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vendredi 10 janvier 2014

Mali: la guerre de trois mois, un an après

Plus l'opération Serval dure, moins le chef de guerre est grand 

La guerre de trois mois

Le ministre de la Défense Le Drian  
rendait visites aux troupes françaises 
au Mali le 1er janvier 2014.

La situation reste tendue dans la région de Kidal après 12 mois que l'opération Serval a débuté, le 11 janvier 2013 pour combattre les forces djihadistes installées dans le nord du Mali.

Dans la foulée du coup d'Etat qui avait renversé en mars le président Touré, tout le nord du Mali est passé aux mains d' islamistes alliés à la branche maghrébine d'Al-Qaïda (Aqmi). Ces groupes armés avaient imposé une stricte application de la charia, avec son cortège d'exactions et brimades notamment dénoncées par Amnesty International : exécution d'un couple non marié, amputations de présumés voleurs, flagellations de buveurs d'alcool ou de fumeurs, arrestations de femmes non voilées… Les islamistes d'Ansar Dine avaient également détruit des mausolées de Tombouctou, classés au patrimoine mondial de l'humanité.

Le premier mort français est à déplorer dès le premier jour de cette guerre qui devait être éclair
: le chef de bataillon Damien Boiteux reçut une balle à l'aine. Suivront l'adjudant Harold Vormezeele, le caporal-chef Cédric Charenton, le maréchal des Logis Wilfried Pingaud, le caporal-chef Alexandre Van Dooren, le sergent Stéphane Duval et le brigadier-chef Martin-Vallet en juillet. Deux civils français furent également les victimes de l'engagement du président Hollande, les journalistes, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, 57 et 55 ans, enlevés et exécutés par des islamistes.

François Hollande doit prolonger la durée des opérations mais donne le calendrier de retrait progressif des troupes françaises. Les premiers départs se font début avril, avec une centaine d'hommes - des parachutistes dans la région de Tessalit - sur les 5.000 présents en janvier.

Le 19 septembre, 
alors que rien n'est encore fini, François Hollande fait une visite triomphale à Bamako pour la cérémonie d'investiture du président malien Ibrahim Boubacar Keita.

Depuis fin octobre, la force Serval opère en effet en coordination avec les unités de la Minusma et les Forces maliennes (Fama). Et ce, dans le cadre de l'opération "Hydre" qui mobilise 1.500 hommes dont 600 soldats français. Commencée le 20 octobre, elle est conduite dans la région de la boucle du fleuve Niger.

Il faut encore que le pays relance une économie éprouvée par plusieurs mois de combats

Les enjeux français se veulent plus stratégiques qu'économiques
Paris se défend d'avoir des intérêts économiques au Mali: les ressources s'y limitent à de l'or et des réserves hypothétiques d'uranium et pétrole ! L'économie repose essentiellement sur l'agriculture vivrière, du coton et de l'or (15 % du PIB, principale exportation depuis deux ans). Une huitaine de mines, notamment de l'entreprise offshore Randgold, font de ce pays le troisième producteur du continent, avec 50 tonnes par an, derrière l'Afrique du Sud et le Gabon. 
Dans l'uranium, le canadien Rockgate essaie depuis des années de développer une mine près de la ville de Falea, malgré des objections environnementales. Ses estimations font état de 10.000 tonnes de minerai à 0,03 % d'uranium. Areva, très actif au Niger voisin, n'est pas encore implanté au Mali.
Enfin, dans les hydrocarbures, le vaste bassin de Taoudeni, à cheval sur l'Algérie, la Mauritanie, le Niger et le Mali, fait naître quelques espoirs. Il n'existe pour l'instant aucune production au Mali, ni même de résultats probants de prospections. Agip et Texaco ont mené des recherches dans les années 70, tout comme Esso et Elf plus tard, mais sont reparties, déçues. Diverses compagnies ont obtenu des concessions, mais principalement l'algérien Sonatrach qui extrait déjà de l'or noir dans la partie algérienne du bassin et à qui le Mali en a accordé une dizaine il y a cinq ans.

Pour autant, la stabilité du Mali constitue un enjeu important pour l'économie d'Afrique de l'Ouest, le pays se situant au carrefour de pays importants, comme le Niger (uranium), la Mauritanie, la Côte d'Ivoire, le Burkina, la Guinée et le Sénégal. 
Adeptes du kidnapping, les djihadistes basés au nord du pays menacent "les voyageurs et les flux commerciaux de la région, ce qui donne une forte dimension politique et anti-terroriste à l'intervention française", souligne Paul Derremaux. Bien que l'ONU évaluât fin décembre à 200.000 le nombre de personnes déplacées dans le pays, l'économie locale s'est montrée résiliente, constate un diplomate, grâce aux agriculteurs qui continuent à cultiver leurs champs imperturbablement.



lundi 11 février 2013

Le conflit malien est entré en phase de guérilla islamiste

Bataille à Gao entre islamistes et forces franco-maliennes

Armée française au sol
Les terroristes islamistes ont lancé une offensive surprise au coeur de Gao dimanche et se sont heurtés aux troupes françaises et maliennes qui commencent à rencontrer des difficultés à sécuriser le nord du Mali.

Signe que le pays est entré en guerre civile, il est toujours occupé non plus par ce qu'il était convenu d'appeler des terroristes, mais des "rebelles".

Alors que retentissait le fracas des armes dans les rues de Gao, les habitants de Gao se sont enfermés chez eux ou se sont mis à l'abri derrière des murs.
Les hélicoptères français qui survolaient la zone ont tiré sur les rebelles armés de fusils d'assaut AK-47 et de lance-roquettes, qui s'étaient faufilés dans le secteur du marché central et qui s'étaient cachés dans un commissariat,  rapportent des responsables français et maliens.

Ces combats à Gao font craindre que les islamistes chassés du nord du Mali par l'intervention française le 11 janvier n'optent désormais pour des combats de type guérilla ou pour des attentats suicide pour tenter de reprendre position.

L'armée malienne étant insuffisamment équipée pour sécuriser les zones reprises aux insurgés, de vastes zones à l'arrière des lignes françaises semblent désormais vulnérables à des opérations de guérilla.
"Ils ont infiltré la ville par la rivière. Nous pensons qu'ils étaient une dizaine. Ils ont été identifiés par la population et ils sont entrés dans le commissariat", a expliqué aux journalistes le général Bernard Barrera, commandant des opérations françaises au sol au Mali.

Il a ajouté que les hélicoptères français sont intervenus pour porter assistance à l'armée malienne coincée par les rebelles, qui lançaient des grenades à partir des toits.
Selon le colonel de gendarmerie malien Saliou Maiga, le but des insurgés était de mener des attentats suicide dans Gao.

La communication reste sous contrôle 
Outre la sémantique - sécurisation ou guérilla ? - et l'obligation de mettre l'armée malienne en valeur, aucun bilan chiffrage des victimes n'a été précisé
Un journaliste d'agence à Gao a toutefois pu voir un corps affaissé sur une moto: selon des militaires maliens, certains des rebelles évaporés dans la montagne pourraient être arrivés à Gao à moto.

Le kamikaze, "un arabe barbu"

Selon Abdoul Abdoulaye Sidibe, un parlementaire malien de Gao, les rebelles qui se sont infiltrés dans Gao "libérée" sont membres du Mouvement pour l'unicité et le Jihad en Afrique de l'ouest (Mujao) qui tenait la ville jusqu'à sa libération par les forces françaises le mois dernier.

Le Mujao est une faction dissidente d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui, avec le groupe malien Ansar Dine, a occupé les principales villes du Nord malien à partir du printemps 2012 et jusqu'à leur éviction par l'armée française.

Quelques heures avant cet échange de tirs de dimanche, les forces françaises et maliennes avaient pourtant procédé au renforcement d'un point de contrôle dans les quartiers nord qui avait été attaqué deux fois en deux jours par des kamikazes. Tard le soir, un point de contrôle de l'armée à la sortie nord de la ville avait été attaqué par une groupe de rebelles islamistes qui ont tiré à partir d'une route et d'un pont menant vers le nord par le désert, jusqu'à Bourem, à 80 km de là.

A cet endroit-même, un homme circulant à moto s'était fait exploser vendredi, blessant un soldat malien.
"Nos soldats ont été pris sous le feu des djihadistes depuis le pont. Au même moment, un autre les a contournés et a sauté par dessus le mur. Il a pu actionner sa ceinture d'explosifs", a raconté le capitaine Sidiki Diarra.

Le capitaine Diarra, a précisé que l'assaillant n'était pas un Noir, mais "
un Arabe barbu". Le kamikaze est mort et un soldat malien a été légèrement blessé. Dans l'attentat suicide à la moto de vendredi, un soldat malien avait également été blessé.

Des poches de rébellion existent toujours dans les zones désertes entre les grandes villes du nord du Mali, soulignent les forces françaises et maliennes.
Un habitant a raconté avoir vu un groupe de dix combattants islamistes armés à Batel, à dix kilomètres de Gao.
"Nous sommes dans une zone dangereuse. Nous ne pouvons pas être partout", a admis un officier français qui n'a pas voulu être nommé.

Vendredi, les forces françaises se sont emparées de Tessalit, près de la frontière algérienne. 
A partir de là, les Français, appuyés par un millier de militaires tchadiens dans la région de Kidal, doivent mener des patrouilles dans le massif montagneux de l'Adrar des Ifoghas où se cachent les islamistes qui ont réussi à se replier
C'est dans cette zone qu'ils détiendraient aussi sept otages français capturés au Sahel.

lundi 21 janvier 2013

L'intervention de Hollande au Mali divise la gauche française

Hollande ne parvient pas à maintenir l'unité nationale

Noël Mamère qualifie de "propagande" les raisons de l'intervention au Mali

Le député écologiste Noël Mamère a qualifié mardi 15 janvier de "propagande" les raisons invoquées par le gouvernement pour s'engager militairement au Mali, assumant une "voix discordante" alors que la plupart des partis politiques ont apporté leur soutien à l'intervention.
"J'entends la propagande, j'entends ce qui est dit par les militaires, a déclaré Mamère dans les couloirs de l'Assemblée. Les militaires ne font que répéter ce qu'on leur dit au plus haut niveau."

"Quand on dit qu'on a répondu à l'urgence, on a d'abord répondu à l'appel du président malien qui n'est que la marionnette des militaires, lesquels militaires s'apprêtaient à le déposer dans la semaine, a-t-il poursuivi. Alors qui a-t-on sauvé ? Le président du Mali ou le peuple malien ?"


L'armée malienne, "une armée de traîne-savate"

"L'urgence, elle ne date pas d'aujourd'hui,
a estimé le député de Gironde et maire EELV de Bègles, aveuglé par la haine. L'urgence, elle a commencé le jour où Nicolas Sarkozy a décidé d'une intervention en Libye sans mesurer les dégâts collatéraux qu'on connaît depuis plus d'un an" au nord du Mali."

"J'assume d'être une voix discordante parce que je défends les idées que promeuvent les écologistes depuis longtemps. Nous avons toujours combattu la 'Françafrique'. Les gouvernements de droite ou de gauche qui se sont succédés n'ont fait qu'aider des dictateurs, des spoliateurs et des corrompus. Nous en payons le prix fort aujourd'hui avec cette intervention militaire", a-t-il estimé.

Nono Mamère s'est par ailleurs attaqué à l'armée malienne
"C'est une armée de traîne-savate, c'est une armée de familles qui n'ont pas envie de voir leurs cousins se faire descendre dans le nord du Mali."

Discordance de l'extrême-gauche de Mélenchon

Mélenchon, dans le geste du
"trou du cul"
Comme Eva Joly et Dominique de Villepin, Jean-Luc Mélenchon apporte une voix qui tranche avec le consensus national, hâtivement proclamé en Une de tous les media. Selon le leader du Front de Gauche, l’intervention de l’armée française au Mali est tout simplement " discutable ".

Mélenchon affiche ses réticences et détaille ses quatre objections dans  un communiqué et une chronique explicative.

1 - L’intervention s’est faite sans mandat de l’ONU
" Les paragraphes 10 et 11 de la résolution 2085 de l’ONU, demandaient d’ailleurs expressément aux parties engagées dans la planification militaire des opérations (Cédéao, Union africaine, pays voisins du Mali, autres pays de la région, partenaires bilatéraux et organisations internationales) de retourner devant le Conseil de sécurité “avant le lancement des offensives”. "
Le mandat de l’ONU était de fait attribué à la seule Mission internationale de soutien au Mali (Misma), placée sous conduite africaine. Et non directement à l’ancienne puissance coloniale.

2- L’appel à l’aide directe du pouvoir malien actuel n’a aucune légitimité
Selon Jean-Luc Mélenchon, le chef de l’Etat français ne peut se prévaloir de la demande d’aide d’un " gouvernement ami " (article 51 de la Charte des Nations Unies) pour la bonne raison que le pouvoir malien est exercé depuis le coup d’Etat de mars 2012 par le capitaine putschiste Sanogo, sans qu’aucune date pour une élection promise ne soit toujours indiquée.

3- Les intérêts de la France n’étaient pas en cause
Jean-Luc Mélenchon affirme encore que la France ne pouvait justifier son engagement par la menace de ses intérêt fondamentaux (à moins de penser que les gisements miniers du Mali et des pays limitrophes constituent des intérêts propres à la France).

4- Une décision prise sans consultation du Parlement
Enfin, il apparaît que la décision d’intervention a été prise par le seul président Hollande, non seulement sans consultation préalable du Parlement, mais même sans que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en ait été officiellement saisi.

Principal risque : l’enlisement
Il ressort de l’argumentation de Jean-Luc Mélenchon que le principe d’un soutien aux populations africaines sous la férule d’islamistes fous furieux ne saurait être remis en cause.
Mais un vrai soutien, oui, pas ce qui paraît avoir toutes les chances de passer pour une nouvelle guerre d’occupation. Un soutien mené avec un peu plus de préparation, de doigté diplomatique, un peu moins de naïveté politique et surtout sans cette arrogance balourde et précipitée qui fait si souvent de nous la risée de nos voisins.

Car le principal risque est celui de l’enlisement, comme en Afghanistan ou en Libye. Voilà pourquoi la France de François Hollande se retrouve aujourd’hui isolée en première ligne, mal préparée aux événements qu’elle affronte, avec pour toute aide le seul soutien moral de ses prudents alliés.

Le soutien de l’ONU est tout aussi ambigu. 
Convoqué par l’ambassadeur français Gérard Araud, le Conseil de sécurité a pris acte des intentions de la France de faire appliquer la résolution 2085, mais a assorti son avis de ses doutes quant à la capacité des forces africaines de la Misma à intervenir avant plusieurs mois. On ne saurait donner plus de crédit à l’analyse de Jean-Luc Mélenchon.

Le groupe écologiste soutient le gouvernement 

Les parlementaires  se désolidarisent des critiques de Noël Mamère. 
Invité de RFI ce 16 janvier, François de Rugy, co-président du groupe écologiste à l’Assemblée, tente de maintenir le lien avec l'exécutif. L'arriviste Verts estime, non sans condescendance, que les propos très vifs de Noël Mamère, qui a déclaré avoir le " sentiment de revenir aux méthodes anciennes de la Françafrique", ne sont que le reflet d’une opinion personnelle, et "polémique": "Je pense qu’il ne faut pas faire de polémique inutile sur ce genre de sujet, il faut garder son sang froid. (…) Certains propos relèvent de la polémique et relèvent de propos individuels."

Aspirant à un poste gouvernemental, François de Rugy  affirme en outre que les écologistes apporteront leur soutien aux objectifs du gouvernement dans la région. Le groupe a communiqué dans ce sens dès le début de l’opération, vendredi 11 janvier, rappelle-t-il.
"Nous allons apporter notre soutien par rapport aux objectifs qui sont ceux de cette intervention", a-t-il encore ajouter, avant de commenter: "C’est-à-dire stopper cette guérilla islamiste qui n’a d’autre but que de désintégrer le Mali dans un premier temps (...) et destabiliser la région toute entière. Nous sommes d’accord pour faire une intervention pour stopper cela."

Le petit chef du groupe écologiste répond aussi à Jean-Luc Mélenchon
L'ex-socialiste s’est plaint à plusieurs reprises qu’il n’y a pas eu de débat au Parlement avant de lancer l’opération militaire. Le co-président du Front de Gauche qui dit soutenir le gouvernement du moment où des forces militaires sont engagées sur le terrain, n’a pourtant pas manqué de pointer à son tour le spectre de la Françafrique sur cette question. 

François de Rugy affirme que les parlementaires étaient informés et "la sonnette d’alarme a été tirée depuis longtemps" :
"Il y a eu [des débats] dans les commissions concernées," maintient-il (..) Mais l'arrogant dépasse les bornes: "Les parlementaires qui s’informent un peu, je pense qu’ils n’ont pas découvert le problème du Mali vendredi soir ou alors s’ils l’ont fait, c’est vraiment qu’ils ne s’intéressent pas aux affaires internationales."

Mais que répond Rugy à Daniel Cohn-Bendit
Le co-fondateur d'EELV a tancé la " lâcheté de l’Europe"
" Je suis pour l’intervention. Je dis simplement qu’il faut aller un peu plus loin. Il n’y a que des soldats français là-bas. Nous n’avons pas une force civile ou militaire européenne d’intervention. C’est là où le bât blesse. "
Lien
PaSiDupes :
" Mali: le coup de gueule de Daniel Cohn-Bendit "

Et à Eva Joly, la recalée de la présidentielle ?

La députée européenne et ancienne candidate écologiste radicale à l'élection présidentielle, Eva Joly a lancé une vive mise en garde sur l’intervention militaire française "à hauts risques" au Mali : "un conflit avec des terroristes islamistes dans ce pays "risque d'être un remède pire que le mal, selon la binationale altermondialiste.

"Je pense qu’il était urgent d’arrêter l’avancée de ces groupes mafieux et fascistes, et je pense notamment aux femmes maliennes, mais je pense également qu’il est urgent de ne pas y rester trop longtemps", a déclaré l'ex-juge vendredi devant des journalistes. "L’intervention n’est jamais la solution. Sans un projet pour le Sahel, qui ne se réduise pas à la défense des intérêts stratégiques, la guerre au Mali, à l’instar de celle menée en Libye, risque d'être un remède pire que le mal ", a estimé la députée européenne.
La France risque d'être entraînée "dans une guerre longue et coûteuse" et «"malgré toutes les déclarations (...) sur la fin de la Françafrique, conduit une fois de plus une opération à hauts risques en Afrique (...) Nous devons en terminer avec cette fonction de gendarme de l’Afrique ", a  poursuivi la septuagénaire. "Nous devons abandonner immédiatement la rhétorique de la guerre contre le terrorisme qui, de l’Irak à l’Afghanistan, a renforcé le jihadisme et l’idéologie de la guerre des civilisations sans rien résoudre sur le terrain ", a-t-elle accusé.