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dimanche 28 août 2016

Crise laitière: la Confédération Paysanne vise Bruxelles et non Lactalis

Bruxelles aussi concentre la colère des éleveurs

Etrangement, les éleveurs de la FNSEA s'en prennent à Lactalis

Une partie des producteurs laitiers, derrière le puissant syndicat FNSEA, a déclaré la guerre à Lactalis (Lactel, Bridel, Salakis, Galbani, Président, …), premier groupe laitier mondial, qu’ils accusent de pratiquer des tarifs trop bas. 
La FNSEA cible Lactalis qui serait donc le principal responsable du marasme dans lequel se trouvent de nombreux producteurs. 
Un blocus de la société a d’ailleurs été mis en place la semaine dernière.
Avec la crise laitière, la colère paysanne gronde à nouveau, notamment en Bretagne, à quelques semaines seulement du début du salon agricole, le SPACE de Rennes, qui pourrait être animé.
Lactalis, anciennement Besnier, est une entreprise française du secteur de l'agroalimentaire. Elle s'est hissée aux rangs de premier groupe laitier et fromager mondial, et de deuxième groupe agroalimentaire français, en volume de production en 2014, derrière le groupe Danone.

Toutefois,
la FNSEA n’est suivie dans son action ni par la Coordination rurale, ni par la Confédération paysanne.

Tous les sites français du groupe Lactalis sont visés
La Confédération paysanne est d’habitude beaucoup plus radicale dans ses formes d’action comme dans ses propositions. Il suffit de citer ses meneurs, l'altermondialiste Joseph (dit José) Bové,  membre fondateur d'ATTAC, "démonteur" (destructeur) du  McDonald's de Millau (1999), saccage de plants de riz transgénique en  "faucheur" de plants de riz transgénique et, en 2006, d'un champ de maïs OGM en Haute Garonne, condamné à de nombreuses reprises ("violence en réunion" pour séquestration de fonctionnaires de la préfecture de Rodez), ou Laurent Pinatel, éleveur bovins bio près de Saint-Étienne dans la Loire, en première ligne de la lutte contre la Ferme des mille vaches dans la Somme, placé en garde à vue à deux reprises , poursuivi pour "incitation à la dégradation" et pour "recel". Ces mêmes neuf militants ont vu leurs peines allégées en appel.

La première, la Coordination rurale, interroge: "Pourquoi ne cibler que Lactalis?"
Selon ces producteurs, les mauvais élèves ne sont pas forcément ceux qui sont montrés du doigt. "Pourquoi ne cibler que Lactalis ? Cette entreprise ne paye certes pas le lait à un prix rémunérateur pour les producteurs, mais quasiment aucune laiterie aujourd'hui ne le fait ! [en France et en Europe] Pire, certaines coopératives payent chez beaucoup de producteurs le même prix que Lactalis en tenant compte des prix A et B, sans être attaquées !".
La Coordination rurale (CR, deuxième syndicat agricole national) est un syndicat agricole apolitique qui a été créé en 1992, en réaction à la réforme de la Politique agricole commune (PAC): l'un des slogans de la CR est "des prix, pas des primes".

Le groupe Lactalis a dénoncé de son côté dans un communiqué publié jeudi les propos "irresponsables" des représentants de syndicats agricoles qui ont pris l'industriel pour cible principale. 
"La production laitière est très excédentaire en France et le groupe Lactalis est l'entreprise de transformation qui traite le plus d'excédents produits par les producteur de lait", a précisé l'industriel, qui souligne que le prix payé en France est "nettement supérieur" à celui pratiqué par les autres pays européens, notamment l'Allemagne, premier producteur en Europe.
Quant au MODEF (Mouvement de défense des exploitants familiaux, classé à l'extrême gauche), il déplore dans le journal communiste L'Humanité que Lactalis (qui produit les marques Bridel, Lactel ou encore Président) jouisse "d’une santé économique insolente" et qu'un PDG d'entreprise comme Lactalis soit classé 13e fortune de France. Sur le fond, le Modef constate que l’offre de lait a dépassé la demande, mais ne pousse pas l'analyse jusqu'à la condamnation de la politique de Hollande qui a plombé les exportations vers la Chine, mais aussi la Russie, du fait de son soutien au gouvernement rebelle en Ukraine.

La Coordination Rurale, elle, mène d’autres actions coup de poing

A Marmande, des milliers de litres de lait ont récemment été déversés, 
avec pour cible bien précise le domicile du ministre lot-et-garonnais Matthias Fekl, secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur. "Les politiques nous lâchent..." assure Sylvie Girard, responsable régionale de la Coordination rurale., mais rappelle (et PaSiDupes l'a indiqué plus haut) "quasiment aucune laiterie aujourd’hui ne paie un prix rémunérateur aux producteurs", visant (le blog le souligne à nouveau, à la différence de la presse étatique) certaines coopératives payent chez beaucoup de producteurs le même prix que Lactalis, sans être attaquées !". Les journalistes d'investigation peuvent se tourner vers LAÏTA, la première entreprise coopérative laitière du Grand Ouest, sise dans le Finistère qui compte huit députés PS (ou DVG) sur huit, dont Jean-Jacques Urvoas et Marylise Lebranchu.

Pourquoi  la Confédération Paysanne s'attaque-t-elle à Bruxelles et non au gouvernement français ?

Avec l’APLI, association des producteurs de lait indépendants, mais qui conteste vivement la légitimité de la FNSEA, la Confédération Paysanne se refuse à partager la même cible que la FNSEA. Conscients de la globalisation du marché, ses adhérents réclament une régulation et une harmonisation européenne des règles et des prix.


Le 18 juillet dernier, le Conseil agricole de l’Union Européenne a présenté de nouvelles mesures qui permettent à Hollande de rester les bras croisés. Le commissaire européen à l’Agriculture l’Irlandais Phil Hogan, a annoncé le déblocage d’une nouvelle enveloppe de 500 millions d’euros d’aides d’urgence, afin d’enrayer la spirale de baisse qui emporte les cours du lait depuis... deux ans et met en péril la situation de nombreux éleveurs.

Ces financements européens seront répartis dans deux enveloppes. 
La première, de 150 millions d’euros, pour inciter les producteurs de lait à réduire leurs volumes, avec un objectif d’une diminution de 1,4 million de tonnes de lait. Les agriculteurs seront rémunérés au prorata des litres non produits (soit environ 10,7 centimes d’euro le kilo de lait) .

La seconde tranche, de 350 millions d’euros, sera versée aux 28 Etats membres, qui pourront ajouter jusqu’à 100 % des sommes reçues, si cela n’encourage pas la hausse de la production mais plutôt des actions environnementales ou de formation.

De nouvelles "perfusions" donc, qui dispensent le gouvernement Valls de soutenir ses éleveurs et  qui font suite à aux millions dépensés chaque année en faveur des agriculteurs, sans que la courbe des prix du lait ne s'inverse, signe d’un modèle à bout de souffle.

Produire moins pour gagner plus, réclame l
a Confédération paysanne

Avec seulement 19,7 % des voix lors des dernières élections aux chambres d'Agriculture en 2013, la Confédération est particulièrement remontée contre sa rivale, la FNSEA, de Xavier Belin qui a validé le projet européen, stigmatise un "gigantesque plan de licenciement des éleveurs laitiers". 
"Alors que tout le monde parle enfin de régulation, il est temps de mettre en place de véritables mesures pour les éleveurs avec une réduction imposée de la production couplée à des prix renforcés sur les premiers litres", explique la Confédération dans un communiqué diffusé par la presse.

Actuellement, les prix du lait sont descendus sous les 0,25€ le litre, alors que 0,35 € minimum sont nécessaires pour un revenu correct selon le syndicat paysan. "Les éleveurs sont déjà acculés par un système qu’aucun gouvernement européen n’a réellement souhaité remettre en cause. Désormais, des milliers d’entre eux pourraient être poussés vers la sortie."

Le syndicat exhorte aussi les gouvernants à cesser la distribution d’aides et de perfusions aux paysans, mais prennent les mesures pour que ces derniers puissent vivre de leur production : "il est temps de penser le soutien aux éleveurs pour engager la transition vers des modes de production plus autonomes, plus cohérents avec la réalité du métier et des besoins alimentaires. L’agriculture est un secteur qui peut créer de l’emploi si on ne le vend pas à un libéralisme éperdu qui ne se préoccupe pas des travailleurs, ni de l’environnement, des paysages, de l’alimentation, de la société dans son ensemble !".

La rentrée pourrait s’annoncer chaude et agitée,
particulièrement dans l'électorat de Bretagne !

jeudi 9 juin 2011

Sécheresse: Maso Royal vient faire tapisserie devant le Chef de l'Etat

Le Président de la République en séance de travail sur la sécheresse

La "courtoisie républicaine" de l'amère Royal...

Le Président de la République était venu à la rencontre des agriculteurs qui souffrent de la sécheresse en Charente.
Devant le gymnase de La Rochefoucault où se tenait la réunion le 9 juin 2011, Nicolas Sarkozy retrouva sa concurrente malheureuse pour la première fois depuis la présidentielle 2007. « Très heureux de vous retrouver », tels furent les mots de Nicolas Sarkozy à l'égard de Ségol'haine Royal, la présidente de la région Poitou-Charentes, crispée et glaciale.
Nicolas Sarkozy a annoncé plusieurs centaines de millions d'euros d'aides pour les agriculteurs victimes de la sécheresse et un plan à moyen terme d'amélioration de la gestion de l'eau.

Quand les éleveurs ne connaissaient pas la sécheresse,
les producteurs de lait arrosaient leurs terres:
près du Mont-Saint-Michel
, plus de 3 millions de litres de lait
ont été déversés dans les champs
en septembre 2009.


La Présidente de Région a cru sa présence indispensable


Elle aurait été conviée qu'elle aurait instrumentalisé l'invitation pour la dédaigner.
Mais elle ne l'a pas été initialement et lorsqu'elle a fait connaître son intention de s'inviter, l'Elysée a accédé à son désir de rencontrer son vainqueur.
Sud Ouest donne pourtant une version des faits que, pour des raisons partisanes,la presse n'a pas ébruitée: "8h56. Mardi matin, la président de la région Poitou-Charentes avait indiqué à Sud Ouest qu'elle serait à La Rochelle et ne pourrait se déplacer en Charente ... Elle a manifestement changé d'avis. Aussi candidate à la primaire PS, Ségolène Royal a annoncé sa décision "d'aller en Charente" jeudi où doit se rendre le président Sarkozy."
Ajoutons enfin que si la perspective de voir Sa Cynique Majesté Royal avait tellement été insupportable à Nicolas Sarkozy, le Chef de l'Etat avait à sa libre discrétion un vaste choix de départements alternatifs également victimes de la sécheresse qui lui auraient épargné la soupe à la grimace servie par la courtoise du cru.

VOIR et ENTENDRE l'accueil glacial de l'hôtesse:

Mais Ségol'haine Royal a été accueillie par des huées
Peu rodée à des déplacements en terres hostiles sans ses cohortes de militants, la présidente a pu mesurer sa popularité réelle.

Et Nicolas Sarkozy a déployé une courtoisie ostentatoire à son endroit
L'ironie de ses propos n'a échappé à personne...

VOIR et ENTENDRE l'échange des retrouvailles entre les ex-candidats de la Présidentielle 2007:

Invitée à prendre la parole, elle a interpellé le Chef de l'État sur sa politique agricole.
Mais sa prise de parole s'est faite sous les huées de l'assistance. Nicolas Sarkozy a dû intervenir pour faire taire les sifflets des agriculteurs de la FNSEA qu'elle musèle en temps ordinaires.

"Si elle aurait su, elle aurait pas venu " !

samedi 3 avril 2010

Poitiers: Sa Cynique Majesté Royal exploite les productrices de lait

Désirdavenir Royal tire le lait des productrices
L'Association des producteurs de lait indépendants (Apli) a rassemblé 400 femmes d'éleveurs à Poitiers, le 3 avril 2010.
Elles sont venues avec leurs enfants faire part du malaise de la profession. « On veut faire voir qu'on soutient nos maris et le boulot qu'ils font », a déclaré Laurence Legault, une des organisatrices.

Voici que les femmes ont leurs manifestations

On n'avait encore connu que les manifestations de travailleuses du sexe.
Venues essentiellement du Poitou-Charentes et de l'Ouest, mais aussi d'Aquitaine, du Limousin, du Pas-de-Calais et du Cantal, les femmes en colère se sont rassemblées non pas à Rennes, mais à Poitiers, sur les terres de la candidate éternelle à la présidentielle.

La présence de la présidente de la région Poitou-Charentes (ci-contre, masque tragique), sans sa fille Flora, était manifestement destinée à replacer la manipulatrice socialiste au centre de l'actualité, au risque d'éclipser la cause des productrices... Les femmes de producteurs ne craignent pas que la battue de l'élection de 2007 fasse tourner leur lait. N'avait-elle pas fait campagne sur la place de la femme dans notre société et sur son image de femme et de mère ?

"C'est la première manifestation de femmes et d'enfants d'Aplistes. On veut faire voir qu'on soutient nos maris et le boulot qu'ils font. Et ce ne sont pas des hommes qui souffrent, ce sont des familles entières", a déclaré Laurence Legault, une des organisatrices venue de Loire-Atlantique.

=> Septembre 2009: 12 millions de litres de lait étaient déversés dans les rues. Lire PaSiDupes

On notera que l'organisatrice ne se déclare pas porte-parole d'éleveuses, mais de femmes de producteurs et que Ayrault, en Loire-Atlantique, ne marchait pas dans cette manifestation à la gloire de la cynique susnommée.

"Non au libéralisme"

Tirant des pots à lait derrière elles, les manifestantes ont marché derrière la banderole "Prix du lait à 40 centimes", plusieurs d'entre elles portant des croix à la main où était inscrit "Non au libéralisme", après avoir partagé un pique-nique sous la pluie battante dans un parc.
VOIR et ENTENDRE


Une mascarade religieuse
Les femmes d'éleveurs, qui protestent contre la perte importante de leurs revenus depuis deux ans, ont allumé plusieurs centaines de bougies devant une église de la ville et respecté une minute de silence en hommage aux agriculteurs qui se sont suicidés par désespoir ces derniers mois.

"Je n'ose pas vous dire combien je gagne parce que nous ne nous versons plus de salaire depuis la crise", déclare Marie-Hortense Guehenec, agricultrice morbihannaise de 56 ans, qui travaille à perte avec son mari depuis des mois. Le lait était payé aux producteurs autour de 35 centimes le litre en mars 2009, il est actuellement payé aux alentours de 26 centimes, précise-t-elle.

VOIR où habite le leader de la grève du lait, Pascal Massol, sur ses terres de l'Aveyron à quelque 25 kilomètres au sud de Rodez.
Cliquer sur l'image Le Figaro:Où habite Pascal Massol, leader de l'APLI? - Le Figaro

Sommés par le gouvernement de s'entendre sur les prix du lait, producteurs et industriels français ont réussi mardi à trouver un compromis pour le 2e trimestre sur ce dossier. Mais, signé par la Fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL), branche du principal syndicat agricole FNSEA, cet accord ne satisfait pas les organisations minoritaires et radicales, comme l'APLI (cf. libellé 'Apli', ci-dessous)

Désirdavenir Royal et ses alliés de l'Apli, des proches de José Bové


La présidente picto-charentaise préfère dominer et manipuler l'APLI plutôt que de négocier avec la FNSEA.

A Quimper le 2 avril 2010
, deux cents producteurs de lait en colère s'étaient invités à la Chambre d'Agriculture, pour manifester leur opposition à un projet de réorganisation de la production laitière en France, proposé par la chambre d'agriculture du Finistère.
Les manifestants de l'APLI (Association des producteurs de lait indépendants) et de la Confédération paysanne ont envahi la Chambre dont les membres étaient réunis en session trimestrielle.
Quand la tragédienne tombe le masque
et prend la pose, le regard dans le lointain...
vers l'Elysée !

samedi 19 septembre 2009

12 millions de litres de lait déversés: combien de vies sauvées ?

Ces éleveurs-là sont-ils des enfants de Mendès-France ?
Que les photos sont belles !

Des éleveurs en grève du lait ont répandu des millions de litres de lait un peu partout en France depuis une semaine pour exiger des mesures de régulation face à la baisse des prix.
Plus de 12 millions de litres de lait ont jusqu'ici été déversés dans les champs lors de cette "journée blanche" du 18 septembre, notamment près du Mont-Saint-Michel (Manche), selon l'Organisation des producteurs de lait (OPL),une branche de la Coordination rurale (d'inspiration poujadiste).

Une démonstration de force par une minorité d'extrémistes

Europe-Ecologie ?


Les producteurs tentaient pour leur part de démontrer que le mouvement était loin d'être minoritaire, alors que la grève du lait fait l'objet d'une guerre des chiffres avec les pouvoirs publics et les industriels.
"Nos élus sont sourds. Il faut utiliser des moyens durs pour se faire entendre", a prétendu Jean-François Guitton, de la Confédération paysanne de Loire-Atlantique, avec DAL, co-fondateur d'ATTAC et proche de José Bové et Dany-le-Rouge).
Outre celle du Mont-Saint-Michel, des opérations de gaspillage ont eu lieu en Loire-Atlantique, dans la plupart des départements bretons, dans la Meuse ou dans le Lot-et-Garonne.
"C'est un mouvement très puissant. Nous n'arrêterons pas nos actions tant que des négociations au niveau européen n'auront pas abouti", a prévenu Didier Galinou, de la
Coordination rurale.

Mais le syndicat agricole majoritaire a une autre méthode
Pour le chef La FNSEA, ne soutient pas le mouvement.
L'indignation des responsables

Face aux pressions médiatiques
, le ministre français de l'Agriculture,
Bruno Le Maire, et le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, se sont dits "choqués" par ces actions.

  • "Montrer qu'on jette le lait alors que pour les enfants le lait ça veut dire la vie !", a déploré sur Europe 1 le chef de file du principal syndicat agricole.

  • Dans la matinée de jeudi, Bruno Le Maire avait pourtant réaffirmé son "engagement total" dans la recherche de solutions et annoncé une réunion lundi avec les banques et les assureurs pour mettre au point des aides de trésorerie.

    Souvenez-vous du verre de lait de Mendès France en 1954, distribué dans les écoles -et les casernes- pour lutter contre la dénutrition et l’alcoolisme et changer le vin et la bière en lait et en eau.

  • vendredi 18 septembre 2009

    Producteurs de lait: des agriculteurs radicaux exacerbent la colère

    Le syndicalisme minoritaire s'enfonce dans le lisier
    Des producteurs de lait ont poursuivi jeudi leurs actions en France.
    Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, estime sur RTL que «cette grève du lait est choquante pour tous les citoyens européens». Le ministre recevra les producteurs, le vendredi 18 à partir de 8h15.

    Les producteurs protestent contre la chute spectaculaire des prix du lait et réclament le maintien des quotas, ce que Bruxelles refuse encore.


    Les violences de la semaine
  • Dans le cadre de la "grève du lait" déclenchée la semaine dernière, quelque 150 agriculteurs ont répandu environ huit tonnes de lait dans un champ d'Isigny-sur-Mer (Calvados), indique la préfecture.
    D'autres actions sont prévues vendredi, déclaré «journée blanche», avec épandage «massif» -un doux euphémisme pour du gaspillage-, alors que Bruxelles a fait de nouvelles propositions pour répondre à la baisse des prix.
  • A proximité du Mont Saint-Michel, cruellement qualifié de 'Mont Blanc' pour la circonstance, un rassemblement «gigantesque» avec déversement de centaines de milliers de litres de lait est notamment annoncé à Tanis (Manche), où plus de 500 tracteurs sont attendus.
  • A Quimper (Finistère), une unité du groupe Entremont a été bloquée toute la journée par une quarantaine de manifestants qui ont interdit tout accès aux employés. La préfecture a annoncé la levée du blocage en fin d'après-midi, mais prévoyait une reprise du mouvement en soirée.
  • Une agence bancaire du Crédit Agricole a été la cible de producteurs laitiers du Forez, à Boën-sur-Lignon (Loire), où quelques dizaines d'agriculteurs ont déversé trois citernes de lait, soit environ 3.000 litres. L'opération a été menée pour dénoncer les banques qui "s'enrichissent sur la misère des paysans" (cf. la photo ci-contre), selon Thierry Derory, un des participants à l'action menée sous l'égide de l'Association des producteurs de lait indépendants (APLI), clairement engagée dans des actions de lutte des classes.

    D'autres actions ont eu lieu dans la journée, notamment dans les Pyrénées-Atlantiques comme cette distribution de lait gratuite à La Bastide Clairence ou l'épandage de lait près de Saint-Pée-sur-Nivelle.

    Les meneurs paysans

    Ils sont minoritaires mais visibles
    La "grève du lait" a été déclenchée le 10 septembre par trois syndicats minoritaires: l'APLI et l'Organisation des producteurs de lait (OPL), une branche de la Coordination rurale (d'inspiration poujadiste), avec le soutien de la très radicale Confédération paysanne (co-fondateur avec DAL d'ATTAC).

    La FNSEA -majoritaire- a refusé de s'associer à l'agitation


    Le 11 septembre, seule la Coordination rurale a clairement appelé les producteurs à faire grève.
    Pour marquer l'ouverture du mouvement, elle appelle à un grand rassemblement, en face de la préfecture de Pontivy, en Bretagne. Dès le jeudi soir, une cinquantaine d'éleveurs se sont rassemblés à Guingamp et ont annoncé qu'ils répéteraient l'opération tous les soirs.
    La Confédération paysanne est plus nuancée
    «Nous soutenons la grève, mais on laisse aux éleveurs le choix car c'est une décision douloureuse à prendre», indique Vincent Pennobert, porte-parole du syndicat pour le Finistère. La Confédération paysanne organisa lundi 14 une journée nationale de mobilisation et une distribution de lait aux salariés de la SBFM à Caudan (56). De nombreuses actions de ce genre ont ensuite eu lieu.
    Pascal Massol, président de l’Association des producteurs laitiers indépendants (APLI) et GAEC de l'Aveyron, fédère les agriculteurs isolés et accuse le président de la FNSEA de faire de “l’intoxication avec les industriels”. Un GAEC (Groupement agricole d'exploitation en commun) est une société civile de personnes et de plusieurs exploitations.
    Pour l'APLI, la solution au problème actuel du prix du lait "ne peut être qu'européenne, via l'EMB. et ses 100 000 adhérents", souligne son président. "La fin des quotas n'est pas inéluctable, nous pouvons imposer une production en phase avec la consommation intérieure" a-t-il ainsi expliqué, le 25 mars dernier.
    L’EMB (Européan Milk Board) structure rassemblant aujourd’hui une vingtaine d’associations de 14 pays européens fait planer la menace d’une grève du lait à l’échelle de l’Europe.

    Le mouvement s'est étendu à d'autres pays européens sous l'égide de l'European Milk Board (EMB), un mouvement dont le président, Romuald Schaber, est allemand. L'EMB est bien impliquée dans la grève européenne, mais ne peut appeler ouvertement à la grève et à toute autre action en raison des lois fédérales d'Outre-Rhin, explique-t-on de sources syndicales françaises.

    Les revendications des extrémistes
    Les "grévistes" demandent une revalorisation du prix payé aux producteurs par la réduction des quotas européens de 5%, ce que Bruxelles refuse.
    La Commission "n'entend pas la colère grandissante des producteurs de lait européens", a réagi l'OPL. L'APLI appelle vendredi à une journée "épandage du lait" au plan national.

    Jeudi 17, l'impact de la grève du lait reste difficile à mesurer, une semaine après son déclenchement

    On assiste à une inflation des chiffres de la propagande.
    Selon qu'ils émanent des industriels et syndicalistes non grévistes ou des producteurs favorables au mouvement, les chiffres de participation sont extrêmement contrastés, allant de «5 à 10%» à «plus de 50% de grévistes».
    En Charente, Philippe Varacher, membre de l'APLI et producteur à Verneuil, estime à «40% aujourd'hui» le nombre de grévistes, contre «10%» en début de mouvement. «On va vers les 60%», assure-t-il.
    Le président de la commission lait de la Confédération paysanne annonce clairement la couleur et ce n'est pas le blanc, mais le rouge: «On s'achemine vers un blocage complet des laiteries ce week-end par manque de lait. C'est du jamais vu», a mis en garde de son côté Yves Leperlier.

    En revanche, au niveau national, la Fédération des producteurs laitiers (FNPL), branche spécialisée de la FNSEA, évalue le «refus de livraison», autrement dit le taux des grévistes, entre 5 et 10%.
    Côté industriels, l'Association de la Transformation Laitière Française (Atla), qui réunit les laiteries privées et les coopératives, a maintenu jeudi les chiffres annoncés la veille avec une collecte en baisse de 7 à 8% par rapport à l'an dernier à la même époque.

    La position de la Commission européenne

    La commissaire européenne à l'Agriculture Mariann Fischer Boel a néanmoins promis jeudi que la Commission dépenserait en 2009 600 millions d'euros supplémentaires en mesures de soutien du marché.
    Mais
    pas question de remettre en cause les réformes qui prévoient l'abandon des quotas laitiers après 2015.

    Pour tenter de répondre à la détresse des agriculteurs, qui vendent leur lait à un prix souvent inférieur aux coûts de production, la Commission européenne a proposé jeudi une série de mesures pour faire face à la crise du lait, dont un assouplissement des règles de recours à des sortes de «primes à la casse» pour la restructuration du secteur.
    Mais, jeudi 17, elle n'envisageait pas de revenir sur l'abolition du système des quotas, pourtant indispensable, aux yeux des grévistes, pour endiguer la production.
  • Producteurs de lait: ils sont en colère, alors ils gaspillent

    Que les enfants du Darfour ou du Bangladesh ne voient pas ça !

    Quand des agriculteurs nourrissent la terre
    et que de faim meurent des hommes...

    lundi 14 septembre 2009

    Bové entame un jeûne de solidarité avec les producteurs de lait

    Jojo Bové a des kilos en trop ?
    Jojo Bové en est à se copier lui-même

    Le 3 janvier 2008, son action contre les OGM devait officiellement commencer à 10 heures, mais de fait, José Bové avait cessé de s'alimenter dès mercredi 2.
    Réfutant tout "coup médiatique", il avait toutefois déjà fait la tournée des radios et annonçé la veille au matin sur France inter : "Depuis hier soir, j'ai arrêté de m'alimenter". Un jour de gagné à bon compte... Le meneur altermondialiste avait de nouveau attaqué le gouvernement sur sa mise en place d'un moratoire sur les cultures de maïs OGM.
    Bien que la couverture médiatique de sa grève de la faim soit un non événement, il avait également annoncé "un lieu emblématique du mouvement social" dans le centre de Paris pour mener sa cure d'amaigrissement. Ce fut la rue de la Banque, dans le 2e arrondissement, "dans le bâtiment de la crise du logement", cher aux camarades de DAL, lors d'une conférence de presse au pied de la tour Eiffel. Il assura alors qu'il fallait "mettre les pieds dans le plat", car "si sur ce dossier, on n'avance pas, le Grenelle de l'environnement en lui-même sera une coquille vide".



    Bové se répète

    14 septembre 2009: Bové fait enfin sa rentrée avec une nouvelle cure d'amaigrissement.
    "J'entame cette action en tant que député européen parce que la politique passe aussi par l'action. Il y a urgence à sauver la filière laitière", a assuré José Bové, l'un des vice-présidents de la commission de l'Agriculture du Parlement européen.
    L'ancien porte-parole de la Confédération paysanne, un syndicat agricole minoritaire mais chouchouté par Sa Cynique Majesté Royal pour faire la nique à la FNSEA, a précisé qu'il entrera en scène à 16h45 précises pour le "mystère" médiéval revisité de sa cure d'amaigrissement sur le parvis de l'hémicycle du Parlement européen à Strasbourg avant d'entrer en séance. Il qualifie lui-même le show de son jeûne de "symbolique" ...

    Le député européen compte siéger en dehors du Parlement

    Guignol dans son castelet

    Il a dit son intention de poursuivre ce jeûne "jusqu'à ce que la Commission européenne se décide à venir en aide aux producteurs de lait qui traversent une crise très grave".
    "La Commission a les moyens d'agir. Si personne ne bouge, c'est la moitié, sans doute [en gros et à vue de nez ?], des producteurs de lait qui fera faillite", a dramatisé ce militant radical de la cause agricole.
    Plutôt que d'en débattre démocratiquement, le nouvel élu d'Europe Ecologie réclame notamment la réduction de 5 à 7% de la capacité de production laitière communautaire pour faire remonter des cours qui, selon les éleveurs, sont déprimés par la décision de relever progressivement les quotas laitiers.
    Des producteurs de lait français, allemands, belges et luxembourgeois parmi les plus virulents ont entamé la semaine dernière une grève du lait qui pourrait être suivie par leurs homologues italiens.
    Le mouvement est particulièrement suivi dans l'ouest et le nord de la France, principales régions productrices, où des distributions gratuites de lait ont été organisées.

    En
    Belgique, des éleveurs ont déversé samedi des centaines de milliers de litres de lait dans des champs. Les enfants des écoles auraient apprécié quils fussent versés dans les verres de la cantine.

    La grille des spectacles altermondialistes a été reconduite. Avec les mêmes animateurs vedettes.
    Un peu conservateur, tout ça, non ?