en train de regarder le passage catastrophique d’Aïssa Maïga... digne de malaise TV ! Même les personnes de couleur dans la salle ont l’air mal à l’aise face à son speech". 
Et si elle revendiquait un discours d'introduction à l'Académie française?
Chez eux aussi, trop de Blancs et pas assez de femmes de couleur...

Pourquoi l’absence de rôles féminins dans ce film et de femmes sur cette photo ne gêne t elle pas? Cela dit quoi de la vision masculiniste des quartiers ? Et de notre acceptation? Tant que vous pensez faire une bonne action en regardant et louant un film, vous insultez le cinéma. https://t.co/mRve6Zw5F8
Pourquoi l’absence de rôles féminins dans ce film et de femmes sur cette photo ne gêne t elle pas? Cela dit quoi de la vision masculiniste des quartiers ? Et de notre acceptation? Tant que vous pensez faire une bonne action en regardant et louant un film, vous insultez le cinéma. https://t.co/mRve6Zw5F8

L'arrogance n'est pas affaire de peau
Comme le sexe, la notion de race a été abolie, mais les gens de couleur continue de l'instrumentaliser : elle continue à agiter les vertueux, les mauvais et les méchants qui réclament la fin de la méritocratie. 
Allez, à l'année prochaine, pour de nouveaux délires !
En 2014, le Ministre de la Culture et du Patrimoine du Sénégal, Abdoul Aziz Mbaye a passé un accord avec Mawrah Studios. Ensemble, ils devaient mettre en place une Académie de formation cinématographique "SUNU-WOOD". Grâce au travail pédagogique et d'accompagnement qui devait être conduit par les professionnels et les partenaires culturels, cette formation a dû permettre d’initier le public sénégalais à la l’art.
2021 sera-t-elle l'année de la remise de 'Césaire' 'Cédar' (Senghor) à des comédiens mâles blancs, des mains de Ladj Ly ?