POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est Groupe SOS. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Groupe SOS. Afficher tous les articles

vendredi 4 août 2017

Macron, un Strauss-Kahn, du genre neutre

La Macronie prend sa source auprès de Strauss-Kahn et Macron auprès de la vieille garde

Le banquier a reconstitué autour de lui une partie de l’entourage de Dominique Strauss-Kahn

Si Macron met les jeunes en avant, ce sont ses "grouillots": ses mentors sont hors d'âge. 

Henry Hermand dans son bureau parisien, le 23 février.
Ainsi, Henry Hermand, acteur de la deuxième gauche et mentor d’Emmanuel Macron, ce "jeune fils spirituel" qu’il espérait voir porter les espoirs de la social-démocratie, est mort en 2016, à 92 ans. L’homme d’affaires, qui avait fait fortune dans la grande distribution, était un généreux mécène de la gauche progressiste. Riche d’une fortune bâtie dans la grande distribution, il continuait à financer plusieurs think tanks de la gauche. 'La République des idées', présidée par Pierre Rosanvallon, puis 'Terra Nova', cette boîte à idées du Parti socialiste (PS), bénéficiaient de ses dons. Il était aussi l’actionnaire de référence du '1', hebdomadaire fondé par Eric Fottorino, un ancien directeur du Monde qui se veut libre et indépendant.

Ingénieur physicien au Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Henry Hermand rejoint les milieux intellectuels progressistes dès les années 1950 et intègre notamment la revue Esprit, où il rencontre le fondateur du journal Le Monde, Hubert Beuve-Méry, mais aussi Gilles Martinet, qui lancera bientôt France Observateur et Emmanuel d’Astier de La Vigerie, ancien résistant et gaulliste de gauche. Comme eux, il est anticolonialiste, humaniste et chrétien. Lors d’un voyage en Pologne, il a découvert la réalité des pays satellites de l’Union soviétique (URSS) et en est revenu farouchement anticommuniste. Son réformisme sera désormais celui de Pierre Mendès France.

Emmanuel Macron, p
eu expérimenté en politique mais homme de réseaux,
 puise au passage quelques éléments de la pensée sociale-libérale du ténor socialiste déchu, Dominique Strauss-Kahn.  

Avant de poser ses dossiers à l’Elysée ou à l’Assemblée nationale, avant même de monter à l’automne 2015 la petite équipe à l’origine d’En Marche!, sa bande de trentenaires ou jeunes quadras gravitait dans l’orbite de DSK, de 2002 jusqu’à la défaite lors de la primaire socialiste de 2006. Parmi eux: Benjamin Griveaux, désormais secrétaire d’Etat en charge de l’Industrie; Cédric O, ex-conseiller de Pierre Moscovici, Ismaël Emelien et Sibeth Ndiaye, conseillers du président de la République; Stanislas Guérini et Adrien Taquet, députés.

"L’histoire est extraordinairement romanesque"
, vue par un de leurs aînés, proche de DSK.
 

Principalement issus de Sciences-Po, où enseigna DSK, ou de HEC, ils font office de "petits grouillots", se souvient l’un d’eux. Etonnez-vous donc que Macron reproduise aujourd'hui ce schéma relationnel avec sa piétaille de l'Assemblée...

"On est venu me voir quand j’étais à Sciences Po pour me dire qu’il y avait besoin de petites mains pour DSK. Le but était de ne rien laisser échapper qui venait du terrain, par exemple répondre aux lettres", poursuit ce proche anonyme. 

Pour beaucoup, la porte d’entrée est un think tank mis sur pied en 2003 par DSK, avec Michel Rocard et Pierre Moscovici: "A gauche en Europe". 
"Un endroit de réflexions très libres, passionnant", se souvient l’ancien ministre socialiste de l’Intérieur  de HollandeMatthias Fekl, resté fidèle au PS et à Benoît Hamon. 
Résultat de recherche d'images pour "Jean Pisani-Ferry Macron"
On y retrouve notamment l’économiste Jean Pisani-Ferry, ci-contre à gauche, 66 ans, fils d'Edgar Pisani et l'un des principaux inspirateurs de la réforme du droit du travail promise par Emmanuel Macron lors de sa campagne, 
François Villeroy de Galhau en 2017.le gouverneur de la Banque de France, 58 ans, François Villeroy de Galhau, à droite, depuis septembre 2015, malgré un collectif de 150 économistes qui signala le risque de conflit d'intérêts que représentait cette nomination et qui demanda aux parlementaires de s'y opposer, et membre du conseil de surveillance de Bayard Presse, groupe propriétaire du quotidien La Croix,
Résultat de recherche d'images pour "philippe grangeon macron"ou encore, l’un des cinq administrateurs du mouvement En Marche!, Philippe Grangeon, ancien membre du cabinet de G. Strauss-Kahn, directeur de Capgemini, première entreprise de services du numérique de l’Hexagone, et que le journal communiste L'Humanité qualifie de "miroir du système Macron". 

Françoise Holder est le relais d'En Marche! auprès du monde des grandes entreprises. 
La co-fondatrice avec son mari Francis Holder des boulangeries Paul et propriétaire de Ladurée, s'est engagée très tôt à titre personnel au sein d'En Marche!. Dès juin 2016, alors qu'Emmanuel Macron n'était encore que ministre de l'Économie, Françoise Holder l'a rencontré à Bercy en tant que présidente de l'association Force Femme et du Conseil de simplification. "J'ai été immédiatement emballée, explique-t-elle. J'ai vu quelqu'un de jeune, de dynamique. Et puis surtout Emmanuel est un des seuls hommes politiques à avoir été salarié dans le privé. Il sait ce qu'est une entreprise, il sait qu'il faut faire des bénéfices pour après les redistribuer et investir".
Son rôle de déléguée nationale consiste surtout à organiser des manifestations et des rencontres avec des entrepreneurs.
 
Le PDG du groupe Capgemini, Paul Hermelin, est d’ailleurs un soutien de la première heure du nouveau président. Il était présent dès le premier meeting du candidat d’En marche !, mais il ne se tient pas au premier rang face aux media: il a 65 ans.
Plus proche encore, le directeur de la communication de Capgemini, Philippe Grangeon, est, lui, membre du conseil d’administration d’En marche. Il est, selon les statuts, l’un des cinq administrateurs du mouvement. À en croire des dizaines de mails publiés dans les 'Macron Leaks', même s’ils n’ont pas tous été authentifiés, Philippe Grangeon a beaucoup travaillé et relu les discours du candidat Macron, félicitant même 'le flow solide' du candidat.

Le nouveau président a encore promis d’augmenter et simplifier l’accès aux crédits d’impôt aux entreprises innovantes et du numériques. "Nous devons devenir dans les cinq années qui viennent la nation des start-up", déclarait Emmanuel Macron le 13 avril dernier au palais Brongniart, au cours du sommet qui leur était consacré, devant des dizaines d’entrepreneurs enthousiastes, "et créer des Google européens". Il veut " faire en sorte que quand vous créez une start-up en France, vous avez accès ainsi demain à 27 pays et non pas à vous battre avec 27 réglementations différentes". En mai dernier, le vote du passage de Capgemini en société de droit européen anticipait cette volonté politique.
A noter que, malgré les plus de 900 millions d’euros de bénéfices, Capgemini n’a pas payé 1 euro d’impôt sur les sociétés (IS) en France, en 2016, quand Macron était à Bercy.
Les start-uppers constituent le maillage de la société civile pour Macron 
Le candidat Emmanuel Macron avait le soutien de figures du monde des start-up comme Marc Simoncini (Meetic), Cédric Sire (le patron de Webedia, l'éditeur d'Allociné ou de Pure People) ou encore de Paul Hermelin (CapGemini), de Pierre Pringuet (Pernod-Ricard) et de Mourad Boudjellal (le créateur de l'éditeur de BD Soleil et actuel président du club de rugby de Toulon).


Axelle Tessandier est celle qui a l'oreille des start-uppers. Cette entrepreneuse du numérique de 36 ans qui a longtemps vécu entre Paris, Berlin et San Francisco a délaissé son entreprise de conseil en management du numérique, AXL Agency, pour se consacrer à la campagne de son mentor. Au sein d'En Marche!, si elle assure ne pas avoir de rôle thématique, elle a, outre le numérique, oeuvré pour construire la partie du programme sur l'égalité homme-femme.

Pour la fibre sociale, c'est vers Jean-Marc Borello que se tourne Emmanuel Macron. Surnommé le "Bill Gates du social" ce chef d'entreprise de 59 ans a connu le candidat du temps où ce dernier était étudiant à Sciences Po. Borello qui y enseignait l'a alors pris sous son aile et l'a aidé à préparer le concours d'entrée de l'ENA. C'est lui qu'Emmanuel Macron est allé chercher en octobre dernier lorsqu'il préparait son futur programme présidentiel. Jean-Marc Borello est un peu la caution de gauche du candidat d'En Marche!. Ce self-made man qui n'a que le bac en poche dirige en effet le groupe SOS, un géant de l'économie sociale et solidaire qui compte 15.000 salariés et a recruté dans son groupe des candidats à la députation. Son groupe qui comprend aussi bien des centres d’hébergement pour toxicomanes et SDF, que des crèches ou des entreprises commerciales de location de voitures hybrides ou de distribution de produits équitables a réalisé près de 900 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2016.

Co-fondé par Rocard et DSK, ce club de réflexion, "A gauche en Europe",  alimenta en hommes et en idées la campagne pour la primaire socialiste de 2006.  
Résultat de recherche d'images pour "ismaël emelien maduro"Image associéeIsmaël Emelien, le benjamin de la bande, qui est allé se former dans l'équipe de Havas chargée de la communication de Nicolás Maduro, président du Venezuela par intérim après le décès d'Hugo Chávez, aujourd'hui dictateur qui met son pays à feu et à sang, et qui a mis entre parenthèses sa 3e année à Sciences-Po pour la campagne, s’occupe de la communication sur internet. 
Les amitiés se nouent dans la "soute" de la campagne, mais n’empêchent pas la déroute face à Ségolène Royal, puis face à Nicolas Sarkozy. "On s’était fait ratiboiser, mais c’était très instructif", raconte un des 'jeunes' de la campagne. 
"On formait un petit groupe qui se retrouvait dans un appartement rue de la Planche" (VIIe arrondissement), se souvient Stanislas Guérini. Sibeth Ndiaye, devenue conseillère presse à l’Elysée, y joue les petites mains. 
"On se disait qu’il fallait élargir notre base. En face, Ségolène faisait 'Désir d’avenir', elle avait tout compris", mais surtout Maître Mignard, ajoute-t-il en glissant que, neuf ans plus tard, l’expérience inspirera en partie la “grande marche" de Macron. 

Les idées de DSK ont imprégné la troupe


Sans surprise, certaines resurgiront avant la présidentielle 2017. 
Une note de Dominique Strauss-Kahn de 2004, intitulée "Pour l’égalité réelle", résonne savoureusement: il y préconise par exemple "la suppression de la taxe d’habitation", un "impôt injuste" qui "rend pauvres les communes dont les habitants sont pauvres". 

En matière d’éducation, il appelle aussi à rompre avec "cette égalité formelle et concentrer les moyens sur les élèves qui en ont besoin".
"La vraie égalité consiste à faire plus pour ceux qui ont moins", abonde en écho E. Macron, 13 ans plus tard, dans son programme. 

"A l’évidence, il y a des éléments de filiation entre DSK et Macron"
, confirme un Strauss-kahnien historique, encore au PS aujourd’hui. Et de citer "la recherche d’un chemin progressiste dans la mondialisation, le choix du risque plutôt que de la rente, et tout le débat sur la lutte contre les inégalités en amont plutôt que par un seul système de protections". "DSK disait qu’il fallait s’attaquer aux inégalités à la source, mais cela passait beaucoup par des politiques publiques. M. Macron, lui, semble croire que les mécanismes du marché vont réguler cela d’eux-mêmes", nuance Matthias Fekl. "Il y a des parallèles importants", insiste un autre proche de DSK. "Mais Macron est allé plus loin dans la transgression et dans l’engagement", estime-t-il.

VOIR et ENTENDRE
l'image que Besancenot renvoie de Macron:

vendredi 28 juillet 2017

A l'Assemblée, la majorité présidentielle formatée agace

Richard  Ferrand a produit des clones en série 

L'opposition critique les conditions du débat à l'Assemblée nationale 

Les jeunes novices, fringants et vaniteux, de la majorité présidentielle ont perdu de leur superbe. On allait voir ce qu'on allait voir sur les promesses de mobilisation des députés, mais quand, le lundi 10 juillet après-midi, ils sont apparus dans l'hémicycle, rares et amorphes, la crête pendante, ils étaient clairement ébranlés par les méthodes imposées par le parti LREM, la semaine précédente à la commission des Affaires sociales, pour faire passer ce projet phare du gouvernement aux forceps et au plus vite. L'abattement des gallinacés de Macron en disait long sur leur désillusions, corroborées par les airs renfrognés de l'opposition.

Les républicains de l'Assemblée ont jugé les méthodes LREM 'expéditives'. 
Pendant dix heures d'examen et durant le passage en revue de plus de 160 amendements au texte, les représentants de la République en marche ont en effet affiché un comportement de "soviet suprême", silencieux, robotisé. Et, parce que celui-ci est la seule chambre pouvant au final promulguer des amendements, ses membres les ont presque tous refusés à l'opposition. A peine quatre amendements ont été validés par cette chambre d’enregistrement du Politburo élyséen. Ce qui a agacé les démocrates...

L'hémicycle était à moitié vide, lorsque le projet de loi d'habilitation à prendre par ordonnance "des mesures de renforcement du dialogue social" commença l'examen en séance publique, sous le regard attentif de la ministre Muriel Pénicaud. 
"En étant élue députée, je pensais que j'allais convaincre les gens", déchante Caroline Fiat, aide soignante de Meurthe-et-Moselle et députéeLREM</ La France insoumise, qui pourrait pourtant être rompue aux méthodes soviétique en tant que membre d' "Ensemble!", mouvement pour une alternative de gauche, écologiste et solidaire, un parti politique français du Front de gauche, à l'extrême gauche. "Je sais que je suis novice et que j'ai fait moins d'études que les députés issus de la société civile de LREM, mais je suis sincèrement choquée par leur attitude", déplore cette partisane de la lutte des classes. "J'espère qu'ils vont se mettre à penser par eux-mêmes", confie-t-elle, sans complexe et ignorante, ,en effet des antécédents du PCF. 

Dans la semaine, les élus auront examiné 331 propositions d'amélioration du projet gouvernemental, l'opposition ayant porté à nouveau tous ses amendements, plus d'autres, à l'examen par le Parlement.

A. Taché (LREM), A. Quatennens (LFI) et B. Vallaud (PS)
Dans l'hémicycle, le jeune député de la France insoumise repérable à sa chevelure rousse, Adrien Quatennens défend une motion de rejet déposée par son groupe. Il harangue ses "chers collègues de LREM" : "Ne vous laissez pas griser par la vague Macron, leur dit-il. N'hésitez pas à vous insoumettre !" Peine perdue.

"Vous avez pu déposer des amendements. Je ne vois pas où est le problème", lui rétorque  Aurélien Tachécoquelet niortais de 33 ans, petit-fils de résistant communiste et fils de fonctionnaires, sans expérience professionnelle connue, engagé dans le syndicalisme étudiant (parvenu président de l’UNEF Limoges), mais représentant du parti d'Emmanuel Macron dans le Val d'Oise, accusant la France insoumise de défendre "avant tout l'immobilisme".
Résultat de recherche d'images pour "aurelien Taché"Démocrate et internationaliste convaincu, son engagement pour la liberté et les droits humains ne s’arrête pas à la France. Aurélien Taché se rend à de nombreuses reprises à Tunis après la révolution de 2011, "intifada de Sidi Bouzid" ou "révolution de jasmin", où il conduit une délégation de jeunes progressistes. Il a depuis gardé des contacts étroits avec les forces 'démocratiques' tunisiennes (alliées à Ennahdhaet a conseillé Emmanuel Macron lors de son déplacement à Tunis au cours de la campagne présidentielle.
En 2014, il devient conseiller auprès de la Ministre du Logement Sylvia Pinel, fonctions qu’il continuera d’occuper auprès d’Emmanuelle Cosse. Pendant deux ans, il est en charge des dossiers relatifs à l’hébergement des sans-abris, du logement des personnes défavorisées, de l’habitat des gens du voyage, et de l’accueil des clandestins.
Engagé dans le secteur de l’économie sociale et solidaire, il travaille au Groupe SOS, première entreprise sociale d’Europe (essentiellement financée par le public : agences régionales de santé, DDASS, CPAM, conseil généraux, municipalités), où il occupe le poste de délégué régional pour l’Ile-de-France.
Militant pendant plusieurs années au Parti Socialiste, il en démissionne en 2016 pour prendre le train du mouvement En Marche ! où
l'arriviste a contribué à l’élaboration du programme d’Emmanuel Macron sur les volets logement et lutte contre la pauvreté.
Les élus se réservent-ils pour la rentrée ?
En effet, l'hémicycle ne réagit pas à cette agression verbale. Résignés à une contestation molle, les élus de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon ou Alexis Corbière, et les députés de l'extrême droite, Marine Le Pen et Gilbert Collard, semblent plongés dans une léthargie dommageable à la loi.

Dans la salle des Quatre Colonnes, Guillaume Larrivé (LR) dénonce le "comportement de clone" des députés LREM qui "marchent au pas". 

En revanche, un ingénieur qui entame son troisième mandat avec Les Constructifs, Francis Vercamer, ancien UDI, puis LR et actuellement Juppéiste LC, n'a guère le souci de l'intérêt général et se montre gravement indulgent : "Chaque fois qu'on a à l'Assemblée une majorité pléthorique, c'est comme ça. L'opposition n'a plus son mot à dire. Là, on va juste plus vite mais à la rentrée, il y aura, comme chaque fois, les Français dans la rue."
Début 2017, la fille Valentine de ce député du Nord , employée de son papa et signalée dans sa déclaration d'intérêt comme collaboratrice parlementaire, a dû se justifier d'un travail effectif. Signés avec sa femme par ce législateur de la moralisation, des CDD  non signalés dans sa déclaration d'intérêt sont également cités.