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samedi 1 septembre 2018

Un syndicat de police réclame l'audition d'Emelien, conseiller spécial de Macron

Dans l'affaire Benalla, "Ismaël Emelien aurait dû être entendu et poursuivi"

Un syndicat de policiers a demandé mercredi d'auditionner au plus vite le conseiller de l'Elysée Ismaël Emelien

Macron, Alexis Kohler, sous le coup d'une plainte pour "prise illégale d’intérêt" et Ismaêl Emelien
"Monsieur Emelien aurait dû être entendu et poursuivi". Ce conseiller de l'Elysée a eu en sa possession les images de vidéosurveillance transmises frauduleusement transmises à Alexandre Benalla par des policiers. L'avocat du syndicat explique donc les raisons de sa demande aux juges d'instruction de l'affaire Benalla.
En garde à vue, deux de ces fonctionnaires de la préfecture de Paris avaient fait des déclarations laissant supposer que ces images avaient été remises au conseiller du président par Alexandre Benalla, selon des auditions du 21 juillet.
L'ancien homme de confiance du président en matière de sécurité avait reçu ce CD au soir du 18 juillet, dans la foulée des révélations fracassantes du journal Le Monde sur les violences commises par Benalla le 1er mai place de la Contrescarpe à Paris.

Le 27 juillet, l'enquête des juges d'instruction avait été élargie à la diffusion sur Twitter d'extraits de cette vidéosurveillance, notamment sur plusieurs comptes proches du mouvement présidentiel En Marche! qui prenaient la défense d'Alexandre Benalla.

Une audition "indispensable à la manifestation de la vérité"

Me Yassine Bouzrou
Le 26 juillet, l'Elysée avait confirmé qu'Ismaël Emelien, le discret conseiller d'Emmanuel Macron, avait eu en sa possession le CD qui vaut à Alexandre Benalla d'être mis en examen pour "recel de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection" et "recel de violation du secret professionnel".
Etudiant à l'IEP, Emelien rejoignit - avec Cédric O, Benjamin Griveaux ou encore Stanislas Guérini - l'équipe de Dominique Strauss-Kahn, en campagne de la primaire présidentielle socialiste de 2006. En 2007, il passa son année de stage au Caire, où il apprit l'arabe, puis se rendit en Syrie pour installer une succursale de l'entreprise que son père avait fondée avec Stanislas Guérini, et on le retrouva membre de l'équipe de Havas chargée de la communication du révolutionnaire Nicolás Maduro, président du Venezuela après la mort du dictateur bolivarien Hugo Chávez, pendant sa campagne présidentielle, avant de travailler auprès de Pierre Moscovici.
Alors que le syndicat de policiers Vigi - ex-CGT-police - a réclamé mercredi aux juges d'instruction que le trentenaire soit auditionné au plus vite dans le cadre de l'affaire Benalla, leur avocat Me Yassine Bouzrou s'est étonné que "le conseiller spécial du président de la République n'ait été entendu ni par les services de police durant l'enquête préliminaire ni par les magistrats instructeurs""Il est indispensable à la manifestation de la vérité d'établir si Monsieur Emelien a ou non participé à ces faits", écrit l'avocat de la partie civile.

"On a reproché à des policiers d'avoir recelé voir détenu un CD avec des images d'une vidéo de surveillance sur la place de la Contrescarpe, dans le Ve arrondissement de Paris [montrant les violences physiques dont le proche de Macron, Alexandre Benalla, s'est rendu coupable, le 1er mai 2018]. La justice a tiré toutes les conséquences de ce recel, mais ce qui est étonnant, c'est que le conseiller spécial du président de la République - qui lui-même a reconnu avoir détenu ces mêmes images - n'ait pas été entendu", a-t-il déclaré, précisant que "ce que souhaitent (ses) clients, c'est que tout le monde soit traité de la même manière devant la justice".

"L'Elysée a eu un doute sur l'origine de ce document, et le directeur de cabinet a procédé le 20 juillet, dès le matin, à un signalement au procureur dans le cadre de l'article 40 du code de procédure pénale, en relatant les faits et en joignant le document vidéo dont il n'a pas été conservé de copie", avait précisé la présidence à l'époque.



mardi 7 août 2018

La dissimulation de preuves par Benalla est peccadille, selon le ministère de la Justice

Le procureur s'est-il couché devant l'Elysée ?

Le grand n'importe quoi de la perquisition au domicile de l'ami de Macron

Résultat de recherche d'images pour "perquisition benalla"

Que fait là François-Xavier Lauch,chef de cabinet à l'Elysée, 

plein cadre,au second plan ? 

La république bananière a fait fort. Clefs oubliées, refus de transmettre un numéro de téléphone, soupçon de dissimulation de preuves…, la perquisition du domicile privé d’Alexandre Benalla s’est déroulée le 20 juillet dans des conditions improbables, voire douteuses.
Alors qu’Alexandre Benalla est en garde à vue, les policiers de la brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), de la police judiciaire (PJ), en charge de l’enquête, décident de perquisitionner son domicile privé d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Le but de cette opération était de récupérer des armes stockées dans une armoire forte. Or, cette perquisition se déroula dans la continuité de toute cette affaire rocambolesque.

Arrivés sur les lieux, les policiers ne peuvent pas pénétrer dans le logement. En cause, l’oubli malencontreux des clefs par Benalla lui-même. Seule sa compagne en aurait la possession, mais celle-ci se trouvait, selon ses dires, au Maroc. "Et [le mis en examen] refuse de donner son numéro de téléphone", peut-on lire dans la presse. Le Parquet de Paris, dont relèvent les forces de police présentes sur les lieux, les autorise à user de la force pour pénétrer dans le logement. Mais ni la police locale, ni la brigade anti-criminalité ne semble disposer du matériel lourd nécessaire à l’opération, car le blindage de la porte d'entrée est hyper sophistiquéContraints alors de quitter les lieux Gros-Jean comme devant, les enquêteurs de la PJ apposent un simple scellé provisoire sur la porte.

De retour aux aurores, les forces de l’ordre parviennent enfin à entrer dans les lieux, avec l’aide précieuse d’un -tant attendu- serrurier, également accompagnés par des renforts de l’IGPN, la police des polices. Mais, surprise, l’armoire forte a disparu. L’ancien chargé de mission du chef de l’Etat reconnaîtra par la suite avoir demandé à un de ses proches de déplacer l’armoire "par mesure de sécurité"... Craignait-il un vol par effraction de la police ?

Le syndicat de policiers Vigi, partie civile pour le dossier Benalla, a rapidement mis en cause le déroulement de cette perquisition. "On pourrait croire que le Parquet, aux ordres de la Garde des Sceaux et indirectement de l’Elysée, a voulu savonner la planche avant de passer le dossier, accuse le syndicat de policiers et de personnels administratifs affilié à la CGT, dans un communiqué daté du 1er août. Heureusement que nous sommes dans une République irréprochable et qu’une telle chose est impossible.

Le 30 juillet, l’avocat du syndicat de policiers, Me Yassine Bouzrou, a déposé un réquisitoire supplétif auprès du juge d’instruction en charge de l’enquête, sollicitant la tenue d’une enquête sur des soupçons de dissimulation de preuves. "Avec toute la panoplie de policier de Monsieur Benalla, peut-être que lui ou ses amis avaient en leur possession des autocollants de scellé ?," ironisent les membres du syndicat.

Pour mémoire, dissimuler des preuves vaut 3 ans de prison et 45.000 euros d’amende. Remords de dernière minute ou peur d’une condamnation, Alexandre Benalla a ramené les fameuses armes à la justice le 30 juillet. 

En parallèle, le 21 juillet, une autre perquisition menée cette fois-ci au siège de LREM a révélé la présence de deux armes à feux non déclarées. 
Une autre, propriété du mouvement, était, elle, portée – elle est visible sur les vidéos de la place de la Contrescarpe à Paris - par Vincent Crase, compagnon d’Alexandre Benalla le 1er Mai et salarié de LREM.

République bananière : l'entre-soi de la justice macronienne

Le Parquet a refusé d'élargir le champ d'investigation des juges d'instruction à une dissimulation de preuves
, après la
disparition d'un coffre contenant des armes au domicile d'Alexandre Benalla avant la perquisition, a indiqué vendredi une source judiciaire, suite à la saisi par un avocat de partie civile.
Décision prise dans la touffeur estivale...

Les collaborateurs de l'Elysée impliqué dans cette affaire d'Etat