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lundi 24 juin 2019

Assurance-chômage la réforme qui réussit à hérisser même la CFDT

"Tout est problématique dans la réforme de l'assurance chômage," déplorent les réformistes de la CFDT

"On va passer d’un système d’indemnisation à un système d’accroissement de la pauvreté", met en garde Laurent Berger
Laurent Berger au siège de la CFDT, à Paris, jeudi:
il cire merveilleusement ses chaussures. Lui-même ?

Le secrétaire général de la CFDT dénonce le contenu de la réforme de l’assurance chômage dévoilée mardi. Et elle avait réussi à mettre en fureur le réformiste lors de sa présentation à Matignon.  A chaud, il s’était indigné contre un projet "profondément injuste". Deux jours plus tard, il a convoqué Libé au siège du syndicat pour revenir sur cette réforme qu’il jugeait toujours "extrêmement dure".

Votre colère concernant cette réforme est-elle toujours intacte ?

C’est une vraie colère. Quand j’étais conseiller en insertion professionnelle, j’ai trop vu de gens précaires pour feindre. Là, si je suis particulièrement en colère, c’est que
cette réforme n’a qu’un objectif budgétaire. L’essentiel des 3,5 milliards d’économie va se faire sur le dos des chômeurs. Elle repose sur l’idée fausse que s’ils le voulaient vraiment, les chômeurs retrouveraient du boulot. Or, toutes les études montrent que les abus ne dépassent jamais 15% des demandeurs d’emploi. On fait quoi pour les 85% d’autres? On fait payer à tous les conditions d’indemnisation.

Qu’est-ce qui pose problème dans cette réforme ?

Tout, à l’exception des dispositifs d’accompagnement, est problématique. Prenons les conditions d’accès à l’assurance chômage : elles passent à six mois au lieu de quatre auparavant. C’est une mesure purement budgétaire qui va toucher les jeunes et les contrats courts. Ça représente 240.000 personnes qui n’auront pas droit à l’indemnisation. Ils sont en train de créer des trappes à pauvreté. On va passer d’un système d’indemnisation chômage à un système d’accroissement de la pauvreté.

Quelle réforme auriez-vous souhaité ?

Mais il n’y avait pas besoin d’une réforme de l’assurance chômage, on l’avait faite en 2016 ! On avait alors fait 800 millions d’économies. On a toujours respecté nos engagements de gestionnaires, mais jamais en tapant sur les chômeurs.

Le gouvernement a aussi introduit le bonus-malus que vous défendiez depuis longtemps. Mais seulement dans sept secteurs d’activité. 

Vous êtes-vous senti trompé ?

En l’état, le dispositif est totalement insuffisant. On réclamait une mesure de responsabilité des entreprises mais le patronat a refusé de négocier. Donc on a dit au ministère du Travail : c’est bonus-malus pour tout le monde. Or, il ne va concerner que 34% des contrats courts. Dans son livre Révolution, Emmanuel Macron promet le "bonus-malus pour tout le monde" et "pas de dégressivité". La promesse n’a pas été respectée.

Aujourd’hui, cette mesure est pourtant présentée comme celle qui équilibre la réforme…

Au Pôle Emploi de Clichy-Sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le 17 avril 2018.
Le gouvernement met en avant la nécessaire transition écologique et la justice sociale. Or, les premières mesures après le discours de politique générale, ce sont ces mesures injustes sur l’assurance chômage. Donc oui, c’est difficile pour nous de combattre ce double discours…
Comment contester cette réforme désormais ?

Dans les conclusions du grand débat, 53% des gens pensaient que pour réduire les dépenses publiques, il fallait toucher aux allocations sociales. Donc, je ne vais pas faire rêver à un grand soir. D’autres le feront, pas moi. On va organiser, le 25 juin, un rassemblement devant le ministère du Travail avec l’Unsa, la CFTC, la CGC, la Fage et des associations de lutte contre la pauvreté et l’exclusion. C’est symbolique, c’est pour dire : on n’est pas dupe. A chaque fois qu’une décision sera injuste, la CFDT sera là pour le dire. Et, selon les sujets, on se mobilisera. Mais la mobilisation revêt des formes différentes, selon la capacité de construire le rapport de forces.

A aucun moment vous n’avez envisagé une action commune avec, notamment, la CGT ?

La CGT va manifester devant l’Unédic, qui gère le système d’assurance chômage, le 26 juin. Elle se trompe de cible. Rappelons quand même qu’ils n’ont jamais signé un accord sur l’assurance chômage et ont toujours considéré que c’était à l’Etat de faire. Eh bien voilà, c’est la fin de l’histoire : l’Etat gère. Et il le fait comme il l’entend… et c’est moins en faveur des demandeurs d’emplois que les compromis passés entre partenaires sociaux.

Il n’y a donc plus de marge de manœuvre ?

Dans une agence Pôle Emploi à Montpellier (Hérault).Hélas, je ne crois pas. Il y aura un décret dans l’été. Je pourrais vous dire qu’on va mettre demain 3 millions de personnes dans les rues, mais ça ne serait pas vrai, ne rêvons pas. Vous n’avez jamais assisté à des dîners avec des amis où certains parlent de "celui qui abuse" ? C’est tellement ancré. C’est pour ça qu’on n’arrive pas à mobiliser sur cette question des chômeurs. C’est dangereux, je suis persuadé qu’une société s’élève quand elle s’occupe de ceux qui sont le plus en difficulté et leur permet de s’en sortir. 

Que faire, alors ?

Il faut incarner davantage. On veut rendre visibles les demandeurs d’emploi, parce que cette réforme n’est pas du tout à hauteur de femmes et d’hommes. Nous voulons permettre aux chômeurs de s’exprimer. Cela peut avoir de la puissance de dire "voilà ce que cette réforme va produire". C’est aussi un des engagements du "Pacte du pouvoir de vivre" que nous défendons : évaluer les politiques publiques à l’aune de leur effet sur les 10% les plus pauvres de notre pays. Nous ne sommes pas découragés.

Pour les précaires, ça reste difficile de se mobiliser. Les syndicats en font-ils suffisamment ?

La CFDT a en son sein beaucoup de chômeurs. Mais nous n’organisons pas spécifiquement les demandeurs d’emploi car le chômage est, normalement, une situation passagère. Dans les accords successifs de l’assurance chômage, la CFDT a toujours porté la voix des plus précaires.

Et pour les travailleurs précaires justement, les abonnés aux CDD ?

Nous nous en occupons de plus en plus dans les entreprises. Avec la mise en place du comité social et économique, la nouvelle instance représentative du personnel, les salariés de la sous-traitance peuvent compter dans l’effectif des entreprises. Dans les boîtes, les élus portent désormais les préoccupations de ces travailleurs du nettoyage, du gardiennage. D’autres équipes syndicales font du gros boulot sur la titularisation des intérimaires, en allant parfois en justice. Si le syndicalisme ne s’intéresse pas encore plus à ces publics précaires, il sera en faute, il perdra une partie de sa raison d’être.

Cet individualisme rampant n’offre-t-il pas un boulevard au gouvernement pour faire exploser la protection sociale ?

Quand le consentement à la solidarité recule, c’est l’individualisme qui progresse. Et ça offre un boulevard à tous ceux qui pensent que la protection sociale devrait être un filet minimal de sécurité. C’est l’inverse de la philosophie de 1945, à savoir l’idée que chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins.

Si la protection sociale est en danger, cela veut dire que sur la réforme des retraites vos inquiétudes sont grandes ?

Le 7 mars 2018, à Paris, sur le stand de Pôle Emploi au Forum Emploi Senior.
Non, parce que sur ce dossier il y a eu une concertation. Si le gouvernement a la même logique à l’égard de nos propositions que sur ce précédent dossier, c’est-à-dire d’en avoir rien à faire, évidemment, nous serons en opposition. Mais nous ne serons pas de ceux qui diront que tout est à jeter et qu’il faut déjà faire des mobilisations sur une réforme dont on ne connaît même pas le début.

Une des dernières grandes mobilisations syndicales portait sur les retraites. C’était en 2010…

C’est aussi le dernier grand échec syndical. La réforme est passée malgré la mobilisation, et il y a eu beaucoup de perte pour le syndicalisme. Par contre, en 2013, sans aller dans la rue, nous avons obtenu l’instauration du compte de la pénibilité. La mobilisation syndicale ne se résume pas à des cortèges.

Cette réforme a-t-elle été prise par des gens hors sol ?

En tout cas elle est hors réalité quotidienne vécue par ceux qui subissent la précarité. Chaque semaine, je vais au moins une fois sur le terrain [en souliers vernis] pour discuter avec les militants dans les entreprises. Un certain nombre d’éditorialistes mais aussi d’acteurs politiques devraient le faire plus souvent.

A force, face à ces réformes qui se font sans prendre en compte l’avis des syndicats, vous n’êtes pas déçu ?

Les militants d’entreprise ne choisissent pas leur patron. C’est la même chose avec un gouvernement… C’est vrai que cela faisait au moins cinq ou six ans que je n’avais pas autant eu les nerfs. Mardi, j’avais la boule au ventre, car je sais qui sont les chômeurs qui seront touchés, je les connais. Evidemment, on est tenté de se dire que face à des gens qui ne comprennent pas les réalités, cela ne sert à rien de se battre. Mais on a choisi d’être militants. Parfois on prend des coups, mais on doit continuer de se battre. Et tant qu’on pourra discuter, on discutera. 

mercredi 20 mai 2015

Réforme du collège: les opposants de droite et de gauche dénoncent un "passage en force"

Mis sur la touche, les députés de la majorité opinent à l'affront du  décret paru au JO dès le lendemain de la grève
S. Le Foll inquiet, Valls hypertendu et transpirant
et la mère porteuse du projet Peillon,

Vallaud-Belkacem, 
affectant la sérénité
Les socialistes confondent "détermination" et forfaiture

La gauche a manifesté son opposition avec le soutien de la droite
Au lendemain de la grève des enseignants, le décret qui passe outre le méconten- tement populaire a été publié mercredi. "Une 'accélération' 'immédiatement' décriée par ses opposants 'même si le gouvernement promet de poursuivre le dialogue', écrit Pauline Froissart pour l'AFP, plus gouvernementale que jamais. Syndicat majoritaire du secondaire, le SNES a dénoncé une "provocation, une faute", tandis que le SNALC fustige un "scandaleux passage en force".

L'AFP présente les opposants de manière tendancieuse
Godillot socialiste de l'AFP
L'agence de presse gouvernementale pose le SNALC en syndicat en pointe, bien que minoritaire. La ministre en titre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, "n'avait laissé sa "porte ouverte" que pour mieux la claquer à la figure des professeurs de collège, dans un stupéfiant déni de dialogue social", observe le SNALC, syndicat modéré étiqueté à droite, 'même s'il le réfute', polémique l'AFP. qualifié de 'très remonté', le SNALC appelle à bloquer les épreuves du brevet des collèges fin juin.

L'AFP passe ensuite le relais à un syndicat non gréviste... "Publier le décret au lendemain du demi-échec" du SNES-FSU lors d'une mobilisation syndicale en demi-teinte est "une humiliation qu'on aurait pu lui éviter: ce n'est jamais bon", a aussi raillé par tweet Philippe Tournier, secrétaire général inamovible (depuis 2009) du SNPDEN-Unsa, premier syndicat des chefs d'établissement et ancien professeur... d'histoire (pendant seulement sept ans, à compter de 1981, et syndiqué au SNES) et "très, très, très mauvais angliciste", de son propre aveu, dont on attend donc pas qu'il défende l'enseignement de l'allemand. Son échec à Sciences-Po ne l'a pas détourné de la politique...

L'AFP accuse enfin la droite frontalement. "La parution du décret et de l'arrêté au Journal officiel a aussi donné à l'opposition l' 'occasion' de relancer ses 'critiques' ", ce qui semble une abomination en démocratie.

Le président du MoDem, François Bayrou, ex-ministre de l'Éducation, a appelé à une "manifestation nationale", dénonçant également un "passage en force", une convergence de vue qui n'éveille pas l'esprit critique de la journaliste godillot de l'AFP.

La numéro deux de l'UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet a déploré le "profond mépris" du gouvernement, et l'ancien Premier ministre, François Fillon, a raillé une "mauvaise" réforme, faite de "désordre" et d'"improvisation".




L'AFP cède abondamment la parole aux porteurs de la parole socialiste

La concertation et le dialogue n'ont visiblement pas abouti... Mais Najat Vallaud-Belkacem oppose qu'"il n'y a pas de précipitation, tous les délais sont tels que nous les avions prévus depuis le début", a déclaré , rappelant que la réforme avait été adoptée le 10 avril - par la 'communauté éducative' - sans les syndicats représentatifs descendus dans la rue le mardi 19 -  réunie en Conseil supérieur de l'éducation (CSE, présidé par la ministre de l'Education ou son représentant).

Favorable à la réforme, Laurent Escure, le secrétaire général de l'UNSA éducation lui a fait écho, estimant "raisonnable" de publier le décret "cinq semaines après sa large adoption en CSE".

Dans la moyenne, seulement si on fait l'amalgame avec les manifs qui mobilisaient aussi les lycées
Avec 27,6 % de grévistes au collège, "une mobilisation dans la moyenne", selon Libération...


19/05/2015
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Second degré
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16/03/1999
10/12/2001
11/12/2001
12/12/2001
20/01/2005
06/09/2010
22/01/2013
12/02/2013
28/03/2013
14/11/2013
05/12/2013
18/03/2014
03/02/2015
19/05/2015




Frédérique Rolet, la secrétaire générale du Snes-FSU, le syndicat dominant chez les enseignants du second degré, collèges et lycées) indique, elle, que selon leurs remontées, c’est "un peu plus de 50% des collègues du collège qui sont en grève», «c’est conforme à ce que nous attendions et espérions".
VOIR et ENTENDRE Frédérique Rolet à la veille de la grève du 19 mai 2015: 



Malgré l'opposition de gauche comme de droite, la ministre juge que cela permettra de "passer à l'étape suivante, à savoir les textes d'application qui vont pouvoir répondre" aux "inquiétudes" des grévistes et "d'apporter les garanties sur le fait que l'interdisciplinarité se fera dans de bonnes conditions (...) que pour le travail en équipe qu'on leur demande, on leur laissera le temps de préparation nécessaire pour le faire dans les établissements scolaires".


L'AFP défend le projet contre les enseignants

Qui a dit que l'opposition à la réforme du collège
est le fait de la droite ?
Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll maintient contre l'avis des syndicats majoritaires que la publication au JO est "une marque de détermination" et non pas une action antidémocratique, qui n'exclut pas "la nécessité d'écouter, les enseignants en particulier". Comme faux-cul, on ne fait pas  mieux!

La voix du gouvernement exerce un chantage sans éléments.
"Au fond, la seule question qu'on doit se poser est: "Est-ce qu'on accepte que la France régresse dans toutes les évaluations internationales qui sont faites sur l'école?" Peut-il affirmer que l'autonomie des collèges -qui dérégulerait le système- ne créerait pas d'injustices préjudiciables aux collégiens et n'obérerait pas leurs chances de réussite ? 

En juin 2012, la petite journaliste
 militante n'avait pas anticipé
la visite de Hollande au Qatar...
La journaliste à la botte participe  à la manipulation gouvernementale. 
"Plus du quart des professeurs de collèges publics (27,61%), selon les chiffres du ministère, ont fait grève mardi, le SNES estimant cette participation à plus de 50%. La petite finaude se laisse berner par le ministère qui, dans son chiffrage, inclut  les professeurs de lycée qui ne sentent pas encore visés. Au JT de  13h00 sur France 2 (service public), la journaliste indépendante ... des syndicats, Maryse Burgot, ne citait même pas les chiffres opposés par le SNES...

Quelques milliers d'enseignants sont descendus dans la rue brandissant pour certains le Gaffiot, célèbre dictionnaire latin-français (pour les plus musclés, car la version non allégée -elle aussi- fait 1,100 kg !), ou une écharpe de l'équipe de foot allemande, pour protester contre cette réforme, dont les principaux points de crispation sont la "suppression du latin et du grec, remplacés par un enseignement pratique interdisciplinaire (qui n'ambitionne plus l'apprentissage de la langue qui structure la pensée et l'expression en français), et celle des "classes bilangues qui inquiète particulièrement les professeurs d'allemand," outre les européens convaincus. 
Dans sa présentation partisane de la réforme, la petite journaliste escamote les conséquences de la disparition des sections européennes. Les collégiens font actuellement l'apprentissage de l'histoire-géographie ou des sciences physiques, par exemple, via l'anglais ou une autre langue qu'ils ont choisie: si ce n'est pas de l'interdisciplinarité, qu'est-ce que c'est ? De l'élitisme sur les langues anciennes? Depuis sa création en 1992, le dispositif a rencontré un vrai succès puisqu'on compte aujourd'hui 5.800 sections européennes dans les collèges et lycée de France. Ce qui représente plus de 200.000 élèves chaque année. Comment une agence de presse supposée diffuser de l'information objective peut-elle se prêter à le diffusion d'éléments de langage aussi trompeurs à l'ensemble des organes de presse peu regardants de la vérité? Pauline Froissart est-elle en paix en détournant la déontologie professionnelle pour faire -avec tant d'autres et comme eux- de son métier un sale métier?

 "Tous égaux, tous illettrés", pouvait-on lire sur une banderole.
A la place de ces classes où deux langues étaient enseignées dès la sixième (suivies par 16% des enfants de sixième), la réforme propose une deuxième langue "pour tous" en cinquième: une sombre blague démagogique. C'est en effet une aberration si on songe un seul instant que la maîtrise de la langue française n'est toujours pas acquise à l'entrée en cinquième et que ce serait donc une charge supplémentaire inutile pour les élèves les plus vulnérables et un affaiblissement des conditions d'apprentissage avec des horaires amputés en quatrième.

La ministre, porteuse de la réforme Peillon, polémique au lieu d'informer
VOIR et ENTENDRE la ministre accuser les opposants au projet Peillon, les accusant des turpitudes qui sont les siennes, "contre-vérités", et qualifiant des chercheurs de "pseudos-intellectuels":

Qu'a donc à cacher cette 3e ministre en moins de 3 ans
qui accuse la droite de ne pas avoir lu le projet initié par Vincent Peillon et d'avoir des inquiétudes là où elle affiche arrogance et mépris. Les élèves auront 2 h 30 hebdomadaires de LV2 en cinquième, et autant en 4e et 3e - soit 7 h 30 au total, contre 6 heures aujourd’hui. Les "socialistes de progrès" peuvent-ils se prévaloir d'une avancée ?

Outre un nivellement par le bas du fait de programmes interdisciplinaires flous, le loup entre aussi dans la bergerie par la fenêtre d'une autonomie accrue accordée aux établissements. La panacée pour les théoriciens, mais un coup bas pour les spécialistes de l'éducation. 
Les syndicats indépendants du Parti socialiste mettent en garde contre l'autonomie qui donne trop de pouvoir aux chefs d'établissement et déstabilise les jeunes aussi sûrement que le changement de professeurs d'une classe ou d'un établissement à l'autre ou que le système des zones de vacances scolaires crée souvent des difficultés d'organisation dans les familles. L'interdisciplinarité grignote les horaires de chaque matière, mais le corps professoral est très attentif à ne pas déshabiller une  discipline  pour en habiller une autre cataloguée ringarde ou élitiste d'un point de vue idéologique.

La promesse d'un collège meilleur en 2016 du même tonneau que les engagements du candidat Hollande. "Une concertation sera engagée sur la mise en oeuvre, mais la réforme sera poursuivie et mise en oeuvre", avait prévenu François Hollande.

L'AFP ignore les critiques de la gauche


Le SNES annonce une grève suivie et 10.000 manifestants à Paris
L'appel à la grève lancé par une intersyndicale menée par la FSU auprès des professeurs du collège public -et non pas de l'ensemble du secondaire et a fortiori du primaires-  a été suivi mardi  par "plus de 50%", selon les chiffres du principal syndicat, le SNES, fortement marqué à gauche, avec le Snep-FSU, FO, la CGT et SUD et même le modéré SNALC, mais l'AFP ne connaît plus le fonds électoral du Parti socialiste depuis que l'Etat-PS impose ses réformes contre la volonté de la majorité réelle, telle que l'évaluent les sondages.
Le Snes -ce n'est pas la droite- veut tout remettre à plat
Contrairement à la manipulation de l'opinion en cours, la réforme est d'abord dénoncée par la gauche. Les participants au cortège qui se dirigeait -sous la pluie- vers le ministère de l'Education nationale ne scandaient pas de slogans. Beaucoup s'étaient déplacés pour "sauver les sections bilingues ou latin de leurs établissements". "Pourquoi casser ces locomotives qui poussent nos collèges vers le haut ?, s'interroge telle professeur d'arts plastiques à Courbevoie. "J'ai peur que les bons élèves partent vers je privé."
Avant la grève, Frédérique Rolet, la secrétaire générale du SNES-FSU, demande une "remise a plat" de la réforme et, après, dénonce  une "provocation" du fait du décret - préparé plusieurs jours avant par l'exécutif - qui va contourner un vote du Parlement pourtant à majorité de gauche:

On  peut signer la PETITION du SNES: ici
Selon un sondage Odoxa pour les Echos, Radio Classique et le cabinet FTI Consulting, 60% des personnes interrogées qualifiaient de 'justifiées' les manifestations prévues mardi. Parmi les sympathisants de gauche, ils étaient 44% et 72 % parmi les sympathisants de droite.

vendredi 24 août 2012

Prix des carburants: Hollande nous pompe un max à la pompe

Bah, le candidat Hollande avait promis un blocage des prix !


Ce qui est pris,
n'est plus à prendre



Les Français les plus vulnérables attendent toujours

Bien que les cours repartent à la hausse, le président de la "gauche sociale" nous ferait l'aumône de quelques centimes.


Le blocage du prix des carburants fut l'une des promesses les plus audibles par les électeurs qui se sentent aujourd'hui berné, même si sa promesse ne faisait pas partie intégrante de ses "60 engagements pour la France". 

Le candidat avait même eu l'audace de l'inscrire dans son "agenda du changement". Comment douter donc d'un document détaillant les premières mesures du quinquennat qui avait été diffusé avant les élections ? En mai encore, il s'agissait très simplement de bloquer les prix "pour trois mois", grâce à un " décret sur la base de l’article L. 410-2 du code de commerce après consultation du Conseil national de la consommation". L’État est autorisé, d'après cet article, à suspendre temporairement "le jeu de la concurrence". 

Mais, alors que le candidat Hollande prévoyait d'instaurer cette mesure entre le 6 mai et le 29 juin, le nouveau Président Diesel n'avait encore rien fait en août. Au moment de l'élection, les prix du pétrole amorcèrent un recul et le candidat comptait s'en tirer à bon compte. Le gouvernement avait mis de côté le recours à ce décret, qui constitue une véritable arme lourde réglementaire, puisqu'elle impose une intervention brutale et directe de l’État dans les rouages de l'économie. 

Aujourd'hui, les prix à la pompe atteignent des records et le gouvernement ne peut plus éviter le sujet

Or, osera-t-il prendre le décret de blocage pur et simple annoncé ?
Interrogé sur le sujet par le "JDD ", le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, a avoué que la question est toujours à l'étude. "Notre objectif est que leurs prix soient significativement inférieurs aux niveaux actuels. Les mesures à prendre doivent être les moins coûteuses possible pour nos finances publiques", admettait, penaud, l'ex-directeur de campagne, le dimanche 19 août. Le locataire de Bercy était dans l'attente d'un rapport pour le vendredi 24. Puis une réunion suivra le 28 août avec les acteurs du secteur pétrolier.

Encore 10 jours de perdus
Les salariés feront leur retour de rentrée au prix fort à la pompe, mais qu'importe: les congés payés sont d'infâmes privilégiés... 
en août 2013, le Secours populaire fera sa propagande en proposant aux salariés un WE médiatisé à l'ombre du Fort de Brégançon, avec bise du Président socialo-normal, en bonus... 


Dans le détail, la mise en oeuvre du blocage n'est plus si simple
Les pétroliers ont déjà fait savoir à la mi-août qu'ils n'entendaient pas jouer sur leurs marges pour faire baisser les prix. "La seule façon de le faire, c'est de jouer sur les taxes ", assurait ainsi Jean-Louis Schilansky, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), sur BFMTV le 13 août. 
Pierre Moscovici appela néanmoins chacun à faire "sa part d'effort" dans la baisse des prix.

Modifier la fiscalité, un travail de Titan pour la "gauche molle"


"Jouer sur les taxes" n'est pas malin non plus. 

Démagogiquement, François Hollande disait qu'il restituerait au consommateur les surplus de TVA collectés lors d'une hausse des prix des carburants. 
Pour les apprentis-sorciers, la mesure ne coûte rien à l'Etat. Mais, hormis un socialiste, chacun sait que si le gouvernement s'avisait à faire baisser directement la TVA sur les carburants, il se priverait d'une rentrée d'argent considérable en cas de baisse artificielle des prix, si temporaire et symbolique soit-elle.  Pour diminuer de 2 centimes le prix à la pompe, il faut un milliard d'euros.


Mesure alternative
Restituer les surplus au travers d'une baisse de la TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques), autrefois connue sous le nom de TIPP. Ce gouvernement promettait d'innover, mais cette taxe avait été rendue "flottante" par Lionel Jospin en 2000, avant que ce système ne soit supprimé par la droite en 2002.  

Or, baisser la TICPE, qui représentait en 2011 un peu plus de 14 milliards d'euros de recettes, pourrait s'avérer également très coûteux
La hausse des prix du pétrole s'accompagne d'une baisse de la consommation et donc, potentiellement, des rentrées fiscales liées à la TVA. L'Etat peut alors être perdant et cela avait été le cas entre 2000 et 2002, selon un rapport de la Cour des comptes de 2005.


De plus, cette baisse de la TICPE serait contre-productive du point de vue environnemental 
La ministre du gouvernement Zayrault devrait logiquement beugler sous sa muselière. Certains écologistes, tel Yves Cochet, avaient fait entendre leur ferme opposition à toute mesure de ce type dans le passé. 


Le gouvernement s'est engagé dans une partie de mikado 

La troïka Hollande-Ayrault-Moscovici s'est plongée dans le pétrin : le casse-tête politique et fiscal qu'il ses créé s'annonce particulièrement difficile à résoudre pour le Président et le gouvernement.

Mais surtout aux dépens des salariés, défavorisés ou non.