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lundi 22 août 2016

Les Jeux Olympiques 2016 de la France sont-ils vraiment "historiques" ?

La France ambitionnait d'être parmi les 5 premières nations: elle est au 7e rang

La France quitte Rio avec 42 médailles, mais avec peu de titres olympiques


Pour BFM TV, aucune exagération n'est de trop pour glorifier le quinquennat:
JO "historiques", "record de médailles" et... drapeau tricolore
L'AFP assure qu'avec 42 médailles à Rio, les Français ont fait mieux qu'à Pékinmais aussi qu'à Londres en 2012: 10 médailles d'or, 18 médailles d'argent et 14 médailles de bronze pour un total de 28 sports, dont le rugby à sept et le golf, ajoutés par le CIO en 2009.


La France a remporté le plus grand nombre de médailles de son histoire aux Jeux olympiques d'été de 1900 à Paris avec 101 médailles dont 26 médailles d'or (record historique de médailles d'or). Elle a obtenu lors de cette olympiade la première place des nations: rappelons qu'elle était pays organisateur.

Hormis cette moisson de records remontant aux JO d'avant-guerre, la délégation française a remporté 15 titres olympiques aux Jeux olympiques d'Atlanta de 1996 contre seulement 10 à ceux de Rio en 2016 (moins que les 11 médailles d'or à Londres en 2012) qui ont permis de remporter 42 médailles, "battant" d'une seule médaille les 41 des JO de Pékin en 2008 et d'Anvers en 1920.

Il conviendrait aussi que l'AFP et les journalistes débusqueurs de "vrai ou faux" (tel Antoine Krempf sur France Info) d'observer que la France supporte mal la comparaison avec les pays européens.
Ainsi la Grande-Bretagne rafle près de trois fois plus de médailles d'or que la France, sur un total de 67 (mais 42 à la France) et si nos voisins d'Outre-Rhin obtiennent quant à eux le même nombre total de médailles, l'Allemagne en arrache 17 en or, contre 10 à la France qui brille davantage dans l'argent, plutôt au deuxième rang qu'au premier.

Or, Thierry Braillard affiche sa "ravitude" !...


A l'heure du bilan, nul ne souligne l'absence de la Russie.
Depuis plusieurs mois, la Russie est au centre de plusieurs scandales de dopage. Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a écarté 68 athlètes russes qui contestaient la décision de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) de les priver de Jeux. La sauteuse en longueur Darya Klishina, qui s’entraîne aux Etats-Unis depuis plusieurs années et répondait aux critères posés par l’IAAF, sera la seule représentante de l’athlétisme national sur la piste au Brésil. Cette décision n’a pas été remise en cause par le CIO, qui se devait d’afficher une certaine sévérité, au moins dans le ton, eu égard au contexte politique actuel. Les candidats russes devaient pouvoir justifier de contrôles antidopage effectués par des organismes opérant en dehors de Russie  et ne devaient pas avoir déjà été contrôlés positifs au cours de leur carrière. 
La France n'en profitera pas... Mieux, les handballeuses, battues en finale par la Russie, récoltent l'argent.

Ni le ministre, ni donc l'AFP ne s'attarde non plus sur les grandes déceptions des Bleus. A la perche, Renaud Lavillenie obtient l'argent quand l'or était considéré comme acquis et, en nage libre, Florent Manaudou à qui l'or était promis n'a pris que l'argent. L'épéiste Gauthier Grumier s'est rabattu sur la médaille de bronze. La génération dorée du handball masculin s'est contentée de la deuxième marche du podium. 
Emouvante détresse d'un grand champion hué par le pays-hôte,
au mépris de l'esprit olympique
 
Les "Experts", handballeurs français doubles champions olympiques en titre, n'ont pas réussi à signer un triplé historique. Estimons-nous toutefois heureux que l'équipe de France - Karabatic et Onesta, l'entraîneur, en tête - n'ait pas détruit un plateau de télévision comme celui de l'Equipe TV, comme en août 2012, pour se calmer les nerfs...
On a pu apprécier les médailles d’argent de Mélina Robert-Michon au disque, ainsi que celle en bronze de Dimitri Bascou sur le 110m haies. 

La liste est plus longue encore, monsieur le ministre ravi

Les footballeuses françaises nourrissaient de grands espoirs après leur quatrième place à Londres il y a quatre ans. Mais à Rio, elles s'inclinent en quarts de finales. Pas contre leur bête noire, l'Allemagne. Pas contre les hégémoniques américaines. Mais contre le Canada, un adversaire qui semblait à leur portée, qui a fini en bronze.
Zéro pointé pour les  
relayeurs du 4x100m français, chez les dames comme chez les messieurs. Sur une épreuve où les Français peuvent traditionnellement accrocher un podium, les Bleus et les Bleues n'ont cette fois pas réussi à se qualifier pour la finale.
L'aventure s'est arrêtée en quarts de finale pour les Bleus de basket, défaits par l'Espagne. S'incliner contre un adversaire de ce calibre n'a certes rien d'infamant, mais l'ampleur de la déroute (92-67) laisse un ressenti de débâcle aux coéquipiers de Tony Parker, lequel méritait mieux pour son dernier match international.
Le cyclisme sur piste avait débuté avec une médaille de bronze en vitesse par équipe, un peu décevante, mais de tout de même encourageante. Puis plus rien. Gregory Baugé, François Pervis, Virginie Cuef et les autres n'ont pas réussi à monter au sommet de la piste.
On attendait aussi beaucoup des volleyeurs français
, après leur victoire en ligue mondiale en 2015 et leur titre de champions d'Europe. Earvin Ngapeth, Antonin Rouzier et leurs coéquipiers n'ont pas démérité, offrant même au public des coups d'anthologie, mais ils se sont heurtés aux murs italiens, américains et brésiliens. Ils ont été éliminés dès les phases de poule.
En tennis, Tsonga blessé, la paire Mahut-Herbert éliminée dès le premier tour,
Christina Mladenovic qui s'en prend à la fédération pour une histoire de tenue, Benoît Paire viré l'équipe de France pour mauvais comportement... Le bilan du tennis français n'est pas très flatteur. Gaël Monfils se hisse en quarts de finale et s'incline face au Japonais Kei Nishikori.
L'escrime a balayé l'affront de Londres 2012, mais en individuel, même si les escrimeurs(ses) français(e) ne sont pas passées loin, à l'image de
Lauren Remby, 4e à l'épée. Et, on l'a vu, Gauthier Grummier empoche le bronze à l'épée, alors que le numéro 1 mondial était en droit de rêver à l'or olympique.
La dernière fois que l’équitation française avait ramené deux médailles d’or des Jeux, c’était en 1948. A Rio, l’équipe de France de concours complet (Astier Nicolas, Karim Laghouag, Mathieu Lemoine, Thibaut Vallette) a été sacrée championne olympique, douze ans après son dernier titre. Et Astier Nicolas a ensuite gagné la médaille d’argent en individuel. Puis ce fut au tour de l’équipe de France de saut d’obstacles (Pénélope Leprévost, Roger-Yves Bost, Kevin Staut, Philippe Rozier) de remporter la médaille d’or. Quarante ans après son père, qui avait gagné à Montréal en 1976 dans la même épreuve, Philippe Rozier est lui aussi devenu champion olympique.

Les médailles sont arrivées là où on ne les attendait guère.

Des obscur(e)s se sont hissés au niveau des grands

Les larmes en or de la Française Emilie Andéol, championne olympique des plus de 78 kg au judo, le 12 août 2016.Emilie Andéol n'est pas la judokate française qu'on attendait le plus, malgré sa 5e place au classement mondial. Elle s'est pourtant hissée jusqu'en finale des plus de 78 kg, battant la Cubaine championne olympique en titre pour s'emparer de la médaille d'or. C'est ce qu'on appelle une belle première participation aux Jeux olympiques qui valait bien des larmes de bonheur sur le podium.
Dans leurs disciplines respectives, tir à l'arc et tir au pistoletJean-Charles Valladont et Jean Quiquampoix étaient déjà connus , mais le grand public a fait de belles découvertes à Rio: les deux athlètes récoltent chacun une médaille d'argent méritée.
Estelle Mossely est devenue la première Française championne olympique de boxe. 

On attendait une équipe de
boxe compétitive, mais six médailles, c'est du jamais vu ! Mention spéciale à Estelle Mossely, qui devient la première Française championne olympique de boxe (poids légers), imité par son compagnon Tony Yoka, sacré en super-lourds. Citons aussi Sarah Ourahmoune (mouches) et Sofiane Oumiha (légers) se sont parés d’argent. Enfin, Souleymane Cissokho (welters) et Mathieu Bauderlique (mi-lourds) ont, eux, gagné une médaille de bronze. Il y a quatre ans à Londres, les boxeurs français n’avaient rien récolté.
Le décathlonien Kévin Mayer termine deuxième battant ou égalant bon nombre de ses records: il écrase le record de France et réussit la sixième meilleure performance de tous les temps. Une précieuse performance dans un athlétisme français, qui rentre avec un total de six médailles, mais sans titre olympique.Loin d'être assuré d'une médaille dans cette course très relevée et négligé des media, Christophe Lemaitre ramène du bronze qui vaut de l'or sur 200 m: il côtoie Usain Bolt sur le podium.
"C'est un nouveau moi qui arrive. Une résurrection", a commenté le "TGV de Culoz". On aurait aimé qu'il en fût de même pour les autres

Difficile de crier victoire, donc, mais la presse n'hésite pourtant pas à enfumer les Français

RMC Sports (BFMTV) n'attend pas la fin des épreuves


L'Equipe fait aussi un faux départ





L'AFP manipule l'opinion en choisissant ses éléments de comparaison
: 
il aurait en effet été important pour le pouvoir socialiste de se prévaloir d'un score plus reluisant mais la présence de Hollande, président poisseux, à Rio n'est probablement pas étrangère aux contre-performances des premiers jours.

On arrive clairement à "la fin du cycle"
entamé en 2004 par Laure Manaudou: les nageurs français n'ont reçu que deux médailles d'argent et aucun titre olympique, ni individuel, ni en équipe. Quelques règlements de compte en public n'empêchent pas l'encadrement, suivi de certains commentateurs patentés, de trouver un "esprit d'équipe" inégalé aux Bleus de Rio, selon notamment Teddy Riner, valeureux médaillé d'or, mais tacleur de Renaud Lavillenie arrivé dans sa gloire de champion olympique en titre et détenteur du record du monde et hué par le public brésilien venu soutenir son perchiste, Thiago Braz qui a amélioré son record de 10 cm pour s'emparer de l'or. 

Au final, "il faut maintenant transformer l'argent en or", lâche Thierry Braillard

Le secrétaire d'État aux Sports -d'abord auprès de Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, puis auprès du nouveau ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner - a dressé un bilan satisfaisant de ces Jeux olympiques mais assure cependant qu'il y aura une "profonde réflexion" à mener, alors que certaines fédérations ont déçu.


La presse militante se serait-elle emballée dans son instrumentalisation des Jeux Olympiques au service de la propagande gouvernementale: une démarche digne des régimes totalitaires du passé, nazi ou stalinien ?

samedi 1 février 2014

Municipales 2014: le nageur Frédérick Bousquet rejoint Gaudin à Marseille

Le vice-champion olympique soutient le maire sortant UMP 

Frédérick Bousquet figurera sur les listes du maire UMP de Marseille


en position éligible  lors des prochaines municipales. Le champion de natation était présent  dans les locaux de la permanence UMP de Jean-Claude Gaudin, le mercredi 29 janvier 2014.
"Je suis ravi, excité et impatient de découvrir un nouveau monde et une nouvelle aventure, ce ne sera pas la seule, ma carrière sportive est loin d'être terminée", a déclaré Frédérick Bousquet, lors d'une conférence de presse à la permanence de Jean-Claude Gaudin alors que le sénateur-maire est en tête des estimations.

"Ma démarche s'inscrit dans la continuité de mes relations avec la mairie", a souligné le quadruple champion d'Europe (2010 et 2012), vice-champion olympique et plusieurs fois médaillé aux championnats du monde, qui s'entraînedepuis huit ans au Cercle des nageurs de Marseille.

A Valls, le socialiste Mennucci aurait préféré le champion

Mennucci, en retrait
second à partir de la droite
A une longueur derrière, le poulain de Valls regimbe
"Jean-Claude Gaudin a remplacé la pénurie de piscines par un champion olympique", a grogné, lors d'une conférence de presse le candidat PS, Patrick Mennucci.
"On est à la limite du conflit d'intérêts", a lancé le socialiste qui vient de recevoir son parrain, le ministre de l'Intérieur en campagne à Marseille. Selon le PS, une convention d'occupation d'un bâtiment municipal a été passée avec une société privée "sans le moindre appel d'offre", lors du dernier Conseil municipal, qui "prévoit l'aménagement d'un centre de bien-être et de remise en forme, pour un loyer extrêmement faible de 2.083 euros par mois".
"Quelques jours plus tard, nous découvrons que derrière ce projet se trouvent Paul Leccia", le président du Cercle des nageurs, "et Jean-François Salessy, agent de Frédérick Bousquet", s'étonne dans un communiqué, Nathalie Pigamo, candidate PS aux municipales, tout aussi amère que son patron. De plus la nageuse Laure Manaudou, avec laquelle Frédérick Bousquet a eu une fille, est "porteuse médiatique du projet", lance le PS en perte de vitesse et de crédibilité.

Le sportif figurera sur la liste du 1er secteur conduite par le député UMP Dominique Tian. "Ma place sur la liste m'importe peu", a expliqué le nageur qui veut se "mettre à la disposition du maire pour aider au maximum", comme un "ambassadeur" de la ville dans le domaine du sport. 
Selon Dominique Tian, le nageur "rentrera au conseil municipal", indiquant par là qu'il sera en position éligible.
"Je suis sûr que je trouverai les parallèles entre vie sportive et vie politique", a estimé Frédérick Bousquet. 

Maire des 6e et 8e arrondissements, Yves Moraine a promis "d'autres petites surprises" sur les listes UMP qui "au-delà des têtes d'affiches accueilleront d'autres personnalités de la société civile".


samedi 18 août 2012

J.O.: Les athlètes français font rayonner la France

Des médaillés sortent le pays de la léthargie socialiste

L
e Petit Poucet a un coeur gros comme ça !
Le sang-froid de Renaud L
avillenie
a impressionné le monde

comme diraient les Anglais...


Effacée la honte de l’équipe de France de football au championnat d’Europe



Les athlètes français redorent le blason du sport tricolore

La délégation tricolore totalise moins de médailles qu'à Pekin (34 contre 41), mais elle décroche onze médailles d'or, soit quatre de plus qu'il y a quatre ans, onze médailles d'argent et treize de bronze... Au tableau des médailles, la France finit septième.

La main sur le coeur, les quatre champions olympiques du relais 4x100 mètres nage libre, Amaury Leveaux, Fabien Gilot, Clément Lefert et Yannick Agnel (ci-dessous), entonnent la Marseillaise. Cette victoire, ils la savourent amplement. Elle est méritée. Face aux Américains, champions en titre, face aux redoutables Australiens, le quatuor français a fait des prouesses. " On n’avait rien à perdre, on a vu les Australiens très tendus, un peu comme nous en 2008. Et on s’est dits, allons-y à la cool, comme on sait faire. "

En juin, lors du championnat d’Europe, des footballeurs mal embouchés avaient gâché la fête. Cette fois, quel bonheur ! Ces sportifs, nageurs, judokas, tennismen…, auront marqué ces jeux Olympiques de Londres et réjoui les Français par leur comportement et la solidarité dont ils ont fait preuve, dans la victoire comme dans la défaite. L’escrimeuse Laura Flessel, éliminée en huitièmes de finale, en pleurs dans les bras de sa mère, a confirmé qu’elle mettait fin à sa carrière, " mais seulement quand je serai rentrée à Paris. Aujourd’hui, je vais être derrière l’équipe de France olympique, derrière la France qui gagne. C’est un nouveau challenge ". 

Toute la famille de la judokate Automne Pavia était venue assister à son combat. Ses amis aussi. L’ambiance était chaleureuse. « Je ne vais pas cracher sur une médaille de bronze, je suis très contente. J’ai beaucoup travaillé et ça a payé aujourd’hui. » À l’image de sa camarade, Teddy Riner, champion olympique, a laissé exploser sa joie, et n’a pas manqué de remercier le public : « Je vais dire un mot pour toute la nation française qui m’a apporté son soutien. Sans eux, je n’aurais pas cette médaille. » En canoë, Tony Estanguet (ci-dessous) a rayonné. Après avoir remporté sa troisième médaille d’or (après celles de 2000 et de 2004), il veut relever un nouveau défi : intégrer le Comité international olympique (CIO). Belle preuve d’engagement pour le champion de 34 ans, qui a reçu le soutien de ses aînés : " C’est un type bien, bosseur, très impliqué. Il représenterait bien la France ", juge Jean-Claude Killy, triple champion olympique de ski à Grenoble (1968).

Fiers mais humbles, nos sportifs adoptent une attitude exemplaire. Il ne manquerait plus qu’ils chantent juste. Enfin des Français “normaux” et des sportifs corrects ? Ils ne font pas de doigts d’honneur, ne se font pas surpayer, n’insultent pas leurs camarades ni les journalistes et, pour la plupart, parlent un français correct. Très loin des écarts de conduite de Zinédine Zidane, le premier, et de Samir Nasri (suspendu trois matchs pour propos injurieux à l'enversendroit de journalistes irréprochables (comme le sont les handballeurs qui ont saccagé le studio de L'Equipe) ou des maltraitances langagières de Franck Ribéry (" C’est une ville que j’aime bien venir ", avait-il déclaré en parlant du Touquet). Sans parler des vies sexuelles amorales (dans las cultures européennes) du même et de Benzema, compromis dans l'affaire Zahia, une mineure. A noter que Ribéry et sa femme Wahiba ont appelé l'un de leurs fils Seif el Islam, le prénom d’un des enfants de ...Kadhafi.

Les ministres des Sports de Sarkozy ont sorti les intellos 
Yannick Agnel par exemple. Le “Squale” attire tous les regards, après avoir remporté la médaille d’or au 200 mètres nage libre. Bac S (mention bien), lecteur invétéré de Baudelaire et de romans d’anticipation, il n’hésite pas à citer Montesquieu devant les journalistes. Son entraîneur, Fabrice Pellerin, dresse son portrait atypique : " Je dois toujours lui dire de ne pas oublier son maillot. Assez éthéré, il évolue sur des strates spirituelles, du genre désincarné, étourdi […]. C’est son fonctionnement, parfois approximatif, mais il compense par des choses très fortes : sa confiance en lui, ses convictions, sa soif de victoire sans aucun complexe. "

Avec sept médailles (record battu), dont quatre en or, le bilan français dépasse toutes les attentes. Ça n’a pas toujours été le cas. Depuis le fiasco des jeux Olympiques d’Atlanta, en 1996, le monde de la natation française a beaucoup évolué. Fabrice Pellerin est l’un des principaux artisans de cette re naissance amorcée en 2000. L’entraîneur des nageurs niçois s’est détourné d’une carrière d’enseignant en éducation physique pour se dévouer à ses nageurs avec un perfectionnisme étonnant.

Sans langue de bois, il dénonce les problèmes qui pervertissent aujourd’hui l’enseignement du sport en France. 
" Camille Muffat est rentrée un jour d’une évaluation de natation à l’école; elle avait obtenu… 12/20. Je me suis alors demandé comment cela était possible. Et l’on m’a expliqué qu’il existait une pondération spécifique pour que les personnes douées en sport ne soient pas avantagées. " Le nivellement vers le bas, il ne connaissait pas...

Autodidacte, Pellerin voyait grand depuis longtemps : " Je ne me voyais pas jouer à la baballe avec des élèves. J’avais ce désir d’élitisme, de perfectionnisme… " 
Laxisme ou fermeté,
il faut choisir

Si nos nageurs brillent aux JO de Londres, c’est en partie grâce à ce baroudeur du coaching (ci-contre). " Avec moi, on ne discute pas.[…] Je tourne à une dizaine de chronomètres par an qui valdinguent à l’entraînement. Camille [Muffat] a un jour pris deux chronos dans la tête. C’est là que je me suis rendu compte qu’elle avait la tête dure ". Ses poulains sont ses soldats, il gère sa troupe comme un commando. " Ils ont le choix de s’entraîner avec moi, ou pas. Mais si on fait ce choix, on ne négocie pas la stratégie de préparation, on ferme sa gueule. Ce n’est pas un rapport de soumission, c’est une confiance, une collaboration où chacun apporte ses compétences. Je serais incapable de faire ce qu’ils font dans l’eau, mais le coach est censé diriger. "

Pragmatique, Pellerin assume aussi son côté intello, sa manie de tout rationaliser. Bourrin, l'entraîneur des handballeurs, Claude Onesta, ne joue donc pas dans la même cour... Depuis ses 17 ans, Pellerin note dans des cahiers ses réflexions sur la natation. " J’esquissais des positions de bras. Mais c’était trop analytique, je pensais trop, et c’est incompatible avec le processus d’action. " La méthode Pellerin porte enfin ses fruits, et ce n’est que le début. Une sorte d’approche 'old school' qui ne ferait peut-être pas de mal aux casseurs, ni aux footballeurs de l’équipe de France.  

Comme Mahiedine Mekhissi-Benabbad, ils peuvent aussi être négligés

Ce qui les différencie de nos champions ? Le devoir de représentation. Cela pourrait changer avec l’arrivée de Didier Deschamps à la tête des Bleus, si toutefois il n'applique pas la méthode Ayrollande: parler beaucoup sans lever le petit doigt. Constatant les dégâts causés par les joueurs, le nouveau sélectionneur a évoqué un " devoir d’exemplarité sur le terrain et en dehors ", " la notion de plaisir, de représenter la France, de porter ce maillot ". Les joueurs qui n’auront pas " un comportement idéal se condamneront eux-mêmes ".

Ecartelé entre  les sponsors et la fédération, l'argent et la magouille, Deschamps aura-t-il une marge de manoeuvre suffisante ? Sur cette voie, Laurent Blanc avait échoué. Au moins garderons-nous le souvenir de ces JO qui, le temps d’un été, nous auront enchantés…