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dimanche 9 juin 2019

"Acte XXX" des Gilets jaunes : la fausse rumeur de manifestants tués à Montpellier

La presse macronienne participe-t-elle à la rumeur et à la dramatisation ?

Alors que "l’acte 30" se déroulait samedi dans plusieurs villes de France, plusieurs rumeurs ont annoncé deux décès au cours du rassemblement national à Montpellier. 

Affichage Google Actualités du 10 juin 2019

Dans certains cortèges, des manifestants ont crié "police assassin" et une minute de silence a même eu lieu à Toulouse. 
L'information faisant état de la mort de deux manifestants à Montpellier où 2.000 personnes se sont rassemblées (chiffres de la préfecture) a aussitôt circulé, samedi 6 juin, dans les cortèges de Gilets jaunes à travers la France, mais il a fallu plusieurs heures pour qu'elle soit officiellement démentie. 

Rumeur d'abord relayée par Gabin Formont, le créateur de Vécu, le media des Gilets jaunes. Dans une vidéo postée sur la page Facebook de Vécu, le jeune homme affirme - non sans précautions - le décès de deux personnes au cours du rassemblement de Montpellier. 

Une "information" qui lui aurait été donnée par des 'street medics'
, les bénévoles prodiguant des soins médicaux aux manifestants. "J'ai eu des confirmations concernant les décès et les comas [...] j'ai eu le chef des street medics au téléphone. Ils ont appelé une amie urgentiste qui a confirmé qu'une dame d'une cinquantaine d'années aurait pris une balle de flashball dans la rate et serait décédée. [...] Deuxième personne une dame victime d'un traumatisme crânien suite à un flashball dans la tête, qui serait décédée également. " Une vidéo vue plus de 180.000 fois et suivie d'une autre où Gabin Formont précise toutefois que "Vécu continue ses recherches, ses infos sont données sous réserve".



Demande de confirmation !
1 décès à Montpellier pendant la manif ?


La préfecture de police de l'Hérault a démenti dans l'après-midi toute mort liée au rassemblement se tenant à Montpellier et a demandé de pas faire "circuler de fausses rumeurs qui perturbent le travail des forces de l'ordre."

La préfecture de l'Hérault a fait état d'un bilan d'une dizaine de blessés légers parmi les manifestants et parmi les forces de l'ordre. 
De son côté, le média Vécu n'est pas revenu sur cette fausse rumeur et n'a toujours pas supprimé ses vidéos.

vendredi 16 septembre 2016

Loi Travail : les professionnels de la manif mettent les grenades de désencerclement en accusation

La CGT et SUD rejettent toute responsabilité dans les violences justifiant l'intervention de la police

Le ministère de la Justice a saisi le ministère de l'Intérieur, après la perte d'un oeil par un manifestant jeudi.

L'Inspection générale de la police nationale va-t-elle tomber d'accord avec le Parquet de Paris: suspense ! 

Les violences syndicales de jeudi, place de la République à Paris, du fait de la manifestation contre la loi Travail, conduisent à une enquête de l'IGPN, la police des police. "Une mauvaise loi, même adoptée, reste une mauvaise loi", explique Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT.

Quatre manifestants ont en effet été blessés
au cours d'affrontements avec les forces de l'ordre. L'un d'eux a été gravement blessé à l’œil. Il a perdu la vue malgré l'intervention des médecins de l'hôpital Cochin. Et les militants de SUD qui entouraient leur camarade trotskiste lors de la manifestation mettent en cause les tirs de grenades effectués par les policiers.

Que s'est-il passé ? 

Que fait au milieu de la bagarre ce jeune avec une canne ?
Une grenade est tombée  dans un groupe d'activistes révolutionnaires. Un éclat a blessé à l’œil un syndicaliste de SUD, alors qu'il se trouvait loin des échauffourées, assurent des témoins. A classer au titre de la pénibilité de l'activité de manifestants ? "J'ai vu une grenade de désencerclement qui a été lancée en l'air, avant d'éclater. Elle a rebondi contre quelqu'un; je l'ai vu tomber", raconte Noman, un photographe, au micro d'Europe 1. "Je me demande pourquoi à cet endroit-là. Il ne faisait rien de mal. Les manifestants levaient ensuite les bras en l'air pour montrer qu'ils étaient inoffensifs et que il y avait un blessé", poursuit-il.

La fin des grenades de désencerclement ? 

Une autre personne a été blessée aux jambes par les mêmes éclats. Et il s'agit "d'un incident de trop" pour Eric Beynel, porte-parole de l'Union syndicale Solidaires. Le syndicat d'extrême gauche met directement en cause le matériel utilisé par les forces de l'ordre. "Il y a eu énormément de militant blessés depuis le début de l'année. C'est une nouvelle doctrine des forces de l'ordre depuis le début du conflit. On demande l'interdiction du flashball et des grenades de désencerclement", martèle le syndicaliste. En revanche, les battes de baseball, les barres de fer et les pavés resteraient autorisés...
Des abribus et du mobilier urbain ont fait l'objet de dégradations à l'approche de la place de la République, destination du cortège parti de la place la Bastille. 

L'Inspection générale de la police nationale va-t-elle tomber d'accord avec le Parquet de Paris: suspense !
 
Ce que l'IGPN doit régler
L'IGPN, doit d'abord déterminer si c'est bien une grenade de désencerclement qui a provoqué la blessure à l’œil du manifestant et si cette grenade a été utilisée dans les règles : c'est à dire en situation de légitime défense ou si les forces de l'ordre faisaient face à un danger imminentLa différence est dans le détail.  
A noter, ce qu'omet Europe 1, que cinq policiers ont été blessés (dont un CRS brûlé à une jambe, probablement par un cocktail Molotov) par les gentils manifestants "inoffensifs (...) qui ne faisaient rien de mal" de  SUD. Au moins douze personnes ont été arrêtées à Paris - dont deux pour violences sur agent de la force publique - avant et pendant la manifestation.

mercredi 25 février 2015

Censure d'Etat: un journaliste sommé de supprimer ses photos lors de la manifestation à Nantes

Des journalistes ont été entravés dans leur travail

Une manifestation contre les violences policières a dégénéré, samedi, à Nantes. L'un d'eux témoigne pour Europe 1.

Policiers ou guerriers ?
Des consignes du successeur de Manuel Valls à l'Intérieur?
Le club de la presse Nantes-Atlantique a dénoncé les méthodes policières dont ont été victimes les journalistes lors de la manifestation "contre les violences policières".
Certains ont été touchés par les tirs de canon à eau ou blessés, tandis que l'un d'entre eux a même été contraint à supprimer des images qu'il avait prises.

Des manifestants "pacifistes"
"Votre carte d'identité, videz votre sac". Justin, étudiant en journalisme, était en train de filmer l'arrestation d'un manifestant par des policiers.
Alors qu'il se trouvait à peine à deux mètres de la scène,
"le policier qui était devant moi a essayé de me repousser", raconte-t-il à Europe 1. Mais le journaliste continue à filmer. 
"Il m'a attrapé, m'a dit 'vous venez ici, vous me donnez votre carte d'identité, vous videz votre sac'. Puis il m'a fouillé", indique-t-il. "Ils m'ont fait poireauter une dizaine de minutes. ils essayaient vraiment de me mettre la pression. Ils étaient peut-être une dizaine autour de moi." 

Contraint de détruire son travail de couverture de la manifestation

Les policiers ont exigé du journaliste qu'il vide les photos de son appareil. 
"Je ne suis pas vraiment rentré dans le débat avec eux, même si je sais qu'ils n'ont pas le droit de faire ça. Je me suis dit que dans tous les cas, ils étaient plus forts", rapporte le jeune homme. Celui-ci est tout de même parvenu à ruser pour conserver une partie son travail : "J'ai réussi à ne supprimer que quelques images et à leur faire croire que tout était supprimé", explique le jeune journaliste.

La peur envahit la profession
Lors de leur altercation avec le journaliste, les policiers lui ont lancé : "Vous ne savez pas ce que c'est que d'être flippé tous les jours quand on va au Leclerc car on sait que notre 'gueule' est sur Internet lorsque l'on fait des arrestations. On est filmé 24/24h en train d'interpeller des gens, vous croyez que ça nous fait plaisir d'avoir peur lorsqu'on sort de chez nous, qu'on a une famille ?"

Des journalistes blessés
Mais Justin n'a pas été le seul reporter importuné dans l'exercice de sa profession. D'après le club de la presse Nantes-Atlantique, l'un des journalistes, Anthony Fouchard, travaillant dans la région depuis plusieurs années, va déposer une plainte auprès du procureur de la République de Nantes. Il a en effet été touché au ventre par un tir de flashballLundi après-midi toutefois, le parquet de Nantes n'avait pas connaissance de cette plainte. 
Un journaliste de l’agence SIPA a par ailleurs reçu plusieurs coups de matraque, tandis qu'une reporter d’Associated Press a été projetée à terre par un canon à eau avec lequel les policiers ont tiré contre la foule. Elle portait pourtant une caméra qui permettait de l'identifier facilement.
C'est un peu plus que les risques du métier, mais la presse intrusive doit savoir se fixer des limites en rapport de la brutalité des affrontements.

jeudi 22 août 2013

Prisons: deux mutineries en deux jours à Châteaudun

Taubira motive-t-elle les détenus à se rebeller ?

Une deuxième mutinerie s'est produite mercredi après-midi au centre de détention de Châteaudun (Eure-et-Loir).
Une trentaine de détenus se sont rebellés au lendemain d'une première tentative dans ce même établissement, et deux jours après un événement similaire à la maison d'arrêt de Blois (Loir-et-Cher), a-t-on appris de sources syndicales.

Le mouvement semble prendre de l'ampleur
Ils n'étaient en effet qu'une vingtaine de détenus la veille. Mercredi, ils ont saccagé des clôtures pour s'introduire dans la zone neutre de la prison, mais ont été maîtrisés, "plus difficilement que la veille"en fin d'après-midi par des membres des équipes régionales d'intervention et de sécurité (Eris), confie un porte-parole du syndicat FO-Pénitentiaire.

Les forces de police ont pourtant utilisé des méthodes musclées, à l’aide de flashballs, jusqu'ici jugées excessifs et dangereux par la gauche vertueuse, des balles en caoutchouc, des gaz lacrymogènes et des grenades de désencerclement...

Des renforts venus de Paris et de Dijon (Côte-d'Or) ont néanmoins été nécessaires.
"Les incidents ont duré de 15h30 à 18h40 environ, mais sans les renforts, la situation aurait été beaucoup plus compliquée, témoigne un surveillant pénitentiaire. Il a fallu faire évacuer les intervenants extérieurs présents dans la zone. On ne sait pas quel est le motif de ce mouvement, et si d’ailleurs il y en a un...
Une vingtaine de détenus devaient être transférés dans la soirée dans d’autres établissements afin d’éviter tout nouveau mouvement.

La veille, des émeutiers avaient escaladé les grillages de la cour de promenade

Ils voulaient se diriger vers un poste sécurisé, d'où est commandé le système informatique du centre
, et tenté de l'incendier, avant de gagner les toits d'où ils avaient lancé des dalles et brisé des vitres.
Créé en 1991, le centre de détention de Châteaudun accueille actuellement 587 détenus pour 600 places.

Lundi, une soixantaine de détenus avait saccagé un secteur de la maison d'arrêt de Blois, à la suite de la découverte d'un détenu mort le matin même.
Mutinerie à la maison d'arrêt de Blois : un détenu blessé au cours de l'intervention est sorti de la prison sur une civière.

Mutinerie à la maison d'arrêt de Blois : un détenu blessé
au cours de l'intervention est sorti de la prison sur une civière.