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mercredi 25 février 2015

Censure d'Etat: un journaliste sommé de supprimer ses photos lors de la manifestation à Nantes

Des journalistes ont été entravés dans leur travail

Une manifestation contre les violences policières a dégénéré, samedi, à Nantes. L'un d'eux témoigne pour Europe 1.

Policiers ou guerriers ?
Des consignes du successeur de Manuel Valls à l'Intérieur?
Le club de la presse Nantes-Atlantique a dénoncé les méthodes policières dont ont été victimes les journalistes lors de la manifestation "contre les violences policières".
Certains ont été touchés par les tirs de canon à eau ou blessés, tandis que l'un d'entre eux a même été contraint à supprimer des images qu'il avait prises.

Des manifestants "pacifistes"
"Votre carte d'identité, videz votre sac". Justin, étudiant en journalisme, était en train de filmer l'arrestation d'un manifestant par des policiers.
Alors qu'il se trouvait à peine à deux mètres de la scène,
"le policier qui était devant moi a essayé de me repousser", raconte-t-il à Europe 1. Mais le journaliste continue à filmer. 
"Il m'a attrapé, m'a dit 'vous venez ici, vous me donnez votre carte d'identité, vous videz votre sac'. Puis il m'a fouillé", indique-t-il. "Ils m'ont fait poireauter une dizaine de minutes. ils essayaient vraiment de me mettre la pression. Ils étaient peut-être une dizaine autour de moi." 

Contraint de détruire son travail de couverture de la manifestation

Les policiers ont exigé du journaliste qu'il vide les photos de son appareil. 
"Je ne suis pas vraiment rentré dans le débat avec eux, même si je sais qu'ils n'ont pas le droit de faire ça. Je me suis dit que dans tous les cas, ils étaient plus forts", rapporte le jeune homme. Celui-ci est tout de même parvenu à ruser pour conserver une partie son travail : "J'ai réussi à ne supprimer que quelques images et à leur faire croire que tout était supprimé", explique le jeune journaliste.

La peur envahit la profession
Lors de leur altercation avec le journaliste, les policiers lui ont lancé : "Vous ne savez pas ce que c'est que d'être flippé tous les jours quand on va au Leclerc car on sait que notre 'gueule' est sur Internet lorsque l'on fait des arrestations. On est filmé 24/24h en train d'interpeller des gens, vous croyez que ça nous fait plaisir d'avoir peur lorsqu'on sort de chez nous, qu'on a une famille ?"

Des journalistes blessés
Mais Justin n'a pas été le seul reporter importuné dans l'exercice de sa profession. D'après le club de la presse Nantes-Atlantique, l'un des journalistes, Anthony Fouchard, travaillant dans la région depuis plusieurs années, va déposer une plainte auprès du procureur de la République de Nantes. Il a en effet été touché au ventre par un tir de flashballLundi après-midi toutefois, le parquet de Nantes n'avait pas connaissance de cette plainte. 
Un journaliste de l’agence SIPA a par ailleurs reçu plusieurs coups de matraque, tandis qu'une reporter d’Associated Press a été projetée à terre par un canon à eau avec lequel les policiers ont tiré contre la foule. Elle portait pourtant une caméra qui permettait de l'identifier facilement.
C'est un peu plus que les risques du métier, mais la presse intrusive doit savoir se fixer des limites en rapport de la brutalité des affrontements.

jeudi 19 février 2015

Faut-il protéger Hollande de lui-même en interdisant les photos ?

Si Obama est si cool, c'est que les journalistes ont interdiction de le prendre en photo...

Les photographes "
sont confrontés à un grand nombre de restrictions

ayant trait aux moments et aux endroits où ils peuvent photographier le président des Etats-Unis", confirme le photographe de l'agence de presse française accrédité à la Maison Blanche. Alors, comment photographier un homme entouré en permanence d'agents des services secrets? 
Ses confrères et lui contournent le problème, notamment via "des appareils télécommandés aux endroits où nous ne pourrons nous trouver physiquement": 
dans un coin, sur l'estrade où le président parle, derrière la tribune présidentielle, explique le photojournaliste Saul Loeb dans un billet sur le blog Making Of de l'AFP.

Saul Loeb ne se plaint pas de la contrainte, estimant qu' "il serait très étrange de voir un reporter perché au sommet d’une échelle derrière le président pendant une conférence de presse et le Secret Service n’apprécierait pas". En même temps, comme il le note:
"Nos mouvements sont limités, et du coup cela limite aussi nos choix pour prendre des images."
Le manque de liberté de mouvements et donc d'images des photojournalistes de la Maison Blanche n'est-il rien d'autre que le pendant de l'accès open-bar au quotidien de l'homme le plus puissant du monde qu'il nous offre via son photographe officiel ?




L'image de cool absolu qui colle à Barack Obama doit en effet beaucoup –voire tout– à Pete Souza.
Le photographe officiel canarde le président américain partout – dans son bureau, dans ses voyages, quand il va embrasser des bébés et manger des hot-dogs – et fournit en instantané sa légende iconographique. Les photos sont mises à disposition du public et des media par la Maison Blanche, sous une license Creative Commons, pour qu'elles soient mieux sélectionnées et partagées.

L’usage de télécommandes en photographie n’a rien de nouveau. Cela permet de trouver angles inhabituels. Les photographes sportifs les utilisent depuis des années pour prendre des images depuis les panneaux pendant les matches de basket-ball, depuis le fond de la piscine pendant les compétitions de natation, ou depuis le plafond du stade pendant les matches de hockey sur glace.

Hollande, sous la pluie,
à la sortie d’un pub d'Oxford
En politique, c’est la même chose : il s’agit d’offrir au public une vue impossible à avoir en temps normal sur un événement. En utilisant des mini-trépieds et des pinces spécialement conçues à cet usage, nous pouvons placer des appareils photo à peu près n’importe-où. L’appareil est déclenché à l’aide d’une télécommande ou, dans certains cas, il est programmé pour prendre une photo à un moment déterminé ou à intervalles choisis.
Par exemple, pour la cérémonie de prise de fonctions de Barack Obama en 2013, j’avais placé un appareil télécommandé sur le toit du Capitole plusieurs jours avant. Une minuterie était réglée pour déclencher l’appareil à l’heure prévue pour la prestation de serment du président. Pour des raisons de sécurité, aucun photographe n’était autorisé à se rendre sur le toit du Capitole dans les 48 heures qui précédaient l’événement.

Dans un environnement aussi contrôlé que la Maison Blanche, il faut parfois négocier une autorisation à placer ses appareils où l'on veut. Par exemple, les attachés de presse peuvent refuser qu'un boîtier soit placé trop près du président, ou bien dans un angle où il sera visible à la télévision et gâchera l'esthétique de l'image. Il y a toujours une part de hasard aussi: la télécommande peut refuser de fonctionner, ou ne pas prendre la photo de la façon que vous vouliez. 
Avec tous les signaux radio qui circulent dans les environs, des interférences peuvent se produire. Le sujet peut ne pas se comporter comme prévu et sortir du cadre. 
Désormais, nous sommes en mesure d’ajuster à distance les réglages de nos appareils photo à l’aide de nos téléphones portables: nous pouvons voir ce que voit l’appareil et prendre la photo même lorsque nous ne nous trouvons pas dans la même pièce.


dimanche 4 janvier 2015

L'État islamique utilise un nouvel otage journaliste à sa propagande

Le FdeG, Mediapart et Denis Sieffert de Politis s'en prennent-ils encore aux Occidentaux ?

A la manière d'un banal reportage, John Cantlie raconte l'apparente normalité de la vie quotidienne à Mossoul, Irak
ville aux mains sanglantes des terroristes islamistes depuis plusieurs mois.
ISIS = EI = Daesh ou Daech

La réalisation de la vidéo de 8 minutes glace les sangs des humanoïdes républicains. John Cantlie, photojournaliste kidnappé avec James Foley par les terroristes de l'État islamique (EI) et gardé en otage en Syrie depuis novembre 2012, avance tout sourire devant la caméra de ses geôliers pour vanter la douceur de vivre à Mossoul. La deuxième ville d'Irak, peuplée de deux millions d'habitants, est tombée aux mains des djihadistes de Daech en juin 2014. L'objectif de cette vidéo diffusée sur internet: propager une autre image de l'organisation auprès des musulmans occidentaux.

"Business as usual"
John Cantlie, filmé au volant d'une voiture, déroule son commentaire sous la contrainte. "Les media dépeignent la vie dans l'État islamique par le biais d'images de gens déprimés, entravés dans leur liberté, enchaînés, accablés par des lois totalitaires. Mais franchement, à part un mois de décembre un peu frais, bien qu'ensoleillé, on peut dire que la vie à Mossoul suit son cours."


Visite "touristique"

À la manière d'une commande de reportage du ministère du Tourisme sur une ville touristique, le journaliste est ensuite guidé sous bonne escorte dans les allées du souk. "La visite d'une ville musulmane serait incomplète sans la visite du souk, ce grand marché où vous pouvez tout acheter", raconte-t-il avant de déambuler dans les travées chargées de denrées et de marchandises en tous genres. Le ton est appuyé, le sourire semble naturel. Dans cette vie "normale", pas une seule femme n'apparaît tout au long des huit minutes de la vidéo.
Cantlie est ensuite conduit dans un hôpital, pour y montrer un service pédiatrique, puis est mis en scène sur une moto de police, qu'il conduit de manière hésitante, un djihadiste armé de sa kalachnikov en passager.


Contre propagande

Cantlie est-il passé du côté islamiste ?Au cours de la vidéo, Cantlie charge les media occidentaux et arabes, qu'il accuse de dénaturer l'information. La chaîne saoudienne al-Arabiya, l'américaine CNN, le quotidien anglais The Guardian ou encore l'encyclopédie en ligne Wikipedia, sont nommées précisément.

Ce n'est pas la première fois que Daech recourt à John Cantlie pour sa propagande. Le Guardian estime que c'est la huitième fois, suggérant peut-être qu'il s'est converti... 
"Business as usual"
John Cantlie en est à son deuxième kidnapping, le premier ayant eu lieu la même année, il fut libéré une semaine plus tard. Malgré son status d’otage, il est le seul journaliste connu travaillant pour le Califat.
On se souvient ainsi du journaliste, en septembre, vêtu de la même combinaison orange que ses confrères décapités, et qui se livrait déjà au rétablissement de la vérité. Ou encore dans une autre simulation de reportage, dans les rues de Kobané
L'EI, conscient de l'impact dévastateur des images d'exécution d'otages, semble vouloir infléchir sa représentation auprès de son public occidental par la diffusion de ces vidéos.