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mardi 8 septembre 2015

La mort de Bastien dans un lave-linge ne mobilise pas les associations

'Out' le débat sur les punitions corporelles: pour les associations, il n'y a que l'émotion politique qui vaille

Horreur: le 
bourreau est le père qui "ne se souvient de rien du tout"

On se lève pour 
Ayran et Danette
Des fleurs ont été déposées devant le domicile du petit Bastien, le 28 novembre 2011 à Germigny-l'Evêque, en Seine-et-Marne, région Ile-de-France. Ce tout-petit de trois ans et 17 kg a été retrouvé mort dans une machine à laver, sur le mode essorage, comme l’a confirmé le médecin légiste à la cour. L’enfant est mort par asphyxie, suite au saignement des poumons.
Son père est accusé et jugé pour meurtre devant la Cour d'Assises de Melun depuis mardi. Et la mère pour complicité de meurtre. Vêtue de noire, Charlène Cotte, 29 ans, comparaît libre après une période de détention provisoire. Elle a gardé la tête baissée toute la journée. "Sans pleurer", précise la presse, toujours prête à verser dans l'émotion. Dans le box des accusés, son ex-compagnon, Christophe Champenois, 36 ans, qui est détenu, a somnolé tout l’après-midi. Au premier jour de leur procès, les parents de Bastien n’ont pas exprimé la moindre émotion. Quand la présidente de la Cour, Catherine Katz, demande à l’accusée d’évoquer son fils, elle décrit un "enfant agité, hyperactif. Il attirait l’attention à la maison en faisant de petites bêtises."

Le géniteur a affirmé ce mardi ne pas avoir de souvenir du déroulé des faits.
L’enfant était frappé par son père presque chaque jour, enfermé dans le placard, les mains attachées avec du ruban adhésif, son biberon et son pot à côté de lui. La mère ne s’interposait pas toujours.
Le père se décrit comme "nerveux. Je m’énerve vite dès que j’ai une frustration. Je me calmais dans l’alcool et le cannabis mais je prenais aussi de l’ecstasy, de la cocaïne, des amphétamines." Chez lui, il était dans sa "bulle, devant l’ordinateur, avec de l’alcool, des joints et de la musique. Personne d’autre ne comptait plus. Par contre, dehors, je m’occupais de Bastien. Les vacances d’été, juste avant, je le prenais sur mon vélo, on jouait au ballon, je le lavais."
Le père a du mal à parler, tombe même du banc des accusés. Il souffre d’une tumeur au cerveau et quand "l’œdème gonfle, je dois me faire opérer. Ma dernière opération date de 2009". Son avocat, Me Jean-Christophe Ramadier, indique qu’il devait être opéré en 2011 et à nouveau l’été dernier, en prison, mais cela n’a pas été fait.
Charlène avait 15 ans quand elle est sortie avec Christophe qui en avait 23. C’était un ami de la famille de son père. "Je l’ai connu quand j’avais 5 ans. J’étais petite et c’était lui le grand. C’était mon premier et unique amour, lui et pas un autre." Mais les rapports de couple se dégradent à la naissance de Bastien, enfant non désiré. Champenois fréquente des clubs échangistes seul, couche avec sa maîtresse sur la mezzanine de l’appartement, au-dessus de Charlène qui encaisse l’humiliation.

Le 25 novembre, quand le médecin du SMUR annonce la mort de Bastien au père, il est frappé par son absence de réaction : "Il était apathique, sans aucune émotion." L’infirmier du Smur ajoute : "En général, on a du mal à séparer les parents de l’enfant mort. Ce jour-là, j’ai été surpris qu’à aucun moment, les parents n’aient souhaité voir le petit dans le camion des pompiers." Tous deux ont raconté aux secours, aux gendarmes, à la famille, que Bastien était tombé dans l’escalier avant que son père le mette dans une baignoire de bébé, remplie d’eau… dans laquelle il se serait noyé.

Mais c’est Maud, 5 ans, la sœur aînée de Bastien, qui lâche la vérité la première. D’abord aux voisins du dessous, puis aux urgentistes. "Elle mangeait un pain au chocolat, raconte le médecin du Smur. Elle m’a regardé en disant 'Papa a mis Bastien dans la machine à laver pour le punir, parce qu’il a fait des bêtises à l’école. Et il l’avait déjà fait…' "

Un enfant scolarisé qui n'a jamais été signalé pour maltraitance ?

"
Cette famille, en grande difficulté sociale, psychologique, était suivie depuis 2006 par les services sociaux par rapport aux difficultés de vie qu'elle pouvait rencontrer, à ses conditions de logement insalubre", a expliqué Christine Boubet, directrice générale adjointe chargée de la solidarité au Conseil général de Seine-et-Marne.
Il y avait une "relation de confiance" entre les parents et les services sociaux. "Nous n'intervenons que lorsque les familles sont dans le rejet de l'éducation, là ce n'était pas le cas, ils n'avaient jamais manqué un rendez-vous", a expliqué Mme Boubet. "C'est un passage à l'acte qu'aucun des professionnels qui intervenaient dans cette famille n'imaginait possible", a-t-elle souligné.

Tous étaient au courant. Personne n'est intervenu. 
Les enfants - la victime de 3 ans et sa soeur âgée de 5 ans - étaient "suivis régulièrement", "étaient en bonne santé" et "aucun signalement de maltraitance, aucun mauvais traitement, n'ont été signalés par les services sociaux", a-t-elle insisté.
Depuis les vacances de la Toussaint 2011, l'école, les parents et sa soeur avaient noté "un changement de comportement" du petit Bastien, alors que la rentrée scolaire en septembre "s'était bien passée". Il était "turbulent, se mettait en danger et mettait en difficulté ses parents".

Les parents avaient appelé à l'aide. Le matin du drame, les parents "ont appelé la puéricultrice et l'assistante sociale afin de savoir comment il fallait ajuster leur comportement éducatif vis-à-vis de Bastien qui avait fait une bêtise à l'école". "La puéricultrice a proposé un rendez-vous le jour même, qui a été repoussé à la semaine suivante à la demande des parents qui ne le jugeaient pas urgent", a-t-elle poursuivi. L'institution scolaire qui avait à se plaindre de problèmes comportementaux n'a pris aucune mesure préventive.

Médecins du Monde intervient en Syrie. Qui, en France?
Et la mère? Et les institutions de protection de l'enfance? Et les associations ? 
En juillet dernier, "la voisine de la famille avait appelé le 119, Allô Enfance Maltraitée (www.allo119.gouv.fr) -numéro gratuit ouvert 24h/24 qui (sur le papier) a pour but de faciliter le dépistage des situations de maltraitance des enfants et de protection de mineurs en danger-, expliquant que Bastien était sur le toit de l'immeuble après être passé par le Velux de son appartement", a raconté la responsable. Le père de famille était "reconnu comme travailleur handicapé" et "ne travaillait pas". La mère, âgée de 25 ans, "bénéficiaire du RSA", était à la recherche d'un emploi, selon Christine Boubet.

'Enfance et Partage' se bat depuis 35 ans pour protéger, défendre, prévenir les enfants contre toutes formes de maltraitance, dit sa littérature. Après coup(s), la Voix De l'Enfant, fédération d'associations, fait savoir qu'elle est "très investie pendant toute... la procédure."  Comme l'association 'L'Enfant bleu' pour le soutien psychologique et juridique gratuite aux victimes de maltraitance (physique, sexuelle ou psychologique et de négligences), avant la mort.
Chaque département dispose d'une "cellule de recueil, de traitement et d'évaluation des informations préoccupantes" pour les mineurs, en l'occurrence.

La protection de l'enfance est placée sous la tutelle du ministère des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine et Xavier Bertrand, avant elle.
Le procès d'une maltraitance invisible, affirme-t-on... "Pour le moment je ne me souviens de rien du tout", a-t-il répondu à la présidente de la cour, Catherine Katz, qui lui demandait de préciser son "positionnement" par rapport à ce crime. Car le principal accusé a beaucoup varié dans ses dépositions au cours de l'enquête, affirmant d'abord que son fils était tombé dans l'escalier, puis accusant sa compagne de l'avoir mis dans la machine à laver avant d'admettre qu'il était "possible" qu'il l'ait fait et de plaider enfin la "surdose" médicamenteuse. C'est un homme affaibli qui a du mal à donner des réponses précises sur sa relation à Bastien.  Quant à la mère, elle soutient pendant sa garde à vue avoir vu son compagnon placer le petit dans la machine - une 5-6 kg dont le chargement se faisait par le haut - puis avoir mis la machine en route, d'abord en mode essorage, puis en mode lavage. Pendant ce temps, tandis que Christophe Champenois surfait sur internet, elle avait fait un puzzle avec sa fille, avait-elle raconté aux enquêteurs, ajoutant qu'elle avait entendu Bastien crier pendant 5 minutes jusqu'à ce que son compagnon le sorte de la machine et déclare, en constatant qu'il ne respirait plus: "Comme ça il ne nous emmerdera plus".

"Je suis là pour défendre quelqu'un qui passe pour avoir commis un acte monstrueux mais qui n'est pas un monstre, qui est une personne qui appartient à notre communauté à tous", a affirmé son avocat Me Jean-Christophe Ramadier avant l'ouverture du procès, dont le verdict est attendu vendredi. 
C'est "un dossier qui relève selon l'expression consacrée du 'quart monde' ", a-t-il ajouté.

Et la communauté qui en question, c'est l'institution de la République Les associations qu'elle subventionne et l'école qui sait mais se tait ne sont pas poursuivies: le quart monde, ce n'est pas en Syrie, c'est chez nous.

jeudi 5 décembre 2013

France, terre d'asile des malades étrangers

AME: la hausse des dépenses pour les patients étrangers devient insupportable 

Les contribuables râlent à la mort

Nos médecins peuvent se targuer d'une excellente réputation internationale et de revenus confortables, les Français se plaignent d'une baisse de leur prise en charge inversement proportionnelle à celle accordée aux étrangers. 

L'AME est pointée du doigt. 
C'est en effet une aide médicale de couverture maladie de base équivalente pour les étrangers à la couverture maladie universelle (CMU) pour les nationaux. Tout étranger résidant en France de manière ininterrompue depuis plus de trois mois, sans remplir la condition de régularité mentionnée à l'article L. 380-1 du code de la sécurité sociale et dont les ressources ne dépassent pas le plafond mentionné à l'article L. 861-1 de ce code a droit, pour lui-même et les personnes à sa charge au sens de l'article L. 161-14 et des 1° à 3° de l'article L. 313-3de ce code, à l'aide médicale de l'Etat, sous réserve, s'il est majeur, de s'être acquitté, à son propre titre et au titre des personnes majeures à sa charge telles que définies ci-dessus, du droit annuel mentionné à l'article 968 E du code général des impôtsCe droit annuel est d'un montant de 30 € par bénéficiaire majeur.


Le meilleur système de soins au monde doit-il attirer toute la misère du monde ?

"Les Sénégalais débarquent en charter à Roissy pour suivre une chimiothérapie à l'hôpital Saint-Louis, les Chinois viennent se faire enlever la prostate, les insuffisants rénaux des pays de l'Est affluent en car pour profiter d'une dialyse... Et qui finance tout ça ? La France." Si le Dr Didier Legeais, chirurgien urologue à Grenoble et vice-président de l'UCDF (Union des chirurgiens de France), affirme ne jamais refuser de soigner un patient, quelle que soit sa nationalité, il déplore que les pays d'origine ne prennent pas en charge ces opérations, souvent extrêmement coûteuses. "Que les étrangers réclament nos compétences, c'est une excellente nouvelle, explique-t-il. Mais que les Français financent la santé de leurs voisins, n'est-ce pas stupéfiant ? Notre pays est devenu une véritable vache à lait médicale.

Multiples dénonciations des dérives de l'AME 
À l'Assemblée nationale, le député UMP de Paris Claude Goasguen a jeté un pavé dans la mare avec son rapport sur le projet de loi de finances de 2014 relatif à la santé. "Le système actuel de l'AME est totalement à bout de souffle", déclara-t-il début novembre dans l'hémicycle à ceux qui conservent toutes leurs facultés sous le règne de la la démagogie. "Des adaptations marginales ne suffiront pas; il convient de repenser globalement le dispositif en s'interrogeant sur sa philosophie même."
VOIR et ENTENDRE que "la tentation est de sélectionner les pathologies les plus légères pour que la durée de séjour hospitalier soit la plus courte" et la moins coûteuse.

Les premières sacrifiées sont les personnes âgées dépendantes.

"Pourquoi se priver ?"

En cause, la "philosophie de supermarché", dénoncée par de nombreux médecins, où l'on se porte candidat à une greffe "comme l'on fait la queue chez le boucher". Pour bénéficier de l'AME, soit de la prise en charge à 100 % des soins médicaux et d'hospitalisation sans avoir à avancer les frais, il suffit de justifier d'une résidence ininterrompue de trois mois en France et d'un revenu inférieur à 634 euros par mois. "C'est très facile, confie Mounia, Marocaine de 32 ans, à la veille d'une opération de l'appendicite. Vous pensez bien qu'on ne laisse pas dans la rue ceux qui ne remplissent pas les critères. Les soins sont gratuits, alors pourquoi se priver ? Certains en profitent pour dépenser quelques milliers d'euros en chirurgie esthétique ou pour des opérations qui ne relèvent plus de l'urgence..." 

Résultat, au chapitre des dépenses, de janvier à septembre, l'AME aurait déjà coûté 613 millions d'euros, ce qui revient à 818 millions en 2013, contre 700 millions les années précédentes (+ 16,4 %). "Et même 897 millions, calcule Claude Goasguen, si l'on inclut la perte de recettes liée à la réforme de tarification voulue par le gouvernement Ayrault."
 
Les bénéficiaires de l'AME, "ce sont 500.000 personnes, avance le Dr Legeais. Il chiffre son  déficit à un 1,7 milliard,  payé par l'État français [et l'Etat, c'est le contribuable: seulement 50% des Français], "pour les seuls soins des non-cotisants." 
À gauche comme à droite, on en appelle à davantage de contrôle et de transparence.
Pour éviter les déficits, des services hospitaliers rechignent à admettre certains patients nationaux qui sont obligés de patienter aux urgences ou d'attendre de longues semaines pour des examens et la libération  d'un bloc  opératoire, tandis que, pour des raisons humanitaires et idéologiques, des étrangers prennent rang prioritaire.

Autour des chiffres du dossier AME le gouvernement entretient le flou  
Claude Goasguen, en qualité de rapporteur spécial de la commission des Finances, dénonce "des chiffres très incomplets". "Il n'est pas acceptable qu'un ministre de la République ne transmette pas les informations demandées par le Parlement afin d'éclairer son vote sur le budget. Faut-il en déduire que le gouvernement cache des chiffres et la vérité aux Français ?" s'est interrogé le député en remettant son rapport. 

La Guyane pose particulièrement problème, parmi les incohérences pointées du doigt. Le département de Christiane Taubira déclare à lui seul plus de 17.000 bénéficiaires de l'AME, majoritairement originaires du Suriname. Mais pour Goasguen, la réalité se situe bien au-delà. Citant la chambre régionale des comptes, il estime localement "la population immigrée en situation irrégulière entre 30 000 et 35 000 personnes". Certes, tous les immigrés en situation irrégulière n'ont pas vocation à recourir au système de santé, "mais ces données montrent les potentielles hausses du nombre de bénéficiaires". 

"Que font les politiques ?"

Le Dr Legeais dénonce la politique consistant à dépouiller les uns pour habiller les autres. "Je comprends parfaitement ces étrangers qui viennent bénéficier gratuitement des performances de notre système de santé. Ils auraient tort de s'en priver. Mais que font les politiques ? 
Michèle Delaunay revendique l'augmentation des dépenses au nom de l'objectif à la fois "sanitaire et humanitaire" de l'AME. La ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de l'Autonomie, une millionnaire du gouvernement socialiste et cancérologue bordelaise, se justifie par l'objectif de ne pas laisser s'aggraver les maladies, pour que leur coût de prise en charge ne "devienne pas excessif"
"En attendant, il est temps d'envoyer l'addition aux principaux pays concernés," Maroc, Sénégal, pays de l'Est, Turquie, Canada... insiste le Dr Legeais.  "Ces pays ont des passeurs, révèle-t-il, parfois des associations loi de 1901, qui aident les malades à choisir le meilleur hôpital pour l'opération prévue et à organiser le voyage." 

Les partis politiques interpellent les contrôles de la Sécurité sociale.

Tandis que le FN demande "la suppression pure et simple de l'AME"tout irait pour le mieux, selon Caroline Izambert.
Cette chercheuse à l'EHESS (connue pour ses orientations politiques) et spécialiste (partisane et militante) de la santé des étrangers en France. "Dans l'hôpital où j'étais chercheuse, en banlieue parisienne, confie-t-elle, il y avait à peu près quinze assistantes sociales qui veillaient à ce que les dossiers soient complets et qui contrôlaient les bénéficiaires. Les vérifications sont donc bien effectuées." se félicite-t-elle pour conclure.
 
Claude Goasguen s'indigne 
"Si l'État continue de payer, pourquoi respecterait-on les réglementations ?"   
Mais  la sociologue confirme son point de vue partisan: "On fait délibérément de l'AME une usine à gaz à des fins idéologiques : "Les politiques veulent s'approprier le dossier. Que voulez-vous, un sujet de santé qui parle d'immigration, ça fonctionne toujours," polémique-t-elle.
Que voulez-vous, quand l'évaluation d'un sujet de santé qui parle d'immigration est placé entre les mains de militants, ça fonctionne toujours sans abus...
Les patients nationaux sont simplement d'un avis opposé, mais trop vulnérables pour se faire entendre des idéologues en bonne santé de l'humanitaire.