POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

lundi 30 octobre 2017

Nouvelles modalités d’entrée à la fac : le gouvernement lève un coin du voile

Et déjà des reculades et une première exception...

Le baccalauréat produit des bacheliers inaptes à la fac, mais c'est à la fac de s'adapter ?

Orientation plutôt que sélection ?
 Et prévention?
Faut-il tirer les ministres au sort ?
Le tabou de la sélection à l'entrée à l'université ouverte à tous fait reculer le gouvernement en même temps qu'il dévoile lundi matin son plan de sauvetage des étudiants fourvoyés à l’université, axé sur l’accompagnement des bacheliers dans leur choix d'études supérieures, au terme de plusieurs mois de concertation pour réformer un système plombé par l'idéologie dominante.
Le gouvernement dévoile de énièmes nouvelles modalités d’entrée à la fac.
Najat Vallaud-Belkacem a refilé la patate chaude. Plusieurs filières sont en effet engorgées au point que la ministre gauchiste de Hollande, qui s'occupa plutôt d'imposer la "théorie du genre" à nos petites têtes blondes et la lutte contre le sexisme et les stéréotypes de genre, dès l'école, avec l'"ABCD de l'égalité" (certifié par le ministre de l'Éducation nationale de l'époque, Benoît Hamon, 6% au 1er tour de la présidentielle), valida le recrutement de la jeunesse étudiante par tirage au sort, quand d’autres filières sont délaissées, parfois à juste titre (si elles n'ouvrent pas de débouchés suffisants). Le génial logiciel d’orientation (APB, Admission Post-Bac) - solution miracle à tous les problèmes, puisque ...informatique - fut aussitôt totalement saturée. 
Rien, ni personne ne joua son rôle pour empêcher, en bout de ligne, un taux d’échec de près de 60% en première année de fac. Le bac,  offert à (presque) tous les lycéens arrivés sans obstacles en terminale (avec prime de certaines banques aux candidats avec mention !), n'assume plus, depuis de nombreuses années (plusieurs générations), sa fonction de sanction du cycle secondaire et de filtre d'accès à l'enseignement supérieur. Le baccalauréat est devenu un simple certificat de fin d'études, avec les conséquences sur lesquelles nos intellos du ministère -co-géré par un syndicat totalitaire d'enseignants déformés par leur idéologie- ont fermé les yeux au fil de sa lente mais constante dégradation, impavides face à la destruction sans cesse annoncée du système dont ils sont les gardiens bornés.

Le bug du logiciel APB était prévisible et accable le pouvoir socialiste.
A la rentrée 2016, un tirage au sort avait déjà eu lieu dans 78 mentions (principalement Staps, sport) pour l'ensemble de la France, soit environ 3.500 jeunes sans orientation.

En juillet 2017, ce sont plus de 65.000 jeunes qui restaient sur le carreau, sans affectation dans l’enseignement supérieur, alors que 187.000 places restaient disponibles, et pas seulement dans des filières qui n'avaient pas la cote. Le successeur de Najat Vallaud-Belkacem a dû ouvrir une procédure complémentaire jusqu’au 25 septembre... L'épouse de Boris Vallaud (un protégé de Hollande, parachuté sur une circonscription imperdable dans les Landes, celle de feu Henri Emmanuelli), envisage néanmoins un retour en politique par le Sénat. Au secours !

La nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur cherche toujours à ménager la chèvre, l'étudiant, et le chou, l'enseignant de gauche.

Face aux "failles", selon la presse, mais toutefois "criantes", selon la même, du système actuel, Frédérique Vidal cherche encore l’équilibre -en s'entraînant au grand écart- entre la nécessité de réformer les modalités d’accès à l’université et l'écueil de l'instauration d'une sélection, "chiffon rouge" déclenchant des crises dans de nombreuses organisations syndicales conservatrices, qu'elles soient universitaires ou étudiantes (aux orientations identiques, puisque les premiers déforment les esprits des seconds) et d'associations de parents d’élèves (noyautés par les organisations sus-nommées), attachées au principe historique d’accès à l’enseignement supérieur pour tous, par la voie royale bitumée du baccalauréat. 
La semaine dernière, la ministre a tâté le terrain, esquissant la philosophie de son plan, qu’elle présentera avec le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, et le premier ministre, Edouard Philippe.

La ministre avance à pas feutrés, quand la dynamite devrait parler
"L’idée n’est pas de dire "oui" ou "non", comme dans les filières sélectives [élitisme?!], mais de demander à l'Université de répondre plutôt "oui" ou "oui mais", a-t-elle expliqué dans un entretien à la presse paru jeudi: "Dans ce nouveau système, soit le lycéen dispose des compétences nécessaires pour suivre les cours auxquels il veut s’inscrire, soit certaines bases ne sont pas acquises et dans ce cas, nous pourrions lui proposer un accompagnement spécifique". La ministre est donc totalement à côté de la plaque: elle demande à l'Université d'assumer l'échec de l'école en amont.

Le dernier mot au lycéen : démagogie fétide 
Et c'est la deuxième cause de l'échec annoncé de Frédérique Vidal : à son tour, elle renonce à faire prendre en main les élèves par leurs maîtres, dès l'instant où apparaissent les difficultés à suivre le rythme des acquisitions. La doctrine officielle interdit le redoublement lorsqu'apparaissent les problèmes, mais le préconise au seuil de l'université quand, à l'âge adulte, l'étudiant se trouve placé face à la réalité, le mur des savoirs.

Le lycéen pourra être soumis à des remises à niveau, si nécessaire. Que de précautions de langage ! Mais non seulement c'est prendre le problème à l'envers, mais c'est acter l'échec de trois, huit ou quinze années de béatitude scolaire et jouer une partie perdue d'avance, car l'a-coup est psychologiquement rude pour le détenteur du parchemin soi-disant magique de fin d'année terminale, sésame vers la vie estudiantine libre et indépendante, et les remises à niveau déjà mises en place n'offrent toujours pas de garanties (elles n'ont pas été évaluées). Cette année supplémentaire d'ajustements à l'université n'est pas un rattrapage massif des bases et ne permettra pas les acquisitions requises d'un littéraire issu d'un bac arts plastiques aux sciences économiques en fac de droit. Sans parler des bacheliers en technologie qui ne sont pas destinés aux IUT, quoi qu'aient pu leur faire miroiter au lycée leurs conseillers d'orientation (passés conseillers d'orientation principaux, COP, puis conseillers d'orientation psychologues, au fil des manifestations syndicales, sans plus de formation, à l'ancienneté). 
Cette année supplémentaire aura un coup pour la partie solidaire de la population imposable, mais, soit elle sera celle de l'éjection définitive et de la fermeture définitive des portes de la fac, soit le report de l'échec à plus tard, sans examen universitaire diplômant et ouvrant, après une ou plusieurs années, sur une formation professionnelle débouchant elle-même sur une carrière choisie ou acceptée. La ministre doit avoir le courage de dire à l'étudiant que l'université n'est pas encore devenue ce qu'est déjà le lycée, un distributeur automatique de diplôme(s), sur la base d'une simple assiduité.  

Le gouvernement a démissionné : l'étudiant garderait le dernier mot pour choisir son orientation. Durant son année de terminale, il formulerait des voeux (dont le nombre serait réduit à une ...douzaine), ses enseignants émettraient des avis consultatifs sur ces voeux, avant que son dossier ne soit transmis aux établissements d’enseignement supérieur souhaités, qui communiqueraient également leurs observations sur sa candidature. 

"La question de la sélection, des prérequis a été abandonnée pour un accompagnement personnalisé, par profil d’élève". Ce jargon et le flou qu'il sous-tend réjouissent la présidente de la FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Elèves, classée à gauche), Liliana Moyano Lenice, une ex-candidate Les Verts (EELV) aux cantonales de 2004 (3,72%) à Rethel, Ardennes : "Cela permet de garder le bac comme porte d’entrée aux études supérieures, et que les lycéens restent acteurs de leur projet"... 
Trésorière nationale de la FCPE jusqu'en juin 2015, cette présidente a pu prendre la tête de la principale fédération de parents d'élèves à la suite de la démission inattendue de son prédécesseur pendant deux ans, Paul Raoult, et attribuée en interne à un "manque de démocratie" au moment de la réforme du collège menée par la ministre Najat Vallaud-Belkacem que soutenait des cadres de la fédération, malgré la contestation de la base. La dame est une marionnettiste (intermittente?) de 52 ans et mère de deux garçons de 18 et 20 ans... 
Au final, même si les avis sont défavorables, le lycéen pourrait maintenir son choix d’orientation. Mais il pourra lui être demandé de s’engager à suivre une remise à niveau. La forme de celle-ci (stages -bidon, par des associatifs bénévoles, mais militants, ou dans le privé, pour les plus aisés?, avant la rentrée, modules supplémentaires assumés par les universités durant une partie de l’année, voire année complète) reste à déterminer, avec les syndicats...

A l’UNEF, menacée par la montée de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) et liée à Hamon et donc hostile à Macron, ce dispositif d’accompagnement laisse sceptique, surtout s’il était rendu obligatoire. Seule l'écologie peut être contraigante... "Imposer des choses aux étudiants n’a jamais rien réglé", assène sa présidente Lilâ Le Bas, entrée à l’université de Lille fin 2011, à l'âge de 23 ans. De toute façon, elle "ne voi(t) pas avec quels moyens" (surprise!) le ministère pourrait mettre en place un dispositif qui s’annonce coûteux.
Maman Le Bas est mandatrice judiciaire et papa cadre, mais elle est boursière et aurait même animé des colonies de vacances pour arriver à vivre. Quant à la jeune 'éducatrice' nomade de 29 ans, elle est issue d'un bac ES (à Hérouville Saint-Clair, près de Caen) et, avant d'arriver dans un organe de presse, à la mairie de Paris ou dans un cabinet ministériel (en cas d'alternance), elle étudierait en licence Information, communication et culture, comme tout le monde, on a envie de dire, à Lille 3.Une étudiante professionnelle ? Et boursière ?
Résultat de recherche d'images pour "Lilâ Le Bas"
 Après un premier master 1 de communication pas validé, la jeune fille cherche sa voie à l’université Paris-Est Créteil, Paris XII, où elle réussit un master 1 Politiques publiques (grâce à la validation des acquis de l'expérience, VAE ?). Elle décide ensuite de s’accorder une année de césure [ça s'appelle une année sabbatique] pour sa première année de mandat de présidente  et envisage de s’inscrire en master 2 en 2017-2018. Et après? "Grande question... Je n’ai aucune prétention politique, mais je me vois mal rester sur ma chaise sans rien faire! Peut-être travailler dans des associations de loisirs locales; ce sont de vrais outils de mixité sociale."
En parfaite cohérence avec ses études en information, communication et culture ?...
Mais le syndicat étudiant se dit surtout "très inquiet", selon Le Parisien, de la possibilité qui pourrait être donnée aux filières en grande tension de refuser des étudiants, "de manière transitoire". La présidente de l'UNEF qui pratique l'aviron, sport populaire, se verrait-elle refoulée de STAPS ? Ils se verraient proposer des cursus proches à celui souhaité. Educateur sportif...

"Cela voudrait dire que l’on intègre dans la loi une forme de sélection" à l’entrée de l’enseignement supérieur, grince Lilâ Le Bas. Selon elle, bien dans son rôle, elle affecterait en priorité les jeunes des milieux les plus modestes, estime cette fille de cadre qui parle de mesure "inacceptable".

Résultat de recherche d'images pour "Lilâ Le Bas manifestation"Elle brandit la menace, prévenant que le syndicat étudiant se joindra à l’appel à la mobilisation interprofessionnelle le 16 novembre si cette solution était confirmée. 

Les mesures annoncées lundi seront intégrées dans la nouvelle plateforme d’inscription dans l’enseignement supérieur
-qui ne s’appellera plus Admission post-bac (APB)- dont l’ouverture pourrait se faire un peu plus tard que la date habituelle, qui était le 20 janvier.
Une vaste concertation avec les acteurs de l’enseignement supérieur a débuté en juillet pour "trouver rapidement des solutions pour la rentrée 2018", avait ajouté F. Vidal.

dimanche 29 octobre 2017

Au signal de Hollywood, les harcelé-e-s de France sortent du placard

"Me Too" a soudain mobilisé des centaines de personnes dans la rue pour dire non au harcèlement
"Me Too" : des centaines de personnes dans la rue pour dire non au harcèlement
Que la manif est festive et colorée...

Elles – et parfois ils – ont dit stop. 

Dénoncer harcèlement, agressions sexuelles et viols ne mobilise que 
quelques centaines de personnes rassemblées dimanche 29 octobre en France, dans le sillage des témoignages qui ont déferlé sur la toile sous les hashtags #MeToo et #BalanceTonPorc dans la foulée de l'affaire Weinstein. N'est-ce donc qu'une simple récupération, une occasion comme une autre de faire descendre les gens dans la rue : leur faire prendre l'habitude, dans la perspective de causes moins défendables et plus politiques ? 

Moi aussi, comme les starlettes américaines ?
Muni(e)s de petites pancartes "#MeToo", "#MeToo, j'avais 19 ans", "#MeToo par un collègue", "#MeToo par un camarade militant", des femmes, mais aussi des hommes se sont réunis place de la République à Paris.

L'appel à manifester a été lancé par la journaliste Carol Galand
Elle l'expliquait à "L'Obs" qu'elle avait invité "à faire de #MeToo autre chose qu'un buzz sur les réseaux sociaux". C'est manqué, mais prévisible, tant l'imitation de #BalanceTonPorc est caricaturale.

Les hashtags #BalanceTonPorc et #MeToo "ont mis le feu aux joues" [image ambigue !] de milliers de victimes qui ont vu resurgir en elles des souvenirs qu'elles avaient pris soin d'ensevelir au plus profond "dans des petites boîtes noires avant de les ranger sur l'étagère la plus sombre de leur mémoire". Cette longue phrase tarabiscotée ne plaide pas en faveur de la sincérité de la démarche, télécommandée et si peu libératrice.

L'instigatrice de ces rassemblements voulait faire vivre son hashtag
Carol Galand
"Je trouvais ça dommage que ce hashtag #MeToo dans la vraie vie" se limite juste à un buzz." "J'ai agi en tant que femme, en tant que citoyenne. Comme souvent, les gens attendent que quelqu'un initie le mouvement, puis le rejoignent", explique-t-elle. L'idée est d'exporter ces souffrances hors de la seule sphère numérique, de les faire descendre dans la rue. "De sortir du web 2.0 pour aller à la rencontre de la vraie vie", se justifie-t-elle. 
Dommage toutefois qu'elle soit rédactrice en chef chez QOA Magazine (acronyme signifie Quand On Aime), premier magazine de promotion et de démocratisation du voyage utile (à travers la réalisation d’une mission, partout dans le monde : éco-volontariat, volontariat, bénévolat, wwoofing, missions humanitaires, missions de préserves de la faune ou encore de la protection de l’environnement : le désert rural hexagonal, trop peu pour elles !) , "magazine référent du ...consom'acteur" : on est donc en plein dans le sujet ! 
Et puis, la journaliste ne nie pas sa volonté de faire bouger les gens sur n'importe quel sujet, puisqu'elle vise à "donner une large place aux "faiseurs", proposant systématiquement en fin d'articles des pistes d'engagement au lecteur."

La dame est aussi directrice de l'Association Swane, prioritairement sur l'activité éditoriale, une association loi 1901 peut probablement aider l'autre à boucler les budgets. Swane a pour but de redonner la parole (c'est bien, mais l'espoir, c'est mieux) aux enfants en difficulté et c'est du sérieux dans les services Hématologie et Oncologie de l’hôpital Trousseau. On change sans doute de sujet. 
"Les journalistes bénévoles de l'association accompagnent notamment des enfants hospitalisés en séjour longue durée dans la réalisation de leur propre magazine, la Plume de Swane. En sortant de leur condition de malades, ils retrouvent confiance et estime de soi, et une capacité à se projeter dans un moment particulièrement difficile de leur vie." 

Des rassemblements à Paris et en province

La thérapie de l'étalage, ça fonctionne ? 
Plusieurs rassemblements se tenaient aussi en province. Ci-contre à Lyon Place Bellecour.

D'autres ont eu lieu  à Bordeaux, à Marseille – avec une centaine de personnes dans chaque ville.

"Qu'aurait dit Sarah ?"
Margot, 18 ans, serveuse, raconte qu'un de ses collègues lui "pinçait les jambes dans l'escalier". Quand elle en a référé à son supérieur, celui-ci est allé parler avec son collègue mais est revenu en lui disant que "c'était sa manière de communiquer". Depuis, Margot a démissionné, "en partie pour cela", raconte-t-elle sur la place de la République.

Plus loin, plus dramatique, des proches brandissent une grande photo d'une femme qui a disparu, victime de violences "'Me Too', mais elle n'est plus là pour le dire. Qu'aurait dit Sarah ?"

"Debout les femmes !" L'hymne féministe va devenir un tube. On parie ?
Claire, 61 ans, ancienne militante au MLF (mouvement de libération des femmes), est à la fois "triste" et "contente" de cet événement. "Le mouvement qui se passe là, il est intéressant", estime-t-elle, se réjouissant de voir une pancarte "Le patriarcat nique son père".
L'intention militante  inavouée des féministes a émergé. Un mouvement d'action punitive s'est substitué à une demande de soins pour les uns (de la part d'associatifs humanitaires, n'est-ce pas!) et, pour les autres, un peu d'empathie.

En Guyane, le père Macron sermonne les jeunes qui fument du cannabis

"Ça, ça ne va pas vous aider à bien travailler à l'école"

Le chef de l'Etat "relou" dans un quartier en périphérie de Cayenne

Pour dire aux jeunes ce qui est bien ou non, Emmanuel Macron s'est rendu vendredi 27 octobre au soir dans un quartier sensible de Cayenne et de sa périphérie, au cours de sa visite de 48 heures en Guyane,  dans un contexte social hypertendu
Il a notamment évoqué les thèmes de l'immigration et de la sécurité. Alors qu'il s'apprêtait à poser pour une photo avec des habitants de la Crique, en connaisseur, le président a reconnu une odeur de cannabis autour de lui. Et il ne s'est pas privé de faire la leçon, choisissant  des mots qui crispent : après les polémiques sur les "illettrés", les "fainéants" et le "bordel" syndical, ou la stigmatisation des "kwassa-kwassa", le chef de l'Etat a repassé une couche. 
""Dis-donc, il y en a qui ne fument pas que des cigarettes, hein ?" Cette allusion dicrète ne lui a pas suffi. "J'ai encore du nez", a-t-il ensuite plaisanté, avant d'ajouter, face aux éclats de rire : "Ça, ça ne va pas vous aider à bien travailler à l'école (...) Il faut le dire aux plus jeunes !" C'est peut-être ça, la "police de proximité au quotidien", le retour des "grands frères".
VOIR et ENTENDRE le grand frère Emmanuel faire la leçon aux jeunes guyanais dans cette vidéo dont est fier l'Elysée. A 2 min 25, l'intarissable trentenaire lance : "Dis-donc, il y en a qui ne fument pas que des cigarettes, hein ?" Trop chères ?

Macron, inadapté au désarroi des Guyanais 

Lors de sa visite éclair, qualifiée de "visite surprise" par la presse accréditée présente, 
Macron avait dit vouloir "se confronter à la réalité du terrain", dans ces lieux où vivent une majorité de clandestins, souvent jeunes, venus d'Haïti, du Surinam, du Brésil ou du Guyana, où l'insécurité monte, ainsi que se multiplient les défaillances dans les services de santé et le système scolaire, d'où la présence de J.-M. Blanquer, dans un contexte lourd de chômage très élevé (23%).
Les  blancs-becs, conseillers sanitaires de l'Élysée 
avec Macron en Guyane, énervent des élus locaux






"Je voulais venir voir, parce qu'il fallait expliquer à des jeunes qui disent 'on demande des papiers', qu'on ne peut pas donner des papiers à tout le monde", a expliqué ce fils de médecin, professeur de neurologie en CHU de province.

"Ici, on n'est pas la même France que les autres" : Macron face au désarroi des Guyanais
Outre la criminalité et la prostitution, et que "sortir de Maripasoula relève presque de l'exploit", souligne son maire, qui insiste aussi sur la nécessité d'"une route digne de ce nom", une autre difficulté perdure, l'orpaillage illégal le long du fleuve, qui entraîne pollution de l'eau par le mercure. Le visiteur a reconnu qu'il est "très difficile de contrôler la frontière". Il a toutefois annoncé une relance du plan Harpie de lutte contre l'orpaillage illégal, qui va notamment bénéficier du déploiement de drones.

Le propos décalé du président nanti
Les habitants de Maripasoula ont tenté de lui  faire comprendre ce qu'est leur vie au quotidien. "On n'est pas la même France que les autres": cette réflexion d'un des Guyanais venus accueillir Jupiter illustre l'état d'esprit qui règne dans la plus grande commune de France, et l'une des plus en difficulté, avec 88% d'inactifs parmi les 15-64 ans. Cette commune au bord du Maroni, à la frontière avec le Suriname, est de la taille de l'Ile-de-France, rappelle son maire, Serge Anneli.

Accessible uniquement en avion ou en pirogue, elle "est dispersée sur huit villages, dont seulement deux joignables par voie terrestre", pour une population d'environ 11.000 habitants. "La majorité (de la population) a moins de 25 ans", précise le maire à l'occasion de la visite d'Emmanuel Macron jeudi, et 27% de la population a moins de 15 ans
Seulement 2% ont plus de 64 ans. Brigitte a préféré rester à la maison.

Les folles soirées étudiantes de Macron : un proche de Hollande balance

Un collègue de promotion de Macron raconte 

Les David et Jonathan du karaoké de Strasbourg 

Et si Emmanuel Macron transformait l'Elysée en karaoké géant ?
 
Gaspard Gantzer sort les vieux dossiers du président. 
L'ancien collaborateur de François Hollande était collègue de promo d'Emmanuel Macron à l'ENA de Strasbourg, entre 2002 et 2004, et, aujourd'hui, il révèle son passé de fêtard. "C'était beaucoup de dîners, d'apéros, à l'académie de la Bière," laisse échapper Gaspard, originaire de Strasbourg où le bar à bières apparut en 1986, Rue des Juifs, au coeur de la Petite France.
Ce n’est qu’en octobre 2003 que M. Jean-Paul Delevoye, alors ministre de Raffarin chargé de la Fonction publique, de l’Aménagement du territoire et de la Réforme de l'État décide que les 101 futurs énarques issus des concours et les 162 élèves français et étrangers des autres cycles de formation de l’ENA effectueront désormais l’intégralité de leur scolarité à Strasbourg. Delevoye a soutenu Emmanuel Macron à l'élection présidentielle de 2017 et le président l'a choisi pour présider la commission d’investiture pour les législatives 2017 du parti La République en marche !.

Les antécédents de Gantzer au côté de Hollande ne sont pourtant pas flatteurs.
LIRE PaSiDupes : "Valls juge "sérieux" le comportement "pathétique" de Hollande chez Lucette" - Libération prend néanmoins fait et cause pour la mascarade présidentielle de Vandoeuvre...

"On sortait, mais
les boîtes de nuit, ce n'était pas vraiment son truc...", raconte l'ex-conseiller calamiteux à la communication du président Hollande, Gaspard Gantzer suggérant que les filles ne l'attirent pas.
Photo-buzz Stéphane Bern : «Pourquoi Emmanuel Macron a assisté à l'anniversaire de Line Renaud !»
Macron et Madame assistent à l'anniversaire de Line Renaud, 88 ans.
On reconnaît Muriel Robin et Stéphane Bern 
Dans un entretien accordé à Playboy, Gantzer rapporte que, pour se détendre, le futur président préférait la chansonnette à la drague
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"On s'est fait deux ou trois karaokés, notamment un, Rue de ...l'Épine à Strasbourg, qui s'appelait le Bunny's, vraiment bas de gamme [pour les "gens qui ne sont rien"], mais très sympa".
Au programme de la playlist, "Que je t'aime" de Johnny Hallyday, mais aussi "Est-ce que tu viens pour les vacances ? " de David et Jonathan (ci-contre à droite). "Pour moi, Macron aime plutôt Aznavour, Johnny... et De Gaulle ou Mitterrand en politique. La verticalité en musique et en politique se répondent !", analyse Gaspard Gantzer.

"Emmanuel est le ...roi du karaoké.
Il a une connaissance encyclopédique de la chanson française. Et il n’est pas le dernier à déconner", poursuit Mathias Vicherat.
Promotion Senghor 2004 de l'ENA
Ils ont trouvé leur voies

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Fumette, maquillage des yeux et sourcils épilés
En treize ans, Gantzer n'a jamais rien connu que le public. En 2004, à sa sortie de l'ENA, après avoir automatiquement intégré le corps des administrateurs civils, cet encarté du PS fut affecté au ministère du Travail (direction générale du Travail). Bertrand Delanoë l'attira ensuite à la mairie de Paris où il le fit patron de sa com' de 2010 à 2013. iIl alla ensuite exercer ses talents au côté du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Vicherat a sa carte de la CFDT et du PS. 
Jusqu’à 2016 directeur de cabinet d’Anne Hidalgo, il a travaillé pour Mélenchon. "Emmanuel restait en retrait de nos combats politiques. Il regardait ça avec bienveillance, mais sans plus", dit-il.
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Pour ses amis, il est déjà "spécial". "Il était très populaire sans en faire trop et sans être dans les joutes politiques et syndicales", raconte Mathias Vicherat qui suggère un relationnel habile. 
Auprès des étudiants, mais aussi auprès des enseignants avec lesquels il aime discuter à la fin des cours. "Il parlait, parlait, reposait des questions, se rappelle Lechevallier. Il lit aussi, beaucoup. A toujours à portée de main un recueil de poésie."

Aurélien Lechevallier travaille au ministère des Affaires étrangères et a géré la cellule diplomatique pendant la campagne de Macron. Il était déjà avec le futur président à Sciences po. 
Il se souvient du jour où ils avaient visité ensemble l’Assemblée. Il a alors découvert qu’Emmanuel Macron connaissait tous les noms des présidents de groupe, des députés, des circonscriptions. "T’es un spécialiste !" lâcha-t-il, soupçonnant des projets secrets, à cent lieues de la littérature. C’est d’ailleurs Lechevallier qui l’encouragera à préparer l’Ena. "A l’époque, Emmanuel hésitait. Il voulait continuer la philo, mais il était fort en éco et s’intéressait aussi aux relations internationales." Il s’impose déjà comme animateur.
Lors du 'séminaire collectif', dédié au 'team building' gouvernemental et la réforme de la protection sociale, "très vite, Emmanuel a dirigé l’équipe, ça s’est fait presque naturellement." Alors, autoritaire ?

Gantzer a créé sa société de conseil l'agence "2017"
Résultat de recherche d'images pour "société de conseil 2017"Entrepreneuriat entre garçons, avec les communicants Denis Pingaud et Roman Abreu, se partageant à parts égales (33 %) le capital de l'entreprise. Il a rencontré le premier en lui passant un coup de fil, après la publication en 2013 de son livre consacré à François Hollande.
Denis Pingaud  a travaillé chez Havas, l'institut d'études Opinionway, et, à travers sa société Balise (qui sera intégrée à '2017'), conseille Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, et un favori présumé du président, Mathieu Gallet, PDG de Radio France. "Il y a une place à prendre : l'époque de la communication d'influence est morte."
Précisément le même constat dressé par Roman Abreu, 35 ans, leur cadet, qui sera le président de l'agence « 2017 », passé, entre autres, par Axa, Havas, la Mairie de Paris, le cabinet de Laurent Fabius, la direction des affaires publiques de Publicis Consultants et enfin la direction de la communication d'Unibail-Rodamco : « L'écosystème dans lequel les différents business opèrent, se trouve bouleversé. Elon Musk, le patron de Tesla, vient ainsi d'annoncer l'arrivée de son nouveau modèle via un tweet adressé à l'un de ses fans. Tous nos compétiteurs n'ont pas forcément pris la mesure de la révolution." La société a démarré le 1er septembre.
Après son départ de l'Elysée où jusqu'à la fin du mandat, il a figuré comme l'homme "qui murmurait à l'oreille du président", Gaspard Gantzer a dû, contraint et forcé, tourner la page, justement l'année de l'élection qui a porté Emmanuel Macron au pouvoir et qui a "disruptés" les grands partis politiques traditionnels, selon Gaspard Gantzer. C'est aussi l'année de sa candidature finalement foirée aux législatives à Rennes...  "Le conseil politique, c'est fini. Je l'ai fait. A fond. Et maintenant, j'ai envie d'autre chose."

Si c'est le bon moment d'entrer dans la société civile, est-ce juste et réglementaire ?

"Société civile", marque déposée du recyclage des acteurs politiques. Lorsqu’on travaille au service du patronat, des laboratoires pharmaceutiques ou le BTP, notamment, lorsqu’on défend les intérêts lobbyistes d’une grande industrie, on n’est pas un citoyen lambda, un membre innocent de la société civile : on est partisan d’un certain ordre politique et on appartient à la classe dominanteLa société civile désigne les intérêts privés particuliers des citoyens. Et elle est bien souvent le parti de ceux qui n’ont pas intérêt au changement ou que le suffrage populaire a rejetés dans le privé. 
Il est admis qu'il y a quelque chose de malsain à passer du public au privé avec son carnet d'adresses : il n'a pas de prix, mais se monnaye. Faire son beurre avec le produit du travail de conseillers ministériels n'apparaît pas très éthique au citoyen. Mais celui de gauche est particulièrement piégé par ses slogans progressistes, pensez-vous ?

Gantzer démontre à son tour que l'électeur de gauche est un citoyen complaisant. 
En dépit d'un renouvellement des moeurs publiques annoncé par Macron, la société civile continue de jouer un rôle de transition et de consolidation individuelle du microcosme exécutif par le recyclage de ses membres, par le "pantouflage" et le "rétro-pantouflage"
On parle également de "portes tournantes" ("revolving doors" en anglais) pour qualifier ces allers-retours incessants entre public et privé. L’un des cas les plus connus est celui du candidat à la présidence de la République, Emmanuel Macron, inspecteur des finances parti travailler pour la banque Rothschild, avant d’être nommé secrétaire adjoint de l’Elysée, puis ministre de l’Economie. Et où croyez-vous qu'il retournera en 2022 ?
Pour constituer son gouvernement "ni de droite, ni de gauche", Emmanuel Macron a pris... un peu de droite et un peu de gauche ! Dix de ses collaborateurs n'ont jamais exercé de fonctions politiques (parmi eux, l’ancien animateur Nicolas Hulot, nommé ministre de la Transition écologique et solidaire, le directeur de l’Essec Jean-Michel Blanquer, propulsé à l’Education nationale, ou l’ex-président du Conseil national du numérique, Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat en charge du même sujet. Mais ils retourneront au privé, riches d'un carnet d'adresses fourni et source de profits. Si la société civile a sauvé Macron, élu sans le soutien d'aucun parti, ni aucune base territoriale, la République sort-elle grandie de l'élection du banquier ?

Le recyclage des déchets politiques est-il réglementé ?
Il semblerait que non, si le cas Gantzer était exemplaire. Les conseillers ministériels et élyséens sont souvent issus d’agences de communication qui cherchent des relais au cœur du pouvoir, mais inversement aussi : la fin de l'ancien monde n'est pas venue; c'est une galéjade macronienne.

Comme Gantzer, un millier de fonctionnaires d’Etat par an sont concernés par le "pantouflage", c’est-à-dire par le fait de passer du secteur public au secteur privé.
A l’origine, cette expression est utilisée par les Polytechniciens. Dans le jargon de Polytechnique, il y a ceux qui choisissent « la botte », c’est-à-dire le public, et ceux qui choisissent « la pantoufle », le secteur privé. Le 'pantouflage' existe depuis longtemps, mais il s’est accéléré ces dernières années. Frédéric Lemaire, cofondateur du site Pantoufle watch peut citer une dizaine d'exemples de conseillers de l'Elysée partis vers le privé :- Julien Pouget, conseiller économie de François Hollande, parti travailler pour Total;- Xavier Piechaczyk, conseiller transport et environnement de François Hollande, a rejoint le directoire de RTE (Réseau de transport d’électricité), où il s’occupe des réseaux clients et des territoires;
- David Kessler, ancien conseiller culture et communication, est parti travailler pour Orange studio;- Benoît Loutrel, le numéro deux de l’ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) recruté par Google France.

L'Etat encourage ces va-et-vient. 
L’ancien directeur du Trésor, ex-directeur général des Finances publiques, Bruno Bézard, en est une illustration. Il a été recruté par un fonds d’investissement franco-chinois, Cathay Capital. Son prédécesseur au Trésor, Ramon Fernandez, a lui été recruté par Orange.
Prenez aussi le cas symptomatique de la nomination, en juillet 2016, de Thierry Aulagnon, comme directeur de cabinet du ministre des Finances. Cet énarque, ancien du Trésor, a déjà dirigé le cabinet de Michel Sapin, au début des années 1990 avant d’être recruté par l’assureur Gan. Il a ensuite fait toute sa carrière à la Société Générale, puis, il est revenu à Bercy. Cette nomination pose question puisque les Finances sont en lien direct avec le secteur bancaire et les assurances. De plus, le gouvernement s'interroge sur la fiscalité accordée à la Société Générale dans l’affaire Kerviel.
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Le coeur du problème : les conflits d'intérêts
Pour tenter de couper court aux critiques du parcours sinueux d'Aulagnon, Michel Sapin avait assuré qu'il avait consulté la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) - imparable ? - et avoir donné des consignes strictes pour éviter tout conflit d’intérêt : à savoir ? Thierry Aulagnon a l’interdiction de traiter certains dossiers, comme ceux de la Société Générale. Un parcours sur le fil du rasoir.

La libre circulation des hauts fonctionnaires d'Etat entre privé et public est censée être encadrée par une Commission de la déontologie de la Fonction publique. 
Les avis de cette Commission sont publiés chaque année, mais ne sont pas publics. Les fonctionnaires ont l’interdiction pendant trois ans d’aller travailler dans une entreprise avec laquelle ils ont eu un lien. Or, la grande majorité des demandes de pantouflages sont validées par cette Commission de déontologie. Seuls 2% d’avis négatifs sont rendus. 
Rapport d'activité 2015 de la commission de déontologie.Pour les trois fonctions publiques, la commission a été saisie de 3.149 dossiers (contre 3045 en 2014), dont plus de 70 % correspondent à des demandes de cumul d’activités.
Selon Roland Peylet, 74 ans, ci-contre, conseiller d’Etat honoraire, président de la Commission de déontologie de la Fonction publique, composée de leurs pairs (14 membres issus des grands corps de l'État), la loi pénale est strictement appliquée.
Roland Peylet a animé le groupe de travail sur la charte éthique inteprofessionnelle, au sein du séminaire Robert AuzelleRoland Peylet est membre honoraire du Conseil d’Etat. Il a travaillé à diverses reprises aux ministères de l’Equipement et de l’Education Nationale. Il a été conseiller de Lionel Jospin, alors premier ministre.Depuis mai dernier, il est président de la mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques (MIQCP). Le poste était vacant depuis le décès de François Kosciusko-Morizet en 2015, à l'âge de 74 ans, ancien maire de Sèvres. Il était le père de Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne député de l'Essonne et anciennement ministre de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement qui envisage de se reconvertir dans le secteur privé... On peine à croire que le conseiller d'Etat président de le commission de déontologie cumulerait deux activités.

Pour en revenir au Gaspard échappé de l'Elysée, est-il admissible - en déontologie républicaine - qu'ancien conseiller de l'Elysée chargé des relations avec la presse et chef du pôle communication à la présidence de la République française, en remplacement d'Aquilino Morelle chassé de l'Elysée à coups de pompes super bien cirées, en raison des soupçons de conflit d'intérêt avec des ...laboratoires pharmaceutiques, avant qu'il ne travaille pour Hollande, puisse créer une entreprise de conseil dans le respect de la déontologie et de la prévention de la corruption de la vie économique et des procédures publiques ?
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