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mercredi 22 février 2017

Le CRIF accuse le Front de gauche et Mélenchon de véhiculer la haine

Mélenchon tombe des nues et se dit choqué

Alors que Hollande lui rend visite, le CRIF prend parti contre les extrêmes 

Jean-Luc Mélenchon s'est dit "profondément choqué" mercredi de l'attitude "antirépublicaine" du Crif, qui ne l'a pas convié à son dîner annuel au motif, a expliqué son président, qu'il véhicule, selon lui, "la haine", au même titre que la présidente du Front national Marine Le Pen.

La plupart des candidats à l'élection présidentielle d'avril-mai sont invités mercredi soir au traditionnel dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Mais ni Marine Le Pen, ni Jean-Luc Mélenchon n'a été convié.

"Le Président du CRIF m'insulte ce matin. J'en suis profondément choqué", écrit Jean-Luc Mélenchon dans un communiqué.
"Me comparer au parti d'extrême droite dont l'histoire européenne est mêlée aux pires atrocités commises contre les Juifs, est une faute morale et politique", ajoute-t-il, occultant les crimes du régime soviétique, et pas seulement sous Staline. "Je rappelle aux dirigeants de cette organisation que j'appartiens à un courant politique dont les membres ont été pourchassés, déportés, massacrés par les fascistes et les nazis."

Sur RTL, le président du Crif, Francis Kalifat, a invoqué une raison "très simple" pour expliquer que ni Marine Le Pen ni Jean-Luc Mélenchon n'aient été conviés.

"Tous les deux véhiculent la haine"

"D'un côté, à l'extrême droite, c'est la haine de l'autre et le rejet de l'étranger (...) et, à l'extrême gauche, c'est la haine d'Israël et la déligitimation d'Israël. Donc je crois qu'ils n'ont pas leur place dans ce dîner", a-t-il ajouté.

Pour Jean-Luc Mélenchon, il s'agit là d'une attitude "antirépublicaine". 
"Si le Crif représente le gouvernement israélien et, pour cette raison, considère que j'en suis un opposant, je confirme que, comme beaucoup d'Israéliens d'ailleurs, je ne soutiens pas le gouvernement de (Benjamin) Netanyahu [le Premier ministre israélien, majoritaire, malgré la "haine" de l'extrême gauche], ni ceux qui ne s'offusquent pas de la violation des résolutions de l'ONU", a-t-il riposté.

mardi 3 mars 2015

Pourquoi Obama soutient-il maintenant le nucléaire iranien ?

Netanyahou accusé de vouloir torpiller l'accord entre Washington et Téhéran

Benyamin Netanyahou monte ce mardi à la tribune du Congrès des Etats-Unis
 

Barrack Hussein Obama tend les relations privilégiées des Etats-Unis avec l'Etat d'Israël. 
Le chef du gouvernement israélien entend dénoncer l'accord sur le nucléaire iranien que Washington veut conclure avec Téhéran à la fin du mois.

A quinze jours des élections législatives en Israël, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou,  va dire son désaccord avec le revirement de la diplomatie américaine, mardi 3 mars devant le Congrès des Etats-Unis.
Parce que l'accord est imminent

John Kerry et Mohammad Javad Zarif, les chefs des diplomaties américaine et iranienne, négocient cette semaine en Suisse la dernière ligne droite vers un règlement définitif censé encadrer le programme nucléaire de la République islamique. Or, le Premier ministre israélien refuse catégoriquement cet accord avec son ennemi mortel. Lundi, devant 16.000 délégués du groupe de pression américain pro-israélien Aipac, il a déjà tenté de contrecarrer la négociation que le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) et l'Iran s'efforcent de conclure d'ici au 31 mars.

Israël a déjà subi une attaque partisane de l'ONU
La Commission d'enquête du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU  avait exprimé des soupçons de possibles crimes de guerre durant la contre-offensive israélienne contre Gaza de l'été dernier. Mis en cause par Israël pour "conflit d'intérêts", son président, le professeur William Schabas, a adressé sa démission "avec effet immédiat". "Après la démission du président, c'est tout le rapport [attendu en mars 2015] de cette commission biaisée, aux positions anti-israéliennes, qui doit être mis au rebut", a réagi le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, par communiqué.

Benjamin Netanyahu va aussi essayer de convaincre les parlementaires américains 
Le secrétaire d'Etat John Kerry a mis en garde Israël sur d'éventuelles fuites "sélectives" concernant le contenu de l'accord. "La confiance serait trahie" entre les Etats-Unis et Israël, a menacé le département d'Etat.

Lundi 2 mars, à la veille de la prise de parole d'Israël au Congrès, la conseillère à la sécurité nationale de la Maison Blanche, a exercé des pressions sur les parlementaires américains.  Susan Rice leur a demandé de ne pas voter de nouvelles sanctions contre l'Iran qui "feraient voler en éclats les discussions" internationales en cours.

Barrack Hussein Obama opère un bouleversement des alliances
Les dernières sanctions de l'administration Obama -depuis janvier 2009- contre l'Etat islamique d'Iran datent de 
- 2013: mesures visant la monnaie iranienne, le rial, ainsi que le secteur automobile;
- 2012: gel des intérêts de la banque centrale et du gouvernement iraniens, gel des avoirs et interdiction de territoire ciblant les personnes impliquées dans des atteintes aux droits de l’homme par l’intermédiaire d’Internet, interdiction de transaction et interdiction de territoire ciblant les personnes ayant contourné les sanctions, sanctions nouvelles touchant le secteur de l’énergie, nouvel élargissement des sanctions lié au Iran Threat Reduction and Syrian Human Right Act de 2012 visant particulièrement les gardiens de la révolution;

- 2011: précisions sur les sanctions financières de l’Iran en date de 1996 et ciblage de la banque centrale iranienne et entraînant la chute du rial;

- 2010: élargissement des sanctions de 1996 et gel des avoirs de responsables gouvernementaux iraniens en réponse aux atteintes aux droits de l’Homme.
Netanyahou craint pour la sécurité d'Israël

Pour le Premier ministre israélien, tout accord, même a minima, avec les Iraniens ne les empêchera pas de se doter de l'arme atomique, ce qui "pourrait menacer la survie d'Israël". 

A l'inverse, les négociateurs américains mettent en avant les concessions faites par les Iraniens.
"A de nombreux égards, l'Iran a fait machine arrière sur certains éléments de son programme", a estimé le président américain. Selon France 24, l'Iran semble avoir accepté le principe d'un contrôle accru de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur ses stocks de combustible nucléaire.

En échange de ses engagements, Téhéran souhaite une levée rapide des sanctions financières et pétrolières qui frappent durement son économie. La République islamique, qui se défend de chercher à fabriquer la bombe atomique, entend pouvoir développer ses capacités d'enrichissement d'uranium pour alimenter ses centrales civiles.

Washington a intérêt à se rapprocher de Téhéran

Autre divergence de taille : outre qu'il veut régler définitivement le casse-tête du nucléaire, le président Barack Obama désire un rapprochement de son pays avec Téhéran, trente-cinq ans après la rupture des relations diplomatiques qui a suivi l'arrivée au pouvoir de l'ayatollah Khomeiny, au début de la Révolution islamique.

"Les Etats-Unis et l'Iran ont notamment l'un et l'autre intérêt à lutter ensemble contre l’extrémisme sunnite, en stoppant la progression fulgurante de l’organisation de l'Etat islamique, implantée en Syrie et en Irak".

Obama a des relations notoirement exécrables avec Netanyahou.  L'adresse exceptionnelle du Premier ministre israélien au Congrès est un défi au renversement d'alliance qui se dessine, même si  Benyamin Netanyahou  a assuré que cette visite n'est pas un signe d'"irrespect" à l'égard du président américain.

Ce voyage controversé s'ajoute à une longue liste de différends avec l'administration Obama. 
Le président des Etats-Unis n'a jamais pu avancer sur le dossier israélo-palestinien ni obtenir de son allié israélien qu'il cesse le processus de colonisation dans les territoires occupés. 

Pendant la campagne électorale pour l'investiture de 2008, l'éditorialiste  Daniel Pipes a affirmé qu'Obama avait été un musulman pratiquant durant son séjour en Indonésie (donc entre 6 et 10 ans). Obama affirme pourtant que sa famille n'était pas religieuse. Barack Obama se fait pourtant remarquer à l'échelle nationale en 2002 lorsqu'il refuse de cautionner l'invasion l'Irak, majoritairement Chiite comme l'Iran.

B. Hussein Obama est garçon honneur de 
son demi-frère Malik (1992), soupçonné 
d'être Frère musulman en Egypte
Fils d'un Kényan noir éduqué dans la religion musulmane et d'une Américaine blanche du Kansas de "souche" européenne, Obama admettra que sa plus grande erreur aura été de ne pas avoir été aux côtés de sa mère au moment de sa mort.
Obama est toujours resté attentif à ses racines noires. Son diplôme de l'université Columbia en poche, il envisagea de devenir "organisateur communautaire" et travaillera effectivement dans le quartier noir défavorisé de Bronzeville à Chicago. Quand il devient enseignant en droit constitutionnel à l'Université de Chicago où il travaille jusqu'en 2004, il entre dans un cabinet juridique spécialisé et c'est pour la défense des droits civiques.

Barack H. Obama lors de son voyage de 2006 au Kenya:
au côté de sa grand-mère de coeur,
Sarah Obama, 89 ans, 3e épouse 
du grand-père paternel du président métis.
Au 1er plan, une fille Obama arbore la coiffure locale.
Le Kenya est à 80% chrétien, mais sa famille paternelle appartient à la minorité musulmane (15%) et au groupe ethnique des Luo, originaire de Haute-Egypte. 
Le 7 août 1998, un attentat organisé par Al-Qaïda vise l'ambassade des États-Unis à Nairobi tuant 220 personnes et blessant plus de 5. 500 autres. 

La rumeur veut qu’Obama ne soit 
pas né à Hawaï, mais au Kenya, 
ce qui le rendait tout simplement
inéligible à la fonction présidentielle
Au mois d'octobre 2011, au cours de sa mandature, une série d'attentats à la grenade est perpétrée au Kenya et attribuée à un groupe islamiste somalien qui milite pour l'instauration de la charia. Or,  le 2 mai 2011, chef spirituel du réseau djihadiste Al-QaïdaOussama ben Laden est mort. Parce que Sunnite d'Arabie saoudite ?

Fin juin 2013, au cours d'une tournée d'une semaine sur le continent africain, il fait étape au Kenya, terre natale de son père où une ville porte désormais le nom d'Obama.

Mars 2015, en fin de mandat, Obama apporte son soutien aux Chiites de l'Etat islamique d'Iran. 
Barack Hussein Obama vire sa cuti en fin de second mandat

Israël n'a rien à perdre, mais tout à gagner à cette visite au Congrès 
Cette "mission historique" à Washington du Premier ministre israélien, "l'envoyé (…) de l'ensemble du peuple juif", a confirmé le sérieux coup de froid imposé par l'allié américain. Barack Obama, d'ailleurs, ne recevra pas le Premier ministre israélien.

Obama se désolidarise de l'Union européenne
Sanctions de l'Union européenne contre l'Etat islamique d'Iran:
- 2012: le Conseil européen décide un embargo sur le pétrole iranienainsi que le gel des avoirs de la Banque Centrale iranienne et l’interdiction du commerce de métaux précieux vers ou depuis l’Iran.Au Canada, extension des sanctions ciblant une centaine de nouvelles personnes morales et allongement de la liste des produits interdits de commerce avec l’Iran;

- 2011 : le Conseil européen déplore l’extension du programme nucléaire iranien et l’absence de coopération du régime;

- 2010: renforcement des dispositions prises en 2007 et ajout du gel d’avoirs iraniensinterdiction de transactions financières ainsi que des restrictions aux transports.

- 2007: le Conseil européen impose des restrictions commerciales portant sur les biens et technologies liées à l’armement et au nucléaire.
A l'un, la reconnaissance du droit à développer son énergie nucléaire;
aux autres celui d'un moulin à vent à monter...

(sous les applaudissements d'Europe écologie-les Verts)

Quand et comment l'Union européenne se fera-t-elle entendre?
L'antisioniste L. Fabius ne nous surprendra pas en restant égal à lui-même.
Quant à Manuel Valls, depuis la révélation que sa femme est israélite, il multiplie les gages à la communauté musulmane...

mercredi 23 juillet 2014

Manif pro-Hamas à Paris : la gauche extrême prend Hollande au piège

Pro-palestinien honteux, l'exécutif socialiste se contorsionne 

Le gouvernement autorise finalement une nouvelle manifestation en soutien au peuple palestinien de Gaza à Paris
ce mercredi 23 juillet

Manifestation en soutien aux Palestiniens de Gaza, le 13 juillet à Paris
Une volte-face du pouvoir socialiste qui s'était opposé - en vain - à la précédente, celle du 19 juillet, dont B. Cazeneuve avait assumé l'interdiction. 
Cette valse-hésitation démontre une nouvelle fois l'incapacité  de François Hollande à suivre une ligne ferme et à trancher entre les différents courants du PS. 
François Hollande président continue à se comporter en Premier secrétaire du Parti socialiste et, après dix années passées dans les compromis trans-courants, il semble trouver habile de gouverner à la godille dans le conflit opposant le Hamas et Israël comme sur les autres sujets. Le comportement de Ponce Pilate du représentant de la "patrie des droits de l’homme" avait profondément déçu. D'abord "solidaire" d'Israël avant d'adopter une posture de neutralité, sous la pression du Quai d'Orsay et de Laurent Fabus, le président de la République avait  ensuite déclaré qu'"il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces."
Manifestation interdite: affrontements des émeutiers pro-palestiniens
avec la police à Sarcelles, le 20 juillet 2014
 
 
C'est avec cette légèreté que François Hollande a d'abord réagi aux tensions qui ont éclaté à Gaza
, avant de laisser recadrer son discours le 14 juillet quand il avait tenu à se déclarer ni "pro-israélien", ni "pro-palestinien", affichant une position neutre face au conflit qui secoue la bande de Gaza, où l'Etat hébreu a riposté par une série de raids aériens meurtriers à des tirs de rockets venus du territoire palestinien. Il a finalement manifesté de l'empathie pour la souffrance des populations civiles à Gaza. "Tout doit être fait pour mettre un terme immédiat à la souffrance des populations civiles à Gaza", a déclaré François Hollande le 21 juillet. Le président du Collectif des musulmans de France (CMF) s'est alors inquiété des fluctuations de la diplomatie française et le président de la République en est désormais au partage de la souffrance des populations civiles à Gaza. Un glissement du côté où penche le PS qui se défend de sympathies pro-arabes et anti-sionistes...

Pour Marie-Françoise Bechtel, députée chevènementiste de l'Aisne et 1re vice-présidente du MRCpar cette interdiction "la France a donné de nouveaux gages à Israël et a favorisé les troubles constatés hier dans cette seule ville" à Paris. "Interdire une manifestation est un acte rare au regard de la tradition de nos libertés publiques. Il appartient aux forces de l'ordre d'éviter à la fois tout débordement et toute provocation", appuie-t-elle dans un communiqué, en estimant que "c'est en s'alignant sur les demandes les moins justifiées d'un État qui ne cesse de violer le droit international et porte une lourde responsabilité dans l'impasse actuelle que la France risque d'importer le conflit israélo-palestinien".
De son côté, le NPA (Nouveau parti anticapitaliste), seul parti politique à avoir appelé à la manifestation pro-palestinienne interdite à Paris, a estimé que François Hollande et le gouvernement "ont enclenché une épreuve de force qu'ils ont finalement perdue"

Les errements dialectiques du président tiennent à sa totale incapacité à mener à son terme une discussion, un questionnement ou un raisonnement Dès lors, comment conclure? Hollande en vient à se prendre les pieds dans le tapis volant de ses prises de positions successives. Sans culture historique ni convictions idéologiques, Pépère fluctue.

Sur l'autorisation ou l'interdiction des manifestations pro-palestiniennes à Paris,
le fol esquif de Hollande suit le courant porteur dans les tourbillons.

Au départ, les circonstances et son absence de vision ont fait que Hollande s'est naturellement déclaré "solidaire" d'Israël "face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza", face aux attaques terroristes du Hamas. Il était cohérent que François Hollande apportât son plein soutien à Netanyahou à la tête d'un État en guerre contre le terrorisme du Hamas qui enlève des jeunes israéliens, les tue, puis lance des roquettes, en se disant victime. C'est que la France s'est ingérée dans une guerre contre le terrorisme islamiste au Mali puisque, à la différence de l'état d'Israël, son intégrité territoriale n'est nullement menacée.  
L'opération terrestre menée par Tsahal le 17 juillet au soir –après ses incursions du 13 juillet– ont fait virer François Hollande le 14 juillet quand il bloqua dans une attitude de neutralité. Ce gel du cerveau est pourtant incompréhensible, puisque la veille, des heurts avaient éclaté sur le territoire français, en plein Paris et contre la synagogue de la Roquette notamment alors que des slogans "mort aux Juifs" avaient été criés dans les rues de la capitale sur le parcours de la manifestation pro-palestinienne.
Le chef de l'Etat avait-il besoin de preuves plus flagrantes de l'antisémitisme des manifestants de France? Ce virement à la neutralité est dénué de bon sens et manifeste son manque profond de neutralité. Cette réaction paradoxale fut pourtant officialisée par communiqué et choqua durablement en révélant la préférence du président. "Tout doit être fait pour mettre un terme immédiat à la souffrance des populations civiles à Gaza", a déclaré le vertueux président socialiste, le 21 juilletdeux jours après les violentes émeutes antisémites de Sarcelles en Val d'Oise. Les pensées de François Hollande sont occupées à démentir son mariage avec Julie Gayet...

Suiveur, plutôt qu'inspirateur, des positions de nos alliés à l'international, notamment celles du président américain Obama,
Hollande se laisse entraîner par le courant de la gauche du PS qui se radicalise en réaction à sa politique économique assumée par Manuel Valls et dans le sillage de l'extrême gauche pro-palestinienne. Ce faisant, il suit ainsi la ligne du Qatar, important investisseur en France, Qatar qui soutient financièrement le Hamas...

Atlantisme d'un Hollande, second rôle condamné à faire illusion

L'administration américaine a fixé une ligne rouge à Netanyahou: une intervention terrestre israélienne. François Hollande a donc anticipé la réaction des États-Unis -et donc de l'ONU-  pour apparaître comme moteur, alors qu'il est simplement "raccord" avec ses alliés

Pour des raisons électoralistes et de politique intérieure, il devait par ailleurs rétablir une sorte d'équilibre entre les protagonistes, en calmant les susceptibilités de son aile gauche en même temps que des arabes pro-palestiniens de France. D'où l'autorisation à risque de manifester à travers Paris, le 23 juillet, après des interdictions bafouées à Barbès et Sarcelles.
Des élus de la gauche radicale ont défié le pouvoir socialiste en défilant avec les auteurs d'affrontements avec les forces de l'ordre dans les rues de Paris... 
Hollande a préféré renoncer à interdire plutôt que d'être défié par la rue. Après avoir "assumé" les interdictions devant les media, Bernard Cazeneuve, petit ministre de l'Intérieur, a déclaré qu'il n'y aurait pas "d'interdiction générale" de ces manifestations. C'est ainsi qu'il cède à deux nouveaux rassemblements prévus cette semaine.
Selon Mediapart, à Barbès, les activistes du NPA auraient été
 les victimes d'une "souricière policière"... 
Les organisateurs du défilé de mercredi sont les mêmes qu'à Barbès ou Sarcelles. Contrairement à sa précédente affirmation du 21, B. Cazeneuve a admis que les organisateurs sont les mêmes mercredi 23 que le 19... 
Les irresponsables ont toutefois promis de mobiliser leurs services d'ordre qui étaient étrangement absents lors des précédentes violences urbaines. Le cortège se rassemblera à l'appel du "Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens", qui regroupe un large éventail d'associations, de syndicats et de partis d'extrême gauche, parmi lesquels le Parti communiste (PCF), le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Europe Ecologie-Les Verts (EELV), la Ligue des droits de l'homme (LDH) ou le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP).  La CGT serait-elle neutre? Des élus socialistes ne le seront pas: ils ont annoncé leur participation. Les antifa sont-ils cette fois appelés à rester à distance?

Aujourd'hui, François Hollande estime qu'il appartient désormais au gouvernement israélien de mettre fin à la "souffrance à Gaza". Peu lui importe comment l'État israélien peut assurer sa survie et la sécurité de ses ressortissants en contenant le Hamas qui a refusé tout cessez-le-feu ou ne les a pas respectés. 
La communauté juive est certes divisée, mais, pour l'heure,  les sionistes de France restent respectueux de la République.

Le double-jeu du pouvoir atteint ses limites



Les zig-zags du pouvoir socialiste sont d'autant plus insupportables que Hollande sait à quoi s'en tenir sur son autorité personnelle à gauche. S'il était conscient de la gravité de la guérilla urbaine organisée sur le territoire national par le NPA et des élus Verts comme Jacques Boutault (maire EELV du 2e arrondissement de Paris)  samedi (outre celle de Sarcelles, dimanche!), ainsi que de la montée de l'antisémitisme en France, le chef présumé de l'Etat ne prendrait pas le risque inconsidéré d'importation du conflit israélo-palestinien sur le territoire national, avec le même spectacle de haine et de désolation à chaque fois: voitures brûlées, forces de l'ordre agressées, saccage et pillage de commerces, slogans et insultes antisémites (et non pas anti-sionistes !)...
L'hypocrisie socialiste au sommet de l'Etat est à son comble.
L'anti-sionisme est la face politique  de l'anti-sémitisme religieux des arabes musulmans. Et comme l'extrême gauche française, Hollande s'y abandonne, tout en appelant ensemble au cessez-le-feu et à la paix. C'est cette gauche-là qui accuse pourtant le FN et Marine Le Pen de racisme et d'islamophobie... 

Le problème de François Hollande et de Manuel Valls, c'est la ligne dure du parti socialiste (dont les frondeurs du PS) de la gauche de la gauche qu'ils peinent de plus en plus à contenir sur l'ensemble des sujets. Qu'ils soient aubrystes "affligés" par sa politique sociale ou signataires de "l'Appel des 100 pour plus d'emplois et de justice sociale", ils sapent l'autorité de Hollande et du gouvernement Valls qui comporte des leurs, tels Benoît Hamon et Arnaud Montebourg.

Le problème des Français est qu'ils ont porté des irresponsables au pouvoir. François Hollande était un gros mou notoire et Manuel Valls est apparu comme un faux dur, un impuissant tout en mimiques et postures. Cette paire molle a de plus en plus de mal à contenir sa majorité sur l'ensemble des fronts qu'il continue à ouvrir et à entretenir, dans ce conflit lointain où la France n'a pas d'intérêts directs comme sur le pacte de responsabilité franco-français.

La majorité présidentielle n'en finit pas d'imploser

 SA à côté d'une affiche disant:
"Allemands, défendez-vous !
N'achetez pas chez les Juif"-1933
Le président Hollande s'auto-détruit en donnant des gages aux députés PS Razzye Hamadi, Yann Galut, Alexis Bachelay, au NPA, aux élus Verts qui soutiennent les manifestations qu'elles soient ou non interdites. Sans incarnation d'une autorité incontestable et incontestée, la gauche est livrée à elle-même. Et à ses mauvais penchants. En position d'observateur de la déliquescence du pouvoir présidentiel, le FN se frotte les mains en attendant de ramasser la mise antisémite du PS. 

Ce mercredi, ce qui reste du PS -isolé, éclaté- n'a aucun droit à l'erreur. 
La première manifestation était autorisée sous la responsabilité des extrémistes de gauche et les autorités n'imaginaient pas encore que les violences qu'elle a engendrées. La seconde était interdite pour éviter de nouveaux débordements antisémites. Le pouvoir savait et il sait, mieux encore aujourd'hui, que les mêmes organisateurs peuvent à nouveau se laisser déborder. Il ne suffira plus d'accuser des "casseurs" en marge du défilé.  Aux nervis de la CGT, le ministère de l'Intérieur apporte le renfort d'effectifs policiers équivalents à ceux d'une nuit du ...14 juillet.

Le préfet de police risque d'être le fusible de Valls
 
Le préfet de police s'est couvert de gloire en réprimant des familes avec femmes et enfants d'opposants pacifiques au projet de "mariage pour tous". Il a eu le courage de couvrir le tabassage et l'emprisonnement d'un jeune homme sans cagoule ni batte de base-ball, mais le préfet de cette police-là, résistera-t-il à une autorisation à haut risque de manifester ?  Il a d'ores et déjà été critiqué sur la gestion des manifestions du 13 (autorisée) et du 19 juillet 2014 (non autorisée), qui toutes deux se sont soldées par des émeutes. Mais ils sont prêts à recommencer.

Une troisième manifestation était celle de trop. 
Ni les forces de l'ordre, ni les peines -avec sursis- prononcées à l'encontre de quelques-uns (3) seulement des interpellés (38), ne sont dissuasives. Pas plus que des peines de prison, Madame Taubira ! 
Alors qu'espère donc la bande à Hollande? Une mascarade de manifestation qui exclurait les arabes et musulmans radicaux ? Un défilé entre soi, comme l'a osé le faire le NPA ? Pas un casseur, cette fois-là: que des militants bien briefés, des pros de l'intox révolutionnaires. Des barbus n'auraient pas fait mieux sous les caméras impavides du SNJ-CGT, comme il se doit. Et pas un décrypteur patenté pour dénoncer la manipulation ! qui en plus pourrait connaître à nouveau des débordements fragiliserait le préfet de police. 

Des débordements "en marge" (!) d'une manifestation autorisée - fussent-ils le fait de "casseurs"-  seraient  un double désaveu des "bras cassés" socialistes et appelleraient inévitablement un limogeage du préfet de police, mais aussi de Cazeneuve, voire de Valls...