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dimanche 20 septembre 2009

Le syndicalisme anxiogène mène au suicide

Des syndicats qui poussent à bout, dans le privé et le public
Le problème du suicide en entreprise se pose-t-il avec la même acuité dans les pays européens qu'en France ?

En France, le taux de suicide est de 16,2 pour 100 000 habitants.

Parmi les pays de l'OCDE, les taux de suicide sont les plus forts au Japon et en France (de 15 à 20 pour 100 000) et les plus faibles en Italie, Grande-Bretagne et aux États-Unis. En Suède, on se suicide 30% moins qu'en France.

La situation sociale du travailleur (isolement, solitude, chômage) appartient aux facteurs secondaires sur lesquels on peut faiblement agir, et qui n'ont en soi qu'une faible valeur prédictive, sauf associés à des facteurs primaires, lesquels sont les antécédents personnels (tentatives de suicide précédentes, troubles de l'humeur), les antécédents familiaux (si des proches se sont suicidés, cela peut prendre une valeur d'« exemple ») et les troubles psychiatriques avérés (schizophrénie, toxicomanie, alcoolisme, etc.).

L'incitation au suicide par l'exemple
est singulièrement notable parmi les adolescents et les détenus. Mais il apparaît que le monde de l'entreprise est exposé au même phénomène. L'exemple est un des facteurs sur lesquels on peut agir et l'apparition de cas a une valeur d'« alerte ». Or, les pouvoirs publics se mobilisent, mais les syndicats s'en émeuvent-ils ou s'en servent-ils comme moyen de lutte ?

Les catégories sociales exposées

La propagande qui se développe avec la rentrée sociale ignore souverainement, mais intentionnellement les facteurs primaires, tels le divorce ou l'alcoolisme, et se focalise cyniquement sur les problèmes professionnels, comme s'ils étaient seuls en cause.
Dans les restructurations de filières à l'échelon national ou international, les groupes ne prennent pas suffisamment l'avenir de salariés en considération. Face aux restructurations, les délocalisations et les licenciements se multiplient.
Or, les syndicats n'ont pas intégré l'idée que leur rôle de soutien ne consiste pas uniquement à obtenir les indemnités les plus avantageuses, mais assurer un soutien psychologique. La dramatisation des conflits conduit aussi bien à la tragédie. Le jusqu'au-boutisme est à double tranchant.

Agir pour prévenir le suicide n'est pas entré dans la culture des syndicats.
Après une tentative, il est essentiel de permettre une prise en charge adaptée et d'assurer un suivi pour aider à la reprise du travail. La société exige d'un professeur qu'il soit un fin psychologue sans formation, mais n'a pas ce type de revendication à l'égard des délégués syndicaux.

  • Les suicides de détenus sont sortis de l'actualité

    La presse en mal de copie se penche sur leur cas en période estivale, quand l'actualité tourne au ralenti et que ce sujet classique peut satisfaire les stagiaires inoccupés.
    Chaque jour, 3 tentatives de suicide ont lieu en prison (donc 90 tentatives par mois), et 3 débuts de grève de la faim par jour. On compte un passage à l'acte tous les trois jours. Depuis les années 80, le nombre de suicides survenus en détention a considérablement augmenté, passant de 39 en 1980 à plus de 100 par an de façon régulière, en 20 ans, selon un rapport de 2003. Or, les organisations syndicales dénoncent les silences de l'Administration Pénitentiaire, mais en quoi participent-elles à la prévention des suicides de détenus ?

  • Les suicides d'adolescents n'intéressent plus.

    Ils constituent, juste derrière les accidents de la route, la deuxième cause de mortalité chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans. (lien ), avec 1 000 décès par an. Selon une étude de l’INSERM, 8% des filles et 5% des garçons font une tentative de suicide à l’adolescence. On compte environ un décès pour 80 tentatives.
    Le facteur déclenchant ( une dispute, une mauvaise note, etc.) ne doit jamais être interprété comme la raison même de l’acte. Il n’est que le minuscule sommet d’un arbre qui a pris racine depuis bien longtemps.

    Le suicide d'enseignant n'a jamais retenu l'attention

    Leur déprime est chronique et sa suite logique, le suicide, dans l'ordre des choses. Si, avec les vacances qu'ils ont, ils mettent fin à leurs jours, c'est qu'ils sont inadaptés, dit-on. Serait-ce de l'eugénisme ?...
    Les enseignants, en particulier les instituteurs, paraissent «fragilisés par de mauvaises conditions de travail et des relations conflictuelles avec les publics qu'ils rencontrent, malgré un niveau de diplômes élevé»: 39 pour 100 000. (source L'Express, 2003 )

    L'instrumentalisation des suicides en entreprise
    Conflits sociaux et relation au travail sont souvent cités dans les facteurs de risque de la crise suicidaire.
    L'actualité a récemment mis en lumière de nouvelles tragédies sociales qui commencent par la faillite d’une société, son rachat par un groupe en quête de redressement, le licenciement des 2/3 de ses salariés, leur révolte qu'ils expriment dans la multiplication d'actes de violence en tout genre avant de la retourner contre eux-mêmes. Les stratégies économiques de crise font peu cas du facteur humain, entraînant des drames en cascade qui se soldent par des dépressions, des tentatives de suicide ou des suicides avérés... (source

    Le délit de provocation au suicide est-il à jour ?

    Jean Améry (de son vrai nom Hans Mayer) publie un livre, en 1976, sur le suicide où il défend la thèse selon laquelle le suicide représente l'ultime liberté de l'humanité. Il se suicide deux ans plus tard.
    À la suite de la publication du livre co-écrit par Yves le Bonniec et le communiste libertaire, Claude Guillon (1952), Suicide, mode d'emploi, a été créé en 1987, le délit de « provocation au suicide » (art. 223-13 à 223-15-1 du Code pénal), ayant pour conséquence l'interdiction de publication de l'ouvrage.

    Le suicide comme moyen de pression syndicale

    Au cours de ces dernières années, à mesure que les syndicats ont perdu de leur repésentativité, les conflits sociaux se sont radicalisés. La séquestration du patron de Sony France par les salariés de l'usine de Pontonx-sur-l'Adour n'est qu'exemple de plus.
  • En Juillet 2000, la fermeture de l'usine Cellatex à Givet (Ardennes) inaugure le retour des conflits sociaux violents. Les ouvriers, désespérés par leur licenciement collectif, avaient menacé de faire sauter leur usine et de déverser de l'acide dans la rivière voisine.
  • Les salariés de l'usine Daewoo coréenne de Mont Saint-Martin (Meurthe et Moselle) dans l'ancien bassin sidérurgique de Longwy, ont eux aussi recours à la menace à la pollution en 2002 pour lutter contre le dépôt de bilan de leur entreprise. Implantée grâce à des aides publiques, l'entreprise sud- coréeenne dépose le bilan en 2002. Les salariés ont menacé de déverser dans la Chiers des produits chimiques tels qu'acide chlorhydrique ou acide fluorhydrique. A cette menace s'est ajoutée une séquestration de dirigeants.

  • A Toul, une dizaine de salariés de Michelin décidèrent en février 2008 de prendre en otage deux cadres de la direction.

    ->Les responsables syndicaux nationaux, qui naviguentr entre la compréhension des salariés et une certaine retenue, ne manquent pas de souligner le caractère non radical de ces actions, à l'image de Bernard Thibault (CGT) qui a parlé "d'épiphénomène" et estimé que les salariés savent qu'il n'est pas dans leur intérêt d'avoir recours "à des formes d'actions qui leur seraient préjudiciables".
    Ce n'est pas l'avis du « rapace » Besancenot, porte-parole politique du NPA, qui effectue des raids sur le terrain syndical, avec l'appui de SUD.

    -> Pour Jérôme Pélisse, sociologue et maître de conférences à l’Université de Reims, cette radicalité témoigne du vide du dialogue social en France.
    « Ce n’est pas tant une radicalisation à laquelle on assiste qu'à une mise en scène de la radicalité à destination des médias. Les séquestrations en mars avril, et maintenant les menaces d’explosion de l’outil de production, par Nortel et New Fabris par exemple, ce sont deux séquences spectaculaires, organisées par les salariés et les syndicats qui les représentent pour faire bouger les lignes quand les négociations sont bloquées. »

    Les organisations syndicales sont coupées de la base
    Jérôme Pélisse souligne que « les confédérations sont mal à l’aise face à cette montée de la radicalité pour les primes. Elles n’ont pas la mainmise sur ce qui se passe au niveau local dans les usines, même si les syndicalistes et secrétaires de comités d’entreprises sont parties prenantes dans ces conflits. »
    Cette coupure des syndicats est-elle assimilable à celle des grands patrons des multinationales ?

    Le suicide a été utilisé dans l’histoire comme un acte politique d’opposition et de contestations

    Mais a-t-on jamais vu un dirigeant du MEDEF ou de la CGT, de FO ou de SUD se suicider?

    Pourquoi les militants sont-ils plus exposés, si ce n'est qu'ils sont instrumentalisés? Sur le terrain des luttes sociales, ils ne sont pas soutenus, mais poussés à bout par les délégués syndicaux. Ils refusent le dialogue et se voient persuadés que le salut est dans le conflit. La radicalisation des mouvements syndicaux fait son lit sur l'anxiété des salariés entretenue par le contexte actuel de crise économique internationale. Ainsi a-t-on vu des salariés brandir la menace de pollution de rivières et de nappes phréatiques par des polluants chimiques et d'autres placer des bombonnes de gaz sur le toit de leur usine.
    Lorsque des responsables syndicats et politiques -telle Sa Cynique Mjesté Royal- déclarent condamner ces actions mais les comprendre, quand ils ne les justifient pas, l'étape suivante dans la désespérance n'est-elle pas le suicide?

    ->
    Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a dit "comprendre" la réaction des salariés de Molex et d'autres entreprises, qui "font pression y compris en utilisant la médiatisation", c'est-à-dire le chantage et la violence. C'était sur France-2, alors que la situation était toujours explosive à l'usine de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne). "Chez Molex comme dans les autres entreprises ...nous soutenons les salariés (...), ils sont à bout", a déclaré le responsable de FO, sans évaluer le risque mortel.

    ->
    En juillet 2009, les salariés de l'équipementier automobile New Fabris menaçaient de faire sauter leur usine s'ils n'obtenaient pas une prime de 30.000 euros. Dominique Duval, représentant de Force Ouvrière, prévient: "S'il faut donner l'exemple en France, on donnera l'exemple. On nous pousse à bout. Depuis mercredi dernier, on n'a aucune nouvelle ! Il faut arrêter de nous prendre pour des moutons de Panurge." Lors de la manifestation de Chatellerault, les manifestants ont reçu le soutien de quelques personnalités de gauche, dont l'ex-premier ministre Edith Cresson.
    Le 6 juillet, au Conseil Régional, la présidente de Poitou-Charentes exacerba les tensions :"Nous, nous ne nous tairons pas et les salariés ont raison de ne pas se taire !"
    A la mi-juillet, les New Fabris mettait le feu à une machine à commande numérique qui servait à fabriquer des pièces pour Renault. C'est la neuvième machine de l'usine de Châtellerault (Vienne) détruite depuis le début du conflit social et la liquidation, le 16 juin... Après l'outil de travail, l'opérateur, si les politiques et les syndicats n'y prennent garde.

    -> La candidate socialiste à la Présidentielle a une "responsabilité particulière". Elle a plaidé en faveur de l'indulgence contre les auteurs du saccage mardi de la préfecture de Compiègne et d'une partie de l'usine de pneumatiques Continental à Clairoix.
    "La violence ne résoud rien, mais en même temps (...) je ne confonds pas les voyous et les casseurs avec des salariés parce qu'ils sont d'abord maltraités, ensuite parce qu'ils ont peur de perdre leurs emplois, et basculer dans la pauvreté, voire dans la misère", a déclaré la tragédienne sur RTL.

    ->Jugement de la CFDT
    François Chérèque après une réunion des partenaires sociaux à l'Elysée, enfonce des portes ouvertes: "Notre objectif de syndicalistes, c'est d'éviter au maximum ce type d'affrontement. Mais dans toutes les entreprises où ça arrive, il y a eu un manque de dialogue".
    Mais le secrétaire général de la CFDT peut aussi se montrer plus perspicace."On en parle beaucoup trop" "Il n'est pas bon que les responsables politiques fassent des polémiques sur ces sujets-là".
    La démagogue picto-charentaise aura-t-elle reçu le message ?

    Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a réagi en accusant Bernard Thibault d'avoir marqué "un but contre son camp". Selon lui, "en justifiant les séquestrations, et en légitimant des méthodes méprisant la personne humaine, M. Thibault donne vraiment une piètre image du syndicalisme, alors même qu'il dénonce, à juste titre, en période de crise, certaines pratiques irrespectueuses du droit de la part de certaines entreprises".

    France Télécom est l'entreprise actuellement ciblée par le chantage au suicide

    Tout en se faisant les chantres du dialogue social, après les séquestrations et les menaces de pollution ou d'explosion, l'opposition vertueuse continue son escalade du chantage.
    Créé en 2007, l
    ’Observatoire du stress s’inquiète des conditions de travail à France Télécom où l’on recense 17 suicides ou tentatives depuis quinze mois.
    Frédéric Sahut, le délégué du personnel CGT, explique que, contraint à un changement de poste à … France Télécom, il s'est plié à une formation intense pour intégrer le … Centre client Orange (CCOR), service ...privilège. Un immense bouleversement. « C'était comme si j'apprenais un nouveau métier avec les bases de l'ancien. Le changement de méthode de travail a été radical. L'objectif, louable au départ, était de mieux servir le client, mais la complexité du système a compliqué la nôtre et, forcément, le résultat n'a pas été celui escompté », explique-t-il, pour tenter de faire compatire le lecteur de Sud-Ouest.
    Du fait de l'incitation par l'exemple et suite à la vague de suicides de salariés à France Télécom, le PDG du groupe et le ministre du Travail ont recherché le 15 septembre des solutions pour enrayer le phénomène. « La première urgence est d'arriver » à arrêter la « contagion », a déclaré Didier Lombard, PDG de France Télécom, après cette rencontre avec Xavier Darcos.
    Et les syndicats ?
    Ils s'indignent et dénoncent en attendant la prochaine victime.

  • « L'État se contente de déclarations incantatoires mais ne préconise aucune mesure concrète », accuse FO?
    Pierre Dubois (CFDT) se dit « déçu » : « On se demande ce qui changera si on ne s'attaque pas aux réorganisations. »
    « Le PDG est encore loin de percevoir le mal-être », prétendent les radicaux de SUD.
    « Les mesures sont nécessaires mais insuffisantes », selon Sébastien Crozier (CGC-UNSA), pour qui « les salariés demandent un projet collectif pour effacer leur sentiment d'inutilité sociale ».

    C'est une façon d'endiguer la vague... Mais les propositions syndicales tardent à venir.

    Témoignages sur le site LePost:

  • Olivier raconte le quotidien de son épouse, qui travaille à France Télécom depuis 9 ans. "Ma femme n'a jamais été fonctionnaire donc elle n'a pas eu à subir de problème d'adaptation. Seulement, dans son service, on passe son temps à la changer de chef, de sur-chef, de responsable, on l'envoie à Lannion pour s'occuper de personnes de son secteur (elle travaille à Paris) pendant que des gens de Lannion s'occupent des Parisiens (dans la même branche, pourtant).""On lui donne des objectifs parfaitement irréalisables ce qui permet de pouvoir incendier ceux qu'on veut casser à l'entretien de progrès. Ah oui, n'oublions pas qu'avec tout cela, il y a les chefs qui rappellent continuellement que sur l'équipe de 10-15, deux doivent virer avant la fin de l'année.""J'ai fait quelques boîtes, j'ai des amis qui en ont fait aussi et raconté nos expériences, aucune n'arrive à la cheville de FT en matière de mauvais traitements."
  • En revanche, exprestataire FT raconte son passage à France Télécom, où il a été prestataire.
    "En tant qu'informaticien travaillant pour une SSII, je peux comparer l'ambiance chez France Télécom ou j'ai bossé de mai 2006 à février 2009 avec d'autre entreprises.Franchement je regrette de ne plus bosser chez FT aujourd'hui car l'ambiance y était bien plus cool qu'ailleurs, aussi bien sur le site d'Orléans qu'à Marseille. Ca n'est pas le stress au travail qui m'a le plus marqué de mon expérience chez FT, très franchement.""J'avais plutôt l'impression parfois de ne pas vivre sur la même planète qu'eux, car la plupart de mes collègues de travail étaient fonctionnaires, avec des comportement de fonctionnaires habitués à un certain confort, que n'ont pas la plupart des salariés en France, confrontés au chômage et à la précarité."

    Ministère de la Justice: la directrice de la PJJ se jette du 3ème étage

    Vendredi 18/9, c'est un syndicat du ministère de la Justice qui a confirmé la tentative de suicide d'une employée de 52 ans, sur son lieu de travail dans le XVIIIème arrondissement de Paris survenue mardi, en pleine réunion, vers 10 heures du matin, alors que son service est en pleine restructuration. Il s'agit de la directrice départementale de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), la direction du ministère qui emploie les éducateurs encadrant les mineurs délinquants ou en danger. Or, ce syndicat de la PJJ est le SNPES-PJJ, affilié à la FSU. La FSU, qui se charge de cette annonce morbide, est de toutes les manifestations de rue, mais semble moins active en matière de prévention.
    La fonctionnaire est saine et sauve, après une chute de 7 mètres…
    Le passage à l'acte a eu lieu en pleine réunion, en présence de syndicalistes vigilants. Les participants de la FSU auraient-ils manqué de … cette vigilance élémentaire qu'ils exigent des administrations et des cadres d'entreprises? Difficile désormais de porter des accusations contre les personnels de prisons qui ne sont pas dans chaque cellule au moment des tentatives de suicide.
    Il faut donc créer des postes de surveillants, mais aussi augmenter le nombre de décharges de service en faveur de délégués syndicaux.

    Les restructurations perturberaient-elles d'autant plus qu'on a connu un parcours de travailleur privilégié ?...
    Le suicide est un fléau que les syndicats et la gauche radicale ne sont pas prêts à éradiquer. Si leur volonté de dialogue était avérée, et s'ils ne reportaient pas systématiquement la faute sur les patrons et le gouvernement, nous serions moins enclins à penser qu'ils trouvent cyniquement leur compte dans les suicides.
  • jeudi 2 juillet 2009

    Le Monde prévoit un été chaud dans les quartiers

    « Banlieues : le face-à-face entre jeunes et police se tend à l'approche du 14 Juillet »

    Ce titre du quotidien du soir ressemble à un désir d’avenir tumultueux
    , voire à une incitation forte à faire sa fête au nouveau ministre de l’Intérieur pour le 14 juillet.

    Le prétexte à l’exhortation

    Le hasard a voulu que le préfet de Seine Saint-Denis, Nacer Meddah, avait Henri Guaino, conseiller spécial de l'Elysée, à bord de sa voiture banalisée de la brigade anti-criminalité (BAC) lorsque, vers 1 heure du matin, mardi 30 juin, une quarantaine de jeunes ont caillassé le véhicule.
    Dans sa malveillance, Le Monde rapporte que les jeunes « LES ont caillassés », ce qui en soi constitue un évident parti pris, car après avoir prcisé que le véhicule était banalisé, le journal rapporte le commentaire du préfet, qui évoque 'l'ordinaire des patrouilles', déclarant : 'Il s'est passé ce qui se passe trop souvent dans le département'. En investiguant par téléphone, Le Monde ne s’expose pas aux mêmes surprises.

    Les deux hommes, suivis par un autre véhicule banalisé de la BAC, traversaient alors le quartier 'sensible' des Bosquets de Montfermeil. Les jeunes n'auraient pas apprécié que les BAC, qu'ils connaissent bien, ralentissent à leur approche ("il m'a fait un regard", en quelque sorte...), mais ils ignoraient la présence de ces invités de marque à bord. Il n'y a pas eu de guet-apens. M. Guaino avait souhaité participer à une 'mission d'observation'. Preuve que le conseiller spécial n’est pas confiné dans ses services et se rend sur le terrain.

    Le Monde crée une psychose

  • Avec une certaine presse, le fortuit devient prémonition.

    En ce début d'été, le traditionnel face-à-face entre les jeunes et les policiers se tend en banlieue parisienne, tandis que le gouvernement durcit son dispositif de protection de la population contre les bandes. Depuis quelques jours, les incidents se multiplient, notamment en Seine-Saint-Denis.
    « On sent que ça bouillonne ». C’est le sentiment de Michel Marrec, délégué départemental d'Unité police, premier syndicat des gardiens de la paix, qui accuse : « Cette année, les échauffourées commencent un peu plus tôt, mais cela fait partie des choses que l'on banalise. » Une banalisation que les policiers pris pour cible dénoncent, commente Le Monde.

    -> En 2008, dans la nuit du 13 au 14 juillet, un commissaire de police, victime d'un tir de mortier, avait perdu un oeil à Gennevilliers (Hauts-de-Seine).

    Depuis, la préfecture de Seine-Saint-Denis se dit "préoccupée par l'usage important de mortiers de feux d'artifice" qui ont été utilisés contre la police le 28 juin. "Pour l'instant, ajoute Laurent Nunez, directeur de cabinet de M. Meddah, nous ne tirons pas de sonnette d'alarme car ce phénomène est contenu à la zone Tremblay, Pierrefitte-sur-Seine, Le Blanc-Mesnil. Mais c'est très dangereux car cela peut devenir une arme par destination."
  • Le Monde prend la responsabilité d’annoncer des affrontements, et cela, malgré la déclaration des Renseignements Généraux de la sécurité publique, la SDIG, que rapporte pourtant le journal. Cette effervescence s'expliquerait en partie par l'approche du 14-Juillet, cette année comme les précédentes: 'C'est devenu comme la nuit de la Saint-Sylvestre, un rendez-vous, mais pas plus, pas moins que les années précédentes'. 'Il fait beau, il y a beaucoup de jeunes désoeuvrés, mais c'est à peu près la même chose que l'année dernière', ajoute le préfet, M. Meddah. Mais la journaliste en mission a ses a priori.
  • Comme il le fait depuis quatre ans, le préfet de Seine-Saint-Denis a donc pris un arrêté pour interdire la vente de ces mortiers aux particuliers du 15 juin au 30 août. La décision couvre une période plus étendue qu'en 2008 et exclut toute vente aux mineurs, même munis d'une autorisation parentale. Les contrôles vont être renforcés chez les détaillants et les sept ou huit grossistes du département. Jeudi 2 juillet, une réunion devait avoir lieu à la préfecture de police de Paris avec les préfets franciliens pour s'assurer que, partout ailleurs, des mesures identiques ont été prises. Mais dans le cas de Tremblay, des stocks avaient déjà, semble-t-il, été constitués.

    Le Monde justifie la résistance citoyenne en opposition au pouvoir légal, mais ne la préconise pas à l’encontre de la violence urbaine. Il soutient la prévention et l’éducation dans les discours de ses candidats, mais se refuse, avec eux, à la promouvoir sur le terrain.

    Le quotidien, en effet, n’exprime aucun jugement commentaire éthique. La vente de mortiers aux particuliers lui paraît naturelle, mais qu’un arrêté soit pris pour l’interdire en haute saison, comme autrefois de simples pétards du 14 juillet, il est privatif de libertés.
    Son objectivité est troublante, lorsqu’il rapporte froidement que la vente de mortiers « exclut les mineurs, même munis d'une autorisation parentale ». Une atteinte aux libertés publiques ? Que des parents puissent autoriser leurs enfants mineurs ne suscite aucun jugement, puisque les utilisateurs de mortiers sont des lecteurs potentiels…

    L’auteure du papier du Monde n’était visiblement présente ni dans la voiture du préfet, ni dans aucun véhicule caillassé. Mais qu'importe: une journaliste du Monde, ça connaît sans doute la vie des banlieues défavorisées et sait par conséquent de quoi elle parle.

  • Le Monde prévient donc que la situation se tend aussi ailleurs.

    Lundi soir 29 juin n’était pas, selon elle, un jour ordinaire
    , car elle se saisit de cet exemple –parmi tant d’autres- pour signaler que, après avoir été la cible de jets de projectiles dans le quartier des Tarterêts à Corbeil-Essonnes (Essonne), des policiers ont « de nouveau » riposté -c’est pourtant elle qui le dit !- par des gaz lacrymogènes et des tirs de flash-ball. Deux hommes âgés de 21 et 24 ans ont été interpellés. Les coupables ont donc connus, penserez-vous !

    Or, les coupables ne sont pas ceux qu’on croit.

    Car ces faits se sont déroulés au lendemain d'une intervention controversée des policiers, lors d'un contrôle d'identité. Le Monde, qui considérait que la police ne faisait pas son devoir tant qu’elle n’était pas parvenue à arrêter les cambrioleurs du domicile de Désirdavenir Royal, estime cette fois que les forces de l'ordre ne prennent pas assez de gants. Encerclés par une cinquantaine de personnes, ce qui en soit est parfaitement naturel, pour se dégager, les fonctionnaires de police avaient fait usage de gaz lacrymogènes à proximité d'une kermesse où se trouvaient des familles. Mieux valait-il des matraques ? Mardi, vingt-cinq nouvelles plaintes –spontanées- ont été déposées par des militants habitants en colère. Il faut bien dire qu’en 2006-2007, la « colère saine » est devenue la marque du « débat participatif ».
    -> Dans ses efforts d’objectivité pour justifier les violences urbaines par la politique sociale du gouvernement (plutôt que par la crise internationale), la journaliste engagée omet tout naturellement de rappeler que la commune est aussi soumise à des luttes politiques pour la prise de la mairie qui pourraient être largement responsables du climat d’affrontement.

    Réunion de routine

    La journaliste s’imagine probablement, ou s’efforce d’accréditer l’idée, que les responsables de la sécurité ne se concertent pas régulièrement. Elle signale donc comme une conséquence extraordinaire et circonstancielle, qu’une réunion entre préfet de police, maire, procureur et recteur, s'est tenue mardi à Paris sur le plan d'action 2009-2012 contre les bandes.
    La préfecture a indiqué que "le déferrement systématique (des auteurs devant la justice) semble être le seul mode de gestion possible". "On va attaquer cette question arrondissement par arrondissement", a promis le préfet de police
    Michel Gaudin en recevant le matin même le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux. M. Gaudin a estimé à 27 le nombre de bandes "structurées" et à 51 celles qui le sont moins, agissant dans la capitale. Depuis le début de l'année, a-t-il précisé, 1 400 interpellations ont eu lieu dans ce cadre.

    Une journaliste : Isabelle Mandraud

    D’abord boursière de la Fondation Jean-Luc Lagardère en 1991, et après avoir travaillé au service économique pour le quotidien Libération, elle rejoignit le service France du Monde où elle suivit plus particulièrement l'activité du PS. Elle s’est ainsi attachée aux basques de Désirdavenir Royal pendant sa désastreuse campagne présidentielle 2007.

    Elle s’est recyclée dans les affaires de police, il y a deux ans seulement.
    => Avec Caroline Monnot, elle est l’auteur de « Les Neufs de Tarnac », un article qui a été bien accueilli sur le site de soutien aux Onze du 11 novembre, lequel est soutenu par Claude Guillon (1952, Communiste libertaire, tendance situationniste, connu pour un ouvrage prônant la solution du suicide), Edwy Plenel (Médiapart), Eric Hazan (1936, aux côtés du FLN durant la guerre d'Algérie et pro-palestinien), François Taillandier (Livres Hebdo), Gilles Clément (paysagiste qui a annulé tous ses contrats avec l'Etat français pour se consacrer à des « projets de résistance » à Nicolas Sarkozy, ou Article XI.

    => L’un d’entre eux, le philosophe italien Giorgio Agamben (1942), établit une ligne de continuité entre la conception de la politique des nazis et celle de l'occident contemporain.
    Dans le cas des Onze, il pratique la politique de la victimisation : selon lui, "on ne va pas les traiter comme les Brigades Rouges, ça n’a rien à voir ! On cherche le terrorisme et on finit par le construire, tout ça pour répandre la peur chez les jeunes gens".