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mercredi 26 février 2020

Belloubet ou Moscovici, deux menaces de Macron sur le contre-pouvoir institutionnel

Macron laisse la Cour des comptes en déshérence : peur de ce contre-pouvoir ?  

Au bout de six semaines de vacance de leur présidence, 
les magistrats de la Cour des comptes commencent à trépigner

Emmanuel Macron lors de l\'audience solennelle de rentrée de la Cour des comptes, lundi 22 janvier 2018. 
Macron lors de l'audience solennelle de rentrée de la Cour des comptes,
lundi 22 janvier 2018.
Après d'autres, l'institution chargée du contrôle des comptes publics, rue Cambon, subit à son tour l'indécision de Macron. Le risque qui menace n'est pas seulement l'affaiblissement de la Cour des Comptes, mais aussi son asservissement par l'arrivée d'un président proche du pouvoir.
"Cela fait maintenant presque six semaines que notre institution fonctionne sans Président. Cette situation est d’autant plus incompréhensible qu’elle était parfaitement connue, prévisible. Contrairement au décès en fonction de Philippe Seguin, la démission de Didier Migaud est la conséquence de sa nomination à la HATVP. Donc un choix du président." 

Le jeu de chaises musicales se poursuit.
Sous couvert d’anonymat, un des présidents de chambre de la Cour des comptes, pourtant de paisibles ronds-de-cuir de la haute fonction publique, cache mal son irritation. Pour l’heure, il revient à Sophie Moati, 66 ans, patronne de la 3e chambre et ex-secrétaire générale de l'Institut national de l’audiovisuel (INA), comme Agnès Saal, la doyenne des présidents de chambre, d’assurer l'intérim. Cela ne pose pas vraiment de problème pour la gestion des affaires courantes, comme la remise du rapport public annuel 2020, travail qui fut encore réalisé sous l’autorité de Didier Migaud, à Macron, puis sa présentation à la presse.

Mais la Cour des comptes est une juridiction administrative, "indépendante" qui dispose de nombreux pouvoirs. 
"Le premier Président de la Cour des comptes préside également le Haut conseil des finances publiques, le conseil des prélèvements obligatoires, il nomme aussi un grand nombre de magistrats à des postes clés de la République où s'exerce le contrôle de la Cour des comptes. 
En mars, le Haut Conseil des Finances Publiques se prononcera sur le réalisme des prévisions budgétaires à trois ans que la France doit envoyer à la Commission européenne". 

Les enjeux sont graves. 
Et en premier lieu, celui de peser comme un contre pouvoir des exécutifs locaux et nationaux. C’est grâce au travail de la Cour des comptes qu’a été remis en cause l’arbitrage léonin favorable à Bernard Tapie, avec un coût de 400 millions pour l’Etat, mais la fin d'une procédure sans issue. 
C'est dans ses rapports annuels et particuliers que sont mis en balance les objectifs des politiques publiques ainsi que leur coût et leur efficacité. Mais aussi les petites turpitudes des comptables publics. Que ce soit de la gabegie de Sirhen, le système informatique de l’Education nationale, aux super primes accordées par des maires à leur affidés, les magistrats financiers assurent la mise en oeuvre de l’article 15 de la constitution: "La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration." Le pouvoir peut ressentir l'hermine comme du poil à gratter, sauf à rester exemplaire...

Les noms d'affidés socialistes circulent : Belloubet et Moscovici 

"En même temps", les commentateurs et manipulateurs de l'opinion assurent que Macron vire à droite... En nommant Didier Migaud, un représentant de l’opposition socialiste, à la tête de la Cour des comptes, le président Sarkozy avait fait la démonstration de son attachement au fonctionnement démocratique des institutions, mais Macron semble incapable d'un tel saut républicain. 

Cette pratique instaurait un "monde nouveau", celui dont Macron parle beaucoup, sans jamais apporter sa contribution. Elle prenait sa place dans une double évolution. 
D'abord, là où le seul fait du prince était de mise, il soumettait le choix présidentiel pour ces postes-clés (président du CSA, de la Cour des comptes, de la Haute autorité à la transparence de la vie publique….) à un veto des deux assemblées, chacune pouvant rejeter la nomination de l’impétrant. 
Ensuite,la dévolution à l’opposition des Présidences des commissions des finances du Sénat et de l’Assemblée nationale, deux fonctions pourtant primordiales. Ces deux parlementaires disposent par exemple d’un pouvoir de contrôle sur place et sur pièces de tous les documents comptables de la République.

Macron se cherche un serviteur qui ne se serait pas déjà carbonisé

Résultat de recherche d'images pour "belloubet"Dans la configuration nouvelle née des élections de 2017, parce que très éprouvée à son poste, Nicole Belloubet - qui ne sait pas aligner deux chiffres - serait la potiche idéale, si toutefois les comptables de l'Etat avaient la moindre chance de la supporter. Et la possible nomination de Nicole Belloubet à la succession de Didier Migaud mettrait surtout un coup d'arrêt brutal à l’usage qui assure à l’opposition le poste de Premier président de la Cour des comptes

Un autre nom, celui de Pierre Moscovici, circule. Celui-ci peut justifier de sa compétence en matière budgétaire. De plus, il est  aujourd’hui magistrat de la Cour des comptes en poste. Mais il semble cependant compliqué d'attribuer à Pierre Moscovici l’étiquette d’opposant politique à Emmanuel Macron.

Macron a l'embarras du choix,
mais il n'est pas enclin à nommer un membre de l'opposition...

A droite, il pourrait reconnaître la compétence de Gilles Carrez. Député du Val-de-Marne, il inspire le respect, version Les Républicains, qu'un Migaud a acquis à gauche. Comme l’ancien député PS de l'Isère, Gilles Carrez dispose d’une solide expérience en matière budgétaire. Durant ses 26 ans de mandat, il aura occupé les fonctions de rapporteur général du budget de l'Assemblée nationale pendant dix ans (2002-2012), ce qui ne s'était jamais produit sous la Cinquième République, puis de Président de la Commission des finances. 
Au centre droit, un autre pilier des discussions pointues du budget pourrait aussi faire le job : le député UDI de la Marne, Charles de Courson. Les deux peuvent afficher leur brevet d’opposition : le premier est un des chefs de la contestation de la privatisation d’ADP. Le second s’est illustré lors d’une fameuse diatribe contre la loi anti-casseurs : "C'est la dérive complète  ! On se croit revenu sous le régime de Vichy  !"
La gauche a-t-elle encore qui que ce soit à offrir ?
Le débauchage de Macron dans l'équipage du "Capitaine de pédalo" socialiste en 2017 a laissé les rangs parsemés. Mais une personnalité comme Valérie Rabaud, ex-conductrice de travaux dans le BTP, députée PS du Tarn-et-Garonne et actuelle patronne de 30 député(e)s, pourrait, faute de mieux, prétendre à la fonction, malgré "seulement" deux mandats au compteur. Elle est secrétaire de la Commission des Finances de l'Assemblée parce qu'il fallait une socialiste : le président est Eric Woerth (LR).

Rue Cambon, on ne peut plus attendre que le prince arrête de se tâter. 
Résultat de recherche d'images pour "prépuscule"
S'il ne faut pas craindre que sortent des sex-tapes de Macron  - que Juan Branco soupçonne d'être doté d'un micro-pénis (ci-contre) -, cette incapacité à décider avec clairvoyance  qui placer à la tête d'une institution porteuse de contre-pouvoir n’est pas une première, mais Jupiter semble avoir à bien des égards usurpé les capacités que lui attribue la légende

Il semble que cela devienne
un marqueur de l’exercice macronien du pouvoir, comme une peur organique de lâcher prise et de choisir des personnalités à des fonctions dont l’une des particularités est l’inamovibilité. 
La crainte de tout contre-pouvoir est la marque inquiétante d'un pouvoir faible mais d'autant plus dangereux.

jeudi 6 février 2014

Ayrault compte débiter la loi sur la famille en sous-projets

Ayrault "prêt à examiner sans tarder" certains aspects 

Le gouvernement a provoqué de violentes critiques jusque dans sa majorité
 
Participants à "La Manif pour Tous" 

rassemblés aux Invalides le 2 février 2014  
après avoir annoncé le report du projet de loi sur la famille à 2015 au moins.

"Serein et déterminé", Jean-Marc Ayrault annonce que le gouvernement est prêt à céder à sa gauche radicale, en examinant "sans tarder" certains aspects du projet de loi famille. "Je suis le garant de la poursuite des réformes, et cela vaut aussi pour la famille", a ajouté le Premier ministre sur France 2 réaffirmant jeudi son autorité attue en brèches de toutes parts. "Quand je regarde ce que nous avons fait depuis 20 mois, il n'y a jamais eu autant de réformes", a affirmé le comptable, indépendamment des fractures multiples dans la société.

"En même temps, je suis pour que ces réformes s'engagent dans un climat apaisé, alors que là on est dans une espèce de surenchère, d'hystérisation", a admis le locataire de Matignon, assurant que la "concertation" sur le futur texte sur la famille pourrait s'ouvrir et durer "toute l'année". 

Le premier ministre admet céder à sa gauche

Ayrault a d'abord été contraint au report de son projet controversé, à la suite du succès du rassemblement de l'opposition le 2 février à Paris et Lyon.
Le Collectif La Manif pour Tous savourait sa victoire d'avoir mobilisé 80.000 opposants à la politique socialo-écolo, 100.000 personnes, selon la presse et 250.000, selon les organisateurs: le lendemain, le gouvernement a d'ailleurs annoncé qu'il repousse au moins à 2015 le projet de loi sur la famille, censé être débattu au printemps au Parlement. 

Mais s'était sans compter avec les extrémistes de la majorité présidentielle.
Après un premier report, ce projet de loi de la ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, devait être présenté en Conseil des ministres en avril pour un examen au Parlement au deuxième trimestre. Des éditorialistes prétendaient que ce nouveau recul du gouvernement était la conséquence de "désaccords" au sein du gouvernement. Puis le Collectif La Manif pour Tous a démontré que le rejet de la population est profond et le gouvernement a voulu écarter tout sujet de friction avant les échéances éléctorales du printemps, enterrant la loi famille cette année.

Un enterrement de première classe qui a immédiatement provoqué une vive réaction à gauche.

Dans les rangs de la majorité, l'argument du calendrier chargé n'a pas convaincu et cette annonce, saluée comme une "victoire" par les anti-mariage homosexuel de la "Manif pour tous", a fait grincer des dents. D'abord chez les altermondialistes d'EELV, partenaires de la majorité, où la numéro un Emmanuelle Cosse a parlé de "renoncement consternant". "Rien de tel pour galvaniser les réacs", a lancé le porte-parole Julien Bayou. "Quelle pantalonnade !" a renchéri sur Twitter le député Sergio Coronado. Un "abandon en rase campagne", pour Noël Mamère.
"La gauche est trompée", a tonné Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), appelant à des "élections punition" lors des prochains scrutins.
"C'est une victoire pour la réaction", a réagi le sénateur PS Jean-Pierre Michel, ex-magistrat rouge, ex-rapporteur du projet de loi sur le mariage homosexuel et l'un des rares de son parti à protester publiquement. "Si le gouvernement est effrayé par quelques dizaines de milliers de manifestants qui battent le pavé, il ne faut plus gouverner".

Cacophonie gouvernementale
Lundi matin, Manuel Valls a annoncé que le gouvernement "s'opposera à des amendements parlementaires" sur la gestation pour autrui (GPA) et la PMA, principale inquiétude dans les rangs de la "Manif pour Tous". Quelques minutes après, Bruno Le Roux, le patron des députés PS s'en est pris au vice-premier ministre Valls, lui enjoignant de "respecter la règle du jeu fixée par le gouvernement et le Parlement", à savoir d'attendre l'avis - pourtant purement consultatif - du Comité national consultatif d'éthique sur la question.
Dans la matinée, l'entourage du Premier ministre était conduit à couper court à ce qui ressemblait à un début d'affrontement entre le ministre de l'Intérieur et le président du groupe socialiste à l'Assemblée.
Sa gauche lui impose la vente du projet  ...en kit. Au cours de sa campagne présidentielle de 2012, François Hollande avait en effet rappelé qu'il est favorable à la PMA pour les couples de lesbiennes "à condition" qu'il y ait "un projet parental" mais qu'il est "hostile à la gestation pour autrui".

Ayrault annonce maintenant qu'il déterre le "corps du délit"
"Il y avait des dispositions très concrètes que je sais que les parlementaires vont reprendre par des propositions de loi", a consenti le chef du gouvernement. Par exemple, "il y a des hommes (des pères divorcés) qui montent dans les grues (...), ça exprime un malaise", a fait valoir le Premier ministre, citant cette problématique de "l'exercice de l'autorité parentale lorsqu'il y a divorce"
Ayrault tente de se justifier en déclarant que "les textes actuels ne règlent pas tout"... "Le gouvernement est tout à fait prêt à les examiner sans tarder", a assuré Jean-Marc Ayrault. Il y a aussi, a-t-il enchaîné, des "questions plus complexes" qui méritent plus de temps. 
Mais la "concertation" imaginaire annoncée  devra se faire sans plus de détails...