Retraites: l'intersyndicale appelle à une nouvelle journée de grèves et manifestations le 24 janvier
Les syndiqués et sympathisants opposés à la réforme Macron des retraites appellent à une 7ème journée de grèves et de manifestations, vendredi, jour où le Conseil des ministres examinera le projet de loi.
Test d'essoufflement... la mobilisation contre la réforme des retraites a pris des formes nouvelles, mais elle n’est pas pour autant terminée. Des actions coups de poing de la CGT Energie maintiennent la pression sur le gouvernement Philippe,tout en permettant aux grévistes de la SNCF et de la RATP de reprendre haleine. Les organisations syndicales CGT et FSU, FO, CFE-CGC et Solidaires de la Fonction publique ont appelé à "des actions de grève et de convergences interprofessionnelles" jusqu’à la journée de mobilisation du vendredi 24 Janvier 2020.
[Communiqué] #EducEnGrève#Retraites
42 jours plus tard : un mouvement majoritaire et inédit !
L'intersyndicale FSU, CGT, Solidaires, FO, CFE CGC, UNEF, UNL, MNL et FIDL appelle à renforcer la grève #22janvier#23janvier et à une journée de mobilisation massive le #24janvier !
Après six semaines d’un mouvement social inédit sous la Ve République et après six journées de manifestations massives, aussi bien à Paris que dans les grandes agglomérations françaises, la colère ne retombe pas, contrairement à ce que donne à penser l’exécutif et sa presse aux ordres qui évoquent en choeur "une grève sans issue".
Ces derniers jours ont connu des actions-surprises dans des secteurs encore non impactés : on a assisté à une nouvelle intrusion au siège de la CFDT, mardi, à des coupures d’électricité dans plusieurs régions, au "jeter de robes" noires pour les avocats de plusieurs tribunaux (Caen ou Bordeaux, notamment) et blanches pour le personnel médical, au "jeter de manuels scolaires" par-dessus les grilles du rectoral dans plusieurs grandes villes de France, comme à Clermont-Ferrand ou à Créteil.
Les avocats grévistes (ils sont 70.000 en France) perturbent sérieusement les audiences dans toutes les juridictions. Les dockers bloquent les ports de Calais, Dunkerque, Le Havre, Nantes, La Rochelle, Marseille. Les enseignants refusent de faire passer les épreuves communes de contrôle continu (E3C) dans le cadre de la réforme Blanquer du bac dans de très nombreux établissements. Perturbations également à la Banque de France où des centres fiduciaires sont bloqués, avec pour conséquence le risque brandi d’une pénurie de billets de banque dans les distributeurs automatiques.
Le chaos, jusqu’à quand ?
Les causes doivent être pointées, plus que les conséquences.
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Si ils pouvaient, BFM, LCI et CNews ou Le Figaro enverraient leurs cadres pour remplacer les grévistes de la SNCF ou d'ENEDIS, comme l'a fait Farandou Jean-Pierre. Mais on ne verra ni Jean-Jacques Bourdin, ni Ruth Elkrief au sommet d'un pylône...
La contestation se radicalise à mesure que Macron et Philippe exaspèrent les salariés.
Elle prend des formes inattendues : intrusion dans un théâtre, vendredi dernier, où les Macron n'ont pas hésité à aller se distraire en pleines grèves, blocage de l’entrée du Louvre le lendemain, prise à partie d’élus et de ministres lors de réunions publiques, incendie d’un grand restaurant parisien où Macron avait fait la fête entre les deux tours de la présidentielle, avec ses partisans…
Les experts-comptables et commissaires aux comptes pourtant peu enclins à faire la révolution envisagent de ne pas valider les comptes de campagne des candidats aux élections. C’est dire si, avec sa réforme des retraites, Macron fait l’unanimité contre lui !
A vouloir faire sa Thatcher, Macron entretient les flammes. Jusqu’à quand ?
"Jusqu’au retrait total de la réforme," répondent en chœur les syndicats CGT, CFE-CGC, FO, FSU, Solidaires, mais aussi les syndicats enseignants et étudiants (MNL, UNEF) ou associations lycéennes (UNL, FIDL) qui, lors d’une AG commune, lancent un appel à une nouvelle journée de mobilisation le 24 janvier 2020, la 7ème depuis le début du conflit? Au 52e jour de grèves, ce sera le jour où le Conseil des ministres examinera le projet de loi sur les retraites. Tout un symbole.
La grève contre la réforme Macron des retraites bat le record de 1986-87.
En 1986, pour la défense des salaires et conditions de travail, la SNCF avait été paralysée par 28 jours de grève, sans trêve de Noël, face au second gouvernement Jacques Chirac, pendant la présidence de François Mitterrand.
En 1995: 22 jours contre la réforme des retraites (photo ci-dessous).
La grève contre le projet de réforme d'Alain Juppé, qui portait notamment sur les régimes de retraites des fonctionnaires et des agents de services publics, paralysa le trafic de la SNCF et de la RATP pendant 22 jours, du 24 novembre au 15 décembre 1995.
Les fonctionnaires observèrent également plusieurs journées de grève et les manifestations se multiplièrent. Alain Juppé renonça finalement à la réforme des retraites, tout en maintenant le reste de son plan de redressement de la Sécurité sociale.
Jeudi soir, veille de la grande grève du 24,des marches aux flambeaux dans toute la France !
Des retraites aussi, mais aux flambeaux, à l’initiative des grévistes des marches de nuit...
"Ca va mieux"? Hollande est-il déconnecté ou menteur ?
Nouvelle semaine de galère dans les transports
La CGT et SUD appellent à des grèves reconductibles à la SNCF et à la RATP. Avec des raffineries qui tournent toujours au ralenti et des dockers en lutte, le carburant risque de manquer.
L'Euro 2016 de foot n'est pas à l'abri de perturbations.
"La situation s’améliore" sur le front de l’approvisionnement des pompes à essence, assure pourtant le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies, samedi, en l'absence de la ministre des Transports, Ségolène Royal, en retrait. "Il y aura de l’essence" lundi dans les stations, lui faisait écho, également samedi, le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll.
"Mais l’exécutif risque encore de passer une semaine compliquée, selon Libération qui adopte le point de vue du gouvernement plutôt que celui des usagers, ses lecteurs, pris en otages. Le quotidien socialiste dénonce d'ailleurs une "guérilla" sociale anti-loi El Khomri. Les usagers des transports adhéreront difficilement au "ça va mieux" du président.
SNCF, RATP, ports, trafic aérien
Les opposants à la loi travail mobilisent en effet tous azimuts suite à l’appel de l’intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, enseignants FSU et étudiants UNEF) "à poursuivre et amplifier les mobilisations" d’ici à l’Euro de football et à la prochaine journée d’action nationale, le 14 juin.
Perturbations à la SNCF
Mobiliséspour défendre leur statut dans le cadre de négociations internes tardivessur le temps de travail, les cheminots sont appelés à la grève dès mardi soir par leurs quatre syndicats représentatifs (CGT, UNSA, SUD-rail et même CFDT). Un préavis reconductible sur lequel s’est greffée la contestation de la loi El Khomri par la CGT et SUD. Le dernier mouvement des 25 et 26 mai avait été mieux suivi que le précédent et, "vu le bras de fer en cours avec le gouvernement" (Libération) ou l'entêtement de Hollande et Valls qui réitèrent leur détermination à "ne pas lâcher", des perturbations plus importantes sont à prévoir sur le Transilien, les Intercités, le RER et dans une moindre mesure les TGV.
Grève "illimitée" à la RATP
Manifestation de jeudi 26 mai contre la loi travail,
entre Bastille et Nation, à Paris.
La CGT a lancé un appel à la grève "illimitée" à compter de jeudi sur toutes les lignes de la RATP. Le syndicat majoritaire demande à la fois la réouverture des négociations salariales annuelles et le retrait de la loi travail. Lors de la dernière grève du 30 mars, la CGT et l’UNSA, second syndicat de la régie des transports, avaient réussi à immobiliser un train sur deux en moyenne, sur les lignes A et B du RER. Dans le métro, les trois quarts des trains avaient continué à circuler normalement.
Or, la CGT promet cette fois une mobilisation plus forte sur la durée. L’idée est de tenir jusqu’à ce que les révolutionnaires de SUD arrivent en renfort : le troisième syndicat de la RATP a en effet appelé, lui, à la grève à compter du 10 juin, pour redonner du souffle au mouvement.Une date hautement stratégique avec le match France-Roumanie qui donnera le coup d’envoi de l’Euro au Stade de France.
Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, voulait croire hier qu’"il n’y aura pas de grèves de trains et de métro" pendant la compétition, se disant persuadé que la CGT ne veut pas "prendre en otage la France" et ses invités. Mais les opposants à la loi El Khomri estiment que la défense du code du travail passe avant un match de foot.
Appel à "amplifier" la contestation dans les ports
Toute puissante chez les dockers, la CGT appelle à "poursuivre et amplifier l’action" avec un nouvel arrêt de travail jeudi.Les ports du Havre et de Saint-Nazaire, ainsi que le terminal pétrolier de Fos-sur-Mer, devraient être à nouveau paralysés. Et les navires chargés d’hydrocarbures à raffiner auront bien du mal à livrer leur cargaison, commente Libération, plutôt que de souligner que les clients étrangers, reconquis depuis la dernière grève, risquent de se rediriger vers Rotterdam.
Raffineries débloquées mais en activité ralentie
Six des huit raffineries françaises sont toujours à l’arrêt ou tournent au ralenti. La raffinerie de Donges (Loire-Atlantique) constitue un point particulièrement chaud. La CGT a lancé un appel à la grève illimitée après les menaces du PDG de Total, Patrick Pouyanné, de "réviser sérieusement" ses investissements et tandis que les compagnies aériennes françaises sont incitées à s'approvisionner à l'étranger.Ce bras de fer pourrait à nouveau perturber l’approvisionnement en carburant des automobilistes cette semaine, malgré le déblocage provisoire de la plupart des dépôts. La seule solution pour le gouvernement sera de puiser à nouveau dans ses stocks stratégiques d’essence, comme il l’a déjà fait, bien que Le Foll l'ait nié (cf. lien PaSiDupes). Il reste au gouvernement une centaine de jours de consommation disponibles depuis les trois premier consommés en deux jours.
Les dockers du Havre sont venus prêter main forte aux grévistes de la raffinerie Total à Gonfreville l’Orcher (Seine-Maritime), 27 mai.
Retards et annulations dans les aéroports
Les contrôleurs aériens, malgré leurs statuts très avantageux, seront aussi à nouveau en grève de vendredi à dimanche, à l’appel des syndicats de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), cette fois uniquement pour des revendications internes. Retards et annulations sont à prévoir dans la plupart des aéroports de Paris et de province du fait des aiguilleurs du ciel.
Le sujet n'intéresse pas Libération: rien en première page, aucune mise en exergue; tel est le prix de la paix sociale dans cette entreprise de presse...
Le Figaro n'occulte pas et fait de l'information...
Le Figaro sait; Libération ignore...
Voici l'article du Figaro en date du 02/02/2011:
"Dans un rapport provisoire, les magistrats dénoncent les conséquences du face-à-face entre la CGT et le port. Le document sera publié au beau milieu d'un énième conflit social.
La Cour des comptes s'apprête à publier un rapport très critique sur le Grand Port maritime de Marseille. Dans ce document, dont Le Figaro a obtenu une version provisoire, les conditions de travail et de rémunération enviables de certains de ses salariés et la situation de «blocage social» du port sont pointés du doigt. Le rapport définitif sera publié le 8 février. Sa révélation intervient en plein conflit social : mardi soir, la réunion de négociation sur la prise en compte de la pénibilité dans les métiers de la manutention portuaire entre la CGT, l'Union des ports et le patronat des entreprises de manutention n'a rien donné.
Violences sans suites
Les conducteurs de grues et de portiques, principaux salariés des grands ports maritimes qui, dans le cadre de la réforme portuaire votée en août 2008, doivent être transférés au privé, ne travaillent de façon effective que 14 heures par semaine à Fos et 12 heures à Marseille, compte tenu de l'organisation par équipes de deux conducteurs pour une grue ou un portique, des absences et de la règle du «fini-parti», relève le rapport de la Cour des comptes. Leur rémunération mensuelle est comprise entre 3500 et 4500 euros net, y compris les gratifications, toujours versées illégalement par les entreprises de manutention en dépit d'un rappel à l'ordre de la Cour dans un précédent rapport. Pourtant, seuls les ports italiens La Spezia et Gênes connaissent une productivité inférieure à celle de Marseille. L'application de la réforme doit permettre de «se pencher sérieusement sur l'organisation de la manutention afin de redonner au GPMM toutes ses chances dans la compétition in terna tionale», estime la Cour.
Car, même si elle reconnaît les avantages comparatifs «indéniables» du port de Marseille, bien placé sur la route entre l'Asie et l'Europe, et particulièrement facile d'accès par rapport à certains concurrents, l'institution souligne que, « excepté dans les croisières, il ne cesse de perdre des parts de marché». Pour les magistrats, « l'un des facteurs essentiels, sinon le principal, de ce déclin tient à la fiabilité insuffisante du port, due à un climat social dégradé, avec une alternance de périodes de calme et de crise, souvent violentes, dans un contexte où un syndicat (la CGT, ndlr) domine tous les autres ». Et, face à cette situation, les magistrats pointent « une volonté de réforme qui se délite trop souvent, notamment faute d'une détermination suffisante des autorités de l'État, face à une crise sociale et l'extrême tension qui l'accompagne ».
Le rapport note en filigrane la position fluctuante et pas toujours cohérente des autorités face aux surenchères de la CGT, qui a abouti à une situation inextricable. « Il manque au port de Marseille que s'y applique l'État de droit normal où chacun tient son rôle dans le débat économique et social, mais où les limites du débat démocratique ne sont pas franchies », souligne les magistrats, qui insistent en conclusion « auprès des dirigeants du GPMM mais aussi des tutelles ministérielles et des représentants locaux de l'État, pour qu'ils sanctionnent, ou fassent sanctionner, les dérives accompagnées de violences, notamment en portant plainte systématiquement » !
[Lien PaSiDupes: Renaud Muselier victimes de violences physiques de la part de FO]
Dans un rapport de forces souvent défavorable, les dirigeants du port n'ont pas toujours donné des suites judiciaires à des violences qui l'auraient mérité et ont souvent cédé aux surenchères syndicales.
Salaires, primes, temps de travail… un inventaire édifiantAuteur d'un premier rapport sur le Grand Port maritime de Marseille (GPMM), la Cour des comptes constate que ses observations n'ont pas été suivies d'effet. Pis, cinq ans plus tard, la situation s'est encore dégradée. Florilège des aberrations relevées par les experts de la Rue Cambon…
Temps de travail des portiqueurs
Les conducteurs d'engins travaillent par équipe de deux sur un portique. «Pendant qu'un portiqueur travaille, l'autre demeure à proximité, accomplissant des tâches annexes, ou reste en salle de repos. En résumé, le temps de conduite effectif d'un portiqueur est de 3 heures 30 par jour à Fos et de 3 heures à Marseille. La durée hebdomadaire de travail, compte tenu des absences et de la règle dite du “fini-parti”, s'établit à 14 heures à Fos, à 12 heures à Marseille.»
Productivité
Dans les grands ports européens, «le nombre moyen de mouvements par portique est de 70.000 à 80.000 par an, alors qu'au GPMM, le taux d'utilisation est moitié moindre».
Bakchichs [le mot est lâchés!]
«Alors que les conducteurs d'engins appartiennent au personnel du port et sont payés par lui, ils perçoivent des rémunérations additionnelles des entreprises de manutention (…) Les manutentionnaires parlent de “gratifications”, de “primes de rendement” ou de “productivité” ; dans le langage des quais, ce sont plus trivialement, mais aussi plus exactement des bakchichs.» «Ces gratifications sont illégales. Elles pourraient s'élever jusqu'à 1300 euros par mois, de sorte qu'un p ortiqueur est susceptible de gagner mensuellement entre 3500 et 4500 euros net.»
Effectifs en hausse
Le plan d'entreprise 2005-2009 prévoyait une baisse d'effectifs de 10 personnes par an. «La vigilance constante des représentants syndicaux a empêché toute adaptation de l'effectif.»
Maquis de primes
«Lors du précédent contrôle en 2005, la Cour avait critiqué le “maquis des primes et indemnités”, en indiquant que le port en avait fourni une liste de 120. Désormais, cette liste est plus longue encore, avec 132 primes, indemnités et allocations diverses.»
Heures supplémentaires «L'examen de la gestion des heures supplémentaires réserve également quelques surprises. Entre 2006 et 2008, alors que l'effectif moyen demeure quasi constant, le nombre d'heures travaillées diminue de plus de 4 %. En revanche, celui des heures supplémentaires s'accroît de plus de 21 %.»
Action sociale
«Le GPMM fait preuve d'un particulier laxisme dans la gestion des dépenses d'action sociale. (…). Fin 2009, l'action sociale affichait ainsi un ratio de 2 481 euros par agent, soit 20 fois plus qu'à Rouen, Nantes ou Le Havre.»
Absentéisme
«Si l'on prend en compte la totalité des journées d'absence quel que soit le motif», on constate une «absence moyenne de 26,53 jours et par salarié en 2008.» "
»Salaires, primes, temps de travail… un inventaire édifiant
» Consulter le rapport (pdf)
(par Aliette de Broqua)