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mardi 1 janvier 2008

Une directive européenne pour le contrôle de la liberté de circulation

Maîtrise des flux migratoires avec le soutien de l'UE
Une directive du 29 avril 2004 précise les conditions d'exercice du droit de circuler et de séjourner librement, ainsi que ses limitations. Elle indique notamment que "les citoyens de l'Union ont le droit de séjourner sur le territoire d'un autre Etat membre pour une période allant jusqu'à trois mois, sans autres conditions ou formalités que l'exigence d'être en possession d'une carte d'identité ou d'un passeport en cours de validité".
Toutefois, ils ne doivent pas devenir "une charge déraisonnable" pour le système d'assurance sociale de l'Etat, devant soit travailler, soit disposer de ressources suffisantes et d'une assurance-maladie. Brice Hortefeux ne fait rien de plus qu'appliquer la directive européenne.
Les Etats membres peuvent aussi "restreindre la liberté de circulation et de séjour d'un citoyen de l'Union" pour des raisons "d'ordre public, de sécurité publique ou de santé publique".
C'est en vertu de cette directive que le ministère de l'intérieur français s'était aligné, à la veille de l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l'Union, le 22 décembre 2006, en adressant aux préfets une circulaire, précisant "les modalités d'admission au séjour et d'éloignement des ressortissants roumains et bulgares". Ce que la France avait négligé de faire en 2004, lorsque les huit autres pays d'Europe centrale et orientale avaient adhéré à l'Union.

A la différence de la grande majorité de ses partenaires européens, la Grande-Bretagne n'avait opposé aucune restriction à l'arrivée de travailleurs venus de Pologne ou des pays baltes après la précédente vague d'élargissement de 2004. Mais, en octobre 2006, elle a à son tour pris des mesures restrictives à l'arrivée de Roumains et Bulgares. Londres a décidé que seuls 20 000 travailleurs non qualifiés de ces deux pays seraient chaque année autorisés à venir travailler, dans le secteur de l'agriculture et pour une période limitée à six mois. Mardi 30 octobre, le secrétaire d'Etat britannique à l'immigration a annoncé la prolongation de douze mois de ces restrictions.
Quelques données chiffrées:
Le nombre d'immigrés en situation régulière était de 3,7 millions en 2006, soit 6,2 % de la population (rapport Caritas-Migrates).
Avec 700 000 étrangers de plus en un an, soit une progression de 21 %, l'Italie a la troisième plus forte augmentation des pays européens, après l'Espagne et l'Allemagne.
La moitié des immigrés sont originaires des pays d'Europe ; un quart sont installés en Lombardie.
Les Roumains sont la plus importante communauté étrangère en Italie (556 000, 15,1 %), devant les Marocains (387 000), les Albanais (381 000), les Ukrainiens (195 000) et les Chinois (186 000).
Sur 124 383 clandestins arrêtés en 2006, 36,5 % ont été renvoyés dans leur pays d'origine (soit 45 449 personnes).

lundi 8 octobre 2007

Les idéologies entravent l'élaboration d'une saine politique de l'immigration

La confusion entretenue par la gauche profite aux clandestins
Les opérations coups de poing de RESF distraient l'opinion de l'essentiel. Au-delà du sensationnel et du compassionnel, quel est le problème de fond?
La liberté d'expression des juges est bridée, mais l'infiltration de l'opinion par les juges et les médias n'est pas mieux contrôlée que l'immigration clandestine... Que sont devenus les politiques?
L'opinion est manipulée et l'Eat-nation est en voie de disparition: des avatars du harcèlement médiatique par les extrémistes de gauche: les clandestins ne sont que le cheval de Troie d'une activité souterraine de déstablilisation du monde occidental.
A LIRE, cet entretien paru dans Le Point
Immigration : une juge en colère
19/07/2007 - Propos recueillis par Élisabeth Lévy - © Le Point - N°1818
Marie Dumes est le pseudonyme d'une juge administrative. Elle a traité 2 000 dossiers de recours contre des arrêtés de reconduite à la frontière ou des refus de séjour, mettant en jeu le destin de 4 000 à 8 000 personnes. Cette femme dont le coeur balance plutôt à gauche tire la sonnette d'alarme contre des politiques incohérentes qui, de droite ou de gauche, découragent l'immigration de travail et favorisent l'immigration d'assistance.

Le Point : Quelle est la raison de votre engagement sur le dossier de l'immigration ? Et pourquoi mener un tel combat sous le couvert de l'anonymat ?
Marie Dumes : Je ne fais pas de politique. Je suis magistrate administrative, tenue d'appliquer la loi. Je souhaite, à titre individuel, exprimer un malaise en tant qu'agent de l'Etat de droit au service de l'intérêt général et citoyenne responsable, car cette loi est devenue illisible et discriminatoire. J'ai essayé de me faire entendre de nombreux politiques par la voie administrative et, récemment encore, du cabinet de Brice Hortefeux. Sans succès. J'ai donc choisi, en désespoir de cause, de témoigner dans la presse. Je le fais sous un nom de plume, pour respecter mon devoir de réserve. Mais je ne me cache pas et suis prête à débattre.
Brice Hortefeux a présenté un projet qui durcit les conditions du regroupement familial et prévoit que les candidats à l'immigration ou à la régularisation seront soumis à une évaluation de leurs connaissances de la lan-gue et des valeurs de la République. Qu'en pensez-vous ?
Dans le cadre d'un parcours d'intégration, inciter les migrants à apprendre le français n'est pas une mauvaise idée. S'agissant des valeurs de la République, je ne suis pas certaine que leur apprentissage puisse relever de la réglementation. C'est notre affaire à tous. Surtout, cette réforme précipitée et partielle va susciter des tensions et de nouvelles inégalités, sans répondre à l'objectif affiché par le gouvernement de lutte contre l'immigration illégale. Le durcissement du regroupement familial ne fera que pénaliser quelques milliers de personnes qui ont respecté les règles. En effet, le regroupement familial s'applique aux conjoints et enfants mineurs d'étrangers en situation régulière, dès lors que ceux-ci disposent d'un logement et de ressources suffisantes. Mais il représente seulement 10 % des titres de séjour accordés pour des raisons familiales.
Sur quel fondement sont donc octroyés les autres titres de séjour pour raisons familiales ?
Au moins dix autres cas sont recensés par la loi, qui concernent des familles étrangères de Français et des étrangers malades, mais aussi les étrangers en situation irrégulière qui n'entrent dans aucune des catégories précédentes et invoquent des liens personnels et familiaux non définis avec des personnes résidant en France, régulièrement ou non. Ce qui signifie que deux clandestins entrés en France avec leurs enfants munis d'un visa de tourisme peuvent obtenir leur régularisation sans avoir à justifier d'un emploi et d'un logement alors qu'un Français qui veut faire venir sa femme allemande doit prouver qu'elle ne sera pas une charge. Or le nombre de ces régularisations « vie privée et familiale » accordées sans la moindre condition de ressources a quadruplé depuis l'adoption de la loi Chevènement-Jospin du 11 mai 1998 (dite loi Reseda), inspirée par un rapport de Patrick Weil, excellent historien et sociologue mais juriste approximatif. Son postulat principal, selon lequel les régularisations législatives de plein droit, dites « au fil de l'eau », risquent moins de créer un appel d'air que les régularisations ponctuelles, a été démenti par les faits.
Si on vous suit, la France régularise hors de toute obligation législative, constitutionnelle ou internationale. Pouvez-vous résumer brièvement ces obligations ?
Les experts de gauche comme de droite définissent, sur la base de raisonnements juridiquement contestables, trois voies légales d'immigration : l'asile, le travail et la famille. En réalité, il en existe seulement deux. La première répond aux obligations internationales de la France (droit d'asile, liberté de circulation et de séjour des citoyens de l'Union européenne). La seconde est à la discrétion du pays d'accueil. La Cour européenne des droits de l'homme le réaffirme avec constance : un Etat a le droit de choisir les étudiants, les travailleurs et les visiteurs qu'il accueille. Le problème est que « le droit à une vie familiale normale » inscrit dans la Constitution et « le respect de la vie privée et familiale » garanti par la Cour, interprétés de façon erronée par Patrick Weil et beaucoup d'autres, sont devenus une troisième voie d'immigration de peuplement, la plus importante en France depuis qu'on a stoppé l'immigration de travail en 1974. Autrement dit, la France va bien au-delà de ses obligations.
En somme, la France a une politique très généreuse d'immigration légale et de régularisation de l'immigration illégale ?
La situation est encore plus paradoxale. Depuis 1974, on a considérablement durci les conditions d'immigration légale (même si la loi de juillet 2006 a introduit un assouplissement pour les secteurs à forte tension d'embauche), tandis que, sans même en avoir conscience, les gouvernements successifs encourageaient l'immigration illégale. La France est le pays à taux de chômage élevé qui a la législation la plus libérale au monde en matière de régularisation. Aussi parlerai-je plutôt d'une non-politique d'immigration. Au fil des réformes contradictoires de la gauche, qui prétend offrir toujours plus de droits, et de la droite, qui affirme instaurer toujours plus de contrôles, ainsi que le dit justement Patrick Weil, l'ordonnance du 2 novembre 1945 relative à l'entrée et au séjour des étrangers est devenue incohérente, illogique et discriminatoire. En théorie, elle permet d'accueillir toute la misère du monde ; or c'est impossible en pratique. Cette situation est d'autant plus explosive qu'elle est appréciée de façon divergente par « le peuple » et « les élites », en particulier par les médias, les artistes et les milieux enseignants, toujours prêts à dénoncer l'intolérance.
Peut-être, mais faire croire qu'on peut fermer les frontières et éradiquer l'immigration illégale est irresponsable.
Il existe deux options ineptes. La première, qui correspond au mythe de l'immigration zéro et à l'expulsion de tous les étrangers en situation irrégulière, ne peut se concevoir que dans un Etat totalitaire. La seconde, inspirée par les idées d'Etienne Balibar et le trotskisme de Richard Moyon, fondateur du très mal nommé Réseau éducation sans frontières, est celle d'une régularisation illimitée qui aboutirait à la fin de l'Etat-nation. J'ai fini, avec tristesse, par la considérer comme aussi dangereuse que le racisme de l'extrême droite. Refuser, sous prétexte qu'elles seraient arbitraires et insuffisantes, les régularisations au cas par cas accordées souverainement par l'administration revient à nier la distinction fondamentale entre liberté de circulation et droit à l'immigration.
Seule une minorité défend ce « droit à l'immi-gration ». Et vous savez bien que la France a souvent eu besoin de recourir aux travailleurs étrangers.
Il faut être aveugle ou extrémiste pour ne pas voir que, depuis 1974, nous avons découragé l'immigration de travail et encouragé l'immigration d'assistanat. On ne demande plus au migrant d'être en mesure de gagner sa vie et de contribuer à l'aide au développement en envoyant de l'argent dans son pays d'origine. Pour obtenir sa régularisation, mieux vaut avoir profité au maximum d'un système social exemplaire mais moribond qui favorise ce que j'ai fini par qualifier, par consternation et provocation, de droit à la procréation illimitée.
Faire des enfants qui bénéficient du système social français serait un bon moyen de rester en France ?
Oui. Dans mes salles d'audience transformées en nurseries, les requérantes font de moins en moins valoir le risque politique. Elles nous disent : « Je suis venue en France pour scolariser mes enfants, ou parce qu'ils avaient besoin de se faire soigner, de même que mon mari et moi. » Nous avons aussi de plus en plus souvent à traiter du cas de femmes entrées avec un visa de tourisme qui ont eu un, deux, voire trois enfants sans père connu. Leurs gamins sont scolarisés en priorité dès l'âge de 2 ans, elles ont obtenu un logement HLM, l'aide sociale à l'enfance et différents complé-ments et affirment que la seule chose qui leur manque pour travailler est un titre de séjour, quand bien même elles ne parlent pas le français. Je citerai le cas d'une Uruguayenne de 50 ans, exclusivement hispanophone, mère de quatre filles et grand-mère de quatre petits-enfants, tous de père inconnu.
Sans doute. Mais on ne va pas interdire aux immigrés en situation irrégulière de faire des enfants.
Ne me faites pas dire une chose pareille ! Le problème majeur en France, d'ailleurs souligné par Ségolène Royal comme par Nicolas Sarkozy, est qu'on a perdu de vue l'équilibre entre droits et devoirs. D'où une déresponsabilisation des parents et une instrumentalisation des enfants, devenus un moyen de rester en France. On s'inquiète de la polygamie, problème réel mais marginal, tandis qu'un angélisme qui s'apparente à une discrimination positive perverse concourt à l'explosion du nombre de familles monoparentales dans les couches les plus précaires. Contribution essentielle à l'égalité entre hommes et femmes, la contraception permet de planifier les naissances en responsabilité. Il n'est pas question d'interdiction légale. Mais notre loi et notre pratique administrative incitent les travailleurs qui n'ont pas réussi à obtenir un titre de séjour à faire venir leur famille et encouragent les sans-papiers à avoir des enfants dès leur arrivée sur le sol français, souvent en dehors de tout cadre familial stable.
On ne peut pas obliger les femmes à prendre la pilule. Et les enfants nés ou arrivés très jeunes en France posent un problème humanitaire et même humaniste.
Oui, et je suis inquiète pour les enfants de la génération « article 8 » (de la loi Reseda), qu'ils restent en France ou retournent dans leur pays d'origine. En se contentant du point de vue humanitaire, on a abouti à une situation intolérable. Jusque-là, l'assistanat n'avait jamais été le ferment de l'immigration. Dans toutes les sociétés, y compris les plus traditionnelles, on commence par se former, travailler, se doter d'un toit, et c'est ensuite que l'on fonde une famille. Les migrants, qu'il ne faut pas prendre pour des imbéciles, ont compris que, s'ils s'installaient en Espagne, en Grande-Bretagne, voire à Canton, il leur faudrait respecter ce schéma. En France, patrie des droits de l'homme, les travailleurs clandestins sont privés de droits, comme le dénonce en vain Droits devant !, la plus sérieuse et politique des associations de défense des sans-papiers, et il faut venir se faire soigner, procréer, voire trafiquer - « avec un bon avocat, on s'en tire » - pour susciter une compassion hystérique.
Mieux vaut être réaliste : il faut bien que les personnes qui se font exploiter dans des emplois clandestins aient accès à un minimum de prestations sociales.
Je peux vous garantir que le « quasi-statut social des sans-papiers » mis en évidence par le rapport de la Cour des comptes de novembre 2004 profite essentiellement non aux travailleurs exploités, mais aux parents que je perçois de plus en plus comme des irresponsables encouragés par des travailleurs sociaux qui ne savent plus où est l'intérêt général, des médecins empêtrés dans leur serment d'Hippocrate, des associations qui défendent des cas individuels sous couvert de combats collectifs et de tous leurs soutiens qui se donnent bonne conscience aux frais de la collectivité. Pour une famille régularisée qui coûte environ 10 000 euros par personne et par an, combien pourrait-on en sauver, de ces damnés de la terre qui survivent avec un demi-dollar par jour, n'obtiendront jamais un visa de tourisme, ne pourront jamais payer 5 000 à 20 000 euros à un passeur mafieux, et dont les enfants, surtout les filles, n'auront jamais accès à une éducation de base ?
D'accord, mais n'est-il pas incohérent de s'insurger contre l'immigration d'assistanat et de souhaiter le ralentissement des régularisations qui permettent d'accéder au marché du travail dans des conditions acceptables ?
Le préambule de la Constitution de 1946 établit que « chacun a le devoir de travailler ». Le paradoxe est que les régularisations donnent droit à l'exercice d'une activité salariée mais ne l'imposent pas, ouvrant l'un de ces « droits-créances » sans contreparties qui transforment chacun en ayant droit, ainsi que l'a dénoncé Pierre Mazeaud lors de ses derniers voeux comme président du Conseil constitutionnel. Résultat, 40 % des personnes régularisées au titre de la vie privée et familiale s'inscrivent au chômage, sans compter les femmes inactives. Et on peut s'attendre à ce que la loi si mal ficelée qui instaure le « droit au logement opposable » profite en priorité aux femmes seules fraîchement régularisées au détriment du million de personnes qui attendent un logement social depuis plusieurs années.
Que faut-il faire pour les enfants de sans-papiers scolarisés en France, qui émeuvent légitimement l'opinion ?
Il faut rappeler que, si inepte soit-elle, la circulaire du 13 juin 2006 sur la régularisation des parents d'enfants scolarisés proposait une aide au retour de 11 000 euros pour une famille de 4 personnes, alors que la gauche en octroyait 400. Dans des pays où le niveau de vie est inférieur de 10 à 20 fois à celui de la France, cela permet de rentrer la tête haute. Le problème est qu'on a créé une nouvelle catégorie de « ni-ni », (ni expulsables ni régularisables) et nourri une énorme frustration en laissant croire que tous les parents - dont les enfants, en vertu d'une circulaire de 2000, ont le droit d'être scolarisés pendant leur séjour et jusqu'à expiration des voies de recours légales - seraient régularisés. Pour finir, très peu de parents ont été régularisés, et très peu reconduits à la frontière. « Laissez-les grandir ici », proclament les cinéastes. J'ai envie de leur répondre : « Arrêtez de les instrumentaliser pour vous donner bonne conscience ».
A long terme, quelles seraient les bases d'une solution à la fois humaine et réaliste ?
Il faut désidéologiser le débat. Il faudra le moment venu, pour apurer la non-politique du passé, procéder à une régularisation large, que je préfère appeler « mesures transitoires ». Mais auparavant, le gouvernement doit replacer au coeur du dispositif législatif des critères objectifs et économiques. Les clandestins doivent être soumis aux mêmes obligations que les étrangers en situation régulière : un contrat de travail dans les secteurs qui manquent de main-d'oeuvre pour les personnes isolées et un logement pour les familles. Quant à leurs défenseurs, plutôt que de s'en prendre à l'Etat et au juge, ils feraient mieux de dénoncer les employeurs au noir qui sont, avec les passeurs, les grands bénéficiaires de l'anarchie actuelle.

dimanche 7 octobre 2007

Tests ADN revisités: risque d’inconstitutionnalité, selon Mariani

Pression peu morale du Comité Consultatif National d’Ethique
Le député UMP Thierry Mariani, et auteur de l'amendement sur le recours aux tests ADN pour les étrangers candidats au regroupement familial, a estimé vendredi que réserver ces tests à la seule filiation maternelle, comportait un risque d'inconstitutionnalité.
"J'ai toujours dit qu'il fallait donner le droit d'établir une filiation avec les deux parents. Car l'on donne un droit nouveau et il me semble inconstitutionnel de le réserver à une catégorie de la population, en l'occurence les femmes", a dit M. Mariani.
Dans la version entérinée par l'Assemblée nationale, Th. Mariani prévoyait que la recherche de filiation pouvait s'appliquer "à un des deux parents". Une formulation sur laquelle les sénateurs sont revenus.
Dans le projet de loi sur la maîtrise de l'immigration, adopté vendredi au petit matin, les sénateurs ont prévu, pour éviter qu'un chef de famille ne découvre qu'il n'est pas le père biologique de son enfant, que le test recherche "une filiation déclarée avec la mère du demandeur".
"Prenez le cas d'un veuf qui veut faire venir son enfant, pourquoi serait-il privé de ce droit?", s'est demandé Thierry Mariani. "Je ne suis pas d'accord avec le Sénat là-dessus, ce doit être ouvert à tous, hommes et femmes. Mais je suis entièrement d'accord pour que cela soit réservé à un seul parent". Pas de sexisme, d’aucune sorte : la mère, ou aussi bien le père, mais pas les deux.
Interrogé sur l'intervention d'un juge, également décidée par le Sénat, le député Mariani a répondu que "cela semblait lourd". Il a exprimé la crainte "que l'on crée une usine à gaz qui empêche le fonctionnement" de la procédure de recours aux test ADN. C’est clair ! Faudra-t-il aussi que le juge soit une juge ?...
Le député du Vaucluse s'est par ailleurs étonné que le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) ait donné son avis "avant même que le Sénat ait voté le projet de loi". Une petite pression éthique pas très morale ?
Le CCNE, c’est quoi ?
C’ est une autorité indépendante qui se compose du Président, le professeur de médecine Didier Sicard (1938), nommé par le Président de la République (1999), du Président d'honneur, son prédécesseur, le professeur J-Pierre Changeux, et de 39 membres : 5 personnalités appartenant aux principales familles philosophiques et spirituelles et désignées par le Président de la République - 19 personnalités qualifiées choisies en raison de leur compétence et de leur intérêt pour les problèmes d'éthique - 15 personnalités appartenant au secteur de la recherche.’
A noter qu’une ‘personnalité appartenant au secteur de la recherche’, ça peut être Dominique Wolton (1947) , diplômé de l' Institut d'études politiques de Paris , licencié en droit, docteur en Sociologie et directeur de recherche au …CNRS. Il est membre du Haut conseil de la francophonie, du Conseil scientifique de l' Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, de la Commission française de l' UNESCO, du Conseil scientifique de l' Agence nationale de la recherche (ANR), du Conseil scientifique et du Comité d'éthique pour les sciences du CNRS, du Conseil d'administration de France Télévisions et de France 2, et du Comité consultatif national d'éthique (CCNE). Il préside le Comité d'éthique du Bureau de vérification de la publicité, ainsi que la Commission spécialisée de terminologie et de néologie du Ministère des affaires étrangères.
Toutes ces organisations donnent-elles entière satisfaction? Nous savons pourquoi...
Croyez-vous que sa journée fait 24 heures, que les problèmes de cumul des ‘mandats’ et du chômage et que l’ISF sont des soucis qui hantent ses nuits ? Que nenni ! Superman ne dort pas. Mais revenons à nos moutons puisqu’il ne compte pas les siens.
Le CCNE a par ailleurs jugé que "tous les comités d'experts donnent des avis mais c'est aux élus de décider". Forcément puisque si le Comité créé par … Chevènement en 1983 ne dépend d'absolument aucune autorité de tutelle, ses avis n'ont qu'une valeur consultative.
Dans son avis rendu jeudi 4 /10, le CCNE, dont Wolton, avait estimé le dispositif de l’amendement Mariani revisité "en contradiction avec l'esprit de la loi française".
Un avis qui met le gouvernement et les législateurs dans une position délicate car, dans la version votée au Sénat, les élus ont eux-mêmes rendu cet avis obligatoire avant que le gouvernement puisse définir, par décret, les conditions de mise en oeuvre des tests comme la liste des pays ou l'expérience (18 mois) sera menée.
Après l'adoption du projet de loi Hortefeux par les deux assemblées, une commission mixte parlementaire (CMP, 7 sénateurs, 7 députés) doit se réunir pour tenter de mettre d'accord Assemblée et Sénat sur un texte avant le vote définitif de la loi. Selon plusieurs sources parlementaires, la CMP pourrait se réunir le 16 ou le 17 octobre.

mercredi 19 septembre 2007

Regroupement familial: évaluation requise du français pratique

PS : que la France soit le maillon faible de l’immigration en Europe !

Le premier article du projet de loi Hortefeux sur l'immigration, qui prévoit que les candidats au regroupement familial seront désormais évalués sur leur connaissance du français et "des valeurs de la République" dans leur pays d'origine, a été adopté mercredi. L'opposition a voté contre cet article.

Les élus ont également entamé avant la mi-journée l'examen de l'article 4 qui étend cette disposition aux conjoints étrangers de Français. La discussion a été âpre avec une gauche qui est longuement montée au créneau contre le gouvernement. Il s'agit de faire obstruction sur tous les sujets: aucun n'a encore été agréé par la gauche battue à la présidentielle et qui veut ignorer le vote populaire. On cherche encore les exemples de proposition constructive émanant du 'cabinet fantôme' ('shadow cabinet') socialiste, le bien nommé...

La presse militante refuse de souligner que la loi a été voulue par une majorité de Français(es), en conformité avec les politiques européennes de 11 pays voisins et insiste sur l'amendement le plus controversé du texte, sur les tests ADN, qui doit être débattu dans le courant de l'après-midi ou en soirée.

L'article 1 prévoit que les candidats au regroupement familial seront soumis dans leur pays d'origine à une "évaluation de connaissance de la langue et des valeurs de la République" française. Comme dans 11 pays européens, où on le sait les régimes ne sont pas moins démocratiques que la France, tels le Royaume –Uni ou le Danemark, l'un des modèles scandinaves qui inspirait Sa Cynique Majesté Royal en campagne présidentielle et en déficit d'idées…

Arnaud Montebourg (PS) qui réagit à défaut d’agir, l’action consistant, pour le PS et lui, à critiquer plutôt que proposer. Il a qualifié ces articles "d'humiliants", et Jean-Pierre Brard (PCF) de "liberticides". Ce qui ne fait pas avancer le problème et condamne la législation britannique, pourtant socialiste. "Vous voulez comprimer l'immigration familiale, environ 20 à 25.000 personnes par an. Or, ce qui a été multiplié par deux, ce sont les conjoints étrangers de Français, au nombre de 50.000. Votre texte vise à limiter cette immigration-là", s'est indigné Christophe Caresche (PS). Cette gauche-là veut ignorer les mariages blancs et gris.

Voix discordante au sein de l'UMP, Etienne Pinte, a jugé que l'évaluation du français "pose problème". E. Pinte est toujours vite dépassé.

Si le "test" est négatif, une formation sera organisée et l'admission sera accordée sous réserve d'une "attestation de suivi de cette formation dans des conditions qui seront fixées par décret". Un amendement de Nicolas Perruchot (NC) fixant un délai d'un mois pour la délivrance de l'attestation de suivi a été adopté.

Les députés ont par ailleurs abrogé une mesure adoptée en 2006 par le Sénat, autorisant les conjoints étrangers entrés régulièrement et vivant sur le territoire depuis plus de six mois à obtenir leur visa long séjour en France. Brice Hortefeux a jugé cette mesure "inapplicable". Les conjoints étrangers seront désormais contraints de retourner dans leur pays d'origine pour obtenir ce visa sauf s'ils sont déjà admis au séjour, comme les étudiants.