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dimanche 31 mars 2019

Algérie : et voilà les islamistes qui ressortent du bled

Les islamistes manifestent au grand jour pour l’application de la charia en Algérie

Jusqu'ici très patients et discrets au début de la révolte populaire, ils sont désormais de plus en plus visibles

Des islamistes manifestent à découvert en Algérie

Le 29 mars, un groupe d’islamistes radicaux a en effet, organisé une première marche à Bourouba dans la périphérie d’Alger. Hostiles à la démocratie, ils ont scandé des slogans favorables à l’instauration d’un Etat islamiqueIls étaient des dizaines à rappeler la période où le Front islamique du salut (FIS) régnait en maître absolu de la vie algéroise. Actuellement, la Constitution algérienne définit "l'islam, l’arabité et l’amazighité" (berbère) comme "composantes fondamentales" de l'identité du peuple algérien et le pays comme "terre d’Islam, partie intégrante du Maghreb, pays arabe, méditerranéen et africain". L'islam est la religion de 98 à 99 % des Algériens.
Le Front islamique du salut (FIS) est en revanche une formation politique algérienne militant pour la création d'un Etat islamique. Fondé en février 1989, il fut dissout en mars 1992 par le tribunal administratif d'Alger. Il conduit une stratégie de conquête du pouvoir pour l'instauration d'un Etat théocratique et totalitaire semblable à celui des mollahs en Iran ou des talibans en Afghanistan. Pour parvenir à ses fins, il a partout recours à des actions populistes de bienfaisance et de lutte contre la pauvreté pour gagner la sympathie et la confiance des masses populaires.Une premier coup de semonce date de décembre 1991 quand, au premier tour des élections législatives, le FIS obtint 188 sièges sur 231, soit près de 82 %. Différentes tendances s'opposent dans ce regroupement de courants islamistes, mais les salafistes, regroupés autour d'Ali Belhadj, forment le courant le plus important du parti.Ali Belhadj, 63 ans, est le cofondateur, avec Abbassi Madani, du Front islamique du salut. est considéré comme l'un des "prêcheurs de mort" qui ont fait glisser le pays dans une décennie d'hécatombes, lors de la guerre civile algérienne (décennie noiredécennie du terrorismeannées de plombannées de braise, du conflit opposant le gouvernement algérien, disposant de l’Armée nationale populaire (ANP), aux divers groupes islamistes à partir de 1991Durant les révolutions du Printemps arabe, Ali Belhadj fut arrêté, puis inculpé d'"atteinte à la sécurité de l'Etat" et d'"incitation à la rébellion armée," le 19 janvier 2011.La participation de Belhadj à la propagande d'enrôlement de la population dans des mouvances armées reste active dans les GIA (organisation terroriste islamiste d'idéologie salafiste djihadiste créé lors de la guerre civile algérienne) et dans l'AIS (Armée islamique du salut, branche armée du FIS opposée au gouvernement de 1993 à 2000).
Les islamistes refusent les lois de la République : "ni charte ni constitution, il n’y a que le coran et la sounna (règles de Dieu)"

Ils crient haut et fort qu’ils vont "se battre jusqu’à la mort pour l’instauration d’un Etat islamique qui ne reconnaît pas la volonté populaire, et où seule la volonté de dieu va gouverner".

Pour l’instant, les actions de ces islamistes se limitent à la périphérie d’Alger, Kouba, El Harrach et Bourouba, ne s’aventurant pas dans les grandes places d’où ils sont  rejetés.
Ces anti-démocrates, qui ont toujours tenté de détourner les révolutions populaires pour confisquer le pouvoir au peuple et le remettre aux fanatiques religieux, travaillent dans l'ombre à leur main-mise sur la république, avec des stratégies différentes, tout en restant unis sur leur objectif commun. 

Leurs incursions sporadiques dans la révolte actuelle révèlent leur volonté de récupérer le terrain perdu, ainsi que leur positionnement pour les échéances à venir.
Bien que le gouvernement algérien au pouvoir soit généralement connu pour sa politique de lutte déterminée contre le terrorisme islamiste, le journal Le Monde souligne que "les représentants des courants islamistes les plus radicaux ne manquent pas de tribunes médiatiques" et rapporte qu'un islamiste, Abdelfatah Hamadache, chef du 'Front de la Sahwa [renaissance: c'est aussi l'appellation de la liste de Macron aux Européennes...] islamique salafiste', un parti non agréé, ancien militant du Front islamique du salut, et qui souhaite imposer la charia en Algérie, a pu appeler publiquement au meurtre d'un intellectuel (l’auteur Kamel Daoud, dont le roman « Meursault, contre-enquête » a été finaliste du Prix Goncourt) sans avoir été inquiété par la justice.
En 2015 déjà, "ce journal satanique français" (
selon Abdelfatah Hamadache) mettait en garde : "les autorités algériennes se montrent de plus en plus permissives à l’égard des islamistes". Sont en cause, d’abord les réseaux sociaux, mais aussi, dans un contexte d’ouverture de l’audiovisuel, des chaînes de télévision privées tolérées, sans êtres agréées, et qui émettent depuis l’étranger. C’est notamment le cas des extensions TV des quotidiens arabophones réputés populistes Ennahar et Echourouk (deux organes de presse privés algériens, avec chaînes de télévision d'information nationale en continu). Ainsi, après son appel au meurtre, Hamadache a pu confirmer ses propos sur Ennahar TV, avant d’y débattre sur le caractère "pêché" de la bûche de Noël et de la célébration du Nouvel an. Il avait déjà exposé son projet d’Etat islamique en octobre sur Echourouk TV.

lundi 11 mars 2019

Algérie : Abdelaziz Bouteflika renonce à briguer un 5e mandat

Démission du premier ministre et report sine die (non pas annulation) des élections

Après 20 années au pouvoir, le président algérien, 82 ans et extrêmement affaibli par un AVC, a déclaré qu'il renonce à briguer un cinquième mandat.

Le sixième président de l'Algérie indépendante depuis 1962 prend sa retraite. Atteint depuis 2005 d'un cancer de l'estomac, Abdelaziz Bouteflika, extrêmement affaibli par un AVC qui le cloue dans un fauteur roulant depuis 2013, a annoncé qu'il ne briguera pas un cinquième mandat consécutif. S'il a profondément marqué l'histoire de l'Algérie, son bilan n'en reste pas moins contrasté.

Le président de la réconciliation

C'est un pays éprouvé par dix années de guerre civile, qui a fait quelque 200.000 morts, que récupère Abdelaziz  lorsqu'il accède à la présidence algérienne, il y a trente ans, en 1999.  La mission du nouveau président aura été de réconcilier la nation avec elle-même. Si la pacification du pays est à mettre à l'actif de son prédécesseur Liamine Zeroual,  va prendre deux mesures fortes pour tourner définitivement la page de ce qu'on a appelé la "décennie noire". En septembre 1999, il soumet par référendum un projet de loi dite de "concorde civile" qui prévoit une amnistie partielle des militants islamistes n'ayant pas de sang sur les mains, à condition qu'ils renoncent à la lutte armée.
Avec 90 % de suffrages positifs, le vote populaire est un véritable plébiscite. Peu à peu, les maquis se vident et plus 6.000 hommes déposent les armes. La loi d'amnistie sera finalisée en septembre 2005 avec l'adoption d'un second texte, la "charte pour la paix et la réconciliation nationale" prévoyant des indemnisations pour les familles de disparus, ainsi que des aides à celles des terroristes
Dès l'année suivante, près de 1.500 islamistes condamnés pour terrorisme sont libérés de prison. Massivement approuvée par référendum (97 % de votes favorables), la charte garantit l'acquittement de toutes les forces de sécurité algériennes, sans considération de la gravité des exactions commises. Si ces mesures assoient la popularité du président algérien, elles ne permettent pas de déterminer les responsabilités des nombreux massacres, en l'absence d'enquête. Au contraire, elles laissent posée la question des dizaines de milliers de disparus, qui pèse toujours sur la conscience des Algériens.

L'armée écartée

Fort de cet indéniable succès politique, Abdelaziz Bouteflika, réélu triomphalement en 2004, entreprend sa deuxième réforme de poids. Il n'hésite pas à écarter du pouvoir les principaux généraux militaires, ceux-là mêmes qui l'avaient pourtant porté à la présidence en 1999, mais qui avaient le tort désormais de faire obstacle à son pouvoir absolu. Le président reproduira le même scénario quelques mois avant la présidentielle de 2014, en remaniant les puissants services de renseignement du département du Renseignement et de la Sécurité (DRS), qui avaient pourtant profité de la lutte contre le terrorisme pour s'infiltrer au cœur des institutions du pays.

Un acteur régional incontournable

Victoire militaire sur les islamistes algériens, soutien armé au Front Polisario, dans le Sahara occidental, face au rival marocain, coopération avec l'Occident en matière de lutte antiterroriste, ou encore gestion autonome [malgré un bilan de 66 morts] de la prise d'otages du site gazier d'In Amenas, l'Algérie de Bouteflika s'est affirmée au cours de la dernière décennie comme une puissance régionale incontournable, marquant notamment son refus de toute ingérence étrangère sur son sol.

D'après le rapport 2018 de l'Institut international de recherche sur la paix (Sipri), l'Algérie occupe le 7e rang des plus grands importateurs d'armes conventionnelles dans le monde (3,7 % des exportations mondiales), notamment en raison de la course à l'armement que se livrent Alger et Rabat.
Des armes qui servent parfois à la répression interne. 
Entre avril 2001 et 2002, en pleine période de "réconciliation nationale", l'armée algérienne réprime dans le sang les émeutes identitaires qui éclatent en Kabylie, connues sous le nom de "Printemps noir" : plus de 120 manifestants kabyles sont abattus, 5.000 sont blessés.

L'état d'urgence

Adoptée en 1992, cette mesure interdisait à l'origine tout rassemblement et autorisait les arrestations arbitraires, au nom de la lutte contre l'islamisme. Officiellement levé en février 2011, l'état d'urgence serait en réalité toujours en vigueur dans le pays, obstruant considérablement la liberté de manifester, ainsi que le droit de grève. 
En matière de liberté de la presse, Abdelaziz Bouteflika a, dès sa première élection, fait part de sa détermination au respect de la liberté d'expressionOr, selon Reporters sans frontières, qui place l'Algérie au 136e rang sur 180 de son classement mondial de la liberté de la presse 2018, la liberté de l'information en Algérie demeure fortement sous contrôle depuis la dernière présidentielle de 2014. "Les autorités continuent à verrouiller le paysage médiatique à travers l'étranglement financier des médias", poursuit l'ONG. "Sous pressions économique et judiciaire, journalistes et médias peinent à remplir leur mission."

Sur le plan politique, le président Bouteflika reprend en main en 2005 le parti historique du Front national de la libération (FLN, ancien parti unique), dont il est nommé président. Le FLN, dont la branche armée, l'Armée de libération nationale (ALN) combattit la France, s'allie alors au Rassemblement national démocratique (RND) et aux islamistes du Mouvement de la société pour la paix (MSP) pour créer l' "Alliance présidentielle", une coalition pro-Bouteflika qui remporte les législatives de 2007 et de 2012. Or, ces scrutins sont marqués par des soupçons de fraude, ainsi qu'une participation très basse. En outre, il n'existe pas de véritable pluralisme, tous les partis étant accusés d'être cooptés par le pouvoir.

Dans l'impossibilité de briguer un troisième mandat, Abdelaziz Bouteflika modifie la Constitution en 2008 pour pouvoir se présenter aux élections d'avril 2009. Il les remporte avec un nouveau score "sans appel" : 90,24 % des voix. En 2014, le président, déjà affaibli par son AVC, ne fait pas campagne. Ce rôle échoit à son Premier ministre Abdelmalek Sellal. 

Economie : pétrole et corruption

L'Algérie est le 3e producteur de brut d'Afrique et le 9e producteur de gaz au monde : c'est donc un pays riche. Les hydrocarbures représentent plus de 95 % des recettes extérieures du pays et contribuent à 60 % du budget de l'Etat. Ainsi, la rente pétrolière subventionne aussi bien le carburant, l'eau et les produits de première nécessité, que les secteurs de la santé et des logements.
 
Fort des prix élevés du baril de brut durant la décennie 2004-2014, Abdelaziz Bouteflika s'est lancé dans de vastes chantiers publics (métro d'Alger, autoroute est-ouest ou barrage de Beni-Haroun) et a réussi à désendetter le pays [la dette extérieure est inférieure à 2 % du PIB]. Le président algérien a également fait le pari de l'ouverture du pays aux entreprises étrangères.

Mais l'Etat algérien s'est octroyé la plupart des grands contrats. Ainsi, le bilan présidentiel va être terni par plusieurs scandales de corruption à grande échelle. Dissimulation des malversations de la Banque privée Khalifa, révélation du versement de milliards de dollars de pots de vin dans le cadre de contrats avec la société nationale des hydrocarbures Sonatrach, la multiplication d'affaires dans ces secteurs clés, impliquant l'entourage du président, va illustrer sa mainmise sur les affaires stratégiques du pays, ainsi que la corruption généralisée au sommet de l'Etat. En 2018, l'ONG Transparency International classait l'Algérie à la 105e place sur 180 pays en matière de corruption.
Or, l'économie du pays, qui reste marquée par une forte intervention étatique, a été frappée de plein fouet depuis 2014 par la chute des cours du baril de pétrole. Fin 2018, l'International Crisis Group tirait la sonnette d'alarme, estimant que des réformes étaient urgentes pour diversifier l'économie et avertissant qu'en dépit du "rétablissement du cours du pétrole, la crise économique pourrait frapper le pays dès 2019". 
L'Algérie a beau être un des pays les plus riches d'Afrique, sa population est en constante paupérisation depuis un quart de siècle. 30 % des Algériens de moins de 25 ans sont aujourd'hui au chômage, y compris les hauts diplômés : une potentielle "bombe sociale".

Le Printemps avorté

L'Algérie n'a pas été épargnée par le Printemps arabe. Début 2011, à l'image de leurs voisins tunisiens, les Algériens descendent eux aussi dans la rue pour réclamer avantage de justice sociale. En réponse, le président Bouteflika injecte quelque 24 milliards de dollars pour mieux indemniser les fonctionnaires et aider la jeunesse. S'il réussit à acheter la paix sociale, le président algérien bénéficie aussi du traumatisme toujours vif au sein de la population de la "décennie noire" du terrorisme, conflit qui opposa le gouvernement algérien, disposant de l’Armée nationale populaire (ANP), et divers groupes islamistes, à partir de 1991. Le terrorisme islamiste se termine par la victoire du gouvernement, suivi de la reddition de l'armée islamique du salut (AIS) et la défaite du Groupe islamique armé (GIA), en 2002.

Pas de changement

La retraite d'Abdelaziz Bouteflika pourrait-elle ouvrir une nouvelle ère politique en Algérie ? Loin de là, en raison de l'absence d'alternative réelle en dehors du système. Cela fait en effet vingt ans que les partis politiques et autres groupes religieux indépendants s'avèrent totalement marginalisés en Algérie, au profit du clan Bouteflika. 
Autre écueil, la mainmise de la "génération coloniale" et ses "querelles de chapelles" sur la scène politique, au détriment des jeunes, qui forment 70 % de la population du pays et n'ont pas connu la guerre d'indépendance. 

Ainsi, avant l'annonce de sa retraite, le principal adversaire d'Abdelaziz Bouteflika n'était autre qu'Ali Benflis, son ancien Premier ministre… 

lundi 16 juillet 2018

Le terroriste islamiste Djamel Beghal expulsé de France en l'Algérie

Bientôt en France, via l'Algérie ?

L'un des plus anciens et dangereux prisonniers islamistes de France vient d'être expulsé hors de France

Considéré comme le mentor de Chérif Kouachi et d'Amédy Coulibaly, deux des auteurs des attentats de janvier 2015 à Paris, le terroriste islamiste Djamel Beghal, expert en explosifs formé par Daech, a été expulsé vers l'Algérie après sa sortie d'une prison française lundi matin, a-t-on appris de sources concordantes.

Cet Algérien de 52 ans, déchu de la nationalité française, a quitté la prison de Vezin-le-Coquet, près de Rennes "vers 05h30 en vue de sa reconduite à la frontière", précise une source syndicale. 
Il a décollé peu après 10h30 de l'aéroport de Roissy en direction d'Alger, ont indiqué des sources proches du dossier.

"Il a été libéré ce matin à 5h20, pris en charge par la (police aux frontières). Il a adopté un comportement calme et n'a pas été surpris de l'heure de son départ", a indiqué l'administration pénitentiaire.

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Dans le viseur des autorités françaises depuis le milieu des années 1990, Djamel Beghal a été déclaré expulsable en 2007, deux ans après avoir été condamné à 10 ans de prison pour association de malfaiteurs terroriste.

A Vezin-le-Coquet, en Bretagne, il terminait de purger sa seconde peine de dix ans de prison pour un projet d'évasion en 2010 de Smaïn Aït Ali Belkacem, ancien du Groupe islamique armé algérien (GIA) condamné à perpétuité pour l'attentat à la station RER Musée d'Orsay en 1995 à Paris.

Les autorités françaises, qui souhaitaient s'en débarrasser vers son pays d'Algérie, ont dû négocier pendant plusieurs semaines sa prise en charge par Alger. 

Il retourne dans son pays natal des conditions de son retour dans le pays natal qu'il avait quitté à l'âge de 21 ans pour venir en France au titre d'étudiant étranger en informatique.


La passif terroriste de l'islamiste

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Etabli à Corbeil-Essonnes, commune communiste jusqu'en 1995, Djamel Beghal, étudiant de 29 ans, est interpellé pour la première fois en 1994 lors d'une vague d'arrestations dans la mouvance du GIA, organisation armée, dont le but est de renverser le gouvernement algérien, pour le remplacer par un État islamique.
Cette année-là, en mai 1994, deux religieux français sont assassinés par deux hommes armés de revolvers dans le quartier de la Casbah, à Alger. En août, trois gendarmes français et de deux agents de l’ambassade de France sont également assassinés. La veille de Noël, un commando du GIA détourne le vol AF 8969 parti d'Alger, avec pour but de le faire s'écraser sur Paris, si les autorités algériennes ne libéraient pas deux des responsables du FIS : Abbassi Madani et Ali Belhadj. Le GIGN réussit à reprendre le contrôle de l'avion, à l'aéroport de Marseille-Marignane, en tuant les quatre preneurs d'otages.Trois jours plus tard, quatre Pères blancs, dont trois Français sont assassinés à Tizi Ouzou, en Kabylie.

Longtemps après les événements d'Algérie, les terroristes attaquent sur le sol français.
Entre juillet 1995 et octobre 1995, le GIA organise une série d’attentats en France.
L'attentat du RER à la station Saint-Michel, le 25 juillet 1995, sera le plus criminel, faisant huit morts et environ 150 blessés.
Le 11 juin 1999, dans une lettre de menaces adressée à la presse, le GIA annonce un djihad sur le territoire français.

Le 17 août 1995, une bombe du type de celle du RER Saint-Michel  placée dans une poubelle parisienne à la hauteur du 44 avenue Friedland, explose et blesse 17 personnes. Le 19 août, une lettre signée d'Abu Abderahmane Amine, alias Djamel Zitouni, l'émir du GIA, est transmis par l'ambassadeur de France à Alger à Jacques Chirac. Elle demande au président de la République  de "se convertir à l'Islam et de reconsidérer ses positions sur le dossier algérien". 

Les islamistes du GIA sont déjà implantés en France, en Belgique, en Grande-Bretagne, en Italie, aux États-Unis, en Suède, au Maroc, ainsi que dans de nombreux pays d'Afrique du Nord et subsaharienne.

Djamel Begal avait demandé  et obtenu la nationalité française
Beghal, mentor islamiste
du terroriste Amédy Coulibaly
Suite à son interpellation de 1994, sur des soupçons d'appartenance à la mouvance du GIA, Beghal est incarcéré trois mois, puis relâché sans avoir été condamné. Il voyage alors en Europe, dont l'Angleterre et la Belgique, et prend des contacts. En novembre 2000, il part ensuite pour un camp en Afghanistan avec sa femme. Il est interpellé le 28 juillet 2001 à Abou Dhabi, en provenance d'Islamabad, au terme d’un séjour dans les camps afghans, où il a notamment appris à confectionner des engins explosifs.


Il se vante alors de son appartenance au réseau Ben Laden, qui l'aurait mandaté pour constituer une cellule sur le territoire français

Le 20 septembre 2001, sept membres de son réseau sont arrêtés par la DST, alors qu’ils allaient s’en prendre à des intérêts américains en France, probablement l’ambassade des Etats-Unis. Le chef présumé de ce groupe terroriste en France, Kamel Daoudi, est interpellé à Londres le 25 septembre, puis neuf autres personnes en Espagne. Quant à Beghal, il est expulsé cinq jours plus tard vers la France, son épouse, française, ayant été interpellée à la frontière entre l'Afghanistan et l'Iran.
Résultat de recherche d'images pour "djamel beghal afghanistan"Extradé en France le 30 septembre 2001, il y est interrogé par le juge Jean-Louis Bruguière devant lequel il se rétracte. Il assure que ses aveux ont été obtenus sous la torture aux Émirats arabes unis. Ses dires sont confirmés par l'examen médical réalisé après son extradition. Il rappelle les conditions qui l'ont conduit à reconnaître les faits qui lui sont reprochés et évoque également des pressions de la part du juge Bruguière. Il est toutefois condamné le 15 mars 2005 par le tribunal correctionnel de Paris à dix ans d'emprisonnement avec cinq co-prévenus, reconnu coupable d'avoir créé une association de malfaiteurs terroristes.






















France Inter dresse de Beghal un portrait flatteur de ..."superstar"

"Ceux qui l’ont côtoyé en prison disent tous la même chose, selon cette radio de service public, le 5 décembre 2015 : Djamel Beghal est une superstar des geôles françaises. Condamné à plusieurs reprises pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme, l’ancien membre du GIA fait toujours parler de lui.

Du bon père de famille au prédicateur
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Djamel Beghal c’est tout d’abord un bel homme (pour la journaliste Charlotte Piret). Regard clair, nez droit, lèvres charnues. Et lorsqu’il s’exprime, Djamel Beghal a, de plus, une capacité à envoûter son public. Né le 2 décembre 1965 à Bordj Bou Arreridj, en Algérie, il est le neuvième d’une fratrie de dix enfants. En 1986, alors qu’il vient d’obtenir son baccalauréat, il décide de s’installer en France pour poursuivre des études d’informatique et de gestion. Trois ans plus tard, il épouse Sylvie Guégen, un mariage qui lui permettra d’acquérir la nationalité française. Ensemble, ils ont quatre enfants. Les deux derniers naissent à Leicester, en Angleterre où la famille a décidé de s’installer en 1998.

Car, entre temps, en 1994, Djamel Beghal est incarcéré en France pour appartenance au Groupe Islamique Armé (GIA). Il est finalement relâché sans avoir été condamné. Mais la radicalisation de Djamel Beghal, qui se fait désormais appeler Abou Hamza ne s’arrête pas là. Lui qui a grandit [orthographe de journaliste] dans l’influence d’un oncle qui l’a dirigé vers l’Islam pour calmer son caractère anxieux, part s’entraîner en Afghanistan. Il apprend le maniement des armes, se forme aux explosifs, côtoie l’entourage direct d’Oussama Ben Laden.

Soupçons et torture
Le 28 juillet 2001, alors qu’il en revient, Djamel Beghal est arrêté à Dubaï. Il est alors présenté comme [sic] le chef d’un réseau islamiste en Europe qui préparait un attentat contre l’ambassade des Etats-Unis à Paris. Lui s’en défend. Dans un long portrait qui lui est consacré par le Harper’s Magazine de janvier 2016, il il [ça fait 2] explique avoir été torturé en détention : ongles des pieds arrachés, doigts retournés, dent de sagesse arrachée sans anesthésie… Après des semaines de traitements de la sorte, poursuit Beghal, il finit par avouer. 
Une fois revenu en France, Djamel Beghal revient sur ces "aveux". Il est cependant mis en examen en septembre 2001, quelques jours après les attentats contre le World Trade Center. En mars 2005, il est reconnu coupable d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et condamné à dix ans d’emprisonnement. Incarcéré à Fleury-Merogis, il côtoie Cherif Kouachi, Amedy Coulibaly, dont la cellule est située juste en dessous de la sienne. Alors bien qu’à l’isolement, Djamel Beghal communique et devient une référence pour ces jeunes détenus.

Rencontres en prison
Djamel Beghal est libéré le 30 mai 2009 et placé en résidence surveillée. Sa nouvelle adresse : l’hôtel Les Messageries, à Murat, une petite ville nichée dans les collines du Cantal. Djamel Beghal y reçoit de la visite : sa famille, restée vivre en Angleterre, mais qui le vient [sic] le voir régulièrement, mais aussi ses anciens compagnons de détention. Amedy Coulibaly, puis Cherif Kouachi prennent à plusieurs reprises, parfois avec leurs compagnes, la route depuis Paris pour passer quelques jours en sa compagnie. Djamel Beghal, Amedy Coulibaly, Cherif Kouachi et cinq autres sont interpellé le 18 mai 2010 : ils sont soupçonnés de préparer l’évasion d’un détenu de la prison de Clairvaux dans l’Aube. Le détenu en question ? Smaïn Aït Ali Belkacem, condamné pour avoir fabriqué et déposé une bombe dans le RER C en octobre 1995 et que Djamel Beghal a rencontré à la prison de Saint-Maur.
Djamel Beghal est à nouveau incarcéré. Le 20 décembre 2013, il est condamné à dix ans de prison. Dans sa cellule du centre pénitentiaire de Rennes-Vezin : des livres et des CD religieux. C’est tout." Selon Charlotte Piret.


Les enfants de Djamel Beghal sont-ils du voyage vers Alger ? 
"Nous travaillons avec les Algériens pour qu'ils accueillent Beghal, qui n'a plus la nationalité française", mais "si l'Algérie n'en veut pas, il sera assigné à résidence", a indiqué, il y a quelques semaines, la garde des Sceaux, Nicole Belloubet.
En 1989, Beghal épousa une Française, Sylvie Guéguen, une convertie à l'islam qui lui a donné quatre enfants. La mère et les enfants sont-ils dans l'avion d'Alger ?


mardi 22 décembre 2015

Déchéance de nationalité : Taubira prend la parole avant Hollande. Et depuis l'étranger ...

Sur la déchéance de nationalité, Taubira prononce la déchéance de Hollande

L'homme qui a deux paroles se fait griller la politesse par une ministre 

C'est depuis Alger que Christiane Taubira est revenue sur la promesse solennelle de François Hollande au peuple français de faire passer la loi sur la déchéance de nationalité pour les binationaux convaincus de terrorisme. 
Ce renoncement de Hollande est une trahison.

La déchéance de nationalité existe déjà au code civil
Edouard Daladier, président du Conseil radical-socialiste, l'a introduite à la veille de la Deuxième guerre mondiale par un décret-loi du 12 novembre 1938 qui prévoit la déchéance de la nationalité des Français naturalisés depuis moins de dix ans, ayant été condamnés à au moins un an de prison. C'est ensuite le gouvernement de la Libération, présidé par le général de Gaulle, qui réforme cette mesure par ordonnance du 17 octobre 1945. 
La déchéance de la nationalité est d'ores et déjà applicable pour le fait d'avoir commis, dans les 10 ans suivant l'acquisition de la nationalité française, un acte criminel ayant entraîné une condamnation à une peine d'au moins cinq années d'emprisonnement ou pour toute une série de faits comme les atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation, une "condamnation pour s'être soustrait aux obligations prévues par le code du service national". Ainsi le binational Daniel Cohn-Bendit tombe-t-il sous le coup de cette loi. 

En 1996, Charles Pasqua, ministre de l'Intérieur, l'a étendu aux actes terroristes. 
En mai 1995, Alain Juppé est premier ministre et le 11 juillet, l'imam d'une mosquée du 18e arrondissement, Cheikh Abdelbaki Sahraoui est assassiné à Paris: il était le père fondateur du FIS, mouvement islamiste en guerre contre le pouvoir militaire algérien.
  • Le 25 juillet, un
  • attentat par des islamistes algériens fait 8 morts à la station RER Saint-Michel
    , départ d'une vague d'attentats. Jean-Louis Debré, alors ministre de l'Intérieur, annonce la réactivation du plan Vigipirate. Cette série d'attentats oblige le gouvernement à restreindre l'accès aux frontières, revenant sur les Accords de Schengen entrés en vigueur quelques mois plus tôt. 
  • Le 17 août, un nouvel attentat à l'Arc de Triomphe de Parisplace de à l'Étoile, blesse 16 personnes civiles. Le plan Vigipirate est alors relevé au niveau rouge. Le même jour, le gouvernement interdit la publication du livre blanc sur la répression en Algérie publié par le Comité algérien des militants libres de la dignité humaine et des droits de l'homme.
  • Le 26 août, on découvre une bombe sur la ligne du TGV Sud-est près de Lyon.
  • Le 3 septembre, le marché parisien du boulevard Richard-Lenoir est la cible d'un attentat manqué faisant toutefois 4 blessés, déjà dans le XIe arrondissement.
  • Le 7 septembre : dans la région de Lyon, une école juive de Villeurbanne est la cible d'un attentat à la voiture piégée qui fait 14 blessés. 
  • Le 29 septembre, le terroriste islamiste Khaled Kelkal est abattu près de Lyon. Il est membre du Groupe islamique armé (GIA) et le principal responsable de la vague d'attentats commise en France à l'été 1995.
  • Les 6 et 17 octobre, ont également lieu deux nouveaux attentats dans Paris. 
  • Le 3 décembre 1996, un attentat terroriste était commis à Paris, dans la gare de Port Royal, sur la ligne B du RER.
  • L
  • e 16 mars 1998, Elisabeth Guigou, ministre socialiste de la Justice du gouvernement Jospin, fait adopter une loi supprimant la déchéance de nationalité pour les personnes punies de 5 ans d'emprisonnement mais la maintient pour tous les autres motifs de condamnation: terrorisme, atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation, non-respect des obligations du code du service national.
    La déchéance de la nationalité figure aujourd'hui à l'article 25 du code civil.
    La promesse solennel du chef de l'État de la déchéance de nationalité a été prononcée sous le coup de l'émotion, au lendemain des attentats de novembre 2015, donnant lieu à une manifestation de la plus grande solennité républicaine, devant le Congrès réuni à Versailles.

    La ministre Taubira empiète sur les prérogatives de celui qui a deux paroles

    A la suite des assassinats islamistes de masse du 13 novembre, revendiqués le 14 novembre par l'Etat islamique (ou Daesh) - qu'il présente comme une "attaque bénie de Paris contre la France croisée" - et qui ont fait 130 jeunes victimes civiles innocentes à Paris - présentée par Daesh comme "capitale des abominations et de la perversion, celle qui porte la bannière de la croix en Europe" -, le président Hollande a annoncé devant le Congrès son intention de bouleverser le dispositif de la déchéance de la nationalité par une révision constitutionnelle. Le chef de l'Etat était la cible probable des islamistes qui ont tué aux abords du Stade de France: trois terroristes -parce qu'ils se sont "loupés" dans leur tentative- se sont fait exploser, tuant une personne, à quelques dizaines de mètres du président présent parmi les milliers de spectateurs du match France-Allemagne. Hollande a dû être exfiltré de la tribune officielle.

    Son projet, élaboré sous l'effet de la peur et dans la précipitation, était présenté comme ferme et radical
    Il devait consister à supprimer la condition des dix ans après la naturalisation et de la rendre possible même pour toute personne ayant acquis la nationalité française, y compris par le droit du sol, en cas de participation à des actes liés au terrorisme islamiste. Cette décision devait donc avoir une portée considérable, son champ d'application potentiel étant considérablement étendu à toute personne étrangère devenue française. 
    Cette annonce à chaud du chef de l'État s'est  faite dans un cadre inhabituel, devant le Congrès réuni à Versailles, et dans contexte exceptionnel, à la suite d'une vague terroriste à Paris. La gravité de l'annonce faite, la force du message, l'ampleur supposée de la réforme proposée apportaient une réplique à la hauteur de l'agression subie par la France

    Or, les Français apprennent aujourd'hui 23 que le président de la République recule
    Le président de tous les Français renonce à sa réforme sous la pression idéologique de protestataires du Parti socialiste et de ses alliés. En se reniant ainsi, le président socialiste ne se livre pas à une énième reculade ordinaire. La mesure constituait une promesse solennelle de protection de la population, devant  les deux Chambres des représentants du peuple, le Congrès, instance républicaine suprême dans la tradition française. Ce jour-là, le président s'adressait à la République. Ce jour-là, ses paroles étaient écrites avec le sang des Français et retentissent plus que jamais comme une désertion, au même titre que celle de Dany-le-rouge. 

    Un mois plus tard, sous la pression des idéologues de son parti, des groupuscules et des media gauchistes, le "président normal" jette l'opprobre sur la fonction.

    Avec l'obsession de rétablir son image "de gauche" -fortement écornée par la politique socio-libérale menée par Emmanuel Macron sous la conduite de Manuel Valls- ce chef de l'Etat par défaut, toute honte bue, retourne sa veste et foule aux pieds l'engagement pris devant la France meurtrie. Le président de tous les Français n'a-t-il d'autre préoccupation que la reconquête des siens  et sa réélection en 2017 ? A la faveur des attentats (et de leur récupération) et de l'"état d'exception" qu'il a décrété et qu'il envisage de prolonger sous le vocable d' "état d'urgence", fusse au prix d'assignations à résidence discriminatoires et anti-républicaines ?

    Sa propre ministre de la justice, ex-autonomiste guyanaise, la très controversée Christiane Taubira lance aujourd'hui que cette mesure n'aurait eu qu'une "portée symbolique". Un président lucide, maître de ses nerfs (comme de ses troupes) et responsable ne se donne pas en spectacle pour brandir devant la Nation des mesures... emblématiques. Mais alors, pourquoi avoir annoncé cette réforme constitutionnelle devant le Congrès, en des circonstances aussi tragiques? Pourquoi la ministre de fracture sociale a-t-elle gardé le silence? Pourquoi est-elle allée le briser en Algérie qui, en 1995, a exporté en France ses difficultés internes avec ses islamistes?

    Les comportements de l'exécutif sont gravissimes


    La volte-face présidentielle de ces derniers jours est alarmante. Elle donne le sentiment d'une dénégation de toute idée d'intérêt national et de tout respect du deuil des Français. Rétrospectivement, les simagrées et mimiques du président lors des commémorations qu'il affectionne aux Invalides et autres lieux d'hommage apparaissent cruellement cyniques. La politique ne serait plus livrée qu'au jeu des postures narcissiques et des intérêts personnels. 

    Le 16 novembre, au-delà de l'imaginable (et de l'honorable), le président Hollande jouait un rôle: celui du garant de la sécurité des Français face au danger terroriste, mais avant tout celui d'un président vain et sans foi. Car un mois plus tard, la girouette a viré sous l'emprise des groupuscules d'idéologues. Le garant des institutions de la France a courbé l'échine devant les ONG supranationales sans illégitimité aucune, telle Amnesty international. Ce second rôle lui va certes comme un gant médical à la vaseline. Mais comment s'étonner après un tel exemple, que la parole politique n'ait plus aucun sens pour les abstentionnistes ?
    Cette attitude est révélatrice, d'une part de la dérobade d'un chef de l'Etat incapable d'assumer ses actes, d'autre part de la primauté donnée à une influence extérieure, celle de l'Algérie, sur la nation française devant laquelle l'engagement a été pris, à la surprise générale, sans que personne ne lui demande rien.

    Les conditions dans lesquelles l'abandon du projet a été annoncé sont stupéfiantes. 
    En visite en Algérie, la ministre Taubira est allée démonter devant une radio algérienne la promesse solennelle du président aux Français. Cette légèreté gouvernementale met en évidence la volonté prioritaire de la gauche de donner des assurances à la communauté algérienne sur la sécurité des franco-algériens face au terrorisme. Nous assistons ici à l'effondrement de la notion d'indépendance nationale sous la pression de l'idéologie internationaliste sans-frontières et communautariste.
    La sincérité de Hollande s'appréciera à sa volonté de supprimer la possibilité d'une double appartenance  nationale: les étrangers doivent assainir leur situation et les civils Français, victimes de terroristes islamistes masqués, doivent savoir qu'ils ne peuvent pas être exécutés par leurs voisins djihadistes français, des bi-nationaux.