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lundi 11 mars 2019

Algérie : Abdelaziz Bouteflika renonce à briguer un 5e mandat

Démission du premier ministre et report sine die (non pas annulation) des élections

Après 20 années au pouvoir, le président algérien, 82 ans et extrêmement affaibli par un AVC, a déclaré qu'il renonce à briguer un cinquième mandat.

Le sixième président de l'Algérie indépendante depuis 1962 prend sa retraite. Atteint depuis 2005 d'un cancer de l'estomac, Abdelaziz Bouteflika, extrêmement affaibli par un AVC qui le cloue dans un fauteur roulant depuis 2013, a annoncé qu'il ne briguera pas un cinquième mandat consécutif. S'il a profondément marqué l'histoire de l'Algérie, son bilan n'en reste pas moins contrasté.

Le président de la réconciliation

C'est un pays éprouvé par dix années de guerre civile, qui a fait quelque 200.000 morts, que récupère Abdelaziz  lorsqu'il accède à la présidence algérienne, il y a trente ans, en 1999.  La mission du nouveau président aura été de réconcilier la nation avec elle-même. Si la pacification du pays est à mettre à l'actif de son prédécesseur Liamine Zeroual,  va prendre deux mesures fortes pour tourner définitivement la page de ce qu'on a appelé la "décennie noire". En septembre 1999, il soumet par référendum un projet de loi dite de "concorde civile" qui prévoit une amnistie partielle des militants islamistes n'ayant pas de sang sur les mains, à condition qu'ils renoncent à la lutte armée.
Avec 90 % de suffrages positifs, le vote populaire est un véritable plébiscite. Peu à peu, les maquis se vident et plus 6.000 hommes déposent les armes. La loi d'amnistie sera finalisée en septembre 2005 avec l'adoption d'un second texte, la "charte pour la paix et la réconciliation nationale" prévoyant des indemnisations pour les familles de disparus, ainsi que des aides à celles des terroristes
Dès l'année suivante, près de 1.500 islamistes condamnés pour terrorisme sont libérés de prison. Massivement approuvée par référendum (97 % de votes favorables), la charte garantit l'acquittement de toutes les forces de sécurité algériennes, sans considération de la gravité des exactions commises. Si ces mesures assoient la popularité du président algérien, elles ne permettent pas de déterminer les responsabilités des nombreux massacres, en l'absence d'enquête. Au contraire, elles laissent posée la question des dizaines de milliers de disparus, qui pèse toujours sur la conscience des Algériens.

L'armée écartée

Fort de cet indéniable succès politique, Abdelaziz Bouteflika, réélu triomphalement en 2004, entreprend sa deuxième réforme de poids. Il n'hésite pas à écarter du pouvoir les principaux généraux militaires, ceux-là mêmes qui l'avaient pourtant porté à la présidence en 1999, mais qui avaient le tort désormais de faire obstacle à son pouvoir absolu. Le président reproduira le même scénario quelques mois avant la présidentielle de 2014, en remaniant les puissants services de renseignement du département du Renseignement et de la Sécurité (DRS), qui avaient pourtant profité de la lutte contre le terrorisme pour s'infiltrer au cœur des institutions du pays.

Un acteur régional incontournable

Victoire militaire sur les islamistes algériens, soutien armé au Front Polisario, dans le Sahara occidental, face au rival marocain, coopération avec l'Occident en matière de lutte antiterroriste, ou encore gestion autonome [malgré un bilan de 66 morts] de la prise d'otages du site gazier d'In Amenas, l'Algérie de Bouteflika s'est affirmée au cours de la dernière décennie comme une puissance régionale incontournable, marquant notamment son refus de toute ingérence étrangère sur son sol.

D'après le rapport 2018 de l'Institut international de recherche sur la paix (Sipri), l'Algérie occupe le 7e rang des plus grands importateurs d'armes conventionnelles dans le monde (3,7 % des exportations mondiales), notamment en raison de la course à l'armement que se livrent Alger et Rabat.
Des armes qui servent parfois à la répression interne. 
Entre avril 2001 et 2002, en pleine période de "réconciliation nationale", l'armée algérienne réprime dans le sang les émeutes identitaires qui éclatent en Kabylie, connues sous le nom de "Printemps noir" : plus de 120 manifestants kabyles sont abattus, 5.000 sont blessés.

L'état d'urgence

Adoptée en 1992, cette mesure interdisait à l'origine tout rassemblement et autorisait les arrestations arbitraires, au nom de la lutte contre l'islamisme. Officiellement levé en février 2011, l'état d'urgence serait en réalité toujours en vigueur dans le pays, obstruant considérablement la liberté de manifester, ainsi que le droit de grève. 
En matière de liberté de la presse, Abdelaziz Bouteflika a, dès sa première élection, fait part de sa détermination au respect de la liberté d'expressionOr, selon Reporters sans frontières, qui place l'Algérie au 136e rang sur 180 de son classement mondial de la liberté de la presse 2018, la liberté de l'information en Algérie demeure fortement sous contrôle depuis la dernière présidentielle de 2014. "Les autorités continuent à verrouiller le paysage médiatique à travers l'étranglement financier des médias", poursuit l'ONG. "Sous pressions économique et judiciaire, journalistes et médias peinent à remplir leur mission."

Sur le plan politique, le président Bouteflika reprend en main en 2005 le parti historique du Front national de la libération (FLN, ancien parti unique), dont il est nommé président. Le FLN, dont la branche armée, l'Armée de libération nationale (ALN) combattit la France, s'allie alors au Rassemblement national démocratique (RND) et aux islamistes du Mouvement de la société pour la paix (MSP) pour créer l' "Alliance présidentielle", une coalition pro-Bouteflika qui remporte les législatives de 2007 et de 2012. Or, ces scrutins sont marqués par des soupçons de fraude, ainsi qu'une participation très basse. En outre, il n'existe pas de véritable pluralisme, tous les partis étant accusés d'être cooptés par le pouvoir.

Dans l'impossibilité de briguer un troisième mandat, Abdelaziz Bouteflika modifie la Constitution en 2008 pour pouvoir se présenter aux élections d'avril 2009. Il les remporte avec un nouveau score "sans appel" : 90,24 % des voix. En 2014, le président, déjà affaibli par son AVC, ne fait pas campagne. Ce rôle échoit à son Premier ministre Abdelmalek Sellal. 

Economie : pétrole et corruption

L'Algérie est le 3e producteur de brut d'Afrique et le 9e producteur de gaz au monde : c'est donc un pays riche. Les hydrocarbures représentent plus de 95 % des recettes extérieures du pays et contribuent à 60 % du budget de l'Etat. Ainsi, la rente pétrolière subventionne aussi bien le carburant, l'eau et les produits de première nécessité, que les secteurs de la santé et des logements.
 
Fort des prix élevés du baril de brut durant la décennie 2004-2014, Abdelaziz Bouteflika s'est lancé dans de vastes chantiers publics (métro d'Alger, autoroute est-ouest ou barrage de Beni-Haroun) et a réussi à désendetter le pays [la dette extérieure est inférieure à 2 % du PIB]. Le président algérien a également fait le pari de l'ouverture du pays aux entreprises étrangères.

Mais l'Etat algérien s'est octroyé la plupart des grands contrats. Ainsi, le bilan présidentiel va être terni par plusieurs scandales de corruption à grande échelle. Dissimulation des malversations de la Banque privée Khalifa, révélation du versement de milliards de dollars de pots de vin dans le cadre de contrats avec la société nationale des hydrocarbures Sonatrach, la multiplication d'affaires dans ces secteurs clés, impliquant l'entourage du président, va illustrer sa mainmise sur les affaires stratégiques du pays, ainsi que la corruption généralisée au sommet de l'Etat. En 2018, l'ONG Transparency International classait l'Algérie à la 105e place sur 180 pays en matière de corruption.
Or, l'économie du pays, qui reste marquée par une forte intervention étatique, a été frappée de plein fouet depuis 2014 par la chute des cours du baril de pétrole. Fin 2018, l'International Crisis Group tirait la sonnette d'alarme, estimant que des réformes étaient urgentes pour diversifier l'économie et avertissant qu'en dépit du "rétablissement du cours du pétrole, la crise économique pourrait frapper le pays dès 2019". 
L'Algérie a beau être un des pays les plus riches d'Afrique, sa population est en constante paupérisation depuis un quart de siècle. 30 % des Algériens de moins de 25 ans sont aujourd'hui au chômage, y compris les hauts diplômés : une potentielle "bombe sociale".

Le Printemps avorté

L'Algérie n'a pas été épargnée par le Printemps arabe. Début 2011, à l'image de leurs voisins tunisiens, les Algériens descendent eux aussi dans la rue pour réclamer avantage de justice sociale. En réponse, le président Bouteflika injecte quelque 24 milliards de dollars pour mieux indemniser les fonctionnaires et aider la jeunesse. S'il réussit à acheter la paix sociale, le président algérien bénéficie aussi du traumatisme toujours vif au sein de la population de la "décennie noire" du terrorisme, conflit qui opposa le gouvernement algérien, disposant de l’Armée nationale populaire (ANP), et divers groupes islamistes, à partir de 1991. Le terrorisme islamiste se termine par la victoire du gouvernement, suivi de la reddition de l'armée islamique du salut (AIS) et la défaite du Groupe islamique armé (GIA), en 2002.

Pas de changement

La retraite d'Abdelaziz Bouteflika pourrait-elle ouvrir une nouvelle ère politique en Algérie ? Loin de là, en raison de l'absence d'alternative réelle en dehors du système. Cela fait en effet vingt ans que les partis politiques et autres groupes religieux indépendants s'avèrent totalement marginalisés en Algérie, au profit du clan Bouteflika. 
Autre écueil, la mainmise de la "génération coloniale" et ses "querelles de chapelles" sur la scène politique, au détriment des jeunes, qui forment 70 % de la population du pays et n'ont pas connu la guerre d'indépendance. 

Ainsi, avant l'annonce de sa retraite, le principal adversaire d'Abdelaziz Bouteflika n'était autre qu'Ali Benflis, son ancien Premier ministre… 

mercredi 16 janvier 2013

Le conflit au Mali s'étend à l'Algérie: étrangers tués et occidentaux en otages


Deux étrangers tués et 41 occidentaux otages sur un site gazier en Algérie

Deux étrangers, dont un Britannique, ont été tués mercredi, selon Alger 
Forces spéciales françaises 
à Markala au Mali
Deux étrangers, dont un Britannique  ont été victimes d'islamistes armés disant venir du Mali, au cours d'une attaque menée sur un site gazier dans l'est de l'Algérie. 
L'attaque a débuté mercredi à l'aube sur un site gazier exploité par l'entreprise nationale Sonatrach avec les compagnies britannique British Petroleum (BP) et norvégienne Statoil à Tigantourine, à 40 km d'In Aménas, non loin de la frontière libyenne.
Le ministère algérien de l'Intérieur avait auparavant annoncé un mort étranger, six blessés dont deux étrangers, et plusieurs personnes prises en otages par un "groupe terroriste" non identifié.

Les islamistes affirment en outre avoir pris en otages 41 Occidentaux, ajoute l'agence officielle algérienne APS.
Le ministère britannique des Affaires étrangères n'est pas en mesure de confirmer la mort d'un de ses ressortissants. 
Dans un communiqué, il a seulement "confirmé que des Britanniques ont été pris dans l'incident" actuellement "en cours près de la ville d'In Aménas".
Un porte-parole des ravisseurs islamistes, cité par deux sites d'informations mauritaniens, Agence Nouakchott information et Sahara Medias, a assuré que "41 ressortissants occidentaux, dont 7 Américains, des Français, des Britanniques et des Japonais", avaient été pris en otages.

Il a précisé que cinq otages sont retenus dans l'usine alors que les 36 autres se trouvent sur un "site d'hébergement".

Un combattant a affirmé que les attaquants ont agi en représailles à l'intervention militaire française menée depuis vendredi au Mali pour repousser une offensive de groupes islamistes armés.

Des membres d'al-Qaïda
Un combattant a affirmé que les attaquants étaient des membres d'al-Qaïda, venus du Mali.
"Nous sommes des membres d'al-Qaïda et nous sommes venus du nord du Mali. Nous appartenons à la brigade Khaled Aboul Abbas, Mokhtar Belmokhtar", a-t-il dit, en rappelant que Belmokhtar avait "menacé de riposter à toute intervention militaire au Mali".
Belmokhtar, surnommé "le Borgne", est l'un des chefs historiques d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qu'il a introduit dans le nord du Mali.

Alger avait annoncé mardi fermer sa frontière avec le Mali, après avoir exprimé son soutien "sans équivoque" aux autorités de transition au Mali.

Le ministère algérien de l'Intérieur a expliqué qu'"un groupe de terroristes, fortement armé, arrivé à bord de trois véhicules, a investi mercredi à 05h00 (04h00 GMT), la base-vie de Sonatrach à Tigantourine".
"L'attaque a porté d'abord sur un bus qui quittait cette base et transportait des étrangers vers l'aéroport d'In Aménas", a ajouté le ministère, en précisant qu'elle a "été repoussée par les unités d'escorte".
"Le groupe terroriste, après cette tentative avortée, s'est dirigé vers la base vie dont il a investi une partie et y a pris en otage un nombre indéterminé de travailleurs, dont des ressortissants étrangers", a-t-il poursuivi.

Une cellule de crise a été mise en place, selon APS
L'Irlande a indiqué qu'un de ses ressortissants, originaire de la province britannique d'Irlande du Nord, faisait partie des personnes kidnappées, tandis que Tokyo évoquait "un certain nombre de Japonais détenus".

L'épouse d'un employé norvégien a indiqué au journal local Bergens Tidende (BT) que son mari faisait aussi partie des otages. "Mon mari m'a appelée ce matin. Il m'a dit qu'il avait été pris en otage".
Elle a précisé que son époux lui avait fourni un numéro de téléphone à transmettre à la police, apparemment celui des ravisseurs, selon elle. "Il y avait quelqu'un qui lui dictait ce qu'il devait dire en anglais. La police a appelé le numéro qu'il m'a donné. La conversation a été coupée après quelques secondes", a-t-elle dit.

Un porte-parole de l'ambassade de France à Alger dit ne pas être en mesure de confirmer la présence de Français parmi les otages.

mercredi 12 décembre 2012

L'Algérie entrera-t-elle au capital de PSA ?

L'Algérie s'offrirait Peugeot-Citroën en pièces détachées

L'Algérie, soucieuse de rembourser ainsi la dette de ses ressortissants à la sécurité sociale ?

L'idée d'une participation algérienne au capital du constructeur français commence à prendre corps entre la France et l'Algérie, affirme Latribune.fr. 

L'envoyé spécial du président français, Jean-Pierre Raffarin, a abordé cette question lors de sa visite à Alger fin novembre. 
En Algérie, les ventes de Peugeot - marque très populaire localement - explosent et "l'État algérien, dont les réserves de change avoisinent les 200 milliards de dollars, dispose de moyens financiers pour devenir actionnaire de PSA", souligne le quotidien en ligne.

Lors de la visite de François Hollande des 19-20 novembre, le Président Abdelaziz Bouteflika s’était montré particulièrement prévenant à l'égard du camarade socialiste. 
Que ce soit sur le Mali ou sur les questions mémorielles, le président avait choisi d’être consensuel et non plus conflictuel. 
Il avait toutefois laissé transparaître le reproche classique des responsables algériens à l’égard des Français de ne voir dans l’Algérie qu’un marché déversoir de leurs produits et non un espace d’investissement et de partenariat. Il faut, avait-il déclaré, "  construire un partenariat qui résiste aux contingences et qui dépasse les seules relations commerciales où chacun réduit l’autre à un débouché ". 

PSA sera-t-il le cheval de Troie de ce programme algérien de conquête financière de l'Hexagone ?

Notre premier fournisseur de pétrole brut est la Russie, qui satisfait 17,3% des importations françaises. L'Algérie n'arrive plus qu'au 12e rang avec (1,4%).

L'Algérie en est à utiliser son gaz pour produire son électricité. 
Pour  faire face à ses opérations de délestage électrique, le ministre a annoncé le lancement d’un programme de production d’électricité: un supplément de 8 000 mégawatts vient s’ajouter aux 4 000 mégawatts, pour un total de 12 000 mégawatts, déjà programmés à l’horizon 2016. 
La Sonatrach devra pour sa part importer 42 millions de tonnes par an pour faire face à la demande interne en carburant. De pays exportateur de pétrole, l’Algérie devient donc un pays importateur de pétrole. D'où la nécessité pour l'Algérie de se reconvertir et de placer ses liquidités.

Bouteflika efface la dette de treize pays

L'Algérie crée-t-elle de l'emploi
et assume-t-elle
ses charges sociales ?
L’Algérie aurait effacé les dettes de 13 pays africains, pour un total de l’ordre de 2,2 milliards de dollars. 
Ni le Conseil des ministres, ni le Parlement n’ont été associés, pas même simplement informés de cette décision. Seul un télégramme de " Sa Majesté Bouteflika ", pour reprendre l’expression d’un fonctionnaire des Affaires Etrangères, a été adressé aux différents ambassadeurs. 

Cette mesure fait suite à l’effacement de la dette irakienne l’année dernière
Ces mesures interviennent au moment où le chef de l’État déploie une campagne politico-médiatique sans précédent pour convaincre de la crédibilité des " réformes pour plus de démocratie et de transparence ".