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jeudi 2 avril 2020

Crise sanitaire : que retenir des auditions de Philippe et Véran ?

Les députés, membres de la mission d’information, ont tenté d'en savoir plus  sur la gestion de l’épidémie

Deuxième exercice d'entraînement à la "transparence"

Coronavirus : déconfinement, bac, masques... l'essentiel des ...

Première dans l'Histoire politique moderne française en contexte inédit de pandémie, 31 députés et les présidents des huit commissions permanentes de l'Assemblée nationale ont mené des auditions du premier ministre Edouard Philippe et du ministre de la Santé Olivier Véran, en visioconférence, pour éviter le risque de contamination, alors que trois députés sont décédés du Covid19. 
Confronté à la défiance et aux critiques de nombreux Français sur la gestion de l'épidémie de coronavirus, Macron avait missionné le premier ministre pour promettre la "transparence" sur la situation sanitaire. Samedi déjà, ils avaient ainsi tenté de lever les doutes mais leur longue conférence de presse n'avait pas suffi à écarter les soupçons. "Je ne cherche pas à justifier l'action du gouvernement. Je sais bien que le moment venu, nous tirerons ensemble les leçons de la crise.", avait affirmé Edouard Philippe.

"Le combat ne fait que commencer". Après avoir annoncé vendredi le prolongement du confinement au moins jusqu'au 15 avril, le premier ministre a prévenu que "le combat ne fait que commencer". "Les quinze premiers jours d'avril seront difficiles, encore plus difficiles que les quinze jours qui viennent de s'écouler", a affirmé le locataire de Matignon.

La mission d'information a commencé ce mercredi soir ses auditions sur "l'impact, la gestion et les conséquences" de l'épidémie du covid-19. Les élus de la représentation nationale, de la majorité et de l'opposition, ont immédiatement invité les deux membres du gouvernement à répondre à leurs interrogations sur la gestion de la crise sanitaire.

Lors de son propos liminaire, Edouard Philippe a voulu anticiper toute déception sur les réponses qu'il pourrait apporter. "Nous ne savons pas tout, a-t-il annoncé d'emblée. Face à des événements de la nature de ceux que nous vivons, face aux conséquences de décisions telles que le confinement, nous ne savons pas tout […] Les décisions que nous prenons sont souvent prises sur le fondement d'informations parfois incomplètes et souvent contradictoires." L'exemple le plus prégnant porte sur le calendrier du déconfinement.

Un "déconfinement progressif" ?

Le premier ministre a aussitôt prévenu que le déconfinement ne pourra certainement pas se faire « en une fois », mais par étapes, en fonction de critères à définir.
Le calendrier du déconfinement est une question "éminemment complexe " et dont la réponse dépendra des traitements mis ou non à disposition, des tests qui pourront ou non être effectués et de la façon dont le virus aura circulé. "Il est donc probable que nous ne nous acheminions pas vers un déconfinement général et absolu partout et pour tout le monde", a prévenu le chef du gouvernement.
"Nous avons demandé à plusieurs équipes de travailler sur cette question ", a-t-il déclaré, confirmant le fait que l'hypothèse est véritablement envisagée. Il s'agira également d'évaluer "la proportion de nos concitoyens ayant été au contact avec le virus" et donc le degré d'"immunisation" de la population, a fait valoir le premier ministre.

L'exécutif réfléchit ainsi à la mise en œuvre d'un déconfinement régionalisé, dont les modalités restent à définir. D'autres critères pourraient servir ce déconfinement progressif, en fonction de l'âge, par exemple.





Pour l'heure, le confinement général en France est ordonné jusqu'au 15 avril. "Nous espérons, et là encore je suis prudent, pouvoir avancer sur le sujet et présenter des éléments d'une stratégie de déconfinement dans les jours, la semaine qui viennent, de façon à donner une perspective à nos concitoyens", a-t-il conclu. 

"4.000 lits disponibles en réanimation"

La principale bataille se livre aujourd'hui pour les cas graves et critiques et donc sur le sujet du nombre de places disponibles en réanimation. "Il y a plus de 5.500 malades hospitalisés en réanimation, a fait savoir Olivier Véran. La France compte en situation normale 5.000 lits en réanimation. Le plan blanc activé très tôt a permis d'augmenter nos capacités à 10 000 lits. C'est un effort phénoménal, a-t-il commenté." Mais les services de réanimation ont accueilli 359 patients de plus au cours de la journée de ce dimanche.
Le ministre a fixé un objectif "de l'ordre de 14 000 lits". Une course contre la montre, puisque le pays conserve à ce jour quelque 4.000 lits disponibles, dont 1.700 dédiés aux malades du covid-19.

"Pas possible d'organiser le bac dans des conditions normales"

Depuis trois semaines, les enseignants tentent autant que possible d'assurer la continuité pédagogique, en dépit de matériaux parfois complexes à mettre en oeuvre et des débits de connexion faibles. Un travail difficile à conduire, qui implique également les parents. Sur ce point, le premier ministre a dit espérer une reprise des enseignements au début du mois de mai, le 4. Sans pouvoir là encore le garantir, du fait que le confinement pourrait être amené à perdurer.

Il est en revanche "acquis" que le baccalauréat ne pourra pas se tenir dans "des conditions normales", a acté Edouard Philippe, évoquant les difficultés à mettre en route cette "énorme machinerie".
L’Education nationale réfléchit à des épreuves finales "allégées", en raison des circonstances. Le reste des notes pourraient se baser sur le contrôle continu.






Vers un "tracking"... volontaire [localisation]?

Interrogé sur les moyens de renforcer le contrôle des mesures de restriction, le Premier ministre est revenu sur la possibilité d'instaurer le tracking des citoyens par l'intermédiaire de leurs smartphones. Une méthode notamment déployée en Corée du Sud, qui présente l'une des courbes de propagation du virus les mieux contrôlées au monde. Le dispositif ne serait néanmoins "pas légalement permis en France", a précisé le ministre, qui n'écarte pas l'idée d'un traçage volontaire des citoyens.

S'agissant des contrôles des forces de l'ordre, le Premier ministre a fait savoir que 5,8 millions de contrôles pour non-respect du confinement ont été effectués en France entre le 17 et le 31 mars. Parmi ces contrôles, 359.000 infractions ont été constatées, dont 64 % par la police nationale.

Objectif de 20.000 tests de dépistage par jour

La semaine passée, le pays était en mesure d'effectuer 5.000 tests quotidiens de dépistage du coronavirus. Edouard Philippe veut quadrupler ce chiffre pour atteindre le cap des 20.000 tests par jour.
Mais ce sont les tests de sérologie qui seront cruciaux: la recherche d’anticorps dans le sang permettra de mesurer l’ampleur de l’épidémie et d’accompagner le déconfinement du pays. La France s’y prépare pour les prochaines semaines.

Au député Damien Abad, chef du groupe LR qui demandait comment le gouvernement entendait rattraper l'Allemagne, le premier ministre n'a pas hésité à émettre des réserves sur ses 500.000 tests journaliers revendiqués. "Quand l'Allemagne dit qu'elle réalise 500 000 tests, je ne sais pas ce que cela signifie. Je suis toujours très prudent lorsque je compare les chiffres français et les chiffres des autres pays, quels qu'ils soient." En distillant le soupçon, le premier ministre participait ainsi au malaise qu'avec Macron il dénonce en France.  Et le pensionnaire de Matignon de faire savoir que si la France effectue des dépistages pour chaque décès suspect, il n'est pas certain que les pays voisins fassent de même. Aveu que la France n'est pas un exemple pour ses alliés ?

Mélenchon réclame des nationalisations

Jean-Luc Mélenchon, LFI, chef de file de l'extrême gauche, n'a pas rompu avec le ton modéré des échanges. Soutenu sur ce point par les députés Philippe Vigier et Mathilde Panot, il a toutefois appelé fermement à des nationalisations, citant notamment deux entreprises : Luxfer, qui produit des bouteilles d'oxygène, et Famar, qui produit des médicaments, et qui est en redressement judiciaire. Jean-Luc Mélenchon a aussi appelé à des nationalisations dans l'industrie du textile.

"Augmenter la production nationale ça ne passe pas nécessairement par la réquisition ou la nationalisation, a assuré le premier ministre. Sans réquisitionner sans nationaliser, l'exemple des masques le montre, on peut mobiliser le tissu productif national". 
Olivier Véran a pour sa part dit "regarder" de "très près" toutes les offres de reprise de l'entreprise Famar Lyon,  unique productrice française de Nivaquine.

Non, ce n'est pas de l'idéologie : et sont fermés. Le Premier ministre ne connaît même pas la situation.

20:18 - 1 avr. 2020

Le gouvernement persiste à mépriser l'hydroxychloroquine

Interpellé par Joachim Son-Forget sur la politique gouvernementale d'encadrement du traitement à la chloroquine, le ministre de la Santé a réitéré les raisons de l'exécutif pour ne pas en généraliser l'administration. "Monsieur Son-Forget est médecin; il ne sait que trop bien que pour prescrire un médicament, il faut avoir un minimum d'éléments pour démontrer scientifiquement de son efficacité, en France ou ailleurs dans le monde, a-t-il défendu. Aucun pays aujourd'hui n'est allé au-delà de l'autorisation, a indiqué le suiveur: le temps des premiers de cordées et de  l'innovation sont des mythes macroniens révolus. Croyez-moi, si un médicament, que ce soit celui-ci ou un autre, est capable d'améliorer l'état de santé des Français, nous le ferons."

Des territoires exonérés du confinement ?

Si Richard Ferrand a insisté pesamment pour éviter tout début de polémique et invité les députés à garder une certaine réserve devant les caméras et jusqu'au lancement de l'enquête parlementaire, le député Éric Ciotti ne s'est pas laissé museler sur le respect - ou plutôt le non-respect - du confinement dans certains quartiers et a interpellé les deux ministres sur ce sujet sensible. "Il existe des exceptions dans certains territoires où il est mal ou pas du tout respecté, et notamment dans certaines banlieues", a grondé le député des Alpes-Maritimes.

Edouard Philippe a reconnu que "le respect d'un confinement strict est probablement plus difficile dans certains endroits que dans d'autres". 
Mais le chef du gouvernement a éludé la question : le sujet était plutôt de savoir si le ministre de l'Intérieur est capable de faire respecter les décrets et arrêtés partout sur le territoire. Le premier ministre a d'ailleurs fini par concéder qu'il est sans doute plus difficile de faire respecter le confinement à Mayotte plutôt que dans le VIIe arrondissement [pris au hasard:c'est celui de Rachida Dati] de Paris [ou même que le XXe], au mépris de la consigne de R. Ferrand d'éviter la polémique... 
Avant de tonner : "Mais je le dis aussi avec force, la loi s'applique partout sur le territoire. Le confinement, il n'est pas là pour contenter ou pour ennuyer une catégorie de français plutôt qu'une autre." Encore un coup de menton dans le vide.

mercredi 1 avril 2020

Une université chinoise recrute le professeur Luc Montagnier, co-découvreur du virus du sida en 1983 et Prix Nobel de médecine 2008

Cette université chinoise s’est engagée à fonder un institut au nom du Nobel français




Article de Sylvestre Huet, soutien de Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle en 2012.
publié le 10 décembre 2010 (Mise à jour : 1 septembre 2016)

"Le professeur Luc Montagnier, co-découvreur du virus du sida en 1983 et Prix Nobel de médecine 2008, a été recruté par une université chinoise. Laquelle s’est engagée à fonder un institut à son nom. .

Le célèbre médecin [biologiste virologue et professeur émérite à l’Institut Pasteur], âgé [alors] de 78 ans, va ainsi diriger une équipe de chercheurs au sein du département des sciences de l’université Jiaotong de Shanghaï [ce que l'Université française n'a pas elle-même réussi], qui publie chaque année un classement des universités mondiales. Comme la présence d’un Nobel dans ses locaux pèse très lourd dans le classement, l’université Jiaotong va ainsi faire un bond dans ce dernier (correction suite à une remarque d’un internaute ; ben non, car cela n’est pris en compte que pour l’institution où travaille le nobélisé au moment où il reçoit la récompense. Errare humanum est, l’important c’est de se corriger).  

Le président du comité du Parti communiste de l’université, Zhang Jie, a estimé que le recrutement du Prix Nobel témoignait du «rapide développement de l’économie, des sciences et technologies, de l’éducation – notamment de l’éducation supérieure – chinoises». A sa place, j’en serai moins certain. Et je m’orienterai vers d’autres signes, plus probants, de ce développement (voir cette note sur la production scientifique chinoise, et cette autre sur le rapport de l’Unesco 2010 sur la science et la technologie).

Le professeur Montagnier a été le co-lauréat du prix Nobel de médecine en 2008 avec la virologue Françoise Barré-Sinoussi pour avoir co-découvert le virus responsable du sida. Il a consacré vingt-cinq ans de sa vie à des travaux sur ce fléau. A l’âge de 65 ans, la loi française lui avait imposé de prendre sa retraite. «Une mesure scélérate, scandaleuse, qui risque de provoquer une fuite de cerveaux français», s’était-il indigné.

En réalité, personne ne lui interdisait de continuer à effectuer des travaux de recherche dans son laboratoire, un tel statut existe sous le nom d'éméritat, et il ne serait venu à l’idée de personne de le lui refuser. En revanche, la loi exige que, passé 65 ans, on ne puisse plus diriger un labo ou répondre en son nom à un appel d’offres. Place aux «jeunes» - restons calmes : les moins de 65 ans - pour les postes de direction. C’est plutôt pas bête comme système. Et tous les chercheurs à l’ego normal le vivent bien. Souvent même très bien, ils peuvent s’amuser comme à l’époque de leur jeunesse, en faisant de la science sans s’occuper de l’intendance.

Une autre raison de douter de l’apport décisif de Luc Montagnier à la puissance scientifique montante de la Chine se trouve dans ses activités récentes. Il s’est orienté vers des idées pour le moins bizarres en reprenant les thèses de Jacques Benveniste sur une «mémoire de l’eau» et carrément la transmission d’informations moléculaires par la voie de mystérieuses ondes électro-magnétiques. Où cela devient vraiment glauque, c’est lorsque ce discours arrive sur le terrain... du virus du sida ! Avec des articles publiées [orthographe de journaliste] dans une revue scientifique peu connue... dont il préside le comité éditorial.
Sur ce sujet, une salutaire mise au point sur le blog en quête de sciences.

Mais Luc Montagnier ne s’arrête pas là, et s’attaque aussi au problème de l'autisme. Avec une démarche tout aussi étrange, à base de traitements d’antibiotiques, détaillée par mon confrère Declan Butler. Lire ici son article, paru hier dans la revue Nature. En fait, l’argumentaire de Luc Montagnier se résume ainsi : «j’avais raison contre tous en 1983 sur le virus du sida, donc j’ai raison aussi aujourd’hui». C’est un peu court. Et assez triste. J’aurais préféré n’avoir à écrire que du bien de ce scientifique qui a fait preuve de courage, mais qui termine plutôt mal sa carrière."

Mise à jour :

Depuis les années 80, la Science est en France aux mains des "méthodologistes"
dont les mandarins actuels sont de "dignes" spécimens, "dignes" en ce qu'ils sont membres du "conseil scientifique" de Macron, présidé par un cumulard, le professeur JF. Delfraissy. "En même temps" qu'il combat les travaux du Professeur Didier Raoult qui prescrit une bi-thérapie efficace contre le Covid19, il attend les résultats de l'essai clinique Discovery lancé en Europe et qui vérifie que le traitement contre le coronavirus SARS-CoV-2 de 2003 peut être validé contre le Covid19 de 2020.
Chacun des quatre autres groupes de cet essai recevra respectivement, en plus des soins standards :
  • remdésivir, un antiviral injectable utilisé dans la recherche clinique contre Ebola, mais qui ne dispose d'aucune AMM ;
  • lopinavir/ritonavir (distribué sous la marque Kaletra), un traitement anti-VIH ;
  • lopinavir/ritonavir et interféron bêta, une molécule naturellement produite par le système immunitaire ;
  • hydroxychloroquine, utilisé par le professeur Raoult, en association avec un antibiotique - bi-thérapie qui n'est pas, en tant que telle, testée par Discovery -  et hydroxychloroquine qui ne peut donc être testée équitablement dans l'essai biologique qui a les faveurs du Conseil scientifique.
La cabale menée par les mandarins contre le professeur Montagnier se répète ainsi contre le professeur Raoult.

Coronavirus : Facebook et Twitter suppriment des messages favorables à la chloroquine

Le pouvoir peut-il honnêtement se plaindre des réseaux sociaux ?

Twitter et Facebook restent-ils des espaces de liberté?
Facebook a supprimé ma page (Toutes les solutions)
Depuis le début de la pandémie de Covid-19 et dans le cadre de la lutte mondiale menée contre le coronavirus, les plateformes de réseaux sociaux ont durci leurs règles contre ce qu'ils jugent être des messages trompeurs ou dangereux
Ainsi, certains commentaires des propos insultants et/ou méprisants du docteur Laurent Alexandre sont rejetés, sans explication, tandis que cet urologue partisan de Macron peut continuer à invectiver et ostraciser quiconque ne marche pas au même pas que l'exécutif.

Tous ces messages ont été supprimés de Facebook, Instagram et Twitter, sur décision souveraine des équipes de modérations de ces plates-formes. 
Entre Macron et les géants du numérique, une relation qui s'est tendueDepuis mi-mars, Facebook, Mark Zuckerberg, PDG (ci-dessus avec Macron), comme Twitter, Jack Dorsay, président, en plus d’afficher des informations officielles de l’OMS et d’autorités sanitaires pour lutter contre la pandémie, ont en effet décidé de renforcer leurs règles de modération sur les sujets liés au Covid-19. Leurs critères ne sont pas connus, mais les messages critiques de la gestion gouvernementale subissent des coupes et sont menacés de fermeture autoritaire. 
Appel aux avocats pour soutenir les dépôts de plaintes contre les atteintes à la liberté d'expression, les abus de position dominante et les demandes fantaisistes ou partisanes de blocages.
Avec ça, "le respect de votre vie privée est notre priorité"...
Twitter anuncia que ya no aceptará publicidad política
Macron et Mark Dorsay qui , en octobre 2019, disait refuser  la publicité politique: a-t-il accepté la censure?
Le 26 mars, un communiqué de Facebook précisait ainsi que les messages présentant de "fausses affirmations à propos de remèdes ou traitements" contre le coronavirus ou "les affirmations selon lesquelles la distanciation sociale n’aide pas à lutter contre la propagation du coronavirus" seraient supprimés. 
Le 27 mars, à son tour, Twitter communiquait sur des principes similaires de fonctionnement de sa modération pendant la pandémie.

Bloquer et débloquer un utilisateur sur Twitter - Comment Ça Marche
Pour faire respecter ces règles, Facebook comme Twitter ont donc pris la décision rarissime de supprimer les messages de chefs de gouvernement. Ces plates-formes considèrent habituellement que le caractère informatif des messages émanant d’un président ou d’un chef de gouvernement nécessite de les laisser en ligne, ce qui a conduit plusieurs fois Twitter à ne pas modérer des publications dérangeantes de Donald TrumpA la différence de celles diffusées par le sénateur Bernie Sanders, qui, en août 2016, lança 'Our Revolution', une organisation située à l'aile gauche du Parti Démocrate visant à impliquer la population dans un changement politique radical.

L’hydroxychloroquine en question

Dans ce contexte, ces derniers jours, Facebook et Twitter ont également supprimé des messages préconisant des traitements à base d'hydroxychloroquine, mais jugés trompeurs. Cette molécule utilisée dans des essais cliniques à Marseille par le professeur Didier Raoult, en combinaison avec un antibiotique, fait l’objet d’une très vive lutte d'ego et rivalités commerciales, en dépit des résultats positifs quand le protocole est mis en oeuvre au début de la maladie : les mandarins et la presse dépendante des annonceurs pharmaceutiques font courir la rumeur que les premiers résultats publiés par le virologue Didier Raoult ne permettraient pas d’affirmer que ce traitement est véritablement efficace. "Qu'il ferme sa gueule !", éructe le libertaire pédophile Cohn-Bendit , tandis que l'urologue macronien Laurent Alexandre bave sur les travaux du professeur en les traitant de "pourris"...

Le 27 mars, Twitter a supprimé un message de Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York et figure du Parti républicain, qui affirmait, à tort, selon Le Monde, que "l’hydroxychloroquine a un taux de 100 % de réussite pour soigner le coronavirus" : en réalité, même les essais à la méthodologie contestée du professeur Raoult n’affichent pas un résultat de 100 %, affirme cette presse affamée de recettes publicitaire. Le patron de l'IHU de Marseille qui a consacré sa vie à la recherche sur les virus affirme pourtant qu'après 1.291 patients de traitements bien conduits, au 30 mars, il ne déplore qu'un seul décès, un homme de 84 ans, qui n'était pas un candidat idéal au traitement... 

Facebook a également supprimé une vidéo de Jair Bolsonaro - qui a succédé à un centriste, lui-même successeur de plusieurs présidents d'extrême gauche (Dilma Rousseff, après Lula, tous deux poursuivis pour corruption) - parce que le président brésilien y affirmait que l’hydroxychloroquine est un traitement efficace, "ce qui n’est pas scientifiquement prouvé', estime la presse.

"Sont interdits sur nos plates-formes tous contenus ou fausses informations qui représentent un réel risque de préjudice physique", a expliqué Facebook au Monde. Des cas de toxicité cardiaque liés à des prises en automédication de Plaquenil (nom commercial de l’hydroxychloroquine) ont été signalés en France, notamment en région Nouvelle-Aquitaine, où des patients ont dû être admis en réanimation. Le professeur Raoult a dû rappeler qu'il ne préconise pas la vente libre et que le traitement doit être administré en milieu hospitalier, toute la profession reconnaissant "en même temps" que toute prise de médicament est potentiellement dangereuse d'un sujet à l'autre.

Règles "globales"

Twitter tente de justifier le rejet (modération !) du message de M. Giuliani, comme d’autres, parce qu’il était jugé - par des modérateurs anonymes - en violation de ses règles prohibant les Tweets "pouvant aller à l’encontre des informations de santé publique communiquées par les sources officielles et qui pourraient entraîner un plus grand risque aux personnes de contracter le Covid-19", ce dernier point dépassant les limites supérieures de la subjectivité malveillante et suspecte. Et d'ajouter, cerise sur le gâteau : Ces règles sont applicables au niveau global"... La transparence a  fait d'un coup plusieurs bonds en arrière.

Ces règles de modération "globales" se justifient mal aux Etats-Unis, où l’intérêt pour l’hydroxychloroquine est globalement moins fort qu’en France, puisque la pandémie ne les a atteints qu'après la Chine et ensuite l'Europe. Les données de recherche de Google montrent que deux très importants pics d’intérêt pour cet anti-paludéen ont eu lieu les 19 et 24 mars, dates auxquelles Donald Trump avait respectivement approuvé l’utilisation de ce médicament, puis l’avait qualifié de "don du ciel". La foi ne sauvera pas les adorateurs de la Science.



L
a FDA, a autorisé le 30 mars l’usage de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine

"Des rapports non confirmés suggèrent que ce médicament peut présenter un intérêt dans le traitement des patients hospitalisés," admet le régulateur américain du médicament.
Il indique également que "la dangerosité de ces médicaments n’a été étudiée que [dans son usage habituel d’anti-paludéen] et non pour les patients touchés par le Covid-19", une évidence puisqu'il ne tue que depuis fin décembre 2019.
Bilan des pays les plus touchés par l'épidémie de coronavirus ce mercredi 1er avril 2020On estime à plus de 34 000 le nombre de décès dans le Monde à cause du Covid-19. Les Etats-Unis dépassent la barre des 4.000 morts avec 865 décès en 24 heures, l'Espagne la barre des 9.000 décès et l'Iran celle des 3.000 morts. Le Royaume-Uni dépasse les 500 morts journalier tandis qu'il est en baisse en Italie à 727 ce jour.
En France, on décompte ce soir 24.639 personnes hospitalisées pour cas de Covid-19 en France, soit .882 de plus qu'hier. L'Outre-Mer compte 167 hospitalisations, 36 patients en réanimations, 85 retours à domicile et 11 décès.
6.017 patients sont ce mercredi soir dans un état grave nécessitant une réanimation.

Coronavirus: le professeur Raoult se met en retrait du conseil scientifique

Le professeur Didier Raoult suspend son accompagnement de l'exécutif sur le coronavirus

Il se retire du conseil scientifique, mais reste en contact avec le chef de l'Etat

Didier Raoult n'a pas démissionné du conseil scientifique, mais occupé à la direction de l'IHU méditerranée infection, il ne participera pas aux prochaines réunions.Le professeur Raoult, dont les recommandations sur le seul traitement existant, à base de chloroquine, des malades du Covid-19 provoquent de vives réactions parmi certains praticiens parisiens éloignés de la recherche fondamentale et virologues à la ramasse, a annoncé mardi qu'il se met en retrait du conseil scientifique, préférant privilégier un lien "direct" avec les patients et aussi avec Emmanuel Macron. La décision de "claquer la porte" daterait du 16 mars, selon Les Echos.

Dans une vidéo publiée sur YouTube et relayée par les réseaux sociaux, Didier Raoult explique vouloir conserver ses contacts "directs" avec le ministère de la Santé et le président de la République, "pour leur dire ce que je pense", "parce que le conseil ne correspond pas à ce que je pense être un devoir de conseil stratégique".


Plus tôt dans la journée, vu le climat ambiant de dénigrement et de désinformation, un porte-parole de l'institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée infection qu'il dirige à Marseille avait diffusé un démenti d'une information du journal Les Echos selon laquelle Didier Raoult avait "claqué la porte" du conseil. L'IHU a dû préciser que son directeur n'a pas démissionné. "Occupé à la direction de l'IHU Méditerranée infection, il ne participera pas aux prochaines réunions", avait sobrement déclaré un porte-parole de l'IHU.
Le 24 mars, L'Express s'était fait l'écho de la... nuance ! lien
Spécialiste reconnu des maladies infectieuses et respecté à l'international, Didier Raoult teste actuellement la chloroquine - un antipaludéen -, associée à un antibiotique,  sur des patients atteints du Covid-19. Dimanche, son équipe a d'ailleurs annoncé son intention d'administrer "à tous les patients infectés" son traitement hydroxychloroquine + azithromycine. Avant qu'ils ne soient entrés en phase de réanimation... Et pas seulement les patients âgés et atteints ou développant de multi-pathologies... 
A-t-il été évincé par ses confrères sous la houlette du Pr Delfraissy?

Sur les deux premiers avis du conseil scientifique (datés du 12 et 14 mars), rendus publics par le ministère de la Santé, le nom du professeur Raoult figure avec la mention "excusé". En revanche, son nom ne figure plus dans la liste des membres sur le troisième avis, daté du 16 mars.

75 malades hospitalisés, 600 tests à faire par jour

Des patients sont admis dans un centre de conférences converti en hôpital, le 5 février 2020 à Wuhan (Chine).Dans sa vidéo publiée mardi, le professeur Raoult révèle qu'il est "débordé de mails de soutien" et assure manquer de temps: "On a 75 malades hospitalisés, 600 personnes à tester par jour". 

Il remercie aussi 
l'assistance publique (AP) et l'Agence régionale de santé (ARS),
dont il reçoit "beaucoup d'aide""avec des difficultés qu'ils ont parfois à organiser des choses que nous faisons ici et qui ne correspondent pas forcément aux lignes directrices qui sont faites". 

Olivier Véran s'apprête à autoriser le traitement par hydroxychloroquine 

Le ministre de la Santé a précisé lundi qu'il l'envisage uniquement dans les formes graves - les défis les plus délicats pour le traitement du chercheur marseillais - et dans un cadre hospitalier "sur décision collégiale des médecins" et il a promis un arrêté sur le sujet.
"En l'absence de toute donnée probante", il est en revanche exclu de le prescrire dans la population générale ou pour des cas non sévères.

L'urologue Laurent Alexandre, reconverti dans les affaires - et candidat à la présidentielle de 2020 - guette les échecs ?
Il ne manquera pas de faire chaque soir son Jérôme Salomon en faisant le décompte macabre des morts...

Crise sanitaire: Philippe et Véran rendent compte de leurs actes devant l'Assemblée

Ils seront auditionnés par la mission d’information sur le coronavirus

Une mission parlementaire auditionne Edouard Philippe et Olivier Véran à l'Assemblée



Cette mission parlementaire cherchera à obtenir les informations qui ne filtrent pas. Le Premier ministre et le ministre de la Santé répondront peut-être mercredi aux interrogations des députés sur la gestion de l'épidémie de coronavirus, a-t-on appris lundi de source parlementaire.

Cette mission, dont la création a été validée la semaine dernière au Palais Bourbon, a vocation à contrôler chaque semaine les mesures prises par le gouvernement et devrait débuter ce mercredi à 18 heures. 

Les présidents de tous les groupes politiques seront membres.
Cette mission se penchera sur "l'impact, la gestion, et les conséquences dans toutes ses dimensions de l'épidémie". Elle devrait être dirigée par le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand (LREM).

Plusieurs groupes d'opposition militent pour un élargissement de ses compétences

Coronavirus: Philippe, Véran et Buzyn visés par plusieurs plaintes ...Les uns souhaitent que la mission parvienne à se doter des prérogatives d'une commission d'enquête. Certains plaident pour que ce ne soit pas avant l'été, voire l'automne, car "le but est de tirer les leçons de la crise". 

D'autres plaident aussi en faveur d'un "équilibre démocratique" avec un rapporteur de l'opposition.
Alors que plusieurs plaintes en justice visent la gestion de la crise, notamment déposées par des collectifs d'élus, mardi, Macron s'est irrité contre les "irresponsables" qui "cherchent déjà à faire des procès alors que nous n'avons pas gagné la guerre".

Coronavirus : Pape Diouf voulait-il être soigné par Véran ou par Raoult ?

Pape Diouf, ex-président de l'OM, est à déplorer parmi les victimes du Covid-19  

Pape Diouf s'est éteint ce mardi à Dakar au Sénégal à 68 ans

FCGB : "Pape Diouf restera à jamais parmi les grands présidents de L1"
Contaminé par le Covid-19 et placé sous assistance respiratoire depuis samedi, l'ancien dirigeant de l'Olympique de Marseille devait être transféré en France dans la journée. Il avait été hospitalisé vendredi dans la capitale sénégalaise, où il vivait une partie de l'année, mais l'état de santé de ce Tchadien de naissance s'était fortement dégradé lundiLa RTS, la télévision nationale sénégalaise, a annoncé le décès, confirmé par ses proches

Le sexagénaire devait être rapatrié dans la nuit de mardi à mercredi vers un hôpital de Nice dans un avion sanitaire affrété par l'ambassade de France au Sénégal. Mais, en raison de la dégradation de sa condition, son avion n'a pu décoller et il s'est éteint à l'hôpital Fann, où il avait été pris en charge.

Pape Diouf est arrivé à Marseille à l'âge de 18 ans. 
Né de père sénégalais, un militaire responsable du garage gouvernemental à Fort-Lamy (aujourd'hui N'Djamena), Mababa (son prénom de naissance) suit sa scolarité dans une école chrétienne de Dakar, avant d'être envoyé au lycée à Marseille. 
Fan de football, il rejoint la rédaction de La Marseillaise (communiste) pour couvrir l'actualité de l'Olympique de Marseille. Il se dirige par la suite vers le métier plus lucratif d'agent de joueurs. Il s'occupe alors des intérêts de Marcel Desailly, Basile Boli, William Gallas, Didier Drogba et Samir Nasri, tous Africains. Repéré par la direction olympienne pour son talent en affaires, l'homme à la stature massive, arborant une moustache sombre, au large sourire, aux costumes et cravates assorties est nommé manager général en 2004 par l'actionnaire majoritaire Robert Louis-Dreyfus.

Un an plus tard, le Franco-sénégalais prend la présidence de l'OM, déplorant alors être "le seul président Noir d'un club européen" : le sujet de la couleur de peau n'est pas une obsession de Blanc... Reconnaissable à son phrasé, à son franc-parler et à sa faconde, Pape Diouf fait des choix forts qui assoient son autorité. Il est notamment à l'origine de sa décision d'aligner une équipe bis face au PSG en 2006, refusant d'aligner l'équipe des titulaires en arguant du non-respect par les services de sécurité du club parisien des normes de sécurité concernant l'accueil des supporters marseillais au Parc des Princes. Un match que les "minots" de l'OM, montés à Paris, bouclent sur un 0-0 inespéré.
En raison d'absences répétées au conseil de surveillance de l'OM, ainsi que de conflits avec le président de ce conseil, Vincent Labrune, Robert Louis-Dreyfus décide de se séparer de Pape Diouf, le 17 juin 2009.

Sous sa présidence (2005-2009), l'OM se restructure et progresse régulièrement
(5e en 2005-2006, puis 2e en 2006-2007, 3e en 2007-2008, et 2e en 2008-2009), se qualifiant régulièrement pour la Ligue des Champions. Sous son gouvernance, l'équipe accède également deux fois d'affilée à la finale de la Coupe de France, perdues en 2006 face au PSG et en 2007 contre Sochaux. 
Remercié en 2009 par l'actionnaire majoritaire, son travail effectué en amont contribue à mener l'OM au titre de champion de France en 2010, après 17 longues années sans titre.
En 2012, le président Hollande le nomme chevalier de la Légion d'honneur. 
Il sera mis en examen en 2016 pour abus de biens sociaux et association de malfaiteurs dans une affaire liée aux transferts de certains joueurs Sa mise en examen est annulée et il est placé sous le statut de témoin assisté en 2018.

Fin 2013, Pape Diouf est pressenti pour conduire une liste lors des élections municipales de 2014 à Marseille. 
Courtisé par le PS et EELV, il prend finalement la tête de la liste "Changer la donne" composée de membres du 'Sursaut', un collectif comprenant des dissidents écologistes et des associations, et de personnalités issues de la société civile. Ses listes terminent à la cinquième position (résultats globaux sur Marseille), avec 5,63 % des voix.