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lundi 25 septembre 2017

Pénurie d'essence : où trouver du carburant ce lundi ?

Le gouvernement répond absent : il faut avoir recours à la presse et aux applis...

Débuté ce 25 septembre, le mouvement de grève des routiers pourrait créer des problèmes d'approvisionnement des stations-services 

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"J'incite tout le monde à faire le plein assez rapidement parce que je pense que la mobilisation va être très, très forte", a mis en garde Jérôme Vérité de la CGT. La perspective d'une pénurie de carburants pourrait donc se concrétiser d'ici la fin du mois de septembre.
Retrouvez ci-dessous les dernières infos en direct et suivez l'évolution de la situation près de chez vous avec la carte de la pénurie d'essence.

06:04 - De premiers blocages des dépôts pétroliers attendus dans la matinée.
La grève des routiers débute ce lundi 25 septembre et les dépôts pétroliers et raffineries sont particulièrement visés par les grévistes. France Bleu annonce ainsi un blocage à venir du dépôt Rubis près de Rouen mais aussi au Havre.

06:08 - Le gouvernement a anticipé la crise en passant un arrêté.
Pour tenter d'endiguer la crise à venir et les risques de pénurie dans les stations-services suite au mouvement de grève des routiers, le gouvernement a pris un arrêté ce weekend permettant aux entreprises qui livrent les produits d'hydrocarbures de circuler et travailler deux heures de plus par jour. Ces dispositions sont temporaires.

06:11 - Des stations-services déjà prises d'assaut dimanche.
Vous avez été nombreux à vous rendre dans les stations-services ce week-end pour faire le plein en prévision de la crise attendue cette semaine. En Ile de France notamment, des files de véhicules se sont formées à l'approche des pompes dimanche soir.

07:29 - Des forces de l'ordre mobilisées sur de nombreux sites pétroliers.
Les raffineries et dépôts de carburants étaient nombreux à être "protégés" ce lundi matin par des compagnies de CRS et de gendarmerie, venus en amont et qui font face ce lundi matin aux routiers en grève.

08:30 - Plusieurs dépôts de carburants bloqués ce lundi matin.
Si la présence de forces de l'ordre a rendu plusieurs blocages prévus difficiles voire impossibles comme à Donges ou Dunkerque, d'autres raffineries et dépôts pétroliers sont à l'arrêt ce lundi matin. C'est le cas à la raffinerie Total de La Mède près de Marseille où une soixantaine de grévistes bloquent l'accès au site.

09:44 - 32 stations sont déjà signalées en pénurie d'essence en France.
L'application Mon Essence.fr recense 32 stations en rupture totale de carburant en France ce lundi matin. Il s'agit principalement de stations de grandes surfaces, situées en Ile de France mais aussi près de Rennes et Nantes. 

11:21 - Plus de 50 stations-services à sec en France ce lundi.
Ces pompes sont principalement dans la partie ouest de l'Hexagone, notamment autour de Nantes, Rennes et Caen mais aussi désormais à Orléans (les pompes du supermarché Auchan d'Olivet sont notamment à sec) et autour de Paris. On rappelle que la France compte environ 10.000 stations-services sur son territoire.

Carte pénurie d'essence

Certaines applications peuvent être très utiles pour connaître l'approvisionnement des stations services près de chez vous en période de pénurie d'essence. Le blog de l'application Essence répertorie à chaque période difficile les stations essence ouvertes, fermées ou partiellement à sec. Elle est mise à jour en temps réel en suivant les remontées des utilisateurs et indique les stations en rupture de carburant.


Où trouver de l'essence à Paris et en Ile de France ?
A Paris, et en Ile de France, plusieurs stations-services sont signalées à sec par l'appli Mon Essence.fr
C'est le cas du Total Acces d'Issy-les-Moulineaux (92), de l'Intermarché de Choisy-Le-Roi (94), du Total de Neuilly-sur-Seine (92), du Total de Champigny sur-Marne (94) ou du Leclerc du Kremlin-Bicêtre (94). Pas de problème pour l'heure à Paris intra-muros.

Où trouver de l'essence à Nantes ?
Nantes est une des premières villes touchées par les risques de pénurie d'essence. Plusieurs stations-services sont déjà à sec ce lundi. C'est le cas de la station Carrefour-Contact de Montfaucon-Montigné, de l'Intermarché de Montlimart, du Auchan Carburant de Saint-Sebastien sur Loire et du Hyper U de Vallet. Les autres stations-services sont encore accessibles et fournissent du carburant.

Où trouver de l'essence à Rennes ?
Rennes est également touché avec des stations-services signalées à sec comme le Total Access de l'Avenue du Général Leclerc ou le Leclerc de Pleumeleuc. Plusieurs stations sont également signalées en rupture partielle.

Pénurie d'essence : quand ?

La France a connu plusieurs périodes de pénurie d'essence sous Hollande. 
La première a eu lieu en mai 2016 suite au mouvement des routiers (soutenus par les branches Pétrole de plusieurs syndicats) contre la Loi Travail du gouvernement Valls. Elle avait conduit à une situation de blocages de nombreuses raffineries et à une situation de pénurie dans de nombreuses stations-services. Les Français avaient nettement augmenté leur consommation de carburant pour remplir leurs réservoirs et être sûrs de pouvoir se déplacer. 

Or,
c'est cette prévoyance responsable que craignent les autorités.
C'est elle qui -bizarrement- est rendue responsable du phénomène de pénurie, plutôt que les actions syndicales corporatistes. Ce constat s'est vérifié fin mai 2017. Le mouvement des transporteurs de carburant avait impacté plus de 1.000 stations-services avec des ruptures totales ou partielles d'approvisionnement. Cette fois, ce sont les branches Transports des syndicats CGT et FO qui appellent à la grève dès le 25 septembre 2017.

Y aura-t-il des blocages des raffineries et dépôts de carburant ?

Les syndicats CGT et FO se désolidarisent de l'ensemble des Français, protestant contre la réforme du droit du Travail qu'ils jugent menaçante de leurs avantages professionnels. Ils ouvrent les hostilités le lundi 25 septembre, forts de leur capacité de nuisance. 
Ils dénoncent notamment la précarisation du contrat de travail, la facilitation des licenciements économiques ou encore le plafonnement des indemnités prud'homales. 

Les deux syndicats ont déjà annoncé que la grève serait reconductible et aurait des "conséquences très concrètes sur l'économie française" - donc sur l'emploi et le pouvoir d'achat - selon les mots du secrétaire général de la fédération CGT-Transports, Jérôme Vérité.

Le blocage de grands axes mais aussi des dépôts de carburant est lancé. 

"Marcher dans la rue, c'est bien, mais on a vu dans le passé que
des millions de salariés ne font pas bouger les lignes, alors on essaie autre chose", prévient le représentant de la branche Transports du syndicat FO, Patrice Clos.
On en saura donc plus sur les risques de pénurie d'essence au soir du 25 septembre, en fonction de l'étendue du mouvement de blocages. 

La France compte neuf raffineries en fonctionnement, dont huit en métropole (la dernière se situe en Martinique) : à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), Grandpuits (Seine-et-Marne), Gonfreville-l'Orcher (Seine-Maritime), Donges (Loire-Atlantique), Notre-Dame de Gravenchon (Seine-Maritime), Martigues  à La Mède (Bouches-du-Rhône) et Feyzin (Rhône). 
La France compte également 130 dépôts de carburant répartis sur le territoire.

dimanche 22 mai 2016

Les gauches du PS règlent des comptes avec Hollande

Hollande, cible d'un complot des gauches de la gauche du PS?

Jean-Luc Mélenchon et d'autres ne désespèrent pas de faire aboutir une motion de censure

"Le 49-3, ce n'est pas fini", assure Mélenchon à qui veut bien l'entendre, fort de l'action jusqu'au-boutiste de la CGT et François Hollande doit prendre au sérieux ce scénario qui retentirait comme le tonnerre dans l'opinion parce qu'initiée par les gauches de la gauche à l'Assemblée, en cas de nouveau recours au 49-3 sur la loi El-Khomri.  Celle-ci doit revenir en deuxième lecture devant l'Assemblée, après améliorations par les sénateurs et l'ancien socialiste et ex-candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle demeure persuadé que le vote d'une motion de censure, déposée par des députés des gauches de la gauche et des frondeurs, et adoptée avec la complicité de la droite, est un objectif accessible. A l’Elysée, François Hollande suit le dossier attentivement.

Ce n'est pas tant Macron et ses ambitions qui l'inquiètent, que l'adoption d'une motion  de gauche provoquée par  un nécessaire nouveau recours à l'article 49-3 sur la Loi Travail.  A compter du 15 juin, nous serons en effet à un an des élections législatives qui feront suite à la présidentielle dont le second tour aura lieu début mai de l'an prochain. C'est alors que se percuteront le problème de François Hollande et les opportunités qu'évalue Jean-Luc Mélenchon. 
A tout moment, le président de la République peut dissoudre l'Assemblée nationale comme l'y autorise la Constitution. Soit pour donner aux Français l'occasion d'harmoniser la majorité parlementaire à une nouvelle majorité présidentielle, comme Mitterrand en 1981 et 1988). Soit pour tenter de se donner une chance de conserver la majorité avant l'échéance prévue, prenant les Français de court (c'est l'exemple de Chirac en 1997). Soit dans le but de sortir d'une crise politique nationale (expérience de de Gaulle après mai 1968). Soit parce que le gouvernement vient d'être renversé par l'Assemblée nationale, ce dernier cas de figure ne s'étant présenté qu'une fois depuis l'entrée en vigueur de la Ve République, en 1962: Pompidou renversé, de Gaulle avait dissous. Mais c'était de Gaulle, au temps de sa légitimité indiscutée, régulièrement entretenue par référendum. 
Or, cette faculté de dissoudre est limitée: le président ne peut dissoudre dans l'année qui suit une dissolution. Ce qui signifie qu'en cas de motion de censure, imposée le 15 juin, il ne serait plus ensuite possible de dissoudre avant un an. Le tout avec une élection présidentielle entre ces deux dates. En clair, passé la mi-juin 2016, l'adoption d'une motion de censure, pour cause de recours à l'article 49-3 engagé sur la loi El-Khomri, limiterait la marge de manoeuvre à venir de Hollande. Un nouveau vote de motion de censure plongerait le président Hollande dans une crise de régime, parce que contraint de renoncer, à quelques mois de l'élection présidentielle, à la dissolution. Une dissolution enclencherait un désordre politique ingérable, institutionnel et politique, qu'il serait impossible de maîtriser. 

Peut-on sérieusement imaginer des législatives anticipées à quelques mois d'une élection présidentielle?
 
Et une cohabitation? Et une victoire de Hollande à la présidentielle? 
Un délai d'un an entre deux dissolutions est un scénario catastrophe pour l'activité économique et administrative du pays, figé dans l'attente. Après le vote d'une motion de censure de trop, Hollande ne serait plus en capacité constitutionnelle de dissoudre. 
Mais le président hésiterait-il à faire du chantage au chaos institutionnel, lui qui use et abuse du terrorisme et de tire sur la ficelle de l'état d'urgence ? On voit mal Hollande en fin de quinquennat prendre des gants avec la Ve République et la réduire à une IVe pour mieux imposer la VIe à son successeur. 

L'opposition de droite, de Sarkozy à Juppé, en passant par Dupont-Aignan, laisserait-elle la statue François Hollande s'écraser ? Elle s'est toujours refusée à conclure une quelconque alliance objective avec Mélenchon, comme le FN de Marine Le Pen avec les gauches de la gauche, bien qu'ils aient recueilli nombre de leurs migrants politiques et syndicaux. Pourrait-elle laisser passer la chance de censurer le gouvernement, alors que le risque de dissolution est réduit à néant ? Le pays pourra-t-il attendre que l'Etat-PS se fracasse ou la rue précipitera-t-elle ce quinquennat vers sa fin ? Les gauches de la gauche rêvent-elles de se reconstruire sur les ruines du PS, comme le PS qui tente de se perfuser au sang anémié des écolos après qu'ils ont fait eux-mêmes imploser leur parti, Europe Ecologie-les Verts. Se hâter vers le chaos  pour en finir au plus vite et dans l'intérêt de la nation avec un PS dénaturé par le  social-libéralisme.
 
Les radicaux, Mélenchon, Duflot et aujourd'hui Montebourg, candidat par défaut de bien des frondeurs socialistes, répugneraient-ils à une défaite historique consentie de grande ampleur en 2017 qui permettrait à la gauche de se reconstruire pour  2022, sur le modèle idéologique porté par Jeremy Corbyn au Royaume-Uni. Il a toutefois manqué deux députés pour atteindre les 58 signatures nécessaires au dépôt d'une motion de censure des gauches, avec la complicité des amis de Martine Aubry pourtant présentée comme la grande prêtresse de la fronde socialiste...

Mélenchon ne renonce pas à convaincre des socialistes légitimistes Il continue de proclamer que "Ce n'est pas fini le 49-3 !" Et voilà pourquoi, aussi, Montebourg pourrait inciter ses troupes à appuyer sur le bouton rouge de la force de frappe lors du vote d'une motion de censure. 

La question de l'intérêt de la droite ne se pose même pas, puisque Hollande est en déséquilibre au bord du précipice. De promesses en reculades et de coups de poker en coups de force, le pouvoir peut précipiter sa propre chute.
L'exécutif démontre chaque jour que le PS au pouvoir est synonyme de désordre et de fractures et qu'il est  irrécupérable.  François Hollande n'a plus de majorité. De même que Marine Le Pen (!), il ne peut plus remporter seul l'élection présidentielle. Une primaire à gauche contribuerait à un déballage nauséabond et ferait des ravages difficilement surmontables avant longtemps, comme l'hémorragie de militants et d'élus qu'elle ne manquerait pas d'entraîner. La primaire de la droite et du centre s'expose à un écueil comparable de moindre ampleur, espère-t-on, dans de meilleures conditions. 
La tentation d'une dissolution provoquée par la droite n'est pas pressante, puisque, sans s'exposer à la critique, il peut laisser le temps accomplir son oeuvre, le quinquennat marchant vers son auto-destruction, un jour en brandissant la menace ou la force et, le lendemain, manifestant sa faiblesse et don errance, d'autant que le risque de voir Hollande passer devant le candidat LR au premier tour de l'élection présidentielle et moindre que celui de ne pas être au second. 
Face à l'adoption d'une motion de censure pour cause de 49-3, il n'est pas une solution qui serait susceptible d'offrir une bouée  efficace au capitaine de pédalo. Reste la carte Emmanuel Macron, mais les gauches du PS n'en seraient que plus exaspérées. Mais alors qui ?