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mercredi 6 mars 2019

Agression islamiste à la prison de Condé-sur-Sarthe : colère des surveillants pénitentiaires contre Belloubet et l'insécurité

Bain de sang à l' "unité de vie familiale" accessible aux détenus les plus radicalisés et dangereux

Un détenu radicalisé a poignardé deux surveillants mardi matin à la prison ultrasécurisée de Condé-sur-Sarthe (Orne) 

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, qualifie l'attentat de "terroriste", mais elle ne l'attribue pas à un islamiste.
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Que sait-on de cet attentat ?

Vers 09h45, le mardi 5 mars, 
le détenu Michaël Chiolo a attaqué deux surveillants avec un couteau que sa femme lui avait remis à l'intérieur de la prison. Selon un délégué du syndicat FO, l'agresseur a crié les mots "Allah Akbar" lors de l'agression. "Le caractère terroriste de cette attaque ne fait aucun doute", pour Nicole Belloubet. La section antiterroriste du Parquet de Paris s'est saisie de l'enquête.

Le couple s'est retranché avec sa compagne dans l'unité de vie familiale dont le détenu avait la jouissance à l'intérieur de la prison (cf. photos 1 et 2). En début d'après-midi, il s'y trouvait toujours et les forces d'intervention n'avaient pas établi de contact avec lui.
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Après coup, les procédures de sécurisation ont été mises en place : branle-bas dans les équipes régionales d'intervention et de sécurité (Eris) de Rennes et du RAID, l'unité d'élite de la police nationale, et, bien sûr, activation d'une cellule de crise magique... 
Le procureur de Paris, Rémy Heitz, a fait le déplacement sur les lieux et la ministre a demandé une "inspection" pour "faire la lumière" sur cette attaque !
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Nicole Belloubet révèle que
le couteau - en céramique et donc non repéré par le détecteur de métaux - aurait pu avoir été apporté par la femme du détenu. Une possibilité qui interpelle l'homme de la rue et le gardien de prison - à défaut de faire réagir au sommet de l'Etat totalement dédié aux élections européennes - s'agissant d'une prison "ultrasécurisée", du type de celles qui doivent accueillir les "revenants" d'Irak et de Syrie...

La vie des deux surveillants, âgés d'une trentaine d'années, n'est "pas en danger", selon Nicole Belloubet. Leurs vies ont toutefois été exposées.

Image associée 
Le plus grièvement blessé a été "éventré", selon le délégué FO, et a subi une intervention chirurgicale. L'autre surveillant a été frappé à plusieurs reprises, à la mâchoire, au visage et dans le dos, selon cette source syndicale.

Qui est Michaël Chiolo, 27 ans, l'islamiste forcené ? 
Né en Moselle le 11 juillet 1991, Michaël Chiolo était désocialisé depuis l’âge de 17 ans.
En 2010, il s’affichait pourtant heureux et amoureux sur son blog, fier de ses origines italiennes et déjà converti à l’islam, sous le nom d’Abdel-Karim, avant son premier passage en prison: c’est seulement en 2012 que la vie du jeune homme bascule pour de bon, malgré un procès pour des faits d’escroquerie et un vol aggravé commis en 2008 et 2010. Le 13 avril 2012, un ami d’enfance, de cinq ans son aîné, l'aurait entraîné dans l’attaque d’une bijouterie de l’autre côté de la frontière allemande, pour un butin de 4.000 euros.

Le 17 avril, les trois marginaux se rendent à Montigny-lès-Metz, au domicile d’un octogénaire qu'ils séquestrent et tuent: ils en voulaient au coffre-fort de cet ancien résistant de 89 ans, Roger Tall, qui s’était échappé du camp de concentration de Dachau, qui fut un lieu d'internement nazi, notamment d'homosexuels et de Tziganes.

Le trio est arrêté deux semaines plus tard. Pour l’expert psychiatre mandaté lors de l’enquête, Michaël Chiolo présente un "trouble de la personnalité grave de type dissociale", sur lequel les psychothérapies sont "sans effet", avec "risque de récidive violente majeure" et "grande dangerosité", note-t-il.
Mi-décembre 2015, Michaël Chiolo est condamné en appel à 30 ans de réclusion criminelle pour enlèvement et séquestration suivi de la mort de sa victime. Il a 24 ans et

L’enquête le décrit comme "dangereux et manipulateur", sans remords. Un mois plus tôt, le tribunal de Mulhouse l’a aussi reconnu coupable d’apologie du terrorisme.
En détention, l’homme avait demandé à ses codétenus de rejouer la tuerie du Bataclan dans la cour de la maison d’arrêt. Suivi par le renseignement pénitentiaire et inscrit au fichier pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), il n’était libérable qu’en 2038.
L'auteur de la tentative de meurtre s'est converti à l'islam en 2010, avant que ne lui soit présenté sa compagne, en prison. C'est un détenu de droit commun qui purge une peine de 30 ans de réclusion, condamné en décembre 2015 pour avoir étouffé le résistant de 89 ans, après l'avoir séquestré et "momifié" à son domicile près de Metz, en 2012
Selon une source policière qui ne dit pas son nom, l'individu se serait "radicalisé en prison", une fake news à caractère politicien dans la droite ligne de la doxa propagée par l'idéologie dominante. 

Ce barbare a aussi été condamné à un an de prison pour apologie de terrorisme au cours de sa détention à Mulhouse, pour avoir demandé le 14 novembre 2015 à ses codétenus de "rejouer" l'attaque du Bataclan. 

Condé-sur-Sarthe : les 5 graves fautes de l’administration pénitentiaireMichaël Chiolo, qui est suivi par le renseignement pénitentiaire - avec le succès que l'on constate - est inscrit au fichier pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), a dû admettre la ministre de la Justice. 
Selon une source policière qui ne dit pas son nom, l'individu se serait "radicalisé en prison", une fake news à caractère politicien dans la droite ligne de la doxa propagée par l'idéologie dominante. 

Il n'est "pas simple à gérer, donc il fait l'objet d'un suivi extrêmement attentif", raconte Nicole Belloubet, une inconsciente qui ne réalise pas que ses propos sont plus inquiétants que rassurants, un aveu d'échec de ces "suivis extrêmement attentifs" qui coûtent de l'argent en pure perte, pour simplement donner satisfaction aux ligues drapées des vertus humanistes. 

Bien que connu pour son islamisme pur et dur, il n'était pas à l'isolement et ne se trouvait pas dans le quartier pour radicalisés (QPR) ouvert en septembre dans cette prison ultra-moderne... 

L'avocate Pauline Brion, qui avait défendu ce barbare lors de son procès en 2015, raconte qu'elle a vu en lui un garçon sans formation ni profession, "devenu un peu vagabond", mais "intelligent, très cultivé", et donc responsable de ses actes. Il a rencontré sa compagne en prison : "il avait écrit à quelqu'un après sa conversion pour qu'on lui trouve une épouse". La conversion à l'islam vaut tous les Meetic et Tinder... Belloubet citera 'L'Amour est dans le pré'...

Qui est Hanane Aboulhana, la compagne de "l'agresseur" (BFMTV)?

De 7 ans son aînée, la compagne de Chiolo est suspectée d'avoir porté les premiers coups de couteau aux deux surveillants de la prison de Condé. Agée de 34 ans, ses proches la décrivent en femme naïve et influençable dont le comportement aurait changé il y a quelques années. Elle a été tuée mardi soir lors de l'assaut du Raid. 
C'est armée d'un couteau en céramique qu'elle était venue rendre visite à son compagnon dans l'unité de vie familiale de l'établissement pénitentiaire, un des appartements où les détenus peuvent avoir une vie familiale et sexuelle. Bien que décrite par ses proches "que BFMTV a pu consulter" (sic) comme "naïve et influençable", selon son avocat (que BFM n'a pas consulté !), l'"innocente" "jeune femme" a toutefois choisi la céramique plutôt que l'acier que peuvent déceler les portiques électroniques détecteurs de ...métaux !
Issue d'une famille de 8 frères et soeurs - nés de pères probablement polygames - , elle était originaire de la banlieue de Mulhouse où elle vivait toujours au domicile de ses parents, dont BFM ne précise pas les origines : sans doute ses journalistes d'investigation ne les ont-ils pas consultés... La famille est religieuse, mais modérée, pour autant que BFM le sache. BFMTV en veut pour preuve que l'aînée des soeurs a travaillé comme "secrétaire dans une association". Si perspicaces soient-ils, les enquêteurs de cette chaîne d'information en continu semblent ignorer tout de l'existence d'associations islamistes... Décrite par ses proches, que BFMTV a pu consulter, comme naïve et influençable, elle a été mariée une première fois mais aurait été victime de violences conjugales, aurait divorcé et serait retournée vivre chez sa maman, une mère isolée, comme souvent en polygamie.En 2015, elle aurait été proposée à Michaël Chiolo, alors incarcéré pour le meurtre de l'octogénaire, "au cours d'un cambriolage", banal selon BFMTV, qui ne semble pas disposer de plus de détails) et par ailleurs condamné pour "apologie d'actes de terrorisme" après avoir rejoué l'attaque du Bataclan dans la cour de la prison de Mulhouse. Lors de son procès en appel, l'un de ses anciens avocats (dont BFMTV tait l'identité) se souvient de la présence d'une femme vêtue d'un voile intégral dans la salle d'audience.Mardi, elle rendait une nouvelle fois visite à Michaël Chiolo, quand la "naïve et influençable" "jeune femme" aurait simulé un malaise, en raison de sa grossesse laquelle n'a pas été confirmée... 


Une chance que cette prison est classée "ultra-sécurisée" !

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Le centre pénitentiaire d'Alençon-Condé n'est ps le bagne de Cayenne
L'établissement de Condé-sur-Sarthe, commune DVG, près d'Alençon, PS depuis 2008, inauguré en 2013, est, avec celui de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), le plus sécurisé de France. On en tremble dans les moins perfectionnées... Il héberge actuellement 110 détenus pour 195 places. Mais cette maison centrale accueille des profils dangereux, notamment des djihadistes. Les combattants de la France bénéficient donc de conditions de vie carcérale privilégiées.

Des quartiers pour radicalisés ont été ouverts dans ces prisons. La prison de Condé est encadrée par quatre miradors et un mur d'enceinte de trois mètres plus haut qu'ailleurs. Les conseillers de Belloubet sont-ils, quant à eux, à la hauteur ?

Des précédents, sans qu'aucune leçon ne soit tirée

En septembre 2016, un détenu marocain, Bilal Taghi, a tenté de tuer à l'arme blanche deux surveillants de la maison d'arrêt d'Osny (Val-d'Oise). Condamné pour un voyage manqué vers les terres du djihad syrien, le détenu avait expliqué qu'"il voulait passer à l'acte immédiatement au nom de Daesh", entreprise avortée de formation d'un Etat islamique. L'administration pénitentiaire avouait alors le "premier attentat djihadiste fomenté en prison".

En janvier 2018, l'organisateur de l'attentat contre la synagogue de Djerba en 2002, l'islamiste Christian Ganczarski, un converti allemand, avait blessé à l'arme blanche trois surveillants à Vendin-le-Vieil. Cette agression avait provoqué un mouvement très suivi en France de protestation des agents pénitentiaires pour des conditions de travail elles aussi "sécurisées".

La "forteresse de Condé est tellement bien sécurisée qu'un "quartier de prévention de la radicalisation" devait s’y installer en septembre dernier.

Ce mercredi matin, les surveillants pénitentiaires bloquaient plusieurs prisons, dont celles de Condé-sur-Sarthe et de Fleury-Mérogis.

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Pour dénoncer l'insécurité grandissante de leurs conditions de travail, les surveillants pénitentiaires en colère de Force ouvrière et la CGT ont appelé à multiplier les actions, suite à la dernière agression islamiste par le détenu fanatique, Michaël Chiolo, un converti radicalisé, qui a pu poignarder deux surveillants mardi matin 5 mars à la prison ultra-sécurisée d'Alençon-Condé dans l'Orne
"La pénitentiaire n'a pas le droit de grève, mais peut supprimer les visites", expliquent les syndicats. Depuis mercredi 6 mars à l'aube, une centaine de surveillants bloque donc l'entrée de la prison de Condé-sur-Sarthe. 


"La direction était au courant que ce détenu était radicalisé. Il n'était pas placé au sein du QPR, pour quartier de prévention de la radicalisation", dénonce au micro de BFMTV Gregory, surveillant pénitentiaire FO. "On n'est pas écouté", déplore-t-il, réclamant plus de moyens et des changements dans la loi pour mieux gérer les détenus radicalisés. "Il faut arrêter de prendre les surveillants pour les pestiférés de l'Etat", estime-t-il. 
Agression à la prison de Condé-sur-Sarthe : les surveillants pénitentiaires se mobilisent pour dénoncer l'insécurité
Pendant ce temps, à l'extérieur, Macron et sa presse sortent des chiffres truqués et des sondages manipulateurs qui assurent que les Gilets jaunes seraient déconnectés d'une population confiante en sa politique... Tout va bien, Monsieur le Marquis !

Plus d'une centaine de gardiens bloquaient également l'entrée de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) ce mercredi matin, souligne BFMTV. Ils se disent déterminés à ne laisser rentrer personne : gardiens, salariés ou visiteurs. 


Ouest-France rapporte par ailleurs qu'une cinquantaine de surveillants de la maison d'arrêt de Nantes a  répondu à l'appel et bloque l'établissement depuis 6h30.

samedi 31 mars 2018

Peut-on croire Collomb sur des "expulsions d'étrangers", pour ne pas dire des islamistes dangereux ?

Le ministre de Macron assure que 20 étrangers ont été expulsés de France en 2017: un exploit?

Parce que "étrangers" ?


Vingt étrangers  - radicalisés, précise finalement l'AFP -  en situation régulière ont été expulsés du territoire français en 2017, a affirmé le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb à Ouest-France dans un entretien paru samedi, un chiffre "jamais atteint auparavant", insiste la terreur des terroristes.

G. Collomb était interpellé sur les étrangers radicalisés présents sur le territoire par l'opposition non internationaliste, à la suite des attentats islamistes qui ont fait quatre morts, des hommes, dans l'Aude le 23 mars.

"Déjà le cas !", a-t-il aussi assuré sur Twitter samedi, qualifiant le chiffre de 20 expulsions de "record", sans donner plus de détails, notamment sur l'identité et la nationalité des expulsés, sans donc aucune possibilité de contrôle de ses dires.
Collomb cite la droite que l'AFP tente de discréditer: 
L'inscription est-elle une la preuve d'une intégration réussie
et la garantie d'un "risque 50%" pour la population? 

Et les expulsions se sont-elles bien passées ?
En août 2017, trois individus de nationalité marocaine, âgés de 37 à 41 ans et vivant à Trappes, dans les Yvelines, ont été expulsés vers le Maroc en raison des liens qu'ils entretiennent avec la mouvance islamiste radicale, un pléonasme, selon une information de BFMTV. Deux d'entre eux font partie d'une fratrie de six frères bien connue des services de renseignement: ils sont frères du détenu de la prison d'Osny qui avait agressé deux surveillants en septembre 2016. Lorsque la DGSI n'est pas face à ce type d'évidence, elle est désemparée. Deux autres frères ont rejoint Daech.  Deux autres frères de cette famille, Abdelhafid et Khalid, qui ont rallié les rangs de l'organisation djihadiste Etat islamique en Syrie, sont probablement morts. En dessous de six islamistes, la DGSI est impuissante et parle de 'loup solitaire'.
En janvier 2017, suspectés d'être en liens avec la mouvance islamiste en France, deux habitants des Yvelines ont saisi la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour éviter l'expulsion dans leur pays, le Maroc, où, selon eux, ils risquent la torture. Cette requête a, pour l'heure, mis en suspens leurs départs.

L'insistance du ministre de l'Intérieur pour  affirmer que les attaques à Trèbes et Carcassonne étaient "difficilement prévisible(s)" pose question.
Elle jette un fort doute sur la réalité des faits : un sentiment, même asséné, ne fait ni un fait, ni une vérité. 
L'auteur des assassinats au nom de Allah, Radouane Lakdim, à 25 ans, était déjà inscrit au FSPRT (Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste) depuis novembre 2015, mais les investigations n'auraient montré "aucun signe:  laissant présager un passage à l'acte".
Le couple Lakdim partageait le même signalement FSPRT.

La préfecture de l'Aude "souhaitait se consacrer à des objectifs considérés comme plus lourds" ? Combien d'entre eux menacent-ils encore - et bien davantage - la population du département, et au-delà?
La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) lui avait toutefois envoyé en mars 2017 une lettre de convocation pour un entretien d'évaluation : "elle souhaitait s'assurer qu'il ne présentait plus de signe de radicalisation avant que son dossier ne soit éventuellement mis en veille", a raconté le ministre, soulignant ainsi les soupçons de la DGSI. Cette convocation a-t-elle accéléré chez l'islamiste le processus criminel en préparation chez ce soi-disant "loup solitaire" ? 

Et quelle(s) charge(e) pesai(en)t sur Lakdine incarcéré en 2016, à Carcassonne?
Collomb élude et l'AFP détourne l'attention de l'information finale contenue dans la video ci-dessous, et n'hésite pas à accuser l'opposition de ne pas se laisser facilement convaincre.

La droite vigilante demande des mesures plus sévères à l'encontre des individus fichés, mais Collomb a déjà avoué être dépassé : le septuagénaire estime que "mettre en prison les 26.000 fichés S, ou ceux qu'on jugerait dangereux" est "impossible".

Collomb dissimule que la compagne de Lakdim était fichée dangereuse

Cette femme de 18 ans est suivie pour radicalisation islamiste par les services de renseignement, qui la placent néanmoins à l'un des niveaux les plus bas de l'échelle de dangerosité, comme Radouane Lakdim. Il est donc permis de douter de la pertinence des critères et de l'adaptation des moyens de cette surveillance si elle est incapable d'anticiper un passage à l'acte.

Placée en garde à vue
après les attaques vendredi, la compagne de 18 ans du djihadiste franco-marocain est  'fichée S' (pour 'sûreté de l'Etat" !), ont indiqué une source policière et une source judiciaire "proches de l'enquête". 

Elle était suivie par les services de renseignement avant l'attentat.
Interrogée depuis vendredi par les enquêteurs, l'islamiste en jupon (et hijab, de peur d'être frôlée ?) "manifeste des signes de radicalisation", brode sur le sujet une source judiciaire. Peut-elle ajouter qu'elle était appréciée de sa crémière et estimée de l'assassin ?

Le signalement de sa compagne se situe également à un niveau "très bas du spectre" de dangerosité, raconte une source proche du dossier et surtout du gouvernement. 
Etre fiché au pied de cette échelle n'est-il pas déjà un signe de dangerosité ? Elle a crié 'Allah Akbar" lors de son interpellation, rapporte le procureur Molins.

Un complice de Radouane Lakdim avait été placé en garde à vue vendredi. 
Il s'agit de l'un de ses amis, âgé de 17 ans et habitant dans la même cité d'Ozanam, près de Carcassonne. Il a été relâché.
Le quartier de l’Ozanam, dans lequel Radouane Lakdim vivait aussi, est connu comme réactif à la propagande salafiste qui fabrique des terroristes islamistes. 
Lakdim y avait bénéficié d'un emploi à la Régie de quartiers de la ville, organisme d’insertion dont le label est présent sur l’ensemble du territoire dans les zones défavorisées. Ses contrats - à durée très courts, environ un mois - étaient destinés à un public en marge.Lakdim  fréquentait la petite mosquée et aurait fait partie d’un noyau d’une dizaine de Carcassonnais proche des réseaux djihadistes toulousains - celui des frères Clain et de Sabri Essid, qui aurait été tué le mois dernier en Syrie, écrivent les journalistes de Libération, Rachid Laïreche et Ramsès Kefi.
"Un bâti anachronique", selon Libération
Ces deux journalistes décrivent un quartier "dont les murs, de loin, font penser à un foyer de travailleurs Sonacotra resté figé dans les années 80 et des bâtiments "ridés" ce qui n'est pas corroboré par la photo ci-dessus...
La DGSI se satisfait qu'un islamiste ne se fasse pas remarquer avant de passer à l'acte...


"Petit" délinquant, Radouane Lakdim avait toutefois été condamné une première fois à un mois de prison avec sursis en 2011 pour port d'arme prohibé, puis une seconde fois à un mois de prison ferme pour usage de stupéfiants et refus d'obtempérer en 2015. Soumis à une surveillance des services de renseignement, régulière sans être permanente, il s'est révélé être proche de la mouvance islamiste radicale, notamment sur les réseaux sociaux. Lors de son passage en prison en août 2016, Radouane Lakdim ne se fait pas remarquer.

Vendredi, quelques heures après l'attaque, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a affirmé que le djihadiste a "agi seul" et serait passé à l'acte "brusquement". 
Même son de cloche, évidemment, de François Molins, le procureur de la République de Paris, qui a confirmé la thèse gouvernementale déclarant que son suivi par les services de renseignement en 2016-2017 "n'a permis de mettre en évidence aucun signe précurseur d'un éventuel passage à l'acte terroriste".

A 16 heures, vendredi 23, Daech revendiquait les quatre assassinats et les 16 blessés.

samedi 26 août 2017

La France expulse trois islamistes radicaux vers le Maroc

Pléonasme: s'il était modéré, un musulman serait-il un islamiste ?

Les trois fanatiques musulmans, de nationalité marocaine, vivaient à Trappes dans les Yvelines. 

Agés de 37 à 41 ans,  ils ont été expulsés de Trappes (Yvelines) vers le Maroc en raison de leurs liens avec la mouvance "islamiste radicale", a fait savoir le ministère de l'Intérieur.

Deux frères de l'agresseur de la prison d'Osny. 
Parmi eux, deux font partie d'une fratrie de six frères bien connue des services de renseignement. Ils sont frères du djihadiste détenu à la prison d'Osny qui avait agressé deux surveillants en septembre 2016, aidé par plusieurs complices. 
Après avoir blessé deux policiers avec une arme artisanale à la faveur d'une promenade, le détenu s'est agenouillé pour entamer une prière au milieu de la coursive, puis, en garde à vue, il a tenu des propos sans équivoque, rapportent surveillants et policiers de l'unité dédiée aux "personnes" radicalisées violentes, où les détenus sont surveillés 24 heures sur 24 par l'administration. Les enquêteurs du Parquet antiterroriste, à qui l'enquête a été confiée, cherchent à savoir si l'acte était prémédité, comme l'islamiste l'aurait reconnu devant les policiers, et si "l'homme" était en relation avec Larossi Abballa, l'assassin du couple de policiers de Magnanville (le 16 juin 2016), originaire des Yvelines, comme lui, et qui avait réalisé des vidéos appelant à tuer des gardiens de prison. On notera que l'individu était radicalisé avant son incarcération : le système pénitentiaire ne peut être tenu pour responsable.
Condamné le 23 mars pour un voyage avorté vers les terres du djihad syrienBilal T. [Taghi], 24 ans, avait blessé deux de ses gardiens dans le dos et à la gorge avec un couteau fabriqué avec un morceau de métal de 15 cm (25 cm, selon Le Figaro), dimanche 4 septembre : une lame "très fine et très aiguisée qui a transpercé de part en part la gorge du surveillant à 2 mm de la carotide puis est passée à quelques millimètres du poumon', affirme-t-on de sources pénitentiaires.
Prière musulmane dans une salle de culte de la prison d'Osny en 2005

Le Parquet antiterroriste s'était saisi de cette agression apparaissant comme la
première action djihadiste fomentée en prison, c'est-à-dire "concertée". Bilal Taghi a été mis en examen pour "tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle".
Le 07 septembre 2016, Libération écrivait : "Bilal Taghi, qui a frappé au couteau deux gardiens de la prison d’Osny dimanche, ne présentait « pas de problème particulier », selon un représentant syndical." Et ajoutait pourtant : "Sur un mur de la prison d’Osny, dans le Val-d’Oise, Bilal Taghi dessine un cœur avec le sang d’un gardien et se met à prier." Libération commente les faits : "L’attaque, qu’il a reconnu avoir préméditée devant les enquêteurs, relance le débat sur l’efficacité de ces quartiers où sont concentrés les profils islamistes." Le quotidien ne préconise aucune solution.

Depuis au moins un an, le ministre connaît la famille Taghi 

"Chez les Taghi, la radicalisation est une histoire de famille, écrit Libération en septembre 2016. Trois frères de Bilal sont impliqués à différents niveaux dans la sphère djihadiste. 
En juin 2014, son cadet, alors âgé de 14 ans, était frappé [sic] par une interdiction de quitter le territoire au motif qu’il pratiquait sa religion de « manière extrême » et s’informait sur les départs en Syrie ; tout en indiquant : « Je ne veux pas partir encore, je suis trop jeune. » "

Deux de ses aînés, Abdelhafid et Khalid, ont rejoint la Syrie respectivement courant 2012 et durant l’été 2014.
Khalid y aurait trouvé la mort en novembre 2014, à l’âge de 25 ans. Extrêmement engagé dans les rangs de l’organisation Etat islamique (EI), Abdelhafid apparaît quant à lui dans l’enquête sur la cellule de Verviers, pilotée par Abdelhamid Abaaoud, coordinateur des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis. Il aurait été tué dans des bombardements aériens sans que sa mort n’ait pu être confirmée.

Bilal Taghi, lui, a été condamné en mars à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme. Il était parti à Rakka, en Syrie, fief de l’EI avec femme (22 ans) qui n'est autre que la nièce d'Ahmed Laidouni, un vétéran du djihad - et enfant, dix jours après l’attentat du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo. Un voyage qui s’est finalement arrêté à 400 km de la frontière syrienne dans un accident de la route, le 21 janvier 2015. Ils sont hospitalisés, puis placés en centre de rétention avant d'être renvoyés vers la France, en mars 2015.

Devant les enquêteurs, Bilal Taghi - surnommé "l'émir" - avait "reconnu et revendiqué vouloir tuer un gardien de prison", qu'"il voulait passer à l'acte immédiatement au nom de Daech" "sans attendre de sortir de prison" et "faute d'avoir pu partir en Syrie", selon une source proche du dossier. 
De source pénitentiaire, selon Le Figaro, "l'individu bénéficiait de fortes complicités parmi les autres détenus avec lesquels cette agression aurait été programmée. Les enquêteurs auraient trouvé sur un autre détenu des liens qui font penser que l'idée était de procéder à une «exécution» telle que Daech a l'habitude de les pratiquer.
Selon cette source pénitentiaire,
l'auteur de l'agression «aurait badigeonné l'une des portes de cellules du sang du surveillant et aurait levé les mains afin de prier».
Enfin,
un téléphone portable a été retrouvé dans l'une des cellules de cette unité dédiée. De quoi alimenter le débat 
 actuellement ouvert pour ou contre le portable dans les cellules. 
L'identité du troisième homme expulsé vers le Maroc n'a pas été précisée. 
Ces trois nouveaux expulsés portent à 51 le nombre d'expulsions exécutées depuis le début de l'état d'urgence.

Les personnels pénitentiaires sont excédés.
"Nous sommes fatigués de ce mot de déradicalisation qui ne veut rien dire", s'insurge, en septembre 2016, Jean-François Forget, secrétaire général de l'UFAP-UNSA, le principal syndicat de surveillants de prison. "A Osny, poursuit-il, "ces détenus reçoivent des massages de masseurs professionnels et des cours d'escrime... 
Après Fresnes, les prisons de Fleury-Mérogis et Osny vont regrouper les islamistes radicauxEn février 2015, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, avait annoncé l'extension à deux nouvelles prisons de l'expérimentation du regroupement de détenus identifiés comme islamistes radicaux. Une telle expérience était déjà menée à Fresnes depuis novembre. Elle l'est désormais à Fleury-Mérogis et Osny qui regroupent également les islamistes radicaux, preuve que leur nombre va  grandissant.
De plus, le quartier arrivants de cette maison d'arrêt est tellement débordé par la surpopulation qu'il n'est pas rare que des détenus soient affectés dans l'unité dédiée alors qu'ils n'ont rien à y faire. A l'inverse, les détenus qui sont accueillis dans l'unité dédiée sont régulièrement remis en détention classique puisque les sessions ne durent pas plus de 8 semaines. Certes, depuis dimanche soir, des mesures ont été prises mais pour combien de jours?", s'interrogeait-il.