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mardi 18 juillet 2017

Le général Soubelet dénonce l'incohérence de Macron: les coupes budgétaires des Armées entravent la lutte contre le terrorisme

Le général s'engage avec Macron en février, se désengage en mars et passe à l'offensive en juillet

"On ne peut pas lutter contre le terrorisme en diminuant de 850 millions le budget des Armées" (
Bertrand Soubelet)


Bertrand Soubelet : « On ne peut pas lutter contre le terrorisme en diminuant de 850 millions le budget des Armées »



La déclaration de politique générale d'Edouard Philippe a fait sourciller nombre de Français. Le Premier ministre annonçait fonder l'action du gouvernement sur une méthode préconisée par le Président de la République dont le premier point consiste à dire la vérité. 
Résultat de recherche d'images pour "sans autorité quelle liberté"
A la demande des élus de la République, le général Soubelet expliqua les carences et les défis auxquels nous devons faire face. "Cette vérité, détaillée dans un livre, m'a coûté cher : Tout ce qu'il ne faut pas dire a provoqué mon exclusion de cette institution qui était ma vie." Valls, ministre de l'Intérieur, le limogea... Le 25 avril 2016, l'ancien Premier ministre Alain Juppé déclara, le concernant, qu'"un militaire, c'est comme un ministre : ça ferme sa gueule ou ça s'en va"(En février 2016, le général Piquemal a été interpellé par la police à Calais après s'être exprimé lors d'une manifestation contre les migrants et l'« islamisation de l'Europe".)
Le Saint-Cyrien 
B. Soubelet fut un temps macronien, ayant « besoin de croire qu'une nouvelle façon de faire de la politique était en train de naître », et candidat aux élections législatives de 2017 dans les Hauts-de-Seine.
Aujourd'hui, le pouvoir macronien confond 
autoritarisme et autorité et sanctionne ses serviteurs. Ainsi, Pierre de Villiers, le chef d'état major des Armées, est-il en attente de la décision de son exclusion par Jupiter pour avoir  défendu les intérêts - et la sécurité - de ses hommes, menacés par des coupes budgétaires. Cf. PaSiDupes :
lien 1 : "L'Etat, c'est moi !" : Macron confond fermeté et autoritarisme
- lien2 : Le chef d'état major des Armées dénonce la "confiance aveugle" envers les supérieurs... 
Les Français ont montré en mai qu'ils y aspiraient, mais la présentation en juillet de certains grands chantiers n'a pas tardé à faire surgir des inquiétudes.

Ainsi, pour Bertrand Soubelet, général de corps d'armée, ex-numéro trois de la gendarmerie nationale, la politique générale définie par le Premier ministre a vraiment de quoi inquiéter les Français. Sur les questions du terrorisme, des fractures françaises et de la partition du territoire, les orientations du nouveau gouvernement ne sont pas à la hauteur. 

Les revirements de l'exécutif inquiètent le pays. 

Deux des mesures phares, la disparition de la taxe d'habitation et la réforme de l'ISF, ne figuraient plus dans les priorités du début de quinquennat. Le Président vient d'annoncer in extremis que ces deux chantiers débuteraient quand même en 2018. Or, de la cohérence et une nécessaire continuité sont capitales pour conduire les affaires publiques et les annonces ne peuvent pas être contredites à quelques jours d'intervalle. Désormais, les décideurs  sont fondés à s'interroger sur la fiabilité de toutes les autres annonces  de cette déclaration devant la représentation nationale.


Si, en quelques jours, le pouvoir est capable de tout dire et son contraire, on peut déjà considérer que cette déclaration a perdu tout son sens et son porteur, sa crédibilité. On attend des responsables publics davantage de recul et de la constance dans la mise en œuvre des décisions annoncées. De tels comportements, révélateurs d'une impréparation déjà dommageable pendant le précédent quinquennat, ne sont pas à la hauteur des enjeux de notre pays et des attentes des Français.

Cette déclaration laisse 
en outre deux sujets importants pour notre pays en friche

En premier lieu, la question de notre système de santé.
Le gouvernement envisage de multiples projets pour améliorer l'efficacité et le service aux patients. Parfait ! Mais une telle mise en œuvre supposerait que tout notre système soit consolidé, en particulier sur le plan financier. Quand maîtriserons-nous les dépenses de santé? Quand les comptes de la sécurité sociale retrouveront-ils l'équilibre?

A propos de la sécurité sociale, le chef du gouvernement souhaite la traiter comme un "véritable patrimoine en l'entretenant en la préservant et en la rénovant". Chacun apprécie cette approche littéraire : de la bonne vieille langue de bois qui ne renouvelle rien.


Quelles mesures Macron compte-t-il prendre pour éviter ce gouffre financier à ciel ouvert permanent qui impacte le pouvoir d'achat des Français et qui aggrave notre dette? Cette année, ce seront 8 milliards d'euros qui manqueront pour équilibrer les comptes de la sécurité sociale, soit quasiment le budget du Ministère de la Justice... 

La ministre de la Santé de Hollande, Marisol Touraine, n'a-t-elle pas promis qu'en 2017 le"trou de la Sécu' aura disparu"? Le déficit du régime général de la Sécurité sociale sera de 400 millions d'euros en 2017, contre 3,4 milliards en 2016, avait-elle raconté. "Pour un budget de 500 milliards, c'est l'épaisseur du trait", avait-t-elle certifié dans un entretien avec Les Echos (LVMH).

Aucune proposition concrète ne vient crédibiliser cette priorité affichée du gouvernement, alors même que la Cour des Comptes a déjà pourtant fait la proposition d'un certain nombre de solutions. Mais l'exécutif, qui devait bouleverser ses habitudes, continuerait-il de souffrir dans son ego de s'appuyer sur les institutions sérieuses de notre pays?


Un deuxième thème est essentiel à l'harmonie du pays, celui de la sécurité.

Au-delà des sempiternels hommages démagogiques aux forces de sécurité, aux armées, aux services de secours, et à leurs victimes, aucune annonce de mesures profondes n'a encore été faite:  le pouvoir campe sur du flou et du strict minimum en matière de lutte contre le terrorisme. On devait voir ce qu'on allait voir... 

Le chef du gouvernement assure qu'il va donner les moyens à ceux qui défendent la société, mais "en même temps" il leur coupe les vivres : son administration a déjà annoncé 400 millions d'euros de gels de crédits à la gendarmerie et à la police nationales et Bercy a indiqué le 11 juillet une diminution de 850 millions d'euros pour les Armées. Cette duplicité est insupportable.


Quelle sécurité le président m'as-tu-vu garantit-il?
Les 10 millions de Français qui vivent dans des zones où la légalité républicaine n'est plus complètement respectée, où les forces de sécurité et les services de secours sont agressés, ont besoin de savoir quel sort leur réserve Jupiter.
Pendant que le souverain républicain se pavane avec les grands de ce monde et s'exhibe dans tous les lieux de commémoration pompeuse, tous ces citoyens défavorisés attendent de pouvoir vivre normalement dans ces quartiers où une minorité développe une économie souterraine juteuse. Des dizaines de milliers de jeunes s'y sentent marginalisés et sont la proie d'idéologies qui les conduisent au pire.
Des décisions assorties de moyens sont nécessaires pour redonner à ces millions de Français en souffrance un espoir de pouvoir bénéficier de toutes les libertés républicaines dont ils sont privés depuis trop longtemps par le manque de courage des responsables politiques, et parfois le fonctionnement erratique de notre administration. S'ils ont écouté le premier ministre, ils ont entendu que Philippe n'a pas eu un mot pour eux et l'équilibre de notre société. Ce silence coupable trahit le désir affiché d'obtenir des "résultats concrets le plus rapidement possible". Il faut arrêter de demander du courage aux Français alors que l'État fait preuve de faiblesse sur tous ces sujets fondamentaux.

Le général interpelle le pouvoir sur bien d'autres questions pendantes

"Ce gouvernement envisage-t-il de mettre en œuvre les décisions prises par l'État, confirmées par les citoyens?"

Il pointe quelques  pistes, comme l'affaire de Notre Dame des Landes.

Quand une politique efficace mettra-t-elle un terme à la pratique trop répandue de la fraude dans notre pays? 

Il est largement temps de redonner à la France ce visage de bienveillance mais de fermeté et de fidélité à nos valeurs.

Malheureusement, ces premières annonces déjà démenties sont les prémisses d'une politique qui ne rendra pas aux Français leur confiance en eux, cette fierté et cet esprit conquérant dont le Premier Ministre a émaillé la fin de son propos.

Etre conquérant n'est pas une affaire de paroles, mais d'actes.
Or, la parole du chef gouvernement est déjà bien dévaluée, estime le général qui incrimine une déclaration de politique générale rendue caduque par cette infidélité au programme du candidat. "Il a pris un bien grand risque", prédisant que "la déception du pays tout entier sera à la hauteur des espoirs que le Président de la République a fait naître."
Et de terminer sur une note d'espoir : "il n'est jamais trop tard pour poser des actes courageux."
Ma foi Il n'est jamais trop tôt non plus... 

lundi 9 janvier 2017

Ségolène Royal condamne Manuel Valls pour son revirement sur le 49-3

Royal a en revanche salué la démarche d’E. Macron, qui est "en dehors des systèmes"

Alors que Cazeneuve lance une bouée à l'ancien premier ministre, en retrait derrière Montebourg, Royal lui appuie sur la tête

La ministre de l’Ecologie a salué la démarche personnelle d’Emmanuel Macron, qu'elle continue d’observer avec bienveillance. C’est quelqu’un "qui s’engage, qui déploie un programme, un projet, se donne du mal, croit en ce qu’il fait," a estimé la cougar au "Grand Rendez-Vous" Europe 1-Les Echos-iTélé.

Le mérite de l’ancien ministre de l’Economie de Hollande, selon la battue de la présidentielle de 2007, serait qu'il s’inspire de ses méthodes de démocratie participative... "C’est bien !", juge Ségolène Royal.

Emmanuel Macron " n’est pas le seul", pondère-t-elle. "Peut-être y a-t-il une attente de l’opinion à être en dehors des systèmes [et de] casser les codes", avance-t-elle. Quoi qu’il en soit, "en aucun cas, ces itinéraires ne peuvent être des itinéraires solitaires", prévient la ministre qui avait cru pouvoir se passer du Parti socialiste quand elle se fit battre à plate couture (de six points) par Sarkozy. 
Elle "pense" donc accomplir son devoir de militante en allant voter à la primaire socialiste, abusivement présentée comme la "primaire de la gauche" à laquelle ne participe pourtant ni les candidats trotskistes, ni  celui du Front de gauche, Mélenchon. 

Voici la liste des candidats !
Dans le respect d'une parfaite équité, les candidats, déclarés ou plébiscités, sont mélangés de façon aléatoire.


Candidats éliminés ou ayant abandonné :


Après et "au moment du combat présidentiel majeur, il faudra le rassemblement des forces de gauche et des forces progressistes", ajoute-t-elle finement. 
"Il faudra voir quel est le critère de ce rassemblement et l’inventer car nous sommes dans une configuration nouvelle."

La ministre de l’Environnement a taclé son ancien premier ministre sur sa récente volte-face à propos de l’article 49-3

Le recours à cette arme constitutionnelle n’a "pas été compris de l’opinion", assure, méprisante du peuple, l'incompétente qui a eu une gestion "désastreuse" de la Région Poitou-Charentes qu'elle a présidée en se donnant des airs d'innovatrice éclairée, mais qui, au final, est tellement endettée que le président de la Nouvelle Aquitaine avait d'abord refusé de faire éponger la facture par la nouvelle grande région, qui a dû faire volte-face, lui aussi, sur les pressions du président de la Cour Régionale des Comptes et de Paris, en la personne de l'ami Michel Sapin, depuis Bercy.

Le gouvernement en "a beaucoup souffert", assure la coquecigrüe du marais poitevin. "Tout le travail positif qu’on a fait à côté a été totalement étouffé par les manifestations", raconte encore Ségolène Royal qui rapporte tout à elle, déclarant avoir personnellement "très mal vécu" cette période. "Les stratégies qui consistent à mettre des tensions dans la société sont de mauvaises stratégies," souligne-t-elle.

Elle s'interroge sur l'insincérité du candidat versatile
Est-ce une position sincère ? "J’espère que c’est sincère s’il le dit, mais ce n’est pas compréhensible", a-t-elle insisté. S’il plaide désormais pour cantonner le 49.3 aux textes budgétaires, Valls y a en effet eu recours six fois (rappelons-le), lorsqu’il était à Matignon, pour la loi Macron et la loi travail. Mais il en a rejeté jeudi soir la responsabilité sur les frondeurs socialistes : "On m’a imposé le 49.3", suscitant critiques et railleries jusque dans son propre camp. 
Et la ministre de son gouvernement d'enfoncer le clou, dans un réflexe naturel de populisme : "Les Français avaient déjà subi les épreuves du terrorisme, les forces de l’ordre étaient déjà fatiguées, épuisées. Même en tant que membres du gouvernement, on a beaucoup souffert." 

"Les Français ont le droit à un peu d'apaisement" 

Royal met en exergue la brutalité du premier ministre aujourd'hui candidat, martelant qu’ "en plus il y a eu des policiers blessés, cette image de voiture de police incendiée, des policiers qui ont failli brûler à l’intérieur, qui a fait le tour du monde et donné une image de la France terrible, des gens qui ont perdu les yeux dans les manifestations. (...) C’était trop. Les Français ont quand même le droit à un peu de bonheur, d’apaisement"

"Je crois que les stratégies qui consistent à mettre des tensions dans la société sont des mauvaises stratégies. Le 49.3, il ne peut pas être utilisé contre notre propre majorité parlementaire [c'est pourtant son objet !] sur des textes qui ne méritent pas de mettre comme ça le pays en très grande difficulté [la loi travail et la Loi Macron, du nom du candidat qui a ses faveurs...] en très grande tension."

vendredi 6 janvier 2017

Montebourg pointe la volte-face de Valls sur le 49-3

Cohérence: l'ancien premier ministre dit "assumer", mais point trop !

Son rival Arnaud Montebourg a fustigé vendredi l'ambivalence du schizophrène Manuel Valls

Sur France 2 hier soir encore pour L'Emission politique, Valls n'a pas cessé de répliquer à ses contradicteurs qu'il "assume" son action gouvernementale
Or, il n'a échappé à personne que Valls se défend de son autoritarisme et Montebourg n'a pas manqué d'insister sur sa brutalité. 
L'ancien redresseur de la courbe du chômage de Hollande souligne que Valls tient désormais un discours de campagne à l'opposé de la politique menée lorsqu'il était à Matignon
"Il y a un discours pour la candidature et une pratique pour le gouvernement", a jugé sur France 2 l'ex-ministre de la destruction de l'Industrie qui brigue également l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle

Montebourg reproche à Valls son revirement sur l'article 49-3 de la Constitution.

Lorsqu'il a été Premier ministre, Manuel Valls a eu recours à cet article qui permet de contourner le vote du Parlement pour faire adopter en force la loi Travail et la loi Macron à l'Assemblée nationale. Mais voilà que son utilisateur  - à six reprises et deux lois - promet maintenant de le faire supprimer de la constitution quand il suffirait simplement de ne pas y avoir recours.

Si "fort" et "juste" soit-il, Valls affirme que le 49.3 lui avait été "imposé deux fois

Cette procédure lui a en fait été imposée six fois...
Jeudi, Valls a accusé les "frondeurs" socialistes de lui avoir imposé cette procédure. 
"On m'a imposé le 49.3!" s'est-il exclamé, assurant ensuite que les "frondeurs " du Parti socialiste l'ont acculé à une telle solution.
"La décision est toujours prise par le gouvernement", lui a rétorqué Arnaud Montebourg.
"Et le coup de force permanent qui a été dénoncé pendant ce quinquennat a laissé beaucoup de traces, laissé la gauche en situation de désarticulation", a-t-il encore souligné à propos de l'ex-chef du gouvernement, qui a démissionné début décembre pour se consacrer à son avenir personnel.

Montebourg retourne une citation de Valls à l'envoyeur
Valls, vitupérant et menaçant
"Changer, grandir, mûrir, cela est la loi de la vie. Est-ce que cela se fait en un mois, 15 jours, trois semaines ? Je crois que Manuel Valls (...) devrait prendre la responsabilité qu'il a prise", a ironisé Arnaud Montebourg.
Hélas, cette citation de Montebourg est volée à Enzo Ventura pour qui "un désir doit mûrir, grandir, devenir une pression suffisante pour éclater au grand jour et prendre forme." (Comment changer de vie). La pression, l'un et l'autre l'ont, mais les deux bipolaires ont-ils grandi ?

vendredi 20 novembre 2015

Fabius, sur un siège éjectable

Hollande serait sur le point de débarquer Laurent Fabius

Fabius est-il encore approprié au Conseil constitutionnel ?

Fabius en action
Si le plus vieux ministre du gouvernement Valls esquive à l'évocation de son prochain largage de l'exécutif, après la Cop21, un faisceau d'indices interpelle. De nombreux collaborateurs du ministre quittent leur poste ou cherchent une reconversion. Ainsi, sa conseillère en communication, Marianne Zalc-Muller, tenterait de rejoindre le Conseil supérieur de l’audiovisuel. Son conseiller au développement du commerce extérieur, Grégoire Chauvière Le Drian, serait aussi prêt à partir, tout comme Sima Kammourieh, une autre conseillère. Le directeur et le directeur de cabinet adjoint du ministre auraient, eux, déjà trouvé des postes dans des ambassades. De quoi accréditer la thèse de la succession de Laurent Fabius  à Jean-Louis Debré pour la présidence du Conseil constitutionnel, au mois de mars prochain.

Jean-Louis Debré quittera alors ses fonctions. 
Il reviendra alors à François Hollande de choisir le nouveau président du Conseil constitutionnel. Si Michel Sapin s'est récemment dit intéressé pour intégrer l'institution - mais alors pourquoi pas Bruno Le Roux ! -, le nom de Laurent Fabius circulait encore beaucoup en septembre, selon Le Figaro. Le "deal" entre le Président et son actuel ministre des Affaires étrangères aurait même été passé quelques mois avant la victoire de 2012, assurait le quotidien. Mais la politique diplomatique de la France est la cible de critiques répétées que les événements de terrorisme renforcent. Au boulet de l'affaire du sang contaminé, Fabius a ajouté son aveuglement sectaire anti-Poutine à l'origine de tant de blocus et de blocages qui ont favorisé le développement de l'Etat islamique et la multiplication des attentats djihadistes. Fabius n'a pas seulement le sang contaminé sur les mains. Le Conseil constitutionnel offert en bâton de maréchal à Fabius serait un signal fort de l'indécence socialiste au sommet de l'Etat.  

Les tournants sécuritaire et militaire de Hollande relèguent Laurent Fabius dans la coulisse

La diplomatie pro-rebelles sunnites et anti-Assad du ministre des Affaires étrangères de Hollande a signé son échec et Laurent Fabius sa disgrâce. Quand la guerre devient l’alpha et l’oméga du gouvernement. Le ministre est sanctionné à l'intérieur sur sa politique de va-t-en-guerre à l'extérieur. Outre qu'il est déconsidéré par le retour dans le cénacle occidental de Poutine qu'il a combattu dur la scène internationale, Fabius fait les frais d'un nouveau revirement de  François Hollande sur le dossier syrien. Imposée par les faits de  terrorisme djihadiste meurtrier sur le sol national,  la toute dernière doctrine officielle a viré à  l’adoption d’un positionnement sécuritaro-militaire tous azimuts sur le plan intérieur et l’espace politique dévolu au patron de la diplomatie française s'est réduit. "Il n’est ni au premier rang, ni sur la photo. Il est totalement hors du jeu," commente, amer, un conseiller ministériel.
Il y a d’abord, bien sûr, le net rétropédalage présidentiel sur le départ du président syrien Bachar Al-Assad. Après en avoir fait un préalable non négociable, le lundi 16 novembre dans son adresse au congrès réuni à Versailles, Hollande  a finalement désigné l’Etat islamique (EI ou Daesh) comme l’adversaire numéro un de la France. Une rupture avec la ligne ardemment défendue, de longue date, par L. Fabius, en substance : ni Bachar Al-Assad ni l’EI. 
L'influence néfaste de Fabius a commencé de reculer en septembre, mais un peu tard, quand le président Hollande a amorcé son virage, acceptant d’ordonner des premières frappes aériennes sur les positions islamistes de Syrie...
VOIR et ENTENDRE Ulysse Gosset, éditorialiste international pour BFMTV, a tenté de justifier le rétropédalage forcé du  chef de la diplomatie française sur la lutte contre les djihadistes de l'Etat islamique en Syrie (Grand Angle, du 29 septembre 2015, présenté par Jean-Baptiste Boursier, sur BFMTV):


Le ministre de la Défense sent le vent tourner.
Dans l'affaire de l'annulation de la vente de Mistral à la Russie, Jean-Yves Le Drian avait pesé lourdement. Or, depuis qu'il est avéré que l’avion de ligne russe qui a explosé en vol au-dessus de l’Egypte le 31 octobre, faisant 224 morts, a été la cible d'un attentat revendiqué par l’EI et depuis les carnages du vendredi 13 novembre contre des rassemblements de foules à Paris, désormais, Moscou et Paris ont cause commune qui leur permet d'invoquer la légitime défense pour agir militairement contre l’EI en Syrie.

Poutine s’affirme toujours plus comme un partenaire incontournable dans la grande alliance contre l’EI.
L'allié russe ordonne à sa marine de se coordonner avec le porte-avions français Charles de Gaulle, les prémices d’une alliance. 
Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, évoque désormais un "transition politique" prochaine en Syrie. 
Mais, tandis que la coopération entre les forces russes, qui soutiennent Bachar al-Assad, et les armées américaine et française se concrétise sur le théâtre syrien,  les deux navires de guerre Mistral que Hollande a refusé à Poutine auraient pu contribuer à l'anéantissement  de Daesh et à la sécurité de Paris, le vendredi 13 dernier....
Le septuagénaire du Quai Branly peut maintenant retourner au néant de sa catalepsie chronique. Sans passer par la case Conseil constitutionnel.