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lundi 23 mars 2020

Confinement : le Conseil d’Etat demande à Macron d'approfondir sa réflexion

Les mesures envisagées pour le sport, les marchés et les visites médicales font sourciller les magistrats

La plus haute juridiction administrative somme le gouvernement de revoir certaines dérogations

Dimanche 22 mars,
le Conseil d’Etat a refusé son onction au projet Macron de renforcement du confinement face au Covid-19.
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Le vélo de mamies est interdit
Impossible en l'état d'ordonner le "confinement total "réclamé en urgence par certains médecins. Le Conseil d'Etat a donné quarante-huit heures au gouvernement pour revoir certaines dérogations de déplacement, notamment pour motifs de santé ou pour l’activité physique, a-t-il annoncé dans un communiqué.

Des syndicats de professionnels de santé ont saisi le Conseil d'Etat en référé liberté "pour obliger le gouvernement à prendre des mesures drastiques" de confinement face à la propagation du coronavirus et les juges administratifs leur donnent raison, pointant des autorisations "trop larges" de pratiques sportives individuelles, telles que le jogging, et ils demande leur réexamen.

Elle enjoint aussi au gouvernement de "préciser" le "degré d’urgence" des motifs de santé justifiant un déplacement et d’ "évaluer les risques pour la santé publique du maintien (…) des marchés ouverts, compte tenu de leur taille et de leur niveau de fréquentation".

"Si l’économie générale de ces mesures ne révèle pas une carence des autorités publiques, la portée de certaines dispositions présente néanmoins un caractère ambigu", ont souligné les hauts magistrats de la section des contentieux, Jean-Denis Combrexelle (directeur général du travail au ministère du Travail et de l'Emploi pendant treize ans, 2006-2014), Nicolas Boulouis (conseiller d'Etat promu président de chambre en 2019) et Christophe Chantepy (PS, ancien responsable du site 'Désirs d'Avenir' de la candidate malheureuse Ségolène Royal, à la présidentielle de 2007).

Refus du "confinement total" demandé par les professionnels de santé

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"Un confinement total tel que celui demandé par les requérants pourrait avoir des implications graves pour la santé de la population", ont estimé les trois juges, qui ont examiné dimanche matin la requête des syndicats Jeunes Médecins, de l’Intersyndicale nationale des internes (ISNI) et de l’ordre des médecins, qui ne sont pas des hauts-fonctionnaires.

Ces hauts magistrats devaient se prononcer en urgence sur le décret gouvernemental du 16 mars fixant les règles du confinement. Ce décret est jugé trop laxiste par les syndicats, qui dénoncent une "atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale", en l’occurrence le "droit à la vie", à la différence des foetus. Ils peuvent faire appel de cette décision.

Un confinement total impliquerait un ravitaillement à domicile, ce que la Chine a su organiser. En France, il "ne peut être organisé sur l’ensemble du territoire national - de l'avis des juristes contre les soignants -  compte tenu des moyens dont l’administration dispose, sauf à risquer de graves ruptures d’approvisionnement et à retarder l’acheminement de matériels indispensables à la protection de la santé", estime le Conseil.
"En outre, la poursuite de certaines activités essentielles, telles que celle des personnels de santé ou des personnes participant à la production et à la distribution de l’alimentation, implique le maintien d’autres activités dont elles sont tributaires", notamment les transports en commun.

Les médecins demandaient en outre des mesures pour assurer la production à échelle industrielle de tests de dépistage et le dépistage des personnels médicaux. 
Les juges des référés leur opposent que "les autorités ont pris les dispositions avec l’ensemble des industriels en France et à l’étranger pour augmenter les capacités de tests dans les meilleurs délais".

dimanche 22 mars 2020

Epidémie de coronavirus: LR tente de responsabiliser Macron

Les Républicains met la pression : ses députés créeront une commission d'enquête à l'automne

Il faudra "tirer toutes les leçons de l'épidémie", a annoncé Damien Abad. 

View image on TwitterLes députés Les Républicains créeront donc une commission d'enquête parlementaire à l'automne, a indiqué dimanche 22 mars leur président dans un entretien au Journal du Dimanche. "L'objectif n'est pas de distribuer des bons ou mauvais points au gouvernement, mais d'identifier les éventuels défaillances et dysfonctionnements pour les corriger et en tirer des leçons", assure l'élu de l'Ain.
Il s'agit de "tirer toutes les leçons de l'épidémie, dans les domaines sanitaires, économiques, social, administratifs et politiques", et non pas "de faire une enquête à charge".

"Trois sujets cristallisent les inquiétudes des Français, observe Damien Abad.
Il cite la pénurie de masques, la doctrine de tests de dépistage - ils sont rationnés - , et les capacités en termes de lits de nos services de réanimation". Le responsable de la droite et du centre estime qu'"il faudra repenser tout notre logiciel politique" après la crise et que "les politiques de coupes budgétaires en matière de santé publique doivent être abandonnées".
 
Mais pourquoi attendre cet automne pour une commission d'enquête ? 
"Nous devons concentrer nos forces aujourd'hui sur la gestion de cette crise, et préserver l'unité nationale dans un esprit de responsabilité", répond-il, en affirmant que "contrairement à Mme Le Pen ou Mélenchon, nous ne sommes pas des pompiers pyromanes, mais une opposition responsable".

Le patron des députés LR appelle à durcir les contrôles du confinement 

"Pourquoi ne pas mobiliser l'armée, via la force Sentinelle, aux côtés des forces de l'ordre pour faire respecter le confinement ? La dissuasion de sortir doit être absolue". La ministre Parly a déjà répliqué par la négative, mais Macron avait en revanche fait appel à elle pour l’acte XIX des Gilets Jaunes... 
 
De plus, "la question du couvre-feu ne doit pas être éludée", d'après lui. 

En outre, il suggère d'"envisager de réquisitionner les biens privés pour produire des masques ou du gel hydroalcoolique". Et "le gouvernement doit davantage écouter l'OMS (Organisation mondiale de la santé) et renforcer massivement le dépistage".