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samedi 8 août 2009

Bonus: le gouvernement doit rappeler les banques à l'ordre

Matignon réunit les représentants des banques

François Fillon invite à une moralisation des moeurs de la banque

Entrer dans une banque provoque un coup au moral, mais aussi une utile étape préliminaire à la visite du château de Versailles. Tout y est profusion de marbre et de lumière. Les agents y sont tous des banquiers au geste lent et majestueux, au port hautain et au regard condescendant, à la parole rare et au langage abscons : ils vivent sur vos dépôts, les gèrent au prix fort et en tirent le maximum de profits en prenant impunément les plus grands risques, mais ne consentent à vous rendre compte qu'avec impatience et réticence. A chaque coin de rue, dans ces temples de Mamnon, point de tape sur l'épaule, ni aucun mot de trop: « Aucun banquier ne peut servir deux maîtres: on ne peut servir à la fois Mammon et le client ».

Des banques qui ont la mémoire courte

Le Prince Démon de la cupidité n'a-t-il « ni dieu ni maître »?
Ce prince des Enfers, uniquement soumis à Lucifer, préside aux divers péchés que fait commettre l'amour de l'argent. Fillon doit donc soumettre l'ange de la richesse et démon de l'avarice. Pour cela, le gouvernement est encore appelé à la rescousse

Le Premier ministre français s'attaque a deux dérives.
  • Ce rappel intervient après la révélation d'une provision par BNP Paribas de centaines de millions d'euros pour ses traders, qui a provoqué l'indignation de l'opinion et une demande de rapport par la ministre de l'Economie.
    Après la CGT et le Parti socialiste, la CFDT à son tour, a, aussi condamné "la reprise de la pratique de bonus exorbitants". "C'est aux régulateurs et aux gouvernants de fixer de nouvelles règles du jeu", estime le syndicat qui juge insuffisant le code de bonne conduite adopté par les banques françaises en matière de bonus.

  • Le Premier Ministre a demandé jeudi aux banques de respecter leurs engagements et annonce qu'il recevra leurs dirigeants vendredi pour examiner l'évolution et les conditions du crédit bancaire en France.
    François Fillon "rappelle que le respect par les banques des engagements qu'elles ont pris est une exigence absolue vis-à-vis de la collectivité nationale, et de l'Etat, qui a mis à leur disposition à l'automne dernier des moyens importants pour les aider à surmonter la crise financière".

    "Cette exigence a conduit le président de la République et le Premier ministre à demander hier (mercredi 5/8) à Christine Lagarde, ministre de l'Economie, de l'industrie et de l'emploi, de saisir le gouverneur de la Banque de France pour s'assurer du strict respect par les banques des règles en matière de bonus", poursuit le texte.
    "L'accès des entreprises et des particuliers au crédit bancaire dans de bonnes conditions est par ailleurs une clef d'une reprise rapide et soutenue de l'activité économique en France", a en outre souligné Matignon.

  • Le Premier Ministre lance un autre appel.
    La réunion avec les dirigeants des banques sera aussi l'occasion pour le Premier ministre de faire le point sur l'évolution du crédit en France.
    Pour François Fillon, "l'accès des entreprises et des particuliers au crédit bancaire dans de bonnes conditions est par ailleurs une clef d'une reprise rapide et soutenue de l'activité économique en France".
    "Le Premier ministre a donc demandé à ce que les représentants du monde bancaire soient réunis demain à Matignon avec la Banque de France et le ministère de l'Economie afin d'examiner l'évolution et les conditions du crédit bancaire aux particuliers et aux entreprises ces derniers mois, ainsi que les mesures qui devraient, le cas échéant, être envisagées."

    En échange de la garantie de l'Etat pour emprunter et de quasi-fonds propres, les banques françaises se sont engagées à augmenter leurs encours de crédit de l'ordre de 3 à 4% en rythme annuel.
    Mais fin juin, elles avaient prévenu que cet objectif de 3% pourrait ne pas être atteint cette année. En revanche, les bonus le sont.


    « Alors, au final, la bête fut vaincue et les infidèles se réjouirent. Mais tout n'était pas perdu, car des cendres s'éleva un majestueux oiseau. L'oiseau scruta les infidèles et lança sur eux le feu et le tonnerre. Dès lors que la bête fut réincarnée et sa puissance renouvelée, les disciples de Mammon se tapirent dans l'horreur.
    d'après Le Livre de Mozilla, 7:15 »
  • vendredi 30 janvier 2009

    Plan de relance économique : adoption définitive

    Une Commission Mixte Paritaire a facilité le travail du Parlement

    Le Parlement a définitivement adopté jeudi soir le plan de relance économique de 26 milliards d'euros qu'avait présenté Nicolas Sarkozy, le 4 décembre dernier. Après les députés dans l'après-midi, les sénateurs ont entériné à leur tour en séance de nuit les deux textes constituant le plan de relance mis au point et en concertation la veille par une commission mixte paritaire (CMP) Assemblée-Sénat.

    Les « pour » et les « contre »

    Ce vote est intervenu quelques heures après les diverses manifestations dans le cadre du mouvement syndical interprofessionnel du jeudi 29 janvier, en faveur de l'emploi et du pouvoir d'achat, sous l'action de la peur de la crise internationale instrumentalisée par la gauche politique,syndicale et médiatique.

  • Le groupe socialiste, radical et citoyen (SRC) et celui de la gauche démocrate et républicaine (GDR, PC et Verts) ont voté contre. Et le MoDem ?
    "Les grondements dans la rue sont la conséquence d'une politique qui s'appuie sur une vision dogmatique", a estimé Jean Launay, député du PS qui ne souffre d'aucun dogmatisme... "Ce que les manifestants réclament, c'est une nouvelle orientation politique", a affirmé son collègue Roland Muzeau (PC) .
  • Les groupes UMP et du Nouveau centre (NC) ont voté pour ces deux projets de loi.

    Le plan de relance de l'économie

    Il a été présenté au Parlement par Patrick Devedjian, ministre de la Relance, et Eric Woerth, ministre du Budget.

    Il est composé

    - d'un projet de loi "pour l'accélération des programmes de construction et d'investissement public et privés"

    - et d'un projet de loi de finances rectificative -"collectif budgétaire"- pour 2009.
    "Nous allons disposer d'une boîte à outils 'plan de relance'", a dit Patrick Devedjian.
    Eric Woerth a pour sa part expliqué: "Ce plan permet à la France de disposer des armes nécessaires pour lutter contre la crise dans les délais les plus courts".
    Ce sera sans la contribution positive de l'opposition.

    Ses principaux points forts

    Le "collectif budgétaire" pour 2009
  • propose une avance de trésorerie aux collectivités locales,
  • ouvre des crédits supplémentaires
    - à hauteur de 10,5 milliards d'euros en autorisations d'engagement
    - et de 9,8 milliards d'euros de crédits de paiement.
  • autorise la garantie de l'Etat dans le cadre de grands projets d'équipement et d'infrastructure dans la limite d'un plafond global de 10 milliards d'euros.
  • tire les conséquences de ces dispositions sur l'équilibre prévisionnel du budget 2009 qui voit ainsi son déficit s'alourdir pour atteindre 86,763 milliards d'euros.

    Les apports de la Commission Mixte Paritaire

    La CMP a retenu:
  • un amendement de l'Assemblée qui permet, jusqu'au 1er janvier 2011, aux les ménages gagnant jusqu'à 45.000 euros par an, de cumuler l'éco-prêt à taux zéro et le crédit d'impôt "développement durable" plus communément appelé crédit impôt "chaudière".
  • Un second texte
    - propose de simplifier les procédures d'exécution des programmes d'investissement
    -et vise à donner plus de souplesse aux procédures d'autorisation de constructions de logements et à faciliter les programmes d'investissements publics et privés.
  • Plusieurs amendements concernant ce texte "pour l'accélération des programmes de construction et d'investissements" ont été retenus comme celui qui raccourcit les délais pour les fouilles archéologiques préventives, en cas de chantiers.

    Les retraits de la Commission Mixte Paritaire

    En revanche, la CMP a écarté deux amendements concernant le secteur sportif votés par le Sénat avec le soutien du gouvernement :

    1- celui qui proposait de donner un feu vert rapide à la construction d'un circuit de Formule 1 dans les Yvelines
    2- et celui qui visait à accélérer le projet de Grand Stade de l'Olympique lyonnais (OL) à Decize dans le Rhône.

    Par ailleurs, dans le cadre de ce plan de relance, le Parlement a également adopté définitivement le projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2009 à 2012.