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mercredi 13 février 2013

Arche de Zoé: Prison ferme pour les "humanitaires"

Tentative d'enlèvement d'enfants: 2 ans ferme


Etape suivante,
 la GPA  ?...
Le président de l'Arche de Zoé et sa compagne, poursuivis pour une tentative de "transfert" (sic) d'une centaine d'enfants en France, présentés comme des orphelins du Darfour, en octobre 2007, ont été condamnés mardi à deux ans de prison ferme.

Eric Breteau et Emilie Lelouch étaient présents mardi au tribunal correctionnel de Paris, de retour d'Afrique du Sud, pour entendre ce délibéré,  n'avaient pas assisté à leur procès, au terme duquel ils ont été arrêtés.

Lien PaSiDupes - " Justice: Arche de Zoé, une sombre affaire de commerce inéquitable ? : Eric Breteau et sa compagne ne daignent pas se présenter à leur procès lundi


Ils ont été reconnus coupables d'exercice illégal de l'activité d'intermédiaire pour l'adoption, de tentative d'aide à l'entrée ou au séjour irrégulier de mineurs étrangers et d'escroquerie.

Les deux animateurs de l'organisation "caritative" (re-sic) ont également été condamnés à payer chacun une amende de 50.000 euros et à l'interdiction définitive d'exercer toute profession d'accueil, d'hébergement ou de placement de mineurs.

Poursuivie en tant que personne morale, l'Arche de Zoé a été condamnée à une amende de 100.000 euros, et sa dissolution  a été prononcée.

Lien PaSiDupes - " Arche de Zoe : prise d’otages et chantage : Les otages sont-ils « retenus » ou séquestrés ?


Eric Breteau, Emilie Lelouch et l'Arche de Zoé "ne pouvaient ignorer l'illégalité de leur projet", a estimé le tribunal dans son jugement. "Ils ont menti sciemment aux familles", de part et d'autre de la Méditerrannée

Le président de l'association caritative et sa compagne ont ri cyniquement et applaudi ironiquement à la lecture des motivations du tribunal. "Vous auriez eu la parole éventuellement si vous étiez venus aux précédentes audiences", leur a rétorqué la présidente.

Ils avaient été arrêtés en octobre 2007 au Tchad alors qu'ils s'apprêtaient à emmener en France 103 enfants présentés comme des orphelins du Darfour, une région du Soudan frappée par la famine, mais dont la plupart étaient de nationalité tchadienne et n'étaient pas orphelins, selon des associations.

Les quatre autres prévenus, parmi lesquels des membres de l'association, une journaliste et un médecin, ont été condamnés à des peines de 6 mois de prison avec sursis pour deux d'entre eux, et un an avec sursis pour les deux autres.

Les trafiquants d'êtres humains plaidaient la bonne foi...

Ces cyniques se disaient " bénévoles" - d'une espèce particulière, espérons-le - et  plaidaient la bonne foi. Le tribunal a reconnu leur "rôle subalterne" dans cette tentative d'enlèvements. Le tribunal a estimé que d'autres bénévoles qui s'étaient portés partie civile n'avaient pas en revanche -  été trompés...

"Je ne peux pas supporter d'entendre que je suis coupable de quoi que ce soit, je suis parti de bonne foi", s'est défendu   Philippe van Winkelberg, médecin condamné à un an de prison avec sursis. "On n'a aucune preuve que ces enfants sont tchadiens ni qu'ils ont des parents", a-t-il maintenu.

Arrêtées le 27 octobre 2007 dans l'est du Tchad, quatre des six personnes renvoyées devant le tribunal correctionnel de Paris avaient déjà été condamnées à huit ans de travaux forcés au Tchad pour tentative d'enlèvements.

Ils avaient ensuite été transférés en France - où leur peine a été convertie en huit ans de prison - puis libérés, en avril 2008, en raison d'une grâce du président tchadien.

L'Arche de Zoé avait obtenu des sommes de plusieurs milliers d'euros auprès de 358 familles auxquelles était promise l'arrivée, sinon l'adoption, d'un orphelin originaire de la province soudanaise du Darfour.

"Tout était pensé en termes d'adoption", a jugé le tribunal, qui a estimé que les organisateurs avaient entretenu des "mensonges permanents" sur le déroulement de l'opération, qu'ils savaient illégale et dont ils avaient voulu faire un "coup médiatico-politique."

lundi 3 décembre 2012

Justice: Arche de Zoé, une sombre affaire de commerce inéquitable ?

Eric Breteau et sa compagne ne daignent pas se présenter à leur procès lundi

Chronologie des faits
Décembre 2007: à N'Djamena au Tchad, les six bénévoles français de l'Arche de Zoé sont tous condamnés à " huit ans de travaux forcés " avec 4,12 milliards de francs CFA, soit 6,3 millions d'euros,  de dommages et intérêts qu'ils auront à régler. Nadia Merimi, l'infirmière, s'effondre. Alain Péligat, le logisticien, est hébété. Fidèles à eux-mêmes, les véritables instigateurs de l'aventure humanitaire,  Eric Breteau et sa compagne, Emilie Lelouch, restent imperturbables dans leur gilets Children Rescue. La presse prend alors leur parti et assure que les condamnés paient au prix fort leur amateurisme, leur méconnaissance de l'Afrique et leur ..."messianisme humanitaire". Au Tchad en revanche, la " bonne foi " et " l'absence d'intention frauduleuse " plaidées par leurs avocats n'ont pas convaincu et l'avocat général a dénoncé " les manoeuvres frauduleuses " de " Breteau et ses compagnons ", les accusant d'avoir, " en fait d'humanitaire, basculé dans l'inhumanitaire ".

Tout a commencé le 28 avril 2007 

L'Arche de Zoé annonce  une opération (d'envergure) pour transférer " 10 000 orphelins du Darfour " vers l'Europe et les Etats-Unis, dont 1 000 en France.
Elle s'adresse à des " familles d'accueil " qu'elle parvient à recruter sur Internet, en diffusant l'information notamment sur des forums de discussions d'associations spécialisées dans l'adoption. Eric Breteau, qui a créé l'ONG
en 2005 après le tsunami pour intervenir en Indonésie et qui cherche un nouveau terrain d'action, a eu l'idée de cette " évacuation " après un voyage au Soudan début 2007. Il multiplie les réunions.

Le 5 mai
, l'association Enfance et famille d'adoption initie la méfiance envers l'initiative de l'Arche de Zoé en invitant les familles " à la plus grande prudence ". "Comme dans tous les cas de conflits (...),
rien ne prouve que tous ces enfants soient sans famille ", rappelle-t-elle. Médecins du monde et France Terre d'Asile feront de même.

Le 4 juillet, Eric Breteau est reçu au Quai d'Orsay par un conseiller du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, à propos de son projet de " rapatrier vers la France des enfants du Darfour ". Le ministère lui indique " qu'il s'embarque dans un truc pas raisonnable ".

Le 9 juillet, le ministère des Affaires étrangères décide de porter l'affaire devant la justice et saisit le procureur de la République de Paris. Certains soupçonnent un projet d'adoption d'ampleur et en contradiction avec les conventions internationales sur le sujet. Deux semaines plus tard, une information judiciaire est ouverte contre l'Arche de Zoé pour " exercice illicite d'activité d'intermédiaire en vue d'un placement ou d'adoption d'enfants ".

Le 31 juillet, Rama Yade hérite du dossier. Des parlementaires, notamment des élus de la Marne, se renseignent sur Eric Breteau pour se faire une opinion, après avoir été contactés par des familles d'accueil inquiètes. Le 10 août, Breteau est entendu par la brigade des mineurs. Il lui dissimule l'existence de Children Rescue, le nom de son association au Tchad. Pendant ce temps, à Abéché, au Tchad, une vingtaine de logisticiens de Children Rescue montent un orphelinat et un centre médical pour y accueillir des enfants tchadiens. Cinq pompiers professionnels et un pompier volontaire d'Argenteuil en font partie.

A Paris, le 23 octobre, des familles d'accueil inquiètes font remonter des informations à quelques parlementaires. Mais personne n'a fait le lien entre l'Arche de Zoé et Children Rescue. 

A Khartoum au Soudan, le conseiller de Bernard Kouchner, Eric Chevallier, et Rama Yade apprennent par un magistrat travaillant à la Direction des Français de l'étranger qu'une famille en France se plaint que son chèque de 2 500 € versé à l'Arche de Zoé ait été débité !

Le 24 octobre, un premier convoi s'organise, tandis que l'ambassadeur de France au Tchad prévient les autorités tchadiennes qui surveillent l'aéroport de N'Djamena. Mais personne ne s'occupe d'Abéché où les 103 enfants sont rassemblés, avec l'aide du pilote belge Jacques Wilmart, à la frontière du Soudan. 

Le 25 octobre, la supercherie éclate. 

A l'aéroport de Vatry, dans la Marne, des familles d'accueil arrivent par dizaines, mais la sous-préfecture de Vitry-le-François n'arrive pas à obtenir d'informations fiables sur l'arrivée ou non des enfants. Au Tchad, l'équipe d'Eric Breteau, qui a procédé à un simulacre d'évacuation sanitaire en posant de faux bandages et de la Bétadine sur les enfants - pourtant en bonne santé - est interpellée. La folle entreprise se termine en prison.

Dommage collatéral

La Cour d'appel d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) a renvoyé la demande de dommages et intérêts de l'Etat tchadien contre le Dr Philippe van Winkelberg, médecin de l'Arche de Zoé. Le Tchad, représenté par l'"Association tchadienne pour le bien-être des enfants", réclame6,3 millions d'euros de dommages et intérêts au médecin . Or, cette somme correspond à la condamnation prononcée au Tchad contre les six membres de l'Arche de Zoé qui devaient payer "solidairement" les familles de 103 enfants, présentés comme des orphelins du Darfour, qu'ils avaient tenté d'exfiltrer vers la France fin 2007.

La Cour, qui a demandé au Tchad la production de certaines pièces en original, rendra sa décision le 18 décembre 2012.
Les inculpés se sont mis à l'abri en Afrique du Sud

Le président de l'association l'Arche de Zoé, Eric Breteau, et sa compagne Emilie Lelouch,   ne seront pas présents à leur procès qui s'ouvre lundi 3 décembre à Paris. Ils ont fait savoir qu'ils ne seront ni présents ni représentés devant le tribunal correctionnel.

Les accusés n'ont pas confiance en la Justice de leur pays

Dans un entretien publié il y a une semaine par lexpress.fr, l'avocate expliquait que ses clients "ont le sentiment de ne pas avoir été écoutés jusqu'ici, ni par les media ni par la justice" et "craignent que le même phénomène se reproduise devant le tribunal".

Le couple vit actuellement en Afrique du Sud où Eric Breteau loue des chambres d'hôtes, tandis qu'Emilie Lelouch a créé une compagnie de cirque avec des artistes locaux.

Mais quatre autres prévenus seront jugés


Le médecin Philippe van Winkelberg, le logisticien Alain Péligat, la journaliste Agnès Pelleran et Christophe Letien, un membre de l'association qui était resté en France. Ils sont poursuivis pour escroquerie, exercice illégal de l'activité d'intermédiaire pour l'adoption et aide à l'entrée et au séjour irrégulier de mineurs étrangers en France ayant pour effet de les éloigner de leur milieu familial ou de leur environnement traditionnel.

La peine encourue pour ce dernier délit est de 10 ans de prison et 750.000 euros d'amende.

Les membres de l'Arche de Zoé seront jugés cinq ans après leur sombre entreprise au Tchad, où le 27 octobre 2007, dans une région frontalière du Darfour soudanais, ils faisaient embarquer, affublés de faux pansements, 103 enfants qu'ils comptaient exfiltrer en France.


L'adoption homosexuelle est-elle pénalisée ?

vendredi 6 février 2009

Bernard Kouchner découvre que le PS, c’est salissant

Le PS sanctionne le symbole de l’ouverture, un mythe qu’il faut détruire

Le journaliste Pierre Péan a écrit un livre malveillant

Dans ce bouquin aux motivations limpides, il s’en prend à Bernard Kouchner, médecin né en 1939 et ministre en exercice… cofondateur de Médecins sans frontières et de Médecins du monde. Ministre et secrétaire d'État en charge de la santé sous les gouvernements socialistes de Michel Rocard, Pierre Beregovoy, Édith Cresson et Lionel Jospin. Ancien haut fonctionnaire de l'ONU, il est respecté de tous, hormis Péan.
Dans son bouquin ‘nauséabond’ (dixit BHL), il organise des informations pour mettre en cause l’intégrité d’une personnalité qui reste la préférée des Français, mais que les socialistes honnissent, maintenant que Bernard Kouchner travaille au poste éminent de ministre des Affaires Etrangères du gouvernement Fillon.

La méthode diffamatoire classique

Le ‘nain’ Péan (selon les termes de BHL) brûle les ailes du mythe vivant, en brouillant les dates de ses activités africaines privées passées (principalement au Gabon et en République du Congo) et ses activités ministérielles actuelles. Péan insinue ainsi que B. Kouchner continuerait à être payé pour des services rendus en sa qualité de ministre, alors qu’il s’agit de paiements d’arriérés en tant que consultant. Et vogue la rumeur…

Bernard Kouchner n’en est pas à la premier assaut contre son honneur.
Dans l’affaire glauque de l'association Arche de Zoë, accusée de tentative d’enlèvements de pseudo-orphelins du Tchad vers la France, Éric Breteau, un des principaux organisateurs présumés des rapts, accuse Bernard Kouchner, alors ministre des Affaires étrangères, d'être impliqué dans l'affaire …

Dans sa dernière publication, Péan insinue que Kouchner aurait pu tromper le président de la République, Nicolas Sarkozy, qui, assure-t-il, ignorait les activités africaines de son futur ministre lors de sa nomination.
Mais selon Le Monde, « l'ouvrage est principalement une attaque en règle de la politique de Bernard Kouchner, sur fond de désaccord idéologique majeur exprimé par l'écrivain, en particulier sur le génocide rwandais», qui occupe en effet une grande partie du livre.
Au final, si Kouchner a obtenu le soutien de Martine Aubry, le bouquin aura surtout satisfait les socialistes sectaires en souillant la réputation du ministre emblématique de l’ouverture et en ouvrant une polémique médiatique nauséabonde.

Le ministre a réagi dans Le Nouvel Observateur.

Péan est-il fiable ?

> Ses orientations politiques ne font pas de doute.
L’un de ses bouquins contribua au scandale politique visant Valéry Giscard d’Estaing avec l'« affaire des diamants », et facilita l’arrivée Mitterrand à l’Elysée. Dans un autre livre qu’il commit complaisamment et qui fit de l’argent au cinéma, Péan, en revanche, épargna le socialiste.

> Dans un article publié en septembre 2002 par Le Monde diplomatique, Péan cite un article qu'il attribue au journaliste israélien Amir Oren, selon lequel le massacre de Sabra et Chatila (Liban, 1982) aurait été planifié par les Israéliens. Or, selon une enquête publiée en janvier 2008 par L'Arche, cette citation est un faux. Méprisant, Pierre Péan n'a jamais daigné justifier ses affirmations. L’eût-il pu qu’il l’aurait fait.

Petits réglements de comptes entre amis

  • Le bouquin de Péan, qui attaque Kouchner sur son activité de ‘consultant’ en Afrique, bien que les faits soient antérieurs à son arrivée au gouvernement Fillon, est un dommage collatéral de leur querelle personnelle qui les oppose sur le génocide au Rwanda et pourrait encore retarder le jugement de l’affaire du livre précédent de Péan...
    « L'ouvrage est principalement une attaque en règle de la politique de Bernard Kouchner, sur fond de désaccord idéologique majeur exprimé par l'écrivain, en particulier sur le génocide rwandais » qui occupe en effet une grande partie du livre. C’est Le Monde qui le dit.
  • Sur le génocide au Rwanda, lire l’article de PaSiDupes qui suit
    Il informe sur la querelle ancienne qui oppose toujours les deux protagonistes. Pour en savoir plus, cf. libellé ‘génocide rwandais’).
    En 1994, Kouchner tenta en effet d'organiser le sauvetage d'orphelins et soutint l'envoi de l'armée française au Rwanda. Les secours français seront accusés d'avoir couvert le massacre des Tutsis par les Hutus.

    Les députés fielleux du PS : ne font-ils pas pitié ?

    La piétaille des cancrelas socialistes n’est jamais de reste dans la souillure.
    Mélenchon s'en est dégagé et les fustige.(Lire PaSiDupes)
    Mais i
    ls ont pour leur part annoncé qu’ils allaient demander des comptes à leur ancien « camarade » ! Sur l’air de la Marseillaise ?
    Pour ces démocrates à la petite semaine, la présomption d’innocence n’existe pas et le dernier méchant bouquin, comme le premier vrai-faux SMS venu, leur suffit à salir. Ils se promettent d’ailleurs d’y ajouter leur couche de crasse…

    Pour finir ici, juste un petit aperçu du complot, avec ce titre de ...Marianne :

  • Rwanda : traîné dans la boue, Pierre Péan contre-attaque
    « Le procès de Pierre Péan, poursuivi par SOS-Racisme pour «diffamation raciale» et «discrimination raciste» à cause de quatre pages de son livre sur le génocide rwandais, s'est ouvert hier à Paris ». (24 septembre 2008)
  • lundi 27 octobre 2008

    Arche de Zoé : les aventuriers de l’Arche perdue face aux juges

    Qu’est-ce qu’ils souffrent ! Mais toujours moins que leurs victimes…
    Mis en examen par la justice française, les membres de l'Arche de Zoé s’obstinent, pour la plupart, à affirmer le caractère désintéressé de leur opération qui visait à exfiltrer vers la France 103 enfants du Tchad, pour le seul bien de ces derniers.

    Rappel des faits
    Arrêtés le 25 octobre 2007 à Abéché (Est du Tchad), le président de l'association, Eric Breteau, sa compagne et assistante Emilie Lelouch (ci-contre), le médecin Philippe van Winkelberg, les logisticiens Alain Péligat et Dominique Aubry et l'infirmère Nadia Merimi ont été condamnés deux mois plus tard à N'Djamena à huit ans de travaux forcés.
    Transférés en France, puis graciés le 31 mars par le président tchadien Idriss Deby, ils restent encore condamnés à régler un préjudice de 6,3 millions d'euros aux familles tchadiennes, des indemnités juridiquement "impossible à mettre en oeuvre", mais selon la défense.
    Le gouvernement tchadien a déjà indemnisé pour moitié les victimes, mais les familles réclament le reste de leur dû.

    Les charges
    Les généreux aventuriers n'ont donc pas fini de rendre des comptes à la justice et de régler leur dette : le contribuable français n’est pas prêt à payer pour eux. Une instruction est d’ailleurs toujours en cours à Paris pour escroquerie, exercice illégal de l'activité d'intermédiaire en vue d'adoption et aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers. Et de leurs parents, dans un deuxième temps... Mais le projet a capoté.
    Mis en examen, Eric Breteau, Emilie Lelouch, Philippe van Winkelberg et Alain Péligat encourent dix ans de prison et 750.000 euros d'amende.
    Nadia Merimi et Dominique Aubry ont quant à eux été placés sous le statut de témoin assisté, un statut intermédiaire entre celui de mis en examen et de simple témoin.

    Des réactions hautes en couleurs
    Me Jean-Claude Guidicelli, avocat du docteur Philippe van Winkelberg et d'Alain Péligat, l’un des logisticiens, ne craint pas d’affirmer que cette instruction n'est qu'un "dossier alibi, un dossier politique".
    Les mis en examen, qui espèrent un non-lieu, ont fait l'objet d'expertises psychologiques. Bien que cette expertise n’ait rien de scientifique, les psychologues affirment, par la bouche de Me Guidicelli, toutefois, que les membres de l'Arche auraient "agi de manière désintéressée, altruiste. Ce sont des personnes qui ont laissé parler leurs sentiments".

    De nombreuses zones d’ombre
    A titre d’exemples, que penser du changement de nom de L'Arche de Zoé au Tchad pour celui de Children Rescue ou des faux pansements dont les enfants avaient été affublés avant leur exfiltration? Les psychologues ont certainement une version qu’ils réservent aux juges, mais l’avocat a déjà entrepris l’intoxication de l’opinion. « Des actes expliqués par l'urgence », soutient l'avocat. Quelle était donc « l’urgence » du changement de nom ?
    "Ils étaient dans l'action, pas toujours dans la réflexion, il fallait parer au plus pressé", soutient-il, sans conviction.

    Les exploiteurs de la misère humaine sont bien à plaindre
    Depuis leur libération, tous reprennent néanmoins possession de leur vie mais adoptent le statut de victimes. Ils garderaient à l'esprit le "lynchage" dont ils estiment avoir été l'objet de la part des autorités et des médias, assurent leurs avocats.

  • Eric Breteau "va plutôt bien [ !] mais il reste convaincu que ces enfants devaient être sauvés et qu'il a échoué, c'est perturbant", gémit son conseil Me Céline Lorenzon à l’unison. Il a repris une activité professionnelle que l'avocate ne veut pas préciser "pour ne pas qu'il perde" son emploi. Sa photo aurait été si peu publique que son employeur ne l’a pas identifié !...
  • Nous avons le plaisir de vous faire savoir que Nadia Merimi a repris son métier d'infirmière : ce serait pourtant un comble qu’elle exercçât en milieu scolaire.
  • Si vous êtes enclin à plaindre le logisticien Alain Péligat, soyez rassuré : il a les moyens de s'accorder une année sabbatique, probablement avec le soutien d’un réseau, mais pas ceux d’indemniser les victimes. Sur le sujet, Me Guidicelli reste sans voix.
  • Nous sommes heureux d’apprendre que le docteur Philippe van Winkelberg exerce à nouveau, mais dans son cas, comme dans les autres, la réalité concrète est aussitôt assortie d’un élément subjectif incontrôlable : il "éprouve des difficultés à se reconstruire, il a été couvert d'opprobre", note encore Me Guidicelli, dont la technique ne varie pas.
  • Dominique Aubry "a repris sa vie, pompier dans le sud de la France. Parfois les gens le reconnaissent, ça le replonge dans cette histoire douloureuse", confie son avocat Me Olivier Desandre-Navarre. Ils sont donc reconnaissables, sauf Eric Breteau, le plus médiatisé de la bande.

    Les accusés se serrent les coudes
    Un an après, les membres de l'expédition restent "unis comme les doigts d'une main", insiste Me Guidicelli. Mais pour son avocat, Dominique Aubry, bien que logisticien, est toutefois "amer" vis-à-vis d'Eric Breteau: "il s'est rendu compte qu'il n'avait pas toutes les informations qu'il aurait dû avoir" sur les conditions et la finalité de l'opération. Le front se fissure.
    Des éléments auxquels la justice française doit encore répondre.

  • Et les familles françaises adoptantes ?