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mercredi 11 janvier 2017

La cote de confiance de Hollande s'effiloche encore de trois points

Même en voyage ou dans des tribunes de stade, Hollande perd trois points

Les trois-quart des Français ont tourné la page
Un peu plus d'un quart des Français (26 %) approuvent l'action de François Hollande, un indice en baisse de trois points sur un mois.
Seulement un quart des Français (26 %) approuvent son "action", un indice en baisse de trois points sur un mois.
Son action ? Le tourisme international !
Le président français a fait un saut en Irak, le 2 janvier, pour proclamer "2017, année de la victoire sur le terrorisme" islamiste devant les soldats français engagés, ensuite le globe-trotteur se rend le 13 janvier au Mali, puis le producteur de CO2 s'envolera pour le Chili et la Colombie du 21 au 24 janvier, pour apporter "son plein soutien" (de poids) à Juan... Manuel Santos, président centriste après avoir été un économiste libéral, et le furet passera à Lisbonne le 28.
  
Il prévoit un voyage en Asie du Sud-Est au mois de mars. Entre deux avions, François Hollande sera l'observateur lointain des souffrances des Français face à la grippe aviaire, à la grippe qui engorge les hôpitaux et décime les maisons de retraite, avec les commentaires de Marisol Touraine, sa ministre de la Santé (qui gère la pénurie de lits dans les hôpitaux publics -après cinq années en responsabilité- en conseillant de reporter les opérations chirurgicales !) 

Lorsqu'il lui arrive d'être en France, Hollande est en régions, déléguant l'exercice du pouvoir à ses collaborateurs. Le 7 janvier, il était à Tulle (Corrèze), mais on ne sait plus rien de ses déplacements en scooter... 

Le président est annoncé au match inaugural du Mondial 2017 de handball, France - Brésil, le mercredi 11 janvier. Les autres rencontres de handball ont lieu à Nantes, Lille ou Paris encore, trois villes socialistes. Mais personne ne l'a vu dans aucune maison de retraite... L'air n'y est pas assez sain.

Près de la moitié des personnes interrogées (48 %) n'approuvent pas l’action de Bernard Cazeneuve  à Matignon

Ils seraient donc encore moins nombreux à l'approuver, 47 %, comme premier ministre, selon un sondage Ifop-Fiducial publié ce mercredi.
Cet indice de confiance ne s’élèverait d'ailleurs pas à plus de 57 % parmi les électeurs de gauche et il atteindrait 39 % chez ceux de droite. d’entre eux celle de Bernard Cazeneuve, selon le sondage réalisé pour Paris Match et Sud Radio qui les a interrogées suite à la démission de Manuel Valls, pour tenter de satisfaire ses ambitions personnelles

Pour 57 % des Français, Bernard Cazeneuve "dirige bien l’action de son gouvernement", sans qu'on sache ce qu'il a fait et qu'auraient retenu les sondés. Cet avis est partagé par 64 % des électeurs de gauche, débarrassés de l'autocrate catalan, mais aussi par près de la moitié (49 %) de ceux de droite.

Sur l’action du président de la République, les sondés sont 74 % qui le désapprouvent (contre 70 %, en décembre) et  26 % à l’approuver, alors qu’ils étaient 29 % le mois dernier. Le niveau d’opinions favorables est nettement plus élevé -mais minoritaire- chez les électeurs de gauche (47 %) que chez ceux de droite (8 %).

La cote de popularité de François Hollande avait progressé après sa décision de renoncement annoncée début décembre à briguer un second mandat à l’Élysée. Le 6 janvier, un sondage BVA le donnait en hausse de 6 points avec 24 % d’opinions positives. Ca n'a pas duré... On s'interroge une nouvelle fois sur la crédibilité de ces enquêtes de commande.

Enquête réalisée par téléphone du 6 au 7 janvier auprès de 988 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,4 % à 3,1 %.

mercredi 19 août 2015

Travail dominical: les syndicats contre les zones concernées

Ouverture des magasins le dimanche à Paris: les syndicats contre les zones concernées 

Les syndicats du commerce parisien (CGT, SUD, Unsa, CFDT) ont protesté lundi
contre le projet de décret délimitant les futures zones touristiques internationales (ZTI) dans la capitale, y voyant la preuve que l'objectif de la loi Macron est la "généralisation du travail du dimanche". Ces syndicats, rassemblés au sein du Clic-P (Comité de liaison intersyndical du commerce de Paris, fondé en 2010), indiquent qu'ils ont "pris connaissance des projets de décrets délimitant les futures ZTI parisiennes et désignant les gares dans lesquelles les commerces seront autorisés à employer des salariés le dimanche". 

Ces projets comportent à Paris "12 zones et la quasi-totalité des gares"
Ils s'étendent "bien au-delà des périmètres de fortes fréquentations touristiques internationales qui ont servi de prétexte à l'élaboration de la loi" Macron, souligne le Clic-P. 
Le comité relève que "l'ensemble des centres commerciaux parisiens sont également inclus dans le périmètre des ZTI", comme les centres "Beaugrenelle [ci-contre, dans le 5e arrondissement), Bercy 2, Italie 2, qui ne sont pas précisément connus pour leur affluence touristique internationale". 
Pour les syndicats  parisiens du commerce qui ont manifesté à plusieurs reprises contre le projet de loi Macron, cela montre que ce texte emblématique du gouvernement avait "pour objectif la généralisation du travail du dimanche dans le commerce, le tourisme international ne constituant qu'un artifice de communication". 

Le Clic-P note aussi que même si " 'l'amendement FNAC' [chaîne de magasins DE distribution de produits culturels créée par François Pinault en 1963] a été retoqué lors du deuxième passage de la loi à l'Assemblée nationale", le PDG de l'enseigne Alexandre Bompard "obtient finalement satisfaction puisque tous les magasins parisiens de l'enseigne [FNAC] se retrouvent dans les ZTI". Cet amendement, voté par le Sénat avant d'être repoussé, stipulait que "les commerces de détail de biens culturels peuvent déroger à la règle du repos dominical en attribuant le repos par roulement". "Il ne s'agit en aucun cas de la généralisation de l'ouverture des commerces le dimanche, puisque ces zones proposées correspondent seulement à 6% de la surface de la capitale", a réagi lundi le cabinet du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron. "Toutes ces zones correspondent à des zones de transport important avec une forte présence hôtelière et des monuments qui participent à la fréquentation touristique de Paris," rétorque Macron

"Nous sommes dans une phase de concertation avec les élus locaux. Cette carte a été soumise pour avis aux acteurs. Les zones proposées correspondent aux trois critères définis par la loi, maintient la à savoir le rayonnement international des zones, l'affluence des touristes résidant hors de France et l'importance de leurs achats", a dit la porte-parole du ministère. "Le principe qui définira l'ouverture des commerces le dimanche sera bien l'accord au sein de chaque entreprise", a-t-elle assuré. 
La loi Macron sur la croissance et l'activité a été promulguée et publiée le 7 août au Journal officiel, un peu plus de 24 heures après la décision du Conseil constitutionnel de valider l'essentiel du texte. Elle donne notamment l'autorisation d'ouverture des magasins neuf dimanches par an (puis douze à partir de 2016) à la discrétion du maire et tous les dimanches, ainsi que le soir jusqu'à minuit, dans les nouvelles ZTI. La mise en place des ZTI doit faire l'objet d'un décret ministériel, avant qu'un arrêté ministériel n'en précise les contours.

Le 15 juillet 2015, le Canard Enchaîné est passé à l'offensive, révélant qu'Alexandre Bompard - un ex de Canal+ - toucherait en 2015 un complément de salaire de 11,6 millions d'euros, soit un quart du bénéfice net du groupe pour l'année 2014, en sus de sa rémunération annuelle (qui s'élève en 2014 à 1,8 millions d'euros). Début 2014, la FNAC a annoncé la fermeture en France de deux magasins "Format périphérie."

Clic-P, le collectif qui fait trembler les commerces

Son nom claque comme un slogan publicitaire, mais c'est la bête noire des supérettes parisiennes et de plusieurs grandes enseignes implantées dans les quartiers chics de la capitale. Elle a fait rendre gorge aux Apple Stores, à Uniqlo et à une kyrielle de magasins qui ne respectaient pas la réglementation sur les horaires d'ouverture. Dans le débat sur le travail de nuit et le repos dominical, ce collectif se distingue par la guérilla judiciaire qu'il poursuit sans relâche depuis trois ans. Mais son action est contestée par des salariés, désireux d'être employés après 21 heures ou le dimanche.

Le Clic-P a vu le jour en février 2010 pour contre-carrer l'adoption de la "loi Mallié", du nom d'un député UMP des Bouches-du-Rhône qui l'avait portée: ce texte accordait de nouvelles possibilités aux commerces de détail pour accueillir les clients le dimanche.
A l'époque, le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, avait lancé une consultation sur le sujet, associant syndicats de salariés et organisations d'employeurs. "Il y avait un lobbying patronal très fort pour étendre les autorisations d'ouverture dominicale, raconte Karl Ghazi (CGT), l'un des "animateurs" de Clic-P. La seule façon d'inverser la tendance, c'était de rassembler nos forces et de nous battre ensemble. Les salariés demandaient que cesse le chauvinisme d'étiquette, dans un secteur où le syndicalisme est faible."

Six syndicats locaux ont décidé de s'allier: la CFDT -(proche du PS), la CFE-CGC, la CFTC, la CGT (proche du PCF), Force ouvrière (FO) et les trotskistes de SUD. Le Clic-P s'est d'abord attaqué à des supérettes parisiennes ouvertes tout le dimanche, dans l'illégalité la plus complète. Des magasins Franprix, Monop', Carrefour City, G20 ont été condamnés à fermer leurs portes à 13 heures, le septième jour.  Puis l'offensive s'est élargie au non-alimentaire et à de prestigieuses enseignes qui souhaitaient recevoir du public, tard le soir. Le BHV et les Galeries Lafayette du boulevard Haussman ont dû ainsi renoncer à leurs nocturnes, en 2012.
Au sein du comité, il y a de fortes têtes dont certaines sont en conflit ouvert avec leurs instances nationales. Entre l'union syndicale CGT du commerce de Paris et sa fédération, par exemple, les relations sont exécrables : en 2012, la seconde a coupé ses financements à la première. 
Le syndicat CFTC, qui faisait partie du Clic-P, a été exclu par sa confédération : "Il refusait de respecter nos règles internes de fonctionnement", justifie Patrick Ertz, président de la fédération CFTC du commerce. Depuis, le banni a rejoint l'UNSA.
Une première lézarde est apparue, lorsque FO a annoncé qu'elle se retirait de l'intersyndicale et qu'elle suspendait les actions judiciaires qui allaient être engagées : "Nous ne sommes plus sur la même longueur d'ondes avec le Clic-P en termes de stratégie? mais cela ne veut pas dire que nous sommes en opposition avec lui", nuancee Christophe Le Comte, secrétaire fédéral adjoint de FO-employés et cadres.

Le Clic-P a été la cible de vives critiques, en particulier d'une partie du personnel du magasin Sephora sur les Champs-Elysées:
ces salariés reprochent à l'intersyndicale d'être à l'origine d'une décision judiciaire qui les empêche aujourd'hui de travailler après 21 heures – et de percevoir du même coup des rémunérations majorées. Leur avocate, Me Joëlle Aknin, considère qu'"il y a un vrai clivage entre la vision passéiste du travail, défendue par le Clic-P, et la conception plus ouverte". Le problème n'est pas là, objecte Laurent Degousée (SUD), mais dans le faible niveau des rémunérations et l'ampleur de l'emploi à temps partiel au sein du commerce de détail, qui poussent les salariés à accepter des horaires atypiques en contrepartie d'un coup de pouce sur le bulletin de paye.
Les employés de Sephora, qui sont volontaires pour travailler la nuit, "ne sont pas sur une île déserte", argumente Ghazi: l'extension du travail nocturne conduit à la "dérégulation des temps sociaux" (crêches, transports en commun…). Dans cette affaire, conclut Eric Scherrer (UNSA), c'est aussi "l'ordre public social" qui est en jeu : le droit du travail est fondé sur des mécanismes de protection applicables à tous les actifs; ils n'ont pas à être remis en cause au motif que, ici ou là, des salariés sont prêts à y déroger.