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jeudi 4 mai 2017

"La France insoumise" au bord de la rupture avec le PCF, à un mois des législatives

Les tensions entre 'La France insoumise' et le PCF atteignent un nouveau palier : une plainte en justice

Déjà vives, les dissensions entre La France insoumise et le Parti communiste français (PCF) se sont encore aggravées jeudi 4 mai

En décidant  d'engager des poursuites contre les alliés communistes de son mouvement, pour "usurpation" d'image en vue des élections législatives de juinJean-Luc Mélenchon tente un coup de force, encouragé par son score inespéré des communistes au premier tour de la présidentielle.
"Le PCF cherche à semer la confusion chez les électeurs qui ont voté pour le candidat de la France Insoumise en faisant croire que les candidats du PCF aux législatives ont le soutien de Jean-Luc Mélenchon", écrit le mouvement dans un communiqué.

"Il n'en est rien. Les seuls candidats qui ont ce soutien sont ceux validés par la France Insoumise", clame-t-il. "En conséquence nous exigeons du Parti communiste l'arrêt immédiat de l'utilisation de la photo de Jean-Luc Mélenchon ainsi que de tous les éléments graphiques appartenant à la France Insoumise.

Face à ce qu'elle considère comme une "usurpation", La France insoumise annonce sa "décision d'engager des poursuites judiciaires", afin de "faire cesser cette situation puisque nos rappels à l'ordre répétés ne sont suivis d'aucun effet".
"Nous déplorons un procédé qui, au nom de 'l'identité communiste', refuse tout accord national mais s’approprie l’image de la France insoumise et de son candidat dans le but de gonfler artificiellement le score du PCF", peut-on lire dans le communiqué.
Le PCF n'a pas souhaité faire de commentaires dans l'immédiat.

Législatives: Mélenchon entend imposer ses candidats au PCF

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Que reste-t-il de ce slogan ? 
Les discussions sur une entente entre les deux mouvements en vue des législatives des 11 et 18 juin sont au point mort. Les échanges achoppent toujours sur la question d'une charte que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon souhaite faire signer à tous les candidats, ce que refuse le PCF.
Par cette "charte", le PCF s'engagerait à présenter ses candidats sous le logo La France insoumise, à respecter une discipline de vote à l'Assemblée, et à dépendre de l'association de financement de La France insoumise. Une vassalisation financière jugée inacceptable par certains cadres du PC soucieux de préserver l'indépendance de leur parti.
Mardi, à l'issue d'une réunion entre le 'machin' de Mélenchon et le parti marxiste, Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF, a regretté que "les premières propositions discutées vendredi entre nos forces politiques envisagent un accord limité à un petit nombre de circonscriptions".
Il y a une semaine, le Parti communiste avait proposé des retraits réciproques dans 30 circonscriptions au total, 15 réservées au PCF, 15 à La France insoumise, tout en plaidant pour une grande alliance nationale incluant tous les mouvements anti-libéraux.
Mais
le bidule du candidat garde une dent contre les députés PCF "qui n'ont pas accordé leur parrainage à Jean-Luc Mélenchon" à l'élection présidentielle, ainsi que contre les écologistes qui ont soutenu Benoît Hamon au premier tour."La France insoumise n'est pas une entreprise à recycler, lance le porte-parole de LFI, Alexis Corbière. On est pour le recyclage du point de vue écologique, mais pas pour le recyclage en politique", a-t-il ajouté.
Alors que Mélenchon voit rouge, le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles essaie de faire baisser la tension : "L'heure est au rassemblement, pas à la polémique", souligne-t-il dans un communiqué publié deux heures plus tard.
Le PCF a pourtant répliqué en diffusant une lettre - jusqu'ici inconnue, que Pierre Laurent a envoyée à Jean-Luc Mélenchon, mercredi 3 mai. L'objectif était de montrer que c’est Mélenchon qui est responsable de cet affrontement.  Pierre Laurent y rappelle qu’il souhaite toujours un large rassemblement : "C'est le seul chemin qui peut permettre de concrétiser l'objectif que tu as énoncé dimanche et que je porte aussi au nom du PCF, d'une majorité législative prolongeant le score du 23 avril", écrit le chef du PCF.

Dans sa lettre du 3 mai, Pierre Laurent met en garde : "Si vous persistez dans votre refus, nous le regretterions vivement car cela nous conduirait les uns et les autres à présenter des candidatures concurrentes, ce qui ferait trop souvent le jeu de nos adversaires politiques." En cas de refus d’un large accord national, il évoque une dernière piste, plus minimaliste : un désistement réciproque qui concernerait en tout 60 circonscriptions (soit 30 pour chaque formation). La France insoumise semble prête à étudier cette option et pointe, de son côté, 52 circonscriptions.
Mais le mouvement de Jean-Luc Mélenchon est pressé. "Il est temps que nous avancions car nous ne pouvons plus retarder notre entrée en campagne", écrit-il dans sa lettre du 4 mai. Et d'indiquer une date limite pour trouver un accord : le 9 mai.

Forte du score de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle (19,6%), La France insoumise entend présenter des candidats dans l'ensemble des circonscriptions, au détriment éventuel de candidats communistes.

Les déclarations de candidatures pour les législatives doivent être déposées entre le lundi 15 et le vendredi 19 mai. Le scrutin à deux tours aura lieu les dimanche 11 et 18 juin

dimanche 2 octobre 2016

Aux Sables d'Olonne, Sarkozy a dénoncé une infiltration des idées de gauche dans la primaire de la droite et du centre

Nicolas Sarkozy a pourfendu "la pensée molle", samedi aux Sables d'Olonne

Aussi a-t-il mis en garde les Français contre un élargissement de la primaire de la droite à l'idéologie de gauche

Sables d'Olonne, Vendée, 48.000 habitants
Un risque incarné par son concurrent Alain Juppé 
L'enjeu de la  primaire des 20 et 27 novembre aiguise la rivalité entre les deux favoris du scrutin, l'ex-chef de l'Etat pointant le projet du maire de Bordeaux qui prépare une "alternance molle" en invitant les "déçus du hollandisme" et les électeurs du centre à voter pour lui.
"La primaire de la droite et du centre, ce n'est pas la primaire de la droite, du centre et de la gauche", a rappelé samedi l'ancien chef de l'État lors d'une réunion publique aux Sables d'Olonne (Vendée) devant près de 800 militants et sympathisants.

"Regardez les résultats des grandes coalitions en Europe, en Autriche notamment... La confusion, ça amène quoi ? L'explosion des extrêmes" dans le paysage politique, a-t-il souligné. "L'Autriche, capitale intellectuelle de l'Europe au XXe siècle, a donné le deuxième tour de la présidentielle à un bobo écolo et à un leader d'extrême-droite."

Le second tour de l'élection présidentielle en Autriche, le 4 décembre, opposera Alexander Van der Bellen, un indépendant soutenu par les écologistes, et Norbert Hofer, le candidat du Parti de la liberté (FPÖ, extrême droite), pour l'heure favori dans les sondages.

Sarkozy met en garde contre les petits arrangements

Séance de dédicaces aux Sables
"Qui peut dire que, si je n'avais pas pris en main l'UMP et créé Les Républicains, nous ne serions pas aujourd'hui dans une situation analogue ?" à l'Autriche, a interrogé Nicolas Sarkozy. "Nous aurions un débat cadenassé, une gauche et une droite qui n'assument pas leurs convictions, un système politique où règnent le politiquement correct, et par-dessus tout, une pensée molle." 

Nicolas Sarkozy estime par ailleurs qu'un élargissement aux idées de gauche pose un problème de "loyauté", dans la mesure où les électeurs de la primaire seront appelés à signer une charte où ils disent adhérer aux valeurs de la droite et du centre.
"Quand on cherche à se faire élire avec les voix de la gauche, il faut se préparer à donner une politique qui donnera des gages à la gauche, à faire des petits arrangements", a insisté Nicolas Sarkozy.

Sarkozy souhaitant la fin des "débats interdits" et du "tribunal de la pensée autorisée". L'ex-chef de l'Etat a de nouveau promis une loi pour "interdire le burkini sur toutes les plages de France" et a fait la proposition d'un "gigantesque plan Marshall en Afrique" pour inciter les jeunes Africains à rester dans leurs pays.

Il a également fait la promesse de la réintroduction, sous une nouvelle forme, les "peines plancher" abrogées par François Hollande à son arrivée à l'Elysée.
"Tout récidiviste verra sa peine augmentée de 25% au premier coup, de 50% au deuxième et de 100% au troisième", a ainsi déclaré Nicolas Sarkozy. "Ma stratégie, c'est de tout dire avant, pour pouvoir tout faire après", a-t-il conclu.

samedi 27 octobre 2012

De la sémantique socialiste pour créer de la compétivité

Trajectoire de compétitivité de Hollande: du "choc" au "pacte" ?



Massage sémantique: F.Hollande a tracé le sillon de 
son "pacte" de compétitivité de l'économie française



Le Président fera son marché parmi les conclusions du rapport Gallois.

Il a annoncé aux 3.000 patrons réunis jeudi à Paris que ce ne sera pas le "choc" qu'attend le patronat. "En ces matières, il n'y a pas de formule magique, il n'y a pas de réponse unique, c'est un ensemble de moyens, de dispositions, de politiques, qui doivent être mobilisés. (...) Je propose donc un pacte entre tous les acteurs", a lancé le chef de l'Etat dont on espérait qu'il dise devant le "Grand rendez-vous" d'Oséo, la banque des entreprises, ce qu'est son dispositif, à défaut de formule magique.

Ménageant les syndicats, il a estimé que la réduction du coût du travail, réclamée à cor et à cri par les organisations patronales, n'est que "l'une des dimensions" de la restauration de compétitivité, "mais pas la seule", alors que la part de la France sur le marché mondiale a chuté depuis 1990 de 6,2% à 3,6%.
Faisant toutefois un pas vers le patronat, le chef de l'Etat a promis un "basculement" d'une partie des charges patronales ou salariales sur la fiscalité - CSG, TVA ou autre taxe - restant ainsi toujours dans le flou, sans  plus de précisions donc sur le chiffrage.

Le Chef de l'Etat peine  à arbitrer
Cette semaine encore, une source gouvernementale excluait toute nouvelle mesure de prélèvement (CSG, TVA etc.) en 2013, compte tenu des efforts déjà demandés dans le budget. Elle expliquait que le pacte de compétitivité s'appliquerait "dans la durée, sur celle du quinquennat", et que le total pourrait avoisiner les "30 milliards d'euros".
Le "choc de compétitivité" sera pour les contribuables: le financement de la protection sociale repose pour "l'essentiel sur le travail", a-t-il reconnu, mais ce basculement sur les ménages "se fera dans le temps" afin de ne pas "affecter la demande intérieure".
Hollande refuse donc d'accéder à la demande de la présidente du MEDEF, Laurence Parisot, qui réclamait un choc de 30 milliards d'euros. L'Elysée estime qu'il entraînerait les salaires à la hausse, ce qui ruinerait ses effets bénéfiques. "Je déconseille l'idée du choc, qui traduit davantage un effet d'annonce qu'un effet thérapeutique", a opposé le chef de l'Etat.
Hollande en est donc toujours aux grandes lignes d'un "pacte" 
Il envisage aussi une réforme de l'impôt sur les sociétés. Celui-ci sera modulé selon la taille des entreprises, comme il l'avait promis pendant sa campagne, et son assiette sera élargie, le tout avec le souci "d'assurer une convergence européenne".
Le chef de l'Etat a en outre dressé un catalogue d'aménagements: "l'accès aux capitaux, le prix de l'immobilier, la complexité administrative, la rigidité du marché du travail, l'inadéquation des formules, voire même de la formation, le poids de la fiscalité", ainsi que "l'énergie".
Mais il ne cite que ce qui ne changera pas. "Je vous confirme ce soir que les dispositions en faveur de l'investissement dans les PME seront maintenues toute la durée du quinquennat", a-t-il réaffirmé, engagement salué par la salle. "Le pacte de solidarité ne laissera rien de côté", a conclu le président socialiste. Mon curé chez les patrons  a tenté de les rallier à sa cause en concluant son discours creux par un "oui, je vous fais confiance" tout aussi vide de sens, accueilli par des applaudissements polis.
Hollande a par ailleurs assuré que le plan du gouvernement sera élaboré "sur la base des propositions" du rapport sur la compétitivité que Louis Gallois, l'ancien patron d'EADS, doit remettre officiellement le 5 novembre au gouvernement et que d'aucun imaginait déjà enterré.Lien PaSiDupes : Compétitivité: Hollande, piégé par le rapport Gallois "
En de de semaine prochaine, sans se presser, Jean-Marc Ayrault réunira de nouveau à Matignon plusieurs ministres pour un nouveau brainstorming sur la compétitivité des entreprises, consacré cette fois à la dimension "coûts".
Près de la moitié du gouvernement s'était déjà réunie lundi autour de lui pour aborder les questions liées à l'innovation, la "qualité du système éducatif" ou encore "l'efficacité de l'appareil de l'Etat".
Lorsque la défiance s'installe, comme indiqué par le sondage OpinionWay, ni la compétitivité, ni la croissance ne va de soi.Or, la "gauche molle" n'emporte l'adhésion de personne.