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dimanche 11 août 2013

Christiane Taubira se fait décrypter par une ancienne garde des Sceaux

"Taubira ment pour donner des excuses aux voyous", confirme Rachida Dati

La prévention est passée de mode au PS...


Passation de pouvoirs:  la cyclothymique
ne tardera pas à accabler Michel Mercier
  

Entretien avec le JDD -
 La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a expliqué, lundi, sur le plateau de France 2, que la libération des délinquants condamnés à Dreux (Eure-et-Loir) serait la conséquence d'une "application de la loi pénitentiaire" votée par l'ancienne majorité de droite.

Du coup, la démocrate dénie à l'opposition toute légitimité pour la taxer de "laxisme". L’ancienne garde des Sceaux, Rachida Dati (UMP), qui a participé aux travaux menant au vote de cette loi en novembre 2009, réagit à ces propos, dans le JDD.fr. 

Comment réagissez vous à la libération des trois délinquants de Dreux, pourtant condamnés à de la prison ferme?
Dire que la remise en liberté et la non incarcération de ces trois délinquants a été faite en fonction de la loi de 2009 [qui stipule que les aménagements de peine seront facilités pour les peines d’emprisonnement de moins de 2 ans], comme l’explique Christiane Taubira, c’est entièrement faux
La loi de 2009 -que j’ai faite adopter et que j’assume- permet des aménagements de peine qui ne sont pas automatiques. Cela permet au magistrat, sous certaines conditions, d’aménager la peine. Il faut que la personne incarcéree ne soit pas récidiviste, qu’elle ait un logement, un emploi et le magistrat doit tenir compte de la nature des faits. 
Par exemple, parmi les personnes condamnées à Dreux et non incarcérées, il y en avait un qui était jugé pour rebellion et outrage à des fonctionnaires de police. Cela ne rentre pas dans le cadre de la loi de 2009. 
En outre, Mme Taubira explique que le magistrat a voulu différer l’incarcération. S’il a différé l’incarcération, ce n’est pas un aménagement de peine, c’est la non-exécution d’une peine. La loi de 2009 ne permet pas de différer les incarcérations. 
Christiane Taubira ment sur ces deux points. Si le magistrat n’a pas incarcéré ces délinquants, c’est plutôt en application de la circulaire Taubira de septembre 2012  [qui donne la consigne à tous les Parquets de France de veiller "à l'état de surpopulation pénale"]. Comme elle refuse de créer des places de prison, elle cherche des excuses pour ne pas incarcérer ces voyous.

Que pensez-vous de l’utilisation que font la gauche et Christiane Taubira de cette fameuse loi de 2009 votée par la droite sur les aménagements de peine?
Christiane Taubira ne sait pas quoi répondre, elle est en grande difficulté. Il ne faut pas tromper les Français. Elle profère des mensonges. Il faut qu’elle m’explique quelle est la disposition de la loi de 2009 qui indique qu’il est possible de différer des incarcérations. On ment aux Français pour donner des excuses aux voyous. Je peux débattre avec elle quand elle veut où elle veut sur ce sujet. La loi de 2009 est faite pour des gens dont on veut prévenir la récidive et pour lequel on veut favoriser la réinsertion.

Comment fait-on aujourd’hui alors qu’il n'y a plus de places dans les prisons?
Le seul moyen pour lutter contre la surpopulation carcérale, et pour favoriser une exécution des peines dans de bonnes conditions, c’est de construire des places de prison, il n’y a pas de secret. D’ailleurs les magistrats le savent. Contrairement aux grands discours de Christiane Taubira, aucune alternative crédible à la prison n'est mise en place, et donc, malheureusement, la seule solution qui fasse peur aux délinquants, multirécidivistes en particulier, c'est la prison.
Michaël Bloch - leJDD.fr (mardi 06 août 2013)


mercredi 7 août 2013

Accusée de laxisme, Taubira accable la droite et balance des noms

Christiane Taubira estime que 3.499 détenus condamnés pourraient être relâchés...

La garde des Sceaux enfume l'opinion


Taubira au 20h de France 2, hier
La conférence de presse de Christiane Taubira est un long réquisitoire gonflé de chiffres et de noms.  Pourquoi tant d'aridité? 

La ministre vient d'être fustigée pour la libération à Dreux de trois détenus au motif que, selon le zélé procureur de Chartres, l'administration pénitentiaire n'aurait disposé d'aucune place  en France pour les accueillir. LienPaSiDupes 
La ministre s'était dans un premier temps refusée à commenter la décision des magistrats, assurant qu'elle ne portait "pas de jugement sur les décisions des juges.
<br>Puis, Eduardo Rihan-Cypel, porte parole du PS, y était allé mardi de son indignation commandée d'un "procès en laxisme" intenté par la droite à son parti après ..."non mise en détention" des trois délinquants de Dreux: la sémantique socialiste peut-elle encore tromper les Français ?

<br>Le PS dénonce le "procès en laxisme" intenté par l'UMP
Après avoir ironisé avec légèreté sur une "polémique estivale" par l’UMP, la ministre avait haussé le ton, mais en maintenant l'affaire au niveau politique. Dès septembre 2012, sa philosophie de la justice avait éveillé des soupçons, quand elle avait affirmé que "le tout-carcéral augmente les risques de récidive", la garde des Sceaux avait éveillé les soupçons. Elle se défend depuis de vouloir vider les prisons et favoriser les délinquants avec les projets d'aménagement des peines. "Ils n'ont pas de légitimité pour s'exprimer, avait lancé la démocrate aux élus de l'opposition. Parce qu'aujourd'hui nous avons 56% de récidive depuis 2007, malgré les 30 lois pénales (votées par la droite) et 64% de récidive sur les peines de moins de six mois", a-t-elle affirmé. "Il n'y a que les anti-démocrates et les anti-républicains qui gagnent à mettre en cause l'institution judiciaire", avait-elle accusé.

Puis, elle a affirmé ne pas être intéressée par sa propre mise en cause,
mais s'est indignée que des élus puissent pointer l'institution dont elle a la charge et qui devrait être hors d'atteinte quelle que soient ses erreurs. Elle polémique en parlant de "défiance à l'égard de magistrats qui font leur travail", mais en évitant d'évoquer la faute du magistrat de Chartres. Et d'expliquer que les détenus sans-logis pénitentiaires seront convoqués à leur retour de vacances:
"Il a différé de deux à quatre semaines la mise sous écrou", a-t-elle expliqué sur France 2. "Tout cela se réfère uniquement aux dispositions de la loi pénitentiaire de 2009", votée sous l'ancienne majorité, qui "dit très clairement que jusqu'à deux ans d'incarcération il faut envisager l'aménagement des peines", a-t-elle poursuivi. Dit-elle "très clairement" que, depuis trois ans, il aurait fallu les relâcher dans la nature ? Combien l'ont-ils d'ailleurs été avant que Christiane Taubira ne vante
Avec une malhonnêteté aussi bien intellectuelle que politique, elle fait l'amalgame entre deux libérations de détenus: ceux de Dreux n'ont pas été "élargis" en application du décret de 2004 en cause dans la nouvelle affaire et l'évoquer, c'est brouiller les esprits et tenter de tromper l'opinion.
N'a-t-elle pas d'ailleurs admis qu’en juillet, le Parquet de Chartres avait décidé d’incarcérer 21 condamnés et que trois d'entre eux avaient été placés sous mandat de dépôt à l’issue d’une comparution immédiate? "Parmi ces mises sous écrou, il y a une incarcération de 19 jours, donc ce n’est pas une religion pour ou contre les courtes peines, pour ou contre la prison", a-t-elle assuré avec son inégalable aplomb. La loi de 2009 qu'elle invoque quand ça l'arrange n'avait donc pas pesé alors sur la décision du juge... "C’est une liberté d’appréciation" laissée aux magistrats, avait argumenté Taubira. Et comment, avec sa mauvaise foi coutumière, la garde des Sceaux explique-elle que, la loi même loi étant toujours en vigueur, leur "liberté d'appréciation" ne soit plus en cause à Dreux ?
VOIR et ENTENDRE l'amère Taubira défendre les magistrats du Parquet:

Une erreur de la droite pour cacher une faute de la gauche

Accusée de laxisme, elle accuse l'opposition d'avoir été laxiste en son temps: c'est pas moi, c'est la droite ! Et d'évoquer donc une erreur juridique de 2004 sur les conditions de prescription des peines, dont il n'est pourtant nullement question à Dreux. Des dizaines, voire des centaines, de détenus pourraient être libérés, lance-t-elle.

Si les responsabilités étaient aussi évidentes, pourquoi avoir convoqué Harlem Désir et J.-J. Urvoas à la rescousse ?
Le premier secrétaire du PS Harlem Désir a qualifié mercredi de "grave faute de la droite" l'erreur juridique commise sous le gouvernement Raffarin en 2004 et relevée depuis par la Cour de cassation, entraînant la remise en liberté de plusieurs détenus." Le Canard enchaîné révèle aujourd'hui qu'une grave faute de droit a été commise en 2004 par le ministre de la Justice, Dominique Perben, sous le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin", écrivent dans un communiqué Harlem Désir et Marie-Pierre de la Gontrie, secrétaire nationale du PS.
C'est ainsi le Canard enchaîné qui sert à Taubira sur un plateau des arguments juridiques que le gouvernement n'avait pas encore entrevus. En fait, en mars 2012 une loi et non un décret a corrigé cette erreur juridique. En juin 2013, la Cour de cassation n'a d'ailleurs pas manqué de sanctionner l'illégalité du décret Perben". Fallait-il pour autant libérer à Dreux trois condamnés à des peines de prison ferme allant de deux à trois mois?
<br>La balance n'évoque plus les trois détenus libérés à Chartres

Pour rallier l'opinion à elle, cette opinion qui a été "intoxiquée par un discours sommaire, qui consiste à dire, selon elle, que chaque délinquant est un criminel en puissance qu'il faut enfermer", celle donc qui affirmait en septembre: "nous n'allons pas faire croire aux citoyens que nous assurons leur sécurité en multipliant les peines de prison", brandit maintenant la menace d'un lâcher massif de détenus: environ 3.499 condamnés seraient concernés, six ont déjà été libérés, insiste-t-elle depuis le ministère de la Justice. 

Mais parmi ces six-là ne figurent toujours pas les trois de Dreux.